Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
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mercredi 27 octobre 2021

Orelsan : montre jamais ça à personne

 En 2015 je vous parlais de Comment c'est loin et de mon affection pour le rappeur Orelsan. Amazon prime vient de sortir une série documentaire retraçant sa carrière, l'occasion de se replonger dans un parcours singulier.





Date de diffusion :  15 octobre 2021
Durée :  6 x 42 min (entre 36 et 46)
Genre : documentaire, musique
Création : Clément Cotentin, Christophe Offenstein
Casting : Orelsan, Gringe, Skread, Ablaye
Nationalités : Français

Synopsis:

D'Alençon à New york, la folle ascension d'Orelsan et de son crew au travers des yeux de son premier fan : son petit frère.

Critique :


Montre jamais ça a personne
c'est l'exploitation de 20 ans d'archives vidéo tournée en majeure partie par Clément Cotentin, le petit frère d'Orelsan. 20 ans durant lesquels un petit provincial sans avenir et devenu un phénomène national. Une ascension spectaculaire qui donne l'occasion à un storytelling redoutable nous montrant comment un type ordinaire et ses potes ont réussi à bâtir un empire par la simple force du travail et de l'amitié.
L'histoire se déroule de façon chronologique et retrace la carrière du rappeur de ses tout débuts à aujourd'hui. Ceux qui auront vu comment c'est loin ne seront pas dépaysé, le film retrace assez fidèlement la vie d'Orel et Gringe, le documentaire apportera juste plus de détails et comblera les trous entre la sortie du premier album et aujourd'hui, notamment en traitant la polémique autour de la chanson "sale pute". Les épisodes sont redoutablement construit et se terminent même pas des cliffhangers qui vous donneront envie de bingewatcher la série. (ce que j'ai fais....deux fois) 
Il faut dire que Clément Cotentin est aujourd'hui un journaliste confirmé et qu'il a travaillé avec
Christophe Offenstein déjà réalisateur de Comment c'est loin. Ensemble ils ont su mêler intelligemment les archives personnelles du journaliste avec des archives d'actualités des interviews du crew et de nombreux guests mais aussi des images des tournées, des clips, du film etc. Les images sont donc très variés et souvent de grande qualité.
Et puisqu'Orelsan raconte sa vie dans sa musique, c'est assez logiquement que c'est sa musique qui accompagne le documentaire. Les six épisodes seront donc l'occasion de se replonger dans l'intégralité de sa discographie mais aussi de découvrir des choses plus confidentielles.
Bien entendu, il vaut mieux avoir un minimum d'atome crochu avec la musique d'Orelsan pour apprécier cette série de documentaire, mais en dehors de ça le résultat est redoutablement efficace. C'est une histoire digne d'un film Disney, on y retrouve  la structure du voyage du héros ou comment Aurélien, un ado mal intégré, va devenir Orel un homme plus en accord avec ses valeurs et sa famille. Une belle histoire habilement conté et très émouvante.
A noter que le chanteur a annoncé hier la sortie de son nouvel album, le documentaire est donc la première pièce d'un superbe plan com', ce qui montre que le chanteur et ses amis n'ont rien perdu de leur génie.




Conclusion :


Un documentaire captivant, c'est drôle, émouvant, motivant et une bonne occasion de se plonger dans la superbe discographie du rappeur.

mercredi 13 octobre 2021

Octobre

Comme en ce moment je suis plusieurs séries qui ne sortent qu'un épisode par semaine, j'ai un peu de temps pour faire des découvertes. J'ai donc tenté Octobre qui avait l'air d'avoir tout pour me plaire.



Date de diffusion :  29 septembre 2021
Titre international : The Chestnut Man
Durée :  6 x50min
Genre : thriller, drame
Création : Dorte Warnøe Høgh, David Sandreuter, Mikkel Serup
Casting : Esben Dalgaard Andersen, Danica Curcic, David Dencik
Nationalités : Danemark

Déconseillé au moins de 16 ans

Synopsis:


Brillante enquêtrice, Naia Thulin souhaite quitter la brigade criminelle pour passer plus de temps avec sa fille. Son commissaire n'est pas de cet avis, il l'afflige d'un nouveau partenaire dont personne ne veut et les envois sur une affaire de meurtre, sans imaginer qu'elle prendra des proportions internationales.



Critique :


Octobre est l'adaptation d'un livre de Søren Sveistrup, un écrivain danois déjà réputé pour la création de
la célèbre série télé The Killing. On s'amusera de constater qu'il aura fallut trois créateurs moins connu pour réaliser ce qu'un créateur à succès n'a pas jugé bon de tourner. Et quelques part, vous avez dans ce simple énoncé la conclusion de cette critique. L'histoire d'Octobre est très maitrisée, on retrouve tous les poncifs du genre : l'ambiance morose, les conflits familiaux, les enjeux politiques, les tensions au travail, etc. Le tout asséné avec une rigueur millimétré. Tellement millimétré que l'histoire semble sorti d'un moule qui en aurait déjà produit de nombreuses autres.

Alors dans un livre de 528 pages ( OO ok, je comprend même pas l'intérêt d'avoir autant de pages pour cette histoire) ça passe peut-être, mais dans une fiction de près de 6h, ça traine en longueur. Arrivé au dernier épisode, où tous les enjeux se dénouent, l'intensité est retombé depuis longtemps. Le grand méchant n'est pas crédible deux seconde, ses motivations et ses réactions font tellement peine à voir qu'il en devient difficile de ne pas le trouver ridicule. Pire, on se fout de savoir si la disparue est finalement vivante ou pas, et les scènes d'actions censé apporter un peu de flamme à ce climax font peine à voir.
Alors, je ne dirais pas que c'est mauvais, j'ai passé un bon moment devant cette enquête à essayer de deviner jusqu'où ils pourraient aller. Mais tout est quand même un peu gros et on peine à s'attacher aux personnages ou à l'histoire. Dans un mois je l'aurais surement oublié et je pourrais juste vous dire qu'il y avait des marons et des petites filles qui chantaient une comptine. Si vous êtes fan absolu du genre et n'avait rien à vous mettre sous la dent, c'est une possibilité, sinon, vous avez surement mieux à voir.



Conclusion :

Un polar assez efficace mais sans grande originalité. Un film de 2h aurait surement était plus efficace, les accrocs au genre apprécieront peut-être.

vendredi 8 octobre 2021

Midnight mass

Je l'attendais depuis un moment cette mini-série, le pitch était alléchant mais surtout Mike Flanagan a déjà fait montre de beaucoup de talent, j'espérais bien qu'il ne se démentirait pas cette fois non plus.




Date de diffusion :  24 septembre 2021
Durée :  7 x 1h05
Genre : Drame, fantastique
Création : Mike Flanagan
Casting : Kate Siegel, Zach Gilford, Kristin Lehman
Nationalités : USA, Canada

déconseillé au moins de 16

 Synopsis :

Un nouveau prêtre arrive sur la petite île tranquille de Crockett Island, d'étranges évènements commencent à frapper la population, inconsciente que plus rien ne sera jamais comme avant.


Critique :


Mike Flanagan c'est le créateur de la série The Haunting of Hill House, une série qui avait beaucoup fait parler d'elle à sa sortie. Il s'était également illustré en réalisant Stephen king's Doctor sleep la fausse suite de Shining. Personnellement je n'ai accroché ni à l'un, ni à l'autre. Je reconnais les qualités de ces deux fictions mais je leur trouvais un certain manque de maitrise qui me les rendait sympathique mais sans plus. Pour autant, j'étais curieux de voir cette nouvelle production car, à nouveau, le pitch était savoureux, le créateur baignant clairement dans des eaux qui me sont familiéres.

Midnight Mass, ou La messe de minuit si vous tenez à rendre le titre moins sexy, est donc une série

fantastique sur le thème de la religion. Soyons clair c'est très religieux. On en parle, on en voit, on en fait, la série baigne complétement dans cet univers et évoque tant ses qualités que ses défauts. Un choix intéressant car il permet de comprendre comment on peut entrer en religion, ce qui peut attirer les gens dans le culte et les pousser à certaines dérive. Car au final, si l'on retire le vernis fantastique c'est bien de cela que parle la série : le fanatisme, comment la religion peut détruire des vies.

En terme d'ambiance, la série est remarquable, on se laisse vraiment porter par l'atmosphère doucereuse de cette petite île. Les images sont belles, les acteurs talentueux et les dialogues remarquables. Certains trouveront peut-être que c'est un défaut, la série est en effet très bavarde mais l'écriture est tellement soigné que c'est à mon sens une qualité. Je me rappelle notamment un échange sur la mort particulièrement beau et que je n'oublierais pas de si tôt.


Au niveau de l'histoire, on ne peut pas dire que ce soit très originale. La surprise est vite éventée et les conséquences assez inévitable. Pourtant, c'est bien dans les rebondissements que l'on pourra être surpris, l'histoire ne prenant pas toujours le chemin attendu. Des surprises qui s'expliquent simplement par le fait qu'il s'agisse d'une mini série (il n'y aura pas de suite, ou alors sous forme d'anthologie avec d'autres personnages) et non d'une série. La finalité influence les choix. Pour autant cela n'en reste pas moins plaisant et nous avons déjà suffisamment de série en cours pour ne pas devoir forcément nous en ajouter d'autres.

Niveau casting, il n'y a pas de grandes stars mais quelques visages connus comme Kate Siegel qu'on avait déjà pu voir dans The Haunting of Hill House ou Zach Gilford qui a joué dans de nombreuses séries tels que Friday Night Lights ou Good Girls. Leurs deux rôles sont riche et profond et leur relation vraiment émouvante. Mais surtout, on notera la présence de Hamish Linklater  qui s'est illustré dans certaines de mes séries préférées : Legion, Fargo, The Newsroom  ou le film The big short et qui incarne ici le personnage central du prêtre. Un rôle qui lui permet de déployer une vaste palette de jeu tant dans l'intime que dans le spectaculaire.

Niveau effets spéciaux, c'est là encore du beau travail. Il y en a très peu mais ils sont utilisés

efficacement et souvent de belles manières. Il y a une scène dans l'eau que je ne suis pas prêt d'oublier.

Si l'on pourrait reprocher à la série un début très lent (malgré un début percutant, il faut attendre au moins l'épisode 3 pour que l'histoire commencent vraiment) le réalisateur prend surtout son temps pour développer calmement son petit univers et poser l'ambiance. Il ne s'agit nullement d'une série d'action mais bien d'une série dramatique où la psychologie des personnages prime sur l'ensemble.

Enfin, on notera que l'ambiance de départ est du pur Stephen King, elle rappelle par exemple Bazaar, on retrouve pleinement cette idée d'horreur qui surgit progressivement dans une petite communauté pour la détruire de l'intérieur. Le réalisateur se distingue par moins d'action et plus d'émotions, probablement aussi par des archétypes moins classiques.

Tout le monde n'appréciera pas le côté intimiste et lent de la série, pourtant c'est sa grande force et ça en fait une œuvre marquante que je recommande aux amateurs du genre.


Conclusion :

Sobre mais diablement efficace, une mini-série simple mais d'une grande beauté.



La série est en fait une histoire de vampire, l'univers n'est pas excessivement original puisqu'on a déjà vu la religion chrétienne utilisée pour justifier les vampires en faisant de Juda ou Cain le premier d'entre eux. Mais ici c'est vraiment fait de façon élégante, tout semble très logique et cela permet tout de même de renouveler le genre d'une certaine façon. En tout cas il s'agit d'une fiction de vampire qui fera date.


mercredi 29 septembre 2021

Post Mortem : Personne ne meurt à Skarnes

Lors d'un moment de creux j'ai vu passer cette série intrigante, je me suis dit que j'allais tenter. Bonne ou mauvaise idée, c'est ce que nous allons voir.


Date de diffusion :  25 aout 2021
Durée :  6 x 44
Genre : Drame, Fantastique, Comédie
Création : Petter Holmsen 
Casting : Kathrine Thorborg Johansen, Elias Holmen Sørensen, André Sørum
Nationalités : Norvége

Interdit au moins de 16

Synopsis :

Déclarée morte, Live Hallangen, la fille du croque-mort locale d'une petite ville, se réveille en pleine forme sur la table d'autopsie. Un premier décès qui en provoquera de nombreux autres dans une ville d'ordinaire trop tranquille.

Critique :


Bon, je vais me permettre de traiter rapidement cette critique car je n'ai pas grand chose à dire sur cette série.
Nous avons ici affaire à une énième fiction vampirique, et malheureusement elle n'offre rien de neuf hormis le cadre : une petite ville de Norvège. Un cadre bien insuffisant a rendre plaisant une histoire flemmarde et sans surprise.
Les images ne sont pas moche mais la réalisation est assez basique et la mise en scène parfois poussive (si vous n'avez pas rapidement grillé qui est le méchant c'est que vous ne regardez pas l'écran). Si vous ne devinerez pas tout, il est fort à parier qu'à la fin du premier épisode vous pourrez tout de même prévoir l'essentiel de l'action à venir dans les prochains épisodes.
Au niveau des personnages, je n'ai eu aucune accroche avec l'héroïne, elle est froide et distante et cela ne permet pas d'être investi dans ce qui lui arrive : sa lutte contre la faim devient donc plus agaçante que touchante.
Seul personnage à tirer un peu son épingle du jeu, son frère, gentil looser essayant de survivre dans une
situation complexe à plus d'un titre. Un personnage attachant mais qui n'est pas sassez original pour vraiment donner envie de suivre la série.
En fait, je regrette que la série n'est pas joué la carte de la famille dès le premier épisode, une vraie relation entre frère et sœur dès le premier épisode aurait été un vrai plus à mon avis (plus d'humour, plus affect, etc)
En 6 épisode, l'histoire n'a pas vraiment le temps de nous lasser, il y a suffisamment d'intrigue pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin mais sans vraiment réussir à donner envie d'en voir plus.
Dans l'ensemble, je ne recommande pas cette série, il y a des milliards de choses plus intéressante à voir. Si vous tenez à voir tout ce qui se fait sur les vampires ou si vous avez un kink particulier sur les pompes funèbres, pourquoi pas, mais sinon, passez votre chemin.



Conclusion :

Une série pas vraiment originale, pas vraiment effrayante, pas vraiment drôle. C'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus.

mercredi 22 septembre 2021

Squid game

Samedi Netflix nous a sortie une énième resucée de Battle Royal, la série est vite devenue tendance et la bande annonce est diablement efficace. Laissez moi vous dire ce que vaut vraiment ce nouveau show coréen. 




Date de diffusion :  18 septembre 2021
Durée :  9 x (entre 30 et 60min)
Genre : Drame, thriller, psychologique
Création : Dong-hyuk Hwang
Casting : Lee Jung-jae, Park Hae-soo, Wi Ha-joon

Nationalités : Corée


Synopsis :

Acculés par les dettes, des centaines de participants acceptent de concourir dans un jeu aux conséquences mortelles.

Critique :


Il y a quelques mois je vous parlais d'Alice in Borderland, une série Netflix qui m'avait profondément agacé car la hype qui l'entourait était inversement proportionnelle à sa qualité. C'était une série flemmarde et sans grand intérêt et je ne comprenais pas que le public soit aussi enthousiaste pour une thématique déjà tant et mieux traitée. Autant vous dire que j'avais quelques réticences à me lancer dans ce squid game sur le même thème et bien mal m'en aurait pris, car nous sommes clairement ici devant l'une des séries de références du catalogue Netflix.

En effet, si le premier épisode pourra en déstabiliser plus d'un, car il prend vraiment le temps de présenter un personnage principal pas très sympathique ( le mec vit au crochet de sa mère de 70 ans obligé de travailler à cause de lui qui préfère jouer aux courses), la série démarre rapidement dans les épisodes suivant une mécanique implacable qui ne vous laissera aucun répit, Squid Game est clairement une série qu'on a envie de binge watcher tant l'on a envie de comprendre et que l'on s'inquiète pour la vie des personnages.

On notera un très beau travail au niveau de la mise en scène, cela passe autant par la conception des espaces de jeu qui donne des images surréalistes, que dans celui des costumes avec ce personnel déshumanisé divisé en trois castes. Il y a également quelques très beau plan qui ne sont pas uniquement esthétique. (Même si l'histoire n'est pas comparable, j'ai beaucoup pensé à 20th century boy et sa thématique de la cruauté enfantine)

On appréciera d'ailleurs la cohérence de l'univers autour des jeux, certains que l'on connait, et d'autres qu'on découvrira comme ce fameux "jeu du poulpe" qui donne son nom à la série.

Le casting est très varié, je ne connaissais aucun des acteurs, à l'exception de Stephen Fu que j'avais vu dans La traque. Pour autant, les acteurs sont nombreux et variés et tous très bon. On s'attache rapidement à de nombreux d'entre eux et la peur est grande de les voir partir, tout comme l'émotion lorsque c'est vraiment le cas.

Malgré la grande violence de son pitch, rien n'est gratuit dans la série la violence est marquante et vous ne pourrez pas rester insensible à ce jeu de massacre. Un drame humain en forme de critique social qui nous rappelle que nous sommes tous très loin d'être égaux et que le grand jeu de la vie est truqué. J'ai beaucoup apprécié, même si l'on retrouve une forme de désespoir très coréenne, que la série prenne soin de toujours conserver une touche d'optimisme. Sans aller jusqu'à dire qu'il s'agit d'une série feel good, elle peint un tableau vraiment sombre(mais réaliste) de notre société, elle n'en exhorte pour autant pas moins à défendre toute vie. On appréciera aussi que le message soit diffusé sobrement à travers l'histoire et sans grand discours.


En fait, je pense que le plus impressionnant dans cette série c'est la sobriété et l'efficacité avec laquelle elle manipule tant ses personnages que son audience. En effet, si la série prend son temps dans le premier épisode c'est qu'elle place méthodiquement les pions de sa mécanique implacable. Le scénario est suffisamment bien construit pour qu'on ne doute pas une minute des motivations des personnages, qu'elles paraissent logique et qu'on accepte que des gens raisonnable en viennent à parier sur leur vie et sur des centaines d'autres. Les jeux sont parfaitement dosés pour mener à l'inévitable conclusion. 

Froide et logique, impitoyable, la fin saura vous surprendre tout en restant fidèle à ce que le show a présenté tout du long.

S'il y aura, à l'évidence, une saison 2 cette première saison est parfaitement autoconclusive et offre une expérience d'une qualité rare, je ne saurais que trop vous recommander cette série, originale, poignante et parfaitement maitrisée. Un classique en devenir.




Conclusion :

Une première saison brillante, une mise en scène léché et une intensité dramatique parfaitement maitrisée. On en re demande

vendredi 17 septembre 2021

Shadowplay

 C'est une nouveauté Mycanal et je trouve le pitch très le troisième homme diablement prometteur, voyons ensemble si le Berlin d'après guerre saura nous envouter.



Date de diffusion :  6 septembre 2021
Durée :  8 x 50
Genre : Drame, Polar, film de guerre
Création : Måns Mårlind
Casting : Taylor Kitsch, Michael C. Hall, Logan Marshall-Green, Nina Hoss, Tuppence Middleton

Nationalités : France, Canada, Allemagne

Synopsis:

Dans le Berlin d'après guerre, un policier américain vient aider à structurer la police allemande. Ses motivations sont plus personnelle, il espère surtout retrouver son frère déclaré déserteur. Il n'est pas conscient de mettre le pied dans une pièce ou chaque acteur ne joue que dans son propre intérêt.

Critique :


Shadowplay
est la nouvelle série de Måns Mårlind, le créateur de Bron, série à succès depuis décliné en de multiples adaptations internationales (the bridge, le tunnel, etc). Il nous revient ici avec une série toute aussi ambitieuse qui prend pour théâtre l'après guerre et les décombres de l'Allemagne vaincue. Un corps meurtri que nombreux charognards tentent de dépecer par vengeance ou par appât du gain. Ce que je trouve brillant dans ce cadre c'est qu'il est à la croisée des chemins. Ainsi, à la manière d'un Babylon V, Berlin devient une sorte de zone neutre où se croisent plusieurs cultures chacune essayant de tirer son épingle du jeu. A ça s'ajoute tous le pathos de l'après guerre, cette haine inextinguible entre vainqueur furieux de leurs pertes et vaincus furieux d'être humiliés. 

Dans Shadowplay, l'ombre est partout, la morale n'a plus vraiment sa place même si certains aimeraient
le croire. La justice a-t-elle encore du sens ou ne s'agit-il que de vengeance ? Si la série se concentre sur Max McLaughlin, très bien campé par Taylor Kitsch (Savages, John Carter, etc ), c'est tout une galerie de personnages brisés qu'elle nous offrira au fil de cette première saison. Impossible de ne pas mentionner Michael C. Hall (DEXTER !!!!! et Six Feet Under), la star du show, même s'il apparait assez peu dans son rôle d'ambassadeur louche. Pourtant c'est plutôt de Tuppence Middleton (Downtown Abbey, Imitation game, SENSE8!!!!!, etc ) que j'ai envie de vous parler, elle est vénéneuse en diable dans son rôle de femme fatale et si le personnage est un peu cliché (à l'aune du personnage principal, nous sommes sur des archétypes de film noir) il n'en reste pas moins très plaisant. D'autant que l'histoire sait présenter des personnages bien moins clichés comme celui de Nina Hoss (Homeland, etc), la survivante qui ose croire encore en l'avenir.


De la psychologie, de la politique mais surtout une enquête digne de Seven avec un assassin torturé et créatif qui donnera du fil à retordre à nos héros. En 8 épisodes, la série ne s'économise pas et vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer. Seul petit regret, une saison de 8 épisodes ne suffit pas à développer un univers aussi vaste on touche donc à peine le sujet du doigt et il faudra espérer une suite pour que la série puisse pleinement s'épanouir.

Au niveau de la réalisation, la reconstitution est très impressionnante et ce Berlin en ruine crée une
ambiance vraiment particulière (même si elle pourra évoquer des fictions plus récentes sur les guerres afghane). Petit plus très appréciable de mise en scène : le shadowplay(théâtre d'ombre). Il s'agit une petite séquence où l'un des personnages se livre à cœur ouvert. On découvre ainsi la vérité nu sur chacun des personnages, sur la noirceur que dissimule leur âme et sur ce qui les pousse au quotidien. Un artifice qui pourrait paraitre théâtral et qui pourtant s'intégre à merveille dans le show lui donnant une valeur ajouté non négligeable.

Clairement, j'ai passé un excellent moment devant cette série, il y a tous les éléments pour qu'elle devienne culte, l'ambiance est prenante à souhait, l'histoire riche, les personnages attachants, le sujet passionnant, bref un sans faute. En espérant que ce ne soit que le début.



Conclusion :

Une première saison brillante, je n'ai qu'une hâte voir comment ils vont densifier l'univers dans une prochaine saison.

vendredi 10 septembre 2021

Clickbait

 C'est une des tendances du moment sur Netflix France, que vaut vraiment cette mini-série au pitch captivant ?



Date de diffusion :  25 aout 2021
Durée :  8 x 45
Genre : Drame, mystère
Création : Tony Ayres, Christian White
Casting : Zoe Kazan, Betty Gabriel, Phoenix Raei

Nationalités : Australie, USA

Synospsis :

Lorsqu'une vidéo de Nick Brewer apparait sur les réseaux sociaux annonçant sa mort à venir, c'est toute e quotidien de sa famille qui vole en éclat et risque d'emporter de nombreux destins au passage.

Critique :


Clickbait
, c'est avant tout un pitch redoutable. Et c'est amusant car il y a là une véritable mise en abyme dans ce titre. Un clickbait, c'est un appât à clic : une photo, un texte ou une vidéo suffisamment racoleuse pour que tout le monde ait envie de cliquer dessus pour en savoir plus. Bien entendu, si ce clic ne renverra pas forcément sur une arnaque, il y a de fortes chances qu'il ne mène qu'a une déception. La pratique la plus courante est journalistique ou un gros titre annoncera quelque chose de spectaculaire avant de détailler dans l'article que ça ne l'était absolument pas.

Et bien Clickbait c'est ça. La promesse est spectaculaire et le soufflet retombe aussi vite qu'il a prit. Il y a pourtant de bonnes idées, comme ce point de départ, ou le fait que chaque épisode se centre sur un personnage différent. Mais tout est un peu artificiel et donne un sentiment d'inassouvi. Si on prend par exemple l'épisode du journaliste, c'est un point de vue intéressant car ça permet de comprendre un peu mieux ce qui peut pousser les journalistes à être si inhumain dans ce genre de drame. Mais d'une part c'est assez caricatural et de l'autre ça crée un besoin qui ne sera pas assouvi. L'histoire nous attache à un personnage dont on n'aura pas de fin satisfaisante vu qu'il n'est qu'un détail de l'histoire et qu'on n'en entendra plus parler après cet épisode.

L'autre gros souci c'est que l'histoire ne tient pas la route. Elle s'effondre comme un château de carte dès lors qu'on introduit une technologie pourtant courante de nos jours (plus d'infos dans la partie spoiler). Alors, ce pourrait être un choix scénaristique, nous sommes dans un monde ou cette technologie n'existe pas. Sauf qu'elle est utilisé dans l'un des épisodes juste après une séquence pénible ou cette même technologie aurait facilement réglé un problème. En bref, le scénaristes ont complexifié l'histoire pour que ça ait l'air intelligent mais ils n'ont même pas soigné les détails. Pire, on dirait qu'au niveau informatique, le scénariste est à peine capable d'ouvrir Word, dommage pour une série qui en parle autant. L'ensemble est grossier.


En plus, si vous faites partie des gens qui comme moi aiment à anticiper l'histoire et deviner les coupables, vous ne pourrez pas le faire ici. En tout cas pas avant les quelques minutes qui vous sépareront de la révélation tout simplement parce que rien ne rattache le/la/les coupable(s )au crime, c'est à peine si on les a déjà vu précédemment.

Par contre, niveau casting, c'est plutôt réussi, avec plusieurs beaux rôles féminin Zoe Kazan (la ballade de Buster Scruggs, Bored to death, etc) dans le rôle de la sœur et Betty Gabriel (Westworld, unfriended : dark web, etc) dans le rôle de la femme en tête. Leur relation amour/haine est particulièrement bien vu et fait parties des bons moteurs de la série. On pourrait d'ailleurs presque dire que c'est une série de femme car il y a vraiment beaucoup de rôle féminin et tous plutôt intéressants.

Niveau réalisation, il y a quelques efforts notamment dans la représentation des média sociaux mais aussi sur l'épisode 4 (dur d'en parler sans spoiler). C'est globalement efficace sauf lors des scènes d'actions, il y a notamment deux course-poursuites à pieds assez risible et un accident de voiture pas beaucoup plus glorieux.

Dans l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment devant cette série, ça commence même plutôt bien, avec de bonnes idées, mais c'est tellement fait de bric et de broc qu'on se lasse progressivement. Le dernier épisode m'a apporté des réponses intéressantes, la trame principale était globalement une bonne idée mais difficile à accepter tant elle repose sur du vide.

Conclusion :

Malgré un pitch très prometteur, la série s'enlise assez rapidement




Donc, l'histoire ne repose pas sur le clickbait mais sur le catphishing, c'est à dire le fait d'usurper l'identité de quelqu'un en ligne. Le scénario était probablement brillant en 2000 lorsqu'internet était encore en bas débit et que nous échangions sur msn, mais il devient puéril en 2020 alors que la visioconférence est un outil utilisé de 7 à 77 ans. Le scénario aurait pu se rattraper au branche si le coupable avait utilisé du "deepfake" (des vidéos trafiqués) c'est une technologie accessible de nos jours pour quelqu'un qui s'y connait et ça aurait permis de vraiment ancrer l'histoire dans le réel. Mais non, la flemme, les scénaristes ont préféré ignorer le problème. Le pire étant que l'épisode 7 pointe directement ce soucis. Ethan flippe car il commence à croire que Allison n'est pas qui elle prétend. Il suffirait qu'il demande une visioconférence et le problème serait réglé mais non, là encore il préfère se jeter dans la gueule du loup, une facilité scénaristique permettant de créer une tension factice. Et que vont-ils faire quand ils se verront ? Une visioconférence.... En fait, c'est comme si le personnage de Allison était censé être une hackeuse surcompétente car elle fait des visioconférences et sait ce que sont des métadonnées. Alors que ça donne juste l'impression que tous les autres personnages sont abrutis.

Dernier point, je suis très mitigé sur l'épisode de The Mistress. Très clairement, dans la réalisation tout laisse entendre qu'elle est mythomane et qu'elle n'a jamais vu Nick. C'est plutôt une bonne chose d'un point de vue réalisation mais je trouve que c'est aussi une grosse facilité scénaristique.

lundi 6 septembre 2021

Le bureau des légendes (saison 1 à 5)

Comme je suis abonné pour un an à My Canal, je rattrape enfin mon retard sur les séries originale de la chaîne. Les vacances ont ainsi été pour moi l'occasion de regarder l'intégrale du Bureau des légendes, voyons ensemble si la réputation de la série est galvaudé ou pas.


Date de diffusion :  avril 2015 pour la saison 1
Durée :  5 x 10 x 50
Genre : Drame, Espionnage
Création : Eric Rochant
Casting : Mathieu Kassovitz, Florence Loiret Caille, Jonathan Zaccaï, Zineb Triki, etc
Nationalités : France

Synopsis:

Après 6 ans d'infiltration en Syrie, l'agent Malotru est rappelé en France. Malgré sa formation, reprendre une vie normale s'avère complexe et son passé le hante dangereusement.

Note :

début 2020 je vous parlais du Deep Game Le bureau des Légendes, maintenant que j'ai vu la série je ne peux que recommander encore plus cette expérience car ses concepteurs ont vraiment pris un soin extrême à recréer la série. C'est simple, j'ai reconnu certaines pièces du jeu dans la série (normalement ça aurait dû fonctionner dans le sens contraire mais je suis un garçon compliqué :D .)

Critique :


Pas la peine de laisser planer le mystère, lorsqu'une série se taille une telle réputation, c'est rarement sur du vent et là très clairement c'est sur du béton. 

Le bureau des légendes est une série Française au sens le plus noble du terme, c'est l'anti James Bond et tous les effets spéciaux que vous n'aurez pas seront avantageusement remplacés par une écriture fine et des relations entre personnages explosives.

Un des points importants de la série, c'est son ancrage avec le réel. Ainsi, les premières saisons auront pour toile de fond les conflits en Afghanistan et les dernières la cybercriminalité Russe, deux faits de société qui, encore aujourd'hui, ont un impact sur notre société et donc dans lesquelles tout le monde à intérêt à se replonger. La série ne vous permettra pas de devenir un expert en géopolitique mais elle vous offrira un point de vue assez rare sur la complexité des situations qui ont pu contribuer à créer une guerre sans fin. Plus basiquement, c'est l'occasion de comprendre vraiment à quoi correspond l'espionnage et comment cela se pratique, loin des voitures volantes et des rayons laser.

Outre ce cadre très riche, Le bureau des légendes c'est avant tout l'histoire d'hommes et de femmes qui

doivent lutter au quotidien à la frontière du légal et du moral jusqu'à parfois se perdre. C'est un drame humain et une romance poignante car impossible. 

Ce qui est étonnant avec Le bureau des légendes c'est que malgré le sujet et malgré le fait que Eric Rochant ait réalisé Total Western, un excellent western urbain démontrant sa maitrise des scènes d'action, la série n'en comprend aucune. C'est bien simple, si la série, comme dans tant d'autres, nous montre une scène ou l'agent apprend à se battre, il y apprend ici à se faire tabasser et non à rendre les coups. Malgré les zones de guerre, malgré les affrontements possible, il n'y a quasi aucune scène d'action dans la série en 5 saisons. Il y a bien un ou deux coups de feu mais quasi aucun échange de coups de feu. Et ne croyez pas que je pointe ici un défaut, sauf pour les drogués à l'adrénaline, au contraire je suis très impressionné que la série réussisse à rester haletante sans cet artifice. Tout le rythme repose dans le suspens et la tension entre les personnages. Le bureau des légendes c'est un drame humain sur la complexité de vivre ensemble, de se faire confiance


Et pour qu'un drame puisse être captivant, il faut une riche brochette de personnage et nous sommes effectivement gâté. Si la série s'attarde surtout sur Malotru incarné par Mathieu Kassovitz (Banlieusards, le chant du loup, etc) un acteur de haut vol impeccable dans ce rôle d'agent torturé (dans tous les sens du terme :D ) elle ne se prive pas de développer une riche palette de personnages. Que ce soit Zineb Triki, Florence Loiret Caille ou Sara Giraudeau toutes se voient confiées un personnage complexe et profond à la hauteur de leurs partenaires masculin Jonathan Zaccaï, Jules Sagot et Victor Artus Solaro. Et là, je ne parle que des acteurs les moins connus car l'on pourra aussi profiter des talents de Jean-Pierre Darroussin, Léa Drucker ou Mathieu Amalric.

Ce qui m'amène d'ailleurs à la principale et presque seule critique que j'ai à émettre sur la série :
son titre est trompeur. En intitulant la série le bureau des légendes son créateur laisse entendre que l'important c'est l'organisation et donc qu'on suivra plusieurs personnages qui auront tous autant d'importance, une série chorale comme Glee ou Urgence. Mais la vérité, même s'il y a d'excellents seconds rôles, c'est qu'il n'y en a que pour Malotru. On en bouffe jusqu'à la nausée, à plusieurs moments j'ai eu envie de lui mettre des tartes à lui et à sa Nadia El Mansour. Ces deux personnages sont très bon et leur histoire passionnante mais trop c'est trop. Moi j'aurais voulu en savoir plus sur Sylvain, le petit génie de l'informatique asocial, ou sur la mule, cette agente de terrain revêche, et surtout sur Jonas, un analyste atypique et particulièrement attachant. Ce personnage, clairement mon préféré, prend de l'ampleur en saison 3 et 4 avant d'être complétement mis de côté dans la saison 5, comme tant d'autres et je trouve que c'est là le principale défaut de la série que de s'enfermer sur un seul personnage. 
C'est d'ailleurs ce défaut qui pour moi rendra la cinquième et dernière saison moins intéressante, je peux comprendre l'intérêt de boucler l'histoire pour la finir logiquement mais cela est fait au détriment de l'intensité dramatique. loin d'être une ouverture pour finir en apothéose la saison cinq est un repli sur soi qui finit en pétard mouillé. J'exagère un peu, le dernier épisode réalisé par Jacques Audiard (The sisters Brothers, De rouille et d'os, etc), excusé du peu, est remarquable mais il aura fallut pour y arriver se noyer dans des intrigues poussives (l'enquête de Mille sabords, quelle utilité ?) ne rendant pas honneur aux personnages.
Il est d'ailleurs probablement important ici de préciser que la saison 5 n'est pas forcément la fin de la série. Si elle clôt logiquement l'histoire et que le dernier plan laisse peu d'ambiguïté, la rumeur est persistante d'une saison 6 ou d'un spin-off qui pourrait notamment parler de la pandémie. Je suis particulièrement favorable à cette idée, j'espère qu'elle permettra enfin de donner toute leur ampleur à la superbe brochette de personnages développés au fil des saisons.

L'autre défaut que j'aimerais pointer c'est que la série n'a pas saisie l'occasion de parler de l'identité. Nous sommes face à des hommes et des femmes qui se font passer pour des autres pendant des années. Il y avait tout loisir de s'intéresser à ce qui fait notre identité, mais la série bote en touche pour rester sur ses acquis.

Enfin, dernier point que je n'ai pas abordé concernant la série et qui pourra surprendre, c'est sa grande poésie. Certaines images des épisodes sont d'une grande beauté et je garderai longtemps avec moi celles concernant le chien qui me hanteront comme un spleen.

Je suis vraiment content d'avoir pu rattraper mon retard sur cette série et j'aurais vraiment voulu lui mettre 5 étoiles. Mais comme je l'ai déjà signalé, la cinquième saison est la moins bonne et l'univers est si riche que c'est du gâchis de l'avoir développé aussi peu. C'est pour ça que je ne peux pas donner une note maximum à cette série pourtant excellente. mais j'espère très fort que l'avenir de la série comblera ce petit défaut que je pourrais mettre un franc 5 étoiles à la prochaine saison quel soit un spin off ou non.


Conclusion:

Une vision brillante de l'espionnage, l'anti James Bond par excellence qui compense l'absence d'action par la pertinence de ses histoires, la saison 5 est un brin décevante mais la série reste un must à voir absolument.