Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 31 mai 2019

Sybil

Je n'avais pas du tout entendu parler de ce film et pour tout dire ses bandes annonces en salle ne me motivaient pas du tout. Pourtant, le hasard du planning comme souvent m'a vu me retrouver dans une séance. Par chance ou pour mon plus grand malheur, c'est ce que nous allons voir.





Date de sortie 24 mai 2019
Durée : 1h 40min
Réalisation : Justine Triet
Avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel
Genres : Drame, Thriller
Nationalités Français, Belge

Synopsis:

Après avoir abandonné l'écriture pendant plusieurs année pour se consacrer à sa profession de psychologue, Sybil décide de se lancer dans un nouveau roman. Rongé par le doute et en manque d'inspiration, elle se laisse happer par une nouvelle patiente dont l'histoire fait résonner son propre passé.

Critique :

Sybil est le 5éme film de Justine Triet une réalisatrice dont je n'avais jamais vraiment entendu parler. Son nouveau film raconte l'histoire d'une femme à qui tout semble réussir mais que le passé va rattraper. Si le scénario n'est pas excessivement original, Sybil m'a vraiment bluffé par son montage. La façon dont l'histoire est raconté et dont les séquences s’enchaînent est très réussi. Pour une histoire qui pourrait être rébarbative, la réalisatrice réussit à mettre en place un rythme soutenu qui rend l'ensemble passionnant. C'est d'ailleurs comme ça que le film a vraiment réussi à me happer.
A l'origine, c'est surtout le casting qui suscitait mon engouement. En effet, entre Virginie Efira (Le grand bain, elle, etc) que j'ai toujours beaucoup apprécié et qui nous offre une fois de plus une brillante prestation dans un rôle vraiment riche, Adèle "Personne retiendra jamais son nom" poulos (la vie d'adèle, etc) que je trouve assez intrigante est qui bénéficie d'un rôle plutôt intense ou Gaspard Ulliel (Un peuple et son roi, St Laurent, etc) dont je ne me lasse jamais même s'il se retrouve ici dans un rôle plutôt convenue, on peut dire que je n'avais que l'embarras du choix.
Je craignais un peu l'histoire car la bande annonce peinait à me la vendre mais c'est justement le montage, qui entremêle ces nombreuses histoires, passées et présentes qui fait de ce film une oeuvre prenante et passionnante.
Niveau réalisation, rien d'extraordinaire même si on notera quelques belles images, notamment dans le choix des décors, Stromboli est un choix fort visuellement et symboliquement.
Pour accompagner ces images on pourra compter sur une bande son de grande qualité, je ne me remet personnellement pas de cette interprétation très réussie du Lacrymosa de Mozart à la guitare.
Pour une surprise, Sybil est presque un sans faute, mon seul reproche tient dans sa fin, alors qu'il est globalement très rythmé et passionnant, le film peine à finir et tire en longueur une fois passé la partie sur Stromboli. Le "retour à la réalité" n'en devient que plus violent car on ne comprend pas trop où la réalisatrice veut nous entraîner et on s'ennuit un peu. Un soucis d'autant plus regrettable que cette fin n'est à mon sens pas à la hauteur du reste du film.
Dans l'ensemble, je ne peux donc que recommander ce film très réussi et aussi intéressant techniquement que scénaristiquement mais je regrette cet embourbement final qui donne l'impression que la réalisatrice ne savait pas du tout où elle voulait aller. Dommage




Conclusion :

Un film poignant, une superbe prestation de Virginie Efira et un beau boulot de montage

lundi 27 mai 2019

Séduis moi si tu peux

Après plusieurs films pas forcément facile d’accès, j'avais besoin d'un peu de légèreté, la rom-com* du moment semblait idéale pour varier un peu les publications sur le blog alors voyons ensemble ce que donne le dernier film de l'immense (1,77m quand même) Charlize Theron.





Date de sortie : 15 mai 2019
Durée : 2h 05min
Réalisateur : Jonathan Levine
Casting : Charlize Theron, Seth Rogen, O'Shea Jackson Jr.
Genre : Comédie
Nationalité : Américain

Synopsis:

Journaliste engagé et grande gueule, Fred Flarsky est recruté par la secrétaire d'état, son ancienne babysitter et amour d'enfance, pour écrire ses discours en vue de la prochaine élection présidentielle

Critique :

Soyons clair, je n'avais aucune attente en allant voir ce nouveau film. Je connais un peu Jonathan Levine, il a su me surprendre assez agréablement avec des concepts de comédie originaux (Warm bodies, 50/50, etc) mais ne m'a jamais véritablement ébloui. Cette fois encore, il arrive avec un high concept : retourner le sacro saint consensus des comédie romantique et mettre la femme dans le rôle de l'homme et inversement. Je précise, il ne s'agit pas de donner un prétendu pouvoir à la femme parce qu'elle est belle et que l'homme ne l'est pas, un poncif qu'on a tous déja vu comme dans Big Bang Theory. Mais bien de donner un pouvoir réel au personnage féminin, là ou le personnage masculin ne sera qu'un faire valoir. A dire, ça semble terriblement banal lorsqu'on le dit et pourtant ça ne l'est absolument pas, c'est donc là la vraie force de ce film : retourner un cliché et illustrer la diversité de notre monde. Le fil est d'ailleurs très militant et ce n'est pas sans raison que les personnages principaux du films sont aussi engagés politiquement. L'histoire défend des valeurs progressistes, incite à s'ouvrir aux mondes et à lutter contre toutes formes d'extrémismes (on voit notamment comment on peut se compromettre alors qu'on pense défendre ses idéaux.
En dehors de ça, et bien pas grand chose, car nous sommes vraiment sur de la comédie romantique ultra classique avec juste quelques blagues un peu plus potache qui pourront rappeler du Jud Apatow (En cloque mode d'emploi, 40 ans, toujours puceau, etc). L'humour repose beaucoup trop sur Seth Rogen, personage clown par excellent dont on a tout loisir de se moquer même s'il s’avère attachant. A noter que la toute fin est probablement le passage qui m'aura le plus fait rire, un peu comme si le réalisateur conscient de la légèreté de l'ensemble avait chargé la mule au maximum à la dernière minute pour être sûr de laisser une bonne impression aux spectateur.
Ne nous leurrons pas, en dehors du thème c'est surtout le casting qui motive à aller voir ce film et là-dessus, nous ne sommes pas déçu. Charlize Theron (Atomic Blonde, Fury Road, etc) est grandiose comme toujours, elle a un charisme incroyable et on appréciera également les passages, trop rare, où elle se lâche en rendant son personnage faillible et donc plus humain. Seth Rogen (Steve Jobs, Green Hornet, etc) est fidèle à lui même,  c'est le moteur comique du film et ça fonctionne dans l'ensemble même si ça peut être un peu lourd par moment tant c'est appuyé. Dans tous les cas l'alchimie fonctionne parfaitement entre les deux acteurs et leur couple se révèle vraiment touchant. On notera au passage la prestation (courte) de Alexander Skarsgard (Melancholia, True Blood, etc) qui aura rarement été si peu sexy dans cette caricature de Justin Trudeau/Macron/bellâtre vide de sens.
Niveau réalisation, c'est propre, beaux décors, belles images, mais rien de vraiment inoubliable. Niveau musique, j'avoue ne même plus m'en souvenir pour dire si c'est anecdotique.
Vous l'aurez compris, Séduis moi si tu peux est loin d'être le film du siècle mais l'efficacité de son pitch et la force de son casting le hisseront sans mal aux côtés de comédies romantiques de référence à côté des coup de foudre à Notting hill et autre journal de Bridget jones.
En fonction de ce que vous attendez d'un film au cinéma c'est peut-être le film à ne pas rater mais si vous cherchez du grand cinéma, sans surprise il faudra aller voir autre chose. A noter qu'il est toujours bon d'encourager ce genre de film qui brise les codes, ça permet de ne pas renforcer les financiers dans leur croyance que tel film qui brisait les codes a été un flop à cause de ça.




Conclusion :

Charlize Theron présidente, what else ?


* non ce n'est pas une société de téléphonie tzigane, c'est juste l’abréviation de comédie romantique

vendredi 24 mai 2019

Meurs, monstre, meurs

Vous n'en avez probablement pas entendu parler mais j'ai découvert la bande annonce au cinéma et elle donnait vraiment envie. Voyons ensemble ce qu'il en est vraiment. 





Date de sortie 15 mai 2019
Durée : 1h 39min
Réalisation : Alejandro Fadel
Casting : Victor Lopez (II), Esteban Bigliardi, Tania Casciani
Genres : Thriller, Fantastique
Nationalités : Argentin, Français

Interdit au moins de 12 ans

Synopsis:


Perdue dans une région reculée de la cordillère des Andes plusieurs femmes sont retrouvés décapitées. Le suspect idéal est David, un schizophrène marié à la maîtresse de Cruz l'officier en charge de l'enquête. Pourtant, Cruz est obsédé par une théorie plus personnelle impliquant un monstre et une voix répétant en boucle “Meurs, Monstre, Meurs”…

Critique:

L’honnêteté intellectuelle me force à avouer que j'étais plus fatigué que je ne le croyais lorsque je suis allé voir ce film et que j'ai du lutter contre le sommeil tout du long. Je ne suis donc pas bien sûr d'avoir vu tout ce qui concerne la traque du monstre. Il me manque peut-être des détails qui ont conduit à mon incompréhension globale mais soyons clairs... j'en doute.
La critique sera courte car j'ai peu de temps en ce moment mais je tenais tout de même à parler de ce film atypique. Il y a un petit côté Chtulien dans ce film, la menace invisible, les sensations, les tentacules, mais surtout une atmosphère envoûtante. De son aveu le réalisateur a privilégié le ressenti à la compréhension, c'est pour cela que je doute d'avoir loupé des éléments signifiants et effectivement, si on ne comprends pas tout, le film nous emporte dans un curieux voyage émotionnelle. On s'enfonce dans le film comme dans la caverne à la recherche de sens. On ne pourra pourtant que es perdre comme les personnages de l'histoire.
On appréciera le côté très rural de l'enquête, et ses superbes paysages, qui suscite la comparaison avec memories of murder, même s'il s'agit du seul lien entre les deux oeuvres.
Niveau réalisation, c'est du beau boulot, les images sont superbes et les effets spéciaux très réussi, même s'ils se font rare. Petit bémol toutefois sur certains gros plans de têtes décapités peu réussi mais gros coup de cœur pour la créature et son design très assumé : le malaise est total.
Niveau casting, Victor Lopez (II) est saisissant dans le rôle de ce policier à la dérive se perdant dans un délire mystique. Les autres acteurs, des gueules, loin des canons esthétiques lisses d'Hollywood, sont  également très juste.
Difficile de ne pas mentionner  la région sauvage, avec lequel Meurs, monstre, meurs est beaucoup comparé, pourtant, il faut reconnaître qu'en dehors des tentacules  et de l'Amérique du sud le rapprochement ne coule pas de source, surtout Meurs, montre, meurs me semble bien plus accessible.
Pour conclure, je dirais que  le grand public se trouvera surement déstabilisé par ce film et son absence de réponses, mais les aventuriers du cinéma apprécieront ses qualités et son radicalisme face à la standardisation des oeuvres de fiction.


Conclusion :

Un film d'horreur atypique, envoûtant mais qui pourra laisser perplexe.


lundi 20 mai 2019

The Dead don't die

Cela faisait plus de 5 ans que je n'avais pas vu de films de Jim Jarmusch, et je ne suis toujours pas vraiment remis de Only lovers left alive. Le voir débarquer avec un film de zombie, surtout au vu de la bande annonce, m'avait provoqué des palpitations, il est temps de voir ensemble si mon attente a été récompensé ou pas.





Date de sortie 15 mai 2019
Durée : 1h 43min
Réalisation : Jim Jarmusch
Casting : Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton
Genres : Comédie, Epouvante-horreur
Nationalité : Américain

interdit au moins de 12 ans

Synopsis :

Dans la petite ville de Centerville, le monde semble toucher à sa fin et les morts se réveillent.

Critique :

Jarmush a toujours été un cinéaste à part. Il s'est frotté à de nombreux genres différents et sa particularité a toujours été de les interpréter à sa façon. Ainsi de Deadman à Ghost Dog il a su ouvrir les horizons cinématographiques du western et du film de gangsters et c'est un peu ce que j'espérais pour le film de zombie. Les zombies parodiques, ce n'est pas nouveau, je peux au minimum citer Shaun of the Dead ou Fido, mais d'un artiste comme Jarmush ont pouvait s'attendre à quelque chose de très différent. Et c'est le cas, le réalisateur se permet une fois de plus de casser les codes et de puiser où il a envie pour raconter une histoire qui ne ressemble à nulle autre.  On sera ainsi très vite agréablement surpris par les libertés prises et les possibilités qu'elles ouvrent. Mais voilà que nous arrivons au principal défaut du film : ces libertés ne vont nulle part.
Comme si Jarmush s'était finalement lassé de son jouet ou n'avait jamais réfléchi à ce qu'il allait en faire, le film termine en queue de poisson avec tout une véritable armurerie de Tchekhov qui n'aura servi qu'a faire jolie.  Rarement la fin d'un film m'aura autant frustré. Il y avait plein d'idées, il y avait plusieurs pistes, ça fourmillait de bonnes choses mais tout semble au final assez vain.
Au niveau de l'ambiance globale, le film fait beaucoup penser à la patte des frères Coen, il y a ce petit côté Fargo avec les dialogues stériles, les personnalités décalés, la petite ville de campagne. Quoi qu'il en soit, le film est ultra référencé, difficile de ne pas penser à de nombreux classiques du genre tant les clins d’œils sont appuyés, j'ai pour ma part beaucoup pensé à Plan 9 from outer space même si ça ne semble pas flatteur.
Bien entendu, le casting est exceptionnelle. On pourra pester sur le côté assez anecdotique du temps de présence de la majorité des acteurs cités sur l'affiche mais le duo : Bill Murray (Monuments Men, Un jour sans fin, etc), Adam Driver (L'homme qui tua don quichotte, Logan lucky, etc) fonctionne tellement bien qu'on ne boude pas son plaisir. Tilda Swinton ( Okja, Doctor Strange, etc) est également très présente et aussi classe que drôle.
Niveau musique, la bande son est majoritairement constitué du morceau The Dead don't die de Sturgill Simpson mais on retrouve aussi quelques compositions de SQÜRL particulièrement bien venues.
Certains trouveront le film un peu lent mais cela fait partie du style de Jarmush, il prend son temps pour poser les ambiances et les personnages, je trouve que cette fois encore ça fonctionne.
Globalement, j'aurais pu adorer ce film s'il ne se terminait pas en queue de poisson. Pire, il finit sur un monologue d'une lourdeur abyssale qui, non content d'expliciter tout ce que l'on avait pu comprendre par la simple force des images au travers du film nous réexplique juste que les films de Zombie sont une métaphore de notre société de consommation, une métaphore connue des amateurs du genre depuis la nuit des morts vivants et ça date quand même de 68.
Bref, je ne m'explique pas ces lourdeurs finales mais elles nuisent sans l'ombre d'un doute à la qualité globale de l'ensemble. Il y aura surement des philosophes pour m'expliquer que l'important c'est le voyage pas la destination, croyez moi, quelque soit le voyage si c'est pour finir pas s'enterrer à troufignon-les-oies vous serez déçu.
Pour conclure, vous l'aurez compris, à mon sens on passe à côté d'un grand film. Si l'ensemble reste plaisant à regarder (et c'est toujours à des lieux d'un truc comme Hellboy en terme de qualité), la déception n'en est que plus grandes lorsqu'on réalise que tout ça ne mène à rien (ce qui pourrait être le sous-texte du film mais ça ne me semble pas une façon viable de le faire).
Bref, par curiosité et sans grande attente, le film vaut le coup d'être vue mais guère plus.





Conclusion :

Drôle et bien réalisé ce nouveau Jarmush décevra par sa vacuité.

vendredi 17 mai 2019

Jessica Forever

J'imagine que vous n'aviez pas entendu parler de ce film. Moi même je ne l'ai découvert que par accident mais il me semble que c'est tout l’intérêt de ce blog que de pouvoir faire découvrir des films méconnus, en espérant qu'ils soient regardables.





Date de sortie : 1 mai 2019
Durée : 1h 37min
Réalisateur : Jonathan Vinel, Caroline Poggi
Casting : Aomi Muyock, Sebastian Urzendowsky, Augustin Raguenet
Genres : Drame, Fantastique
Nationalité :Français

Synopsis :


Dans un futur proche, une bande d'orphelins traqués par le gouvernement survit grace à la protection de la mystérieuse Jessica.

Critique :

Jessica Forever c'est donc le premier film de Jonathan Vinel et Caroline Poggi. On y suit un groupe de marginaux essayant de survivre dans un monde futuriste très proche du notre. C'est un film à petit budget et ça se sent, il y a peu de décors, ils sont vides et s'il y a quelques scènes d'action, il ne faut vraiment pas s'attendre à en prendre plein les yeux. Par contre, on notera que le peu d'effets utilisés sont assez soigné et que les images sont plutôt travaillés.
Globalement il se dégage une ambiance vraiment particulière de ce film, il ne ressemble clairement à aucun autre de la production actuelle. Lorsque je suis sorti de la salle je voyais plutôt ça de façon négative, puis j'ai vu Hellboy et réalisé qu'il est parfois bon de céder à l'anticonformisme. On pourra tiquer sur les valeurs prôné par le film car si on peut y voir une ode à la différence, on ne peut s’empêcher de noter aussi la valorisation du militarisme, de la violence et du matérialisme. L'inspiration viendrait du monde du jeu vidéo et de l'héroic fantasy mais il faut reconnaître qu'inséré tel quel dans un quotidien ordinaire, les siestes et les câlins mis à part, le petit groupe de Jessica est carrément flippant.
Bien sûr, ils sont le fruit de leur société et Jessica apparaît comme une influence positive dans leur vie mais ça n'en reste pas moins très étrange.
Au niveau du casting, là encore,nous ne sommes pas dans des choix conventionnels, Jessica notamment à un accent à couper au couteau. Tout ce qu'elle dit n'est pas toujours intelligible. J'étais tenté de pester contre ce souci durant le film mais là encore, n'est-ce pas par conventionnalisme qu'on exige une diction parfaite ? Dans la vie tout le monde ne parle pas de façon aussi fluide et c'est peut-être une bonne chose d'apporter un peu de diversité tant que ça ne nuit pas au film. Pour autant, tous les acteurs ne sont pas au même niveau, certains ne sont même pas acteurs, de fait le jeu est parfois approximatif et certains orphelins carrément inexistant. Rien de rédhibitoire là-encore, cela ajoute juste à l'étrangeté globale du film. (un peu comme cette parade nuptiale en grs...)
Niveau musique, il y en a très peu, elles sont utilisés exclusivement de façon diégétique, c'est à dire que l'on entend exclusivement ce qu'écoutent ou jouent les personnages. Ce choix donne beaucoup de valeur à ces moments musicaux mais renforce la lenteur du film.
En conclusion, vous l'aurez compris, Jessica Forever est vraiment un film atypique. Je peux difficilement le recommander à tout le monde car les parti pris artistiques bloqueront la majorité du grand public. Pour autant, les cinéphiles un peu plus aventureux pourront y trouver quelques moments de graces et un peu de la fraîcheur qui manque à la production plus formaté dont on nous abreuve à longueurs d'années.



Conclusion :

Un film surprenant qui n'arrivera surement pas à séduire le grand public

lundi 13 mai 2019

Hellboy

Hellboy et son spin-off BPRD font partie de mes comics préférés, de vrais immanquables que je dévore toujours avec plaisir. Impossible donc de faire l'impasse sur cette nouvelle sortie en salle, même si certains signes pourraient me faire craindre le pire...





Date de sortie : 8 mai 2019
Durée : 2h 01min
Réalisateur : Neil Marshall
Casting : David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane
Genres : Fantastique, Action
Nationalité : Américain

Synopsis :

Des siècles après avoir été piégé par le roi Arthur, la puissante sorcière Nimue est sur le point de revenir sur terre. Seul Hellboy et le BPRD se dressent encore devant-elle mais feront-ils le poids ?

Critique :


En toute honnêteté, après avoir vue la bande annonce et écouté les retours je savais un peu dans quoi je m'engageais. Et puis, Milla Jovovich était déjà un symbole fort, pourquoi l'embaucher à part pour réaliser un film de série Z ? Quelle crédibilité l'actrice à-t-elle encore après être devenue l'égérie Resident evil ?
C'est donc sans grosse surprise que je me suis retrouvé devant un superbe étron. On notera tout de même une surprise, la longueur, car c'est tellement mal construit qu'on arrive à s'ennuyer ferme. J'ai dû lutter pour ne pas m'endormir au milieu du film. Il faut dire qu'on se fout de tout ce qu'il se passe à l'écran. Il n'y a aucun attachement au personage tellement il est écrit avec le cul. Enfin, tous, ils sont tous écrit avec le cul. Et on a beau coller flashback sur flashback pour justifier des backstory dont on se fout comme d'un film d'Uwe Boll, ça ne crée pas miraculeusement de l’intérêt juste plus d'ennui.
Après, il y aura toujours quelqu'un pour me rétorquer qu'avec un blockbuster de ce genre on s'intéresse surtout à l'action et aux effets spéciaux. Je ne suis pas d'accord mais je peux entendre cet argument, mais en l’occurrence, ça ne compense pas. Non seulement l'action est confuse, mais en plus j'ai éclaté de rire durant une scéne d'émotion tellement les effets spéciaux du plan étaient laid. Les incrustations sont dégueulasses. j'aimerais le dire sans être vulgaire mais on a passé le stade de la décence, on peut diffuser des trucages de ce niveau sur Youtube en 480p mais pas sur grand écran.
Mais vu que les images sont tape à l’œil au possible avec des effets de style gratuit et sans originalité (dès les premières minutes séquence noir et blanc pour un passage medfan kitch avec juste un personnage en couleur, on se croirait revenu dans les années 90 tellement ça manque d'inspiration)
En même temps, si le réalisateur avait aspiré à être crédible à un moment, il n'aurait jamais pris Milla Jovovich dans son film. Je parle même pas des ses capacités d'actrices, je l'aimais bien dans Multipass et dans Jeanne d'Arc mais depuis elle s'est totalement décrédibilisé et son nom n'apporte aucun cachet à ce film, c'est juste un handicap de plus. J'aimerais bien vous dire que Ian McShane (Dead Wood, American God, etc) relève un peu le niveau mais j'ai beau adorer cet acteur le peu qu'on lui donne à jouer est tellement vide qu'il ne peut pas en faire grand chose. Pire sa dernière scène est d'un ridicule achevé la faute à des fxs au rabais. Quant à David Harbour (Stranger things, Suicide squad, etc) le pauvre doit surement pleurer à chaudes larmes sous le pot de latex qu'on lui a collé sur la tronche mais nous ne le saurons jamais car ça le rend parfaitement inexpressif.
Imaginez que même la musique est mal utilisé. A plusieurs reprises je me suis demandé ce que la musique foutait là ou pourquoi elle était utilisé comme ça. On dirait presque qu'ils ont mis une playlist random sur les images tellement ça n'a aucune cohérence.
Alors, on pourrait croire que l'humour, très présent dans la bande annonce, aide à faire passer ces "petits défauts". Mais non, ce n'est pas rôle, les blagues tombent toujours à côté et se trouvent quasiment toutes dans la bande annonce. L'utilisation de l'humour est juste gênante.
Enfin, essayons de positiver, je n'ai pas envie d'être entièrement négatif, il faut par exemple noter que le film a coûté beaucoup moins cher à réaliser que les deux précédents. Bon ça se voit clairement mais au moins ils ne gaspillent pas l'argent.
Blague à part, le seul bon point de ce naufrage, outre le fait que l'on n'en apprécie que plus les deux précédentes versions, c'est le personnage d'Alice, joué par Sasha Lane, et qui a été créé spécialement pour le film. La médium s’intègre plutôt bien et l'utilisation de ses pouvoirs est assez cool. Bonus, pendant qu'ils créaient un personnage sympa ils n'étaient pas en train de massacrer un personnage déjà existant(Liz, Korrigan et Fénix s'en sortent probablement de justesse) donc en tant que fan, on ne peut qu'apprécier l'attention. D'autant que le film est un festival de fan service. Des nazis aux Luchador tout y passe, souvent en dépit du bon sens démontrant bien une incompréhension totale de l'univers de Mike Mignola.
Vous l'aurez compris, je vous invite vraiment à fuir ce navet, ce n'est rien de plus qu'un film de série Z. C'est irrespectueux envers le matériel d'origine que ça ridiculise et c'est irrespectueux envers le spectateur parce que c'est juste mauvais. La fin du film annonce clairement une suite, j'espère qu'elle ne se fera pas ou alors que Del Toro reprendra les choses en main pour nous offrir un bon film BPRD l'enfer sur terre.





Conclusion :

Même si vous êtes fan, épargnez-vous ce désastre. A part en faire un film à boire, il n'y a rien à sauver de ce naufrage.


Faut-il en dire plus ? le maquillage de 2019 ne fonctionne pas du tout, Ron Perlman était né pour le rôle le remplacer était impensable.

jeudi 9 mai 2019

Nous finirons ensemble

Il y a presque 10 ans sortait Les petits mouchoirs. L'engouement du public était aussi total que mon incompréhension malgré toute l'affection que j'éprouve pour Guillaume Canet. Aujourd'hui que sort la suite serais-je plus sensible aux atermoiements de la bande de pote ?




Date de sortie 1 mai 2019
Durée : 2h 15min
Réalisateur : Guillaume Canet
Casting : François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français


Synopsis:

Trois ans après leur dispute, la bande décide de se reformer afin de faire une surprise à Max pour ses 60 ans mais lui ne l'entend pas de cette oreille.

Critique :

Pour ceux qui n'en auraient jamais entendu parler, les petits mouchoirs c'est l'histoire d'une bande de potes, qui ressemble beaucoup à celle de Guillaume Canet (acteur : Le grand Bain, La prochaine fois je viserais le coeur, etc/ Réalisateur : Blood Ties, Ne le dit à personne, etc). S'il est surtout connu comme acteur, Canet n'en reste pas moins un excellent réalisateur, j'ai notamment énormément d'affection pour Mon idole et Ne le dis à personne. C'est un réalisateur exigeant, qui sait prendre des risques et avec les petits mouchoirs  il avait réussi à sortir un film au succès populaire sans pour autant céder aux sirènes de la comédie franchouillarde. Pour autant, je n'avais pas bien compris ce succès et pour tout dire je trouve que Nous finirons ensemble est le clone parfait de son prédécesseur.
A mon sens, le point fort du film réside dans son casting. Là dessus, rien à redire, Canet sait s'entourer et on retrouve certains grands noms de la jeune génération d'acteur français autour d'un François Cluzet (la mécanique de l'ombre, etc)en pleine forme. On pourra également se réjouir de voir José Garcia, très juste dans son rôle de jeune loup aux dents longues. Si tout le monde joue bien (à l'exception de Jean Louis, un non acteur propulsé prophète qui lit l'avenir dans les huîtres et qui avait accidentellement déjà beaucoup fait rire dans le premier film) on distinguera surtout Laurent Lafite (Au revoir là-haut, Elle, etc) hilarant dans le rôle du crétin de service. C'est d'ailleurs bien le seul qui réussira à nous extorquer quelques rires. Car, et c'est à mon sens le principal problème de ces deux films, ce ne sont pas des comédies mais des dramédies. Et le rythme, bien que très travaillé (trop d'ailleurs puisqu'on retrouve une structure équivalente avec le moment action de dernière minute pour réveiller les spectateurs) n'en reste pas moins lent et pas forcément passionnant non plus.
Alors, oui, il faut reconnaître une certaines maîtrise de la réalisation, de belles images et une bande son au top (j'espère d'ailleurs qu'elle va remettre Toop Toop de Cassius à la mode).
Bref, c'est agréable à regarder, pas vraiment original ou inoubliable et en fait ça plaira surtout aux fans du premier qui retrouveront tout ce qu'ils ont pu aimer, quoi que ce fut.
J'ajouterais un autre petit bémol. Je suis convaincu que Canet et ses amis sont des gens très bien, probablement ouvert, tolérant et tout mais il est difficile de ne pas constater à quel point le film est blanc et combien le seul non blanc passe pour un gros guignol (problème également rencontré dans le grand bain). C'était déjà le cas dans le premier et ça se confirme ici donnant l'idée d'un entre soi bien blanc bon chic bon genre qui ne fait pas beaucoup progresser notre société.
Pour toutes ces raisons, je ne peux pas vraiment recommander ce nouveau film de Guillaume Canet même si objectivement on ne peut pas lui reprocher grand chose. J'espère que Canet nous reviendra rapidement avec quelque chose d'un peu plus motivant.




Conclusion :

La digne suite des petits mouchoirs puisque le film a rigoureusement les même qualités et défauts. Un film de potes bien réalisé mais loin d'être inoubliable

Laurent Lafite venu sauver le film du naufrage

lundi 6 mai 2019

Ne coupez pas

Honnêtement, la bande annonce de ce film ne m'avait pas du tout donné envie, mais le bouche à oreille a finalement réussi à attiser ma curiosité. A tort ou à raison ? C'est ce que nous allons voir.




Date de sortie 24 avril 2019
Durée : 1h 36min
Réalisation : Shin'ichirô Ueda
Casting : Takayuki Hamatsu, Yuzuki Akiyama, Harumi Shuhama
Genres : Comédie
Nationalité : Japonais

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis:


Le tournage d'un film de zombie où rien ne se passe comme prévu

Critique :

ATTENTION : Même si je milite activement contre le spoil en temps normal, je vais spoiler dans la critique car je pense que c'est dans l’intérêt du film.

Ne coupez pas est le premier long métrage de Shin'ichirô Ueda (il avait plusieurs court à son actif). Un film qui se révèle une véritable ode au cinéma puisqu'il nous parle de tous les aléas d'un tournage. En effet, le film se compose de deux parties distinctes. Une première concernant le fameux plan séquence de 37min dont parle la bande annonce et une seconde nous montrant la conception de ce plan séquence. On suit donc la production, le tournage et toute la chaîne menant à ce petit miracle. Si je raconte tout ça, alors que ce n'est pas forcément clair dans la bande annonce, c'est que cette première demi-heure est particulièrement éprouvante. En effet, en dehors du tour de force, on parle vraiment d'un film amateur tel qu'on en voit des centaines sur Youtube à la différence que c'est ici volontairement mauvais. Mais ça n'en reste pas moins un nanard de trente minute. Alors certes, la suite compense plus que largement mais la tentation peut-être grande de quitter la salle avant la fin de ces 30 premières minutes, voir de ne pas du tout aller voir le film car la bande annonce ne montre quasiment que les images de ce film raté.
C'est pour ça que je comprend mal la com autour du film, la bande annonce notamment, centrée sur la partie volontairement raté du film, mais sans réelle prise de recul, donne l'impression que le film est juste mauvais. J'imagine que c'est pour préserver la surprise mais j'ai la conviction que dans le cas présent, ce mystère n'apporte rien (allociné va jusqu'a classer le film en film d'horreur... la blague).
Bref, contrairement à ce qu'on pourrait croire, Ne coupez pas est remarquablement réalisé et il a fallut un soin extrême pour produire un mauvais film de cette qualité. C'est d'autant plus marquant lorsqu'on voit le générique de fin composé d'un making of du film, une véritable mise en abîme de ce qu'on vient de voir (le film qui filme le filme qui filme le film).
Les acteurs sont également très bon et c'est totalement à dessein qu'ils cabotinent dans la première partie ce qui provoquera une sincère hilarité dans la seconde.
Car globalement ce qu'il faut retenir de ce film c'est qu'il est très très drôle. Voir l'équipe braver toutes les difficultés pour réussir à mener son projet à bien est véritablement enthousiasmant mais aussi très inspirant. Ayant moi même participé à de nombreux tournages, amateurs comme professionnels, j'ai retrouvé l'univers que je connais et surtout la passion qui anime les artistes. Cette même passion qui peut les souder dans un projet commun malgré les difficultés.
Ne coupez pas est loin d'être une comédie comme les autres, c'est brillamment écrit, c'est une ode au cinéma, le genre de film qu'on ne voit que trop rarement.
Bref, foncez, le film n'a que quelques salles en France mais ça vaut le coup de se bouger. Vous ne le regretterez pas, surtout si vous aimez vraiment le cinéma.

Conclusion :

Fabuleuse surprise que ce Ne coupez pas, un feel good moovie frais et original. A ne pas louper.