Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
Comme chaque année vous trouverez ici mon top 10 des séries de l'année. Ce sera très probablement le dernier car je vais mettre le blog en sommeil.
Vous l'aurez remarqué, cela fait déjà plusieurs semaines que j'ai du mal à sortir une critique, j'ai une bonne quinzaine d'œuvres sur lesquelles j'aurais du écrire quelque chose mais pour lesquelles je n'arrive pas à me motiver indépendamment de leur qualités respectives.
Je dois admettre qu'aujourd'hui, rédiger pour le blog est plus devenu une corvée qu'autre chose et que j'ai besoin de temps pour les projets qui me font plus vibrer comme l'écriture ou Tarothor.
Je vous remercie d'avoir suivi ce blog, j'espère qu'il vous aura permis de faire des découvertes et que j'aurais su vous faire comprendre ma vision de la fiction, voir de la création.
Si vous voulez continuer à suivre ou soutenir mon travail, vous pouvez toujours acheter mes livres (sur amazon) ou vous abonner à Tarothor.
Ne nous mentons pas, les comédies françaises, ça n'a jamais été ma came. En fait, c'est une forme de curiosité malsaine qui m'a poussé à regarder ce nouveau film de Dany Boon sortit directement sur Netflix. Est-ce que le direct to Netflix est le nouveau direct to dvd ? C'est ce que nous allons voir.
Dans l'immeuble du 8 rue de l'humanité, des voisins sont forcé de s'entraider au cœur de la pandémie de Covid.
Critique :
Dites, ça vous tente un film sans originalité qui empile les poncifs sur le (oui on dit la, mais je refuse) Covid ?
Alors foncez vite regarder le petit dernier de Dany Boon, il est fait pour vous ! Sinon, poursuivez la lecture de cette courte critique qui vous expliquera pourquoi il y a des milliards de films plus intéressant.
Et la réponse à ma toute première question est oui : Direct to Netflix veut bien dire que tu n'es pas digne de sortir en salle et ça en dit long vu le nombre de bouses qui arrivent déjà à sortir au cinéma.
Bref, 8 rue de l'humanité est le nouveau film de Dany Boon, un comique qui a connu la gloire dans les années 2000 grâce à un habile pastiche de la culture Chtimi et qui a connu son apogée en 2008 grâce au film Bienvenue chez les Ch'tis, habile recyclage de ses sketchs. Depuis, il n'a fait que s'auto plagié avec des films toujours plus vide jusqu'à devenir la parodie de lui même dans son petit dernier. Dany Boon n'est désormais plus qu'une version lowcost de Jim Carrey, grimaçant mollement pour extorquer quelques sourires.
Que dire du film en lui même ? Il n'a pas que des défauts, on pointera ainsi de très beaux plans de drones d'un Paris
entièrement vide. des images superbes qu'il est toujours aussi étrange de voir. On trouvera également une jolie scène autour d'un théâtre d'ombre chinoise et un pitch dont un réalisateur comme Albert Dupontel aurait pu faire quelque chose de vraiment dingue. Loin de cette hypothétique folie, on se retrouve ici devant une soupe froide grand public formaté pour le prime time. C'est le niveau d'écriture et de réalisation de Plus Belle la vie, sauf que ce programme à l'excuse d'être quotidien.
Au niveau du casting, il y a des choix intéressants, je me réjouissait pour ma part de retrouver François Damiens (qui n'a plus à prouver son potentiel comique), Yvan Attal (très bon réalisateur) ou Liliane Rovère (brillante dans 10%), j'étais même curieux de voir Alison Wheeler que je n'avais pas revu depuis l'époque du Studio Bagel. Au final, si Liliane Rovère et Laurence Arné réussissent à tirer leur épingle du jeu, ainsi que les enfants même si leur histoire d'amour m'a saoulé (critique absolument subjective), le reste du casting fait peine à voir avec une mention spéciale génance pour Yvan Attal dans un contre emploi grotesque mal dirigé qui le rend ridicule.
C'est d'ailleurs le principal défaut de ce film, il n'ose jamais franchir la ligne pour être sûr de rester grand public, on se retrouve donc devant un épisode de Dora l'exploratrice trop long.
Enfin, le coup de pelle final vient assurément du fond de l'histoire. J'ose espérer que Dany Boon n'y a pas réfléchit et a juste écrit tout ce qui lui passait par la tête, ce ne serait pas glorieux mais il aurait au moins une excuse sur le message puant que véhicule ce film. Car 8 rue de l'humanité reflète une vision de notre société, les personnages sont donc des blancs aisés et privilégiés en dehors de l'homme de ménage et de sa femme qui a le covid. La majorité des blancs sont des sales types qui finalement sont montré comme des braves gens alors qu'ils n'ont sensiblement pas changé (enfin si, ils ont fait une flash mob...), ils sont juste montré comme transformé par la magie du vide scénaristique (c'est surtout flagrant pour le personnage de François Damiens). Mais la cerise sur le gâteau de caca c'est le sort réservé à la concierge SPOILER
En effet, celle-ci meurt à la fin du film mais tout est bien qui finit bien car les héros font une flash mob pour réconforter son mari. En bon nanti, Dany Boon reproduit les inégalités, il montre comment les minorités payent le prix le plus lourd en temps de crise tout en l'excusant parce que les nantis applaudissent aux fenêtres. Et ce ne sont pas les 2 ou 3 petites critiques lancé par un enfant sur un film de 2h qui suffiront à compenser le fond réel de l'histoire. L'Humanité de Dany Boon ce sont donc des blancs privilégiés qui font des bonnes actions pour se donner bonne conscience pendant qu'ils continuent de profiter de l'exploitation des racisés.
Bref, j'ai le seum.
Conclusion :
On touche le fond, il manque juste Christian Clavier.
Avec la sortie récente de la saison 3, il est temps pour moi de revenir sur un dessin animé que Netflix s'évertue à me recommander alors qu'il ressemble juste à un énième Shonen de plus. Voyons donc ce que vaut vraiment Scissor Seven.
Diffusion sur Netflix : 10 janvier 2020
Saison 1 :14 x 15min
Saison 2 : 10 x 15min
Genre : Animation, humour, action
Titre original "Killer Seven"Cike Wuliuqi
Réalisation : He Xiaofen
casting vocal :Ronny Chieng, Jas Patrick, Aleks Le, etc
Nationalité :Chine
Chaîne d'origine Netflix
Synopsis :
Coiffeur le jour, assassin la nuit, Seven est surtout un gros looser qui vivote tant bien que mal sur la petite île du poulet. Au fil de ses missions, il fera connaissance de ses singuliers concitoyens mais découvrira surtout les terribles dangers qui menace l'île.
Critique :
Scissor Seven est une série d'animation chinoise, un genre que l'on a peu l'occasion de découvrir sous nos contrés et qui a suffisamment su se faire remarquer pour être nominé au festival d'animation d'Annecy (en gros "le festival de cannes du dessin animé") en 2018.
Il faut dire que si la série reprend des codes très connus, elle ne ressemble à aucune autre.
Son graphisme, tout d'abord, est très "indépendant" et peut varier du tout au tout d'une scène à une autre en fonction des besoins de l'ambiance. Le charadesign a l'air simpliste mais cela correspond parfaitement à l'ambiance et surtout c'est compensé par une animation complétement folle qui n'a rien à envier au travail du studio Science Saru (Devilman, the tatami galaxy,etc).
Au niveau de l'histoire, si les scénarios sont globalement de vagues prétextes à bastons épiques et
loufoques, les scénaristes arrivent toutefois à apporter beaucoup de fond à l'ensemble en développant les backstory des personnages. Ainsi tous les habitants de l'ile deviendront progressivement attachant lorsque vous découvrirez les événements auxquels ils ont pu être confronté.
Comme dans tout bon shonen, le héros cache également un terrible secret qui sera développé dans la trame globale de l'histoire.
La force de Scissor Seven, c'est vraiment que la série n'a rien de grand public, les épisodes son court et dense mais n'hésite pas à prendre leur temps sur des détails même si l'action reste moteur.
L'ambiance m'évoque le vieux dessin animé Doctor Slump on y retrouve le côté petit village perdu et personnages décalés.
Les thématiques de la série sont très variées, et parfois assez dures. Je la destinerais donc plutôt à un publique adolescent ou adulte malgré ce que le côté débile des scénarios et mignon des graphisme pourraient laisser croire.
La saison 1 est composé de deux parties : 10 épisodes racontant une histoire globale et permettant de découvrir l'île puis 4 épisodes d'origine story. Cette deuxième partie plus sombre et sérieuse m'a moins convaincu car trop proche d'un shonen classique, elle n'en reste pas moins intéressante pour le développement des personnages.
La saison 2 n'est composé que de 10 épisodes mais reprend l'esprit de la première saison en se concentrant cette fois sur les assassins venu faire le ménage sur l'île. Une saison 2 qui se termine avec un beau cliffangher donnant envie de vite voir la suite (ça tombe bien, elle vient de sortir).
Dans l'ensemble, j'ai passé un excellent moment devant ce dessin animé, les personnages sont tous très cool, les combats inventifs et l'histoire finalement assez prenante.
Si ce genre de fiction peut vous intéresser, je vous invite à découvrir les aventures de Seven et ses amis, vous n'en ressortirez pas indemne.
Conclusion :
Excellente surprise que cette petite série chinois, c'est décalé à souhait et on y trouve beaucoup plus de sensibilité qu'on pourrait le croire. Je recommande chaudement
Comme en ce moment je suis plusieurs séries qui ne sortent qu'un épisode par semaine, j'ai un peu de temps pour faire des découvertes. J'ai donc tenté Octobre qui avait l'air d'avoir tout pour me plaire.
Date de diffusion : 29 septembre 2021
Titre international : The Chestnut Man
Durée : 6 x50min Genre : thriller, drame Création : Dorte Warnøe Høgh, David Sandreuter, Mikkel Serup Casting : Esben Dalgaard Andersen, Danica Curcic, David Dencik
Nationalités : Danemark
Déconseillé au moins de 16 ans
Synopsis:
Brillante enquêtrice, Naia Thulin souhaite quitter la brigade criminelle pour passer plus de temps avec sa fille. Son commissaire n'est pas de cet avis, il l'afflige d'un nouveau partenaire dont personne ne veut et les envois sur une affaire de meurtre, sans imaginer qu'elle prendra des proportions internationales.
Critique :
Octobre est l'adaptation d'un livre de Søren Sveistrup, un écrivain danois déjà réputé pour la création de
la célèbre série télé The Killing. On s'amusera de constater qu'il aura fallut trois créateurs moins connu pour réaliser ce qu'un créateur à succès n'a pas jugé bon de tourner. Et quelques part, vous avez dans ce simple énoncé la conclusion de cette critique. L'histoire d'Octobre est très maitrisée, on retrouve tous les poncifs du genre : l'ambiance morose, les conflits familiaux, les enjeux politiques, les tensions au travail, etc. Le tout asséné avec une rigueur millimétré. Tellement millimétré que l'histoire semble sorti d'un moule qui en aurait déjà produit de nombreuses autres.
Alors dans un livre de 528 pages ( OO ok, je comprend même pas l'intérêt d'avoir autant de pages pour cette histoire) ça passe peut-être, mais dans une fiction de près de 6h, ça traine en longueur. Arrivé au dernier épisode, où tous les enjeux se dénouent, l'intensité est retombé depuis longtemps. Le grand méchant n'est pas crédible deux seconde, ses motivations et ses réactions font tellement peine à voir qu'il en devient difficile de ne pas le trouver ridicule. Pire, on se fout de savoir si la disparue est finalement vivante ou pas, et les scènes d'actions censé apporter un peu de flamme à ce climax font peine à voir.
Alors, je ne dirais pas que c'est mauvais, j'ai passé un bon moment devant cette enquête à essayer de deviner jusqu'où ils pourraient aller. Mais tout est quand même un peu gros et on peine à s'attacher aux personnages ou à l'histoire. Dans un mois je l'aurais surement oublié et je pourrais juste vous dire qu'il y avait des marons et des petites filles qui chantaient une comptine. Si vous êtes fan absolu du genre et n'avait rien à vous mettre sous la dent, c'est une possibilité, sinon, vous avez surement mieux à voir.
Conclusion :
Un polar assez efficace mais sans grande originalité. Un film de 2h aurait surement était plus efficace, les accrocs au genre apprécieront peut-être.
Je l'attendais depuis un moment cette mini-série, le pitch était alléchant mais surtout Mike Flanagan a déjà fait montre de beaucoup de talent, j'espérais bien qu'il ne se démentirait pas cette fois non plus.
Date de diffusion : 24 septembre 2021
Durée : 7 x 1h05 Genre : Drame, fantastique Création : Mike Flanagan Casting : Kate Siegel, Zach Gilford, Kristin Lehman
Nationalités : USA, Canada
déconseillé au moins de 16
Synopsis :
Un nouveau prêtre arrive sur la petite île tranquille de Crockett Island, d'étranges évènements commencent à frapper la population, inconsciente que plus rien ne sera jamais comme avant.
Critique :
Mike Flanagan c'est le créateur de la série The Haunting of Hill House, une série qui avait beaucoup fait parler d'elle à sa sortie. Il s'était également illustré en réalisantStephen king's Doctor sleep la fausse suite de Shining. Personnellement je n'ai accroché ni à l'un, ni à l'autre. Je reconnais les qualités de ces deux fictions mais je leur trouvais un certain manque de maitrise qui me les rendait sympathique mais sans plus. Pour autant, j'étais curieux de voir cette nouvelle production car, à nouveau, le pitch était savoureux, le créateur baignant clairement dans des eaux qui me sont familiéres.
Midnight Mass, ou La messe de minuit si vous tenez à rendre le titre moins sexy, est donc une série
fantastique sur le thème de la religion. Soyons clair c'est très religieux. On en parle, on en voit, on en fait, la série baigne complétement dans cet univers et évoque tant ses qualités que ses défauts. Un choix intéressant car il permet de comprendre comment on peut entrer en religion, ce qui peut attirer les gens dans le culte et les pousser à certaines dérive. Car au final, si l'on retire le vernis fantastique c'est bien de cela que parle la série : le fanatisme, comment la religion peut détruire des vies.
En terme d'ambiance, la série est remarquable, on se laisse vraiment porter par l'atmosphère doucereuse de cette petite île. Les images sont belles, les acteurs talentueux et les dialogues remarquables. Certains trouveront peut-être que c'est un défaut, la série est en effet très bavarde mais l'écriture est tellement soigné que c'est à mon sens une qualité. Je me rappelle notamment un échange sur la mort particulièrement beau et que je n'oublierais pas de si tôt.
Au niveau de l'histoire, on ne peut pas dire que ce soit très originale. La surprise est vite éventée et les conséquences assez inévitable. Pourtant, c'est bien dans les rebondissements que l'on pourra être surpris, l'histoire ne prenant pas toujours le chemin attendu. Des surprises qui s'expliquent simplement par le fait qu'il s'agisse d'une mini série (il n'y aura pas de suite, ou alors sous forme d'anthologie avec d'autres personnages) et non d'une série. La finalité influence les choix. Pour autant cela n'en reste pas moins plaisant et nous avons déjà suffisamment de série en cours pour ne pas devoir forcément nous en ajouter d'autres.
Niveau casting, il n'y a pas de grandes stars mais quelques visages connus comme Kate Siegel qu'on avait déjà pu voir dans The Haunting of Hill House ou Zach Gilford qui a joué dans de nombreuses séries tels que Friday Night Lights ou Good Girls. Leurs deux rôles sont riche et profond et leur relation vraiment émouvante. Mais surtout, on notera la présence de Hamish Linklater qui s'est illustré dans certaines de mes séries préférées : Legion, Fargo, The Newsroom ou le film The big short et qui incarne ici le personnage central du prêtre. Un rôle qui lui permet de déployer une vaste palette de jeu tant dans l'intime que dans le spectaculaire.
Niveau effets spéciaux, c'est là encore du beau travail. Il y en a très peu mais ils sont utilisés
efficacement et souvent de belles manières. Il y a une scène dans l'eau que je ne suis pas prêt d'oublier.
Si l'on pourrait reprocher à la série un début très lent (malgré un début percutant, il faut attendre au moins l'épisode 3 pour que l'histoire commencent vraiment) le réalisateur prend surtout son temps pour développer calmement son petit univers et poser l'ambiance. Il ne s'agit nullement d'une série d'action mais bien d'une série dramatique où la psychologie des personnages prime sur l'ensemble.
Enfin, on notera que l'ambiance de départ est du pur Stephen King, elle rappelle par exemple Bazaar, on retrouve pleinement cette idée d'horreur qui surgit progressivement dans une petite communauté pour la détruire de l'intérieur. Le réalisateur se distingue par moins d'action et plus d'émotions, probablement aussi par des archétypes moins classiques.
Tout le monde n'appréciera pas le côté intimiste et lent de la série, pourtant c'est sa grande force et ça en fait une œuvre marquante que je recommande aux amateurs du genre.
Conclusion :
Sobre mais diablement efficace, une mini-série simple mais d'une grande beauté.
La série est en fait une histoire de vampire, l'univers n'est pas excessivement original puisqu'on a déjà vu la religion chrétienne utilisée pour justifier les vampires en faisant de Juda ou Cain le premier d'entre eux. Mais ici c'est vraiment fait de façon élégante, tout semble très logique et cela permet tout de même de renouveler le genre d'une certaine façon. En tout cas il s'agit d'une fiction de vampire qui fera date.
Lors d'un moment de creux j'ai vu passer cette série intrigante, je me suis dit que j'allais tenter. Bonne ou mauvaise idée, c'est ce que nous allons voir.
Date de diffusion : 25 aout 2021
Durée : 6 x 44 Genre : Drame, Fantastique, Comédie Création : Petter Holmsen Casting : Kathrine Thorborg Johansen, Elias Holmen Sørensen, André Sørum
Nationalités : Norvége
Interdit au moins de 16
Synopsis :
Déclarée morte, Live Hallangen, la fille du croque-mort locale d'une petite ville, se réveille en pleine forme sur la table d'autopsie. Un premier décès qui en provoquera de nombreux autres dans une ville d'ordinaire trop tranquille.
Critique :
Bon, je vais me permettre de traiter rapidement cette critique car je n'ai pas grand chose à dire sur cette série.
Nous avons ici affaire à une énième fiction vampirique, et malheureusement elle n'offre rien de neuf hormis le cadre : une petite ville de Norvège. Un cadre bien insuffisant a rendre plaisant une histoire flemmarde et sans surprise.
Les images ne sont pas moche mais la réalisation est assez basique et la mise en scène parfois poussive (si vous n'avez pas rapidement grillé qui est le méchant c'est que vous ne regardez pas l'écran). Si vous ne devinerez pas tout, il est fort à parier qu'à la fin du premier épisode vous pourrez tout de même prévoir l'essentiel de l'action à venir dans les prochains épisodes.
Au niveau des personnages, je n'ai eu aucune accroche avec l'héroïne, elle est froide et distante et cela ne permet pas d'être investi dans ce qui lui arrive : sa lutte contre la faim devient donc plus agaçante que touchante.
Seul personnage à tirer un peu son épingle du jeu, son frère, gentil looser essayant de survivre dans une
situation complexe à plus d'un titre. Un personnage attachant mais qui n'est pas sassez original pour vraiment donner envie de suivre la série.
En fait, je regrette que la série n'est pas joué la carte de la famille dès le premier épisode, une vraie relation entre frère et sœur dès le premier épisode aurait été un vrai plus à mon avis (plus d'humour, plus affect, etc)
En 6 épisode, l'histoire n'a pas vraiment le temps de nous lasser, il y a suffisamment d'intrigue pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin mais sans vraiment réussir à donner envie d'en voir plus.
Dans l'ensemble, je ne recommande pas cette série, il y a des milliards de choses plus intéressante à voir. Si vous tenez à voir tout ce qui se fait sur les vampires ou si vous avez un kink particulier sur les pompes funèbres, pourquoi pas, mais sinon, passez votre chemin.
Conclusion :
Une série pas vraiment originale, pas vraiment effrayante, pas vraiment drôle. C'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus.
Samedi Netflix nous a sortie une énième resucée de Battle Royal, la série est vite devenue tendance et la bande annonce est diablement efficace. Laissez moi vous dire ce que vaut vraiment ce nouveau show coréen.
Date de diffusion : 18 septembre 2021
Durée : 9 x (entre 30 et 60min) Genre : Drame, thriller, psychologique Création : Dong-hyuk Hwang Casting : Lee Jung-jae, Park Hae-soo, Wi Ha-joon
Nationalités : Corée
Synopsis :
Acculés par les dettes, des centaines de participants acceptent de concourir dans un jeu aux conséquences mortelles.
Critique :
Il y a quelques mois je vous parlais d'Alice in Borderland, une série Netflix qui m'avait profondément agacé car la hype qui l'entourait était inversement proportionnelle à sa qualité. C'était une série flemmarde et sans grand intérêt et je ne comprenais pas que le public soit aussi enthousiaste pour une thématique déjà tant et mieux traitée. Autant vous dire que j'avais quelques réticences à me lancer dans ce squid game sur le même thème et bien mal m'en aurait pris, car nous sommes clairement ici devant l'une des séries de références du catalogue Netflix.
En effet, si le premier épisode pourra en déstabiliser plus d'un, car il prend vraiment le temps de présenter un personnage principal pas très sympathique ( le mec vit au crochet de sa mère de 70 ans obligé de travailler à cause de lui qui préfère jouer aux courses), la série démarre rapidement dans les épisodes suivant une mécanique implacable qui ne vous laissera aucun répit, Squid Game est clairement une série qu'on a envie de binge watcher tant l'on a envie de comprendre et que l'on s'inquiète pour la vie des personnages.
On notera un très beau travail au niveau de la mise en scène, cela passe autant par la conception des espaces de jeu qui donne des images surréalistes, que dans celui des costumes avec ce personnel déshumanisé divisé en trois castes. Il y a également quelques très beau plan qui ne sont pas uniquement esthétique. (Même si l'histoire n'est pas comparable, j'ai beaucoup pensé à 20th century boy et sa thématique de la cruauté enfantine)
On appréciera d'ailleurs la cohérence de l'univers autour des jeux, certains que l'on connait, et d'autres qu'on découvrira comme ce fameux "jeu du poulpe" qui donne son nom à la série.
Le casting est très varié, je ne connaissais aucun des acteurs, à l'exception de Stephen Fu que j'avais vu dans La traque. Pour autant, les acteurs sont nombreux et variés et tous très bon. On s'attache rapidement à de nombreux d'entre eux et la peur est grande de les voir partir, tout comme l'émotion lorsque c'est vraiment le cas.
Malgré la grande violence de son pitch, rien n'est gratuit dans la série la violence est marquante et vous ne pourrez pas rester insensible à ce jeu de massacre. Un drame humain en forme de critique social qui nous rappelle que nous sommes tous très loin d'être égaux et que le grand jeu de la vie est truqué. J'ai beaucoup apprécié, même si l'on retrouve une forme de désespoir très coréenne, que la série prenne soin de toujours conserver une touche d'optimisme. Sans aller jusqu'à dire qu'il s'agit d'une série feel good, elle peint un tableau vraiment sombre(mais réaliste) de notre société, elle n'en exhorte pour autant pas moins à défendre toute vie. On appréciera aussi que le message soit diffusé sobrement à travers l'histoire et sans grand discours.
En fait, je pense que le plus impressionnant dans cette série c'est la sobriété et l'efficacité avec laquelle elle manipule tant ses personnages que son audience. En effet, si la série prend son temps dans le premier épisode c'est qu'elle place méthodiquement les pions de sa mécanique implacable. Le scénario est suffisamment bien construit pour qu'on ne doute pas une minute des motivations des personnages, qu'elles paraissent logique et qu'on accepte que des gens raisonnable en viennent à parier sur leur vie et sur des centaines d'autres. Les jeux sont parfaitement dosés pour mener à l'inévitable conclusion.
Froide et logique, impitoyable, la fin saura vous surprendre tout en restant fidèle à ce que le show a présenté tout du long.
S'il y aura, à l'évidence, une saison 2 cette première saison est parfaitement autoconclusive et offre une expérience d'une qualité rare, je ne saurais que trop vous recommander cette série, originale, poignante et parfaitement maitrisée. Un classique en devenir.
Conclusion :
Une première saison brillante, une mise en scène léché et une intensité dramatique parfaitement maitrisée. On en re demande
C'est une des tendances du moment sur Netflix France, que vaut vraiment cette mini-série au pitch captivant ?
Date de diffusion : 25 aout 2021
Durée : 8 x 45 Genre : Drame, mystère Création : Tony Ayres, Christian White Casting : Zoe Kazan, Betty Gabriel, Phoenix Raei
Nationalités : Australie, USA
Synospsis :
Lorsqu'une vidéo de Nick Brewer apparait sur les réseaux sociaux annonçant sa mort à venir, c'est toute e quotidien de sa famille qui vole en éclat et risque d'emporter de nombreux destins au passage.
Critique :
Clickbait, c'est avant tout un pitch redoutable. Et c'est amusant car il y a là une véritable mise en abyme dans ce titre. Un clickbait, c'est un appât à clic : une photo, un texte ou une vidéo suffisamment racoleuse pour que tout le monde ait envie de cliquer dessus pour en savoir plus. Bien entendu, si ce clic ne renverra pas forcément sur une arnaque, il y a de fortes chances qu'il ne mène qu'a une déception. La pratique la plus courante est journalistique ou un gros titre annoncera quelque chose de spectaculaire avant de détailler dans l'article que ça ne l'était absolument pas.
Et bien Clickbait c'est ça. La promesse est spectaculaire et le soufflet retombe aussi vite qu'il a prit. Il y a pourtant de bonnes idées, comme ce point de départ, ou le fait que chaque épisode se centre sur un personnage différent. Mais tout est un peu artificiel et donne un sentiment d'inassouvi. Si on prend par exemple l'épisode du journaliste, c'est un point de vue intéressant car ça permet de comprendre un peu mieux ce qui peut pousser les journalistes à être si inhumain dans ce genre de drame. Mais d'une part c'est assez caricatural et de l'autre ça crée un besoin qui ne sera pas assouvi. L'histoire nous attache à un personnage dont on n'aura pas de fin satisfaisante vu qu'il n'est qu'un détail de l'histoire et qu'on n'en entendra plus parler après cet épisode.
L'autre gros souci c'est que l'histoire ne tient pas la route. Elle s'effondre comme un château de carte dès lors qu'on introduit une technologie pourtant courante de nos jours (plus d'infos dans la partie spoiler). Alors, ce pourrait être un choix scénaristique, nous sommes dans un monde ou cette technologie n'existe pas. Sauf qu'elle est utilisé dans l'un des épisodes juste après une séquence pénible ou cette même technologie aurait facilement réglé un problème. En bref, le scénaristes ont complexifié l'histoire pour que ça ait l'air intelligent mais ils n'ont même pas soigné les détails. Pire, on dirait qu'au niveau informatique, le scénariste est à peine capable d'ouvrir Word, dommage pour une série qui en parle autant. L'ensemble est grossier.
En plus, si vous faites partie des gens qui comme moi aiment à anticiper l'histoire et deviner les coupables, vous ne pourrez pas le faire ici. En tout cas pas avant les quelques minutes qui vous sépareront de la révélation tout simplement parce que rien ne rattache le/la/les coupable(s )au crime, c'est à peine si on les a déjà vu précédemment.
Par contre, niveau casting, c'est plutôt réussi, avec plusieurs beaux rôles féminin Zoe Kazan (la ballade de Buster Scruggs, Bored to death, etc) dans le rôle de la sœur et Betty Gabriel (Westworld, unfriended : dark web, etc) dans le rôle de la femme en tête. Leur relation amour/haine est particulièrement bien vu et fait parties des bons moteurs de la série. On pourrait d'ailleurs presque dire que c'est une série de femme car il y a vraiment beaucoup de rôle féminin et tous plutôt intéressants.
Niveau réalisation, il y a quelques efforts notamment dans la représentation des média sociaux mais aussi sur l'épisode 4 (dur d'en parler sans spoiler). C'est globalement efficace sauf lors des scènes d'actions, il y a notamment deux course-poursuites à pieds assez risible et un accident de voiture pas beaucoup plus glorieux.
Dans l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment devant cette série, ça commence même plutôt bien, avec de bonnes idées, mais c'est tellement fait de bric et de broc qu'on se lasse progressivement. Le dernier épisode m'a apporté des réponses intéressantes, la trame principale était globalement une bonne idée mais difficile à accepter tant elle repose sur du vide.
Conclusion :
Malgré un pitch très prometteur, la série s'enlise assez rapidement
Donc, l'histoire ne repose pas sur le clickbait mais sur le catphishing, c'est à dire le fait d'usurper l'identité de quelqu'un en ligne. Le scénario était probablement brillant en 2000 lorsqu'internet était encore en bas débit et que nous échangions sur msn, mais il devient puéril en 2020 alors que la visioconférence est un outil utilisé de 7 à 77 ans. Le scénario aurait pu se rattraper au branche si le coupable avait utilisé du "deepfake" (des vidéos trafiqués) c'est une technologie accessible de nos jours pour quelqu'un qui s'y connait et ça aurait permis de vraiment ancrer l'histoire dans le réel. Mais non, la flemme, les scénaristes ont préféré ignorer le problème. Le pire étant que l'épisode 7 pointe directement ce soucis. Ethan flippe car il commence à croire que Allison n'est pas qui elle prétend. Il suffirait qu'il demande une visioconférence et le problème serait réglé mais non, là encore il préfère se jeter dans la gueule du loup, une facilité scénaristique permettant de créer une tension factice. Et que vont-ils faire quand ils se verront ? Une visioconférence.... En fait, c'est comme si le personnage de Allison était censé être une hackeuse surcompétente car elle fait des visioconférences et sait ce que sont des métadonnées. Alors que ça donne juste l'impression que tous les autres personnages sont abrutis.
Dernier point, je suis très mitigé sur l'épisode de The Mistress. Très clairement, dans la réalisation tout laisse entendre qu'elle est mythomane et qu'elle n'a jamais vu Nick. C'est plutôt une bonne chose d'un point de vue réalisation mais je trouve que c'est aussi une grosse facilité scénaristique.
C'était la petite surprise de l'été de Netflix, une mini-série fantastique matinée d'horreur. Mais que vaut vraiment cette satyre d'Hollywood ?
Date de diffusion : 13 aout 2021
Durée : 8 x entre 30 et 50 min Genre : drame, horreur, mystère Réalisateur : Nick Antosca, Lenore Zion Casting : Rosa Salazar, Catherine Keener, Eric Lange
Nationalités : France
Synopsis:
Au cœur des années 90, à Hollywood, une jeune réalisatrice se fait voler la réalisation de son premier film par un producteur has-been. Incapable de supporter cette trahison, la jeune femme est prête à passer un pacte avec le diable pour prendre sa revanche.
Critique :
Brand new cherry flavor est la première réalisation de Nick Antosca, un scénariste que j'ai pu découvrir sur des séries que j'aime beaucoup comme Teenwolf, Hannibal ou Channel Zero. Il est ici accompagné de Lenore Zion, également scénariste, que je connais beaucoup moins mais qui a de belles références comme Ray Donnovan. Au niveau de l'histoire, rien de bien original, on se retrouve face à une sorte de revenge porn, à l'exception que l'héroïne n'a pas été violé (et tant mieux l'histoire fonctionne sans ce poncif) mais dépossédé de son œuvre. Elle est dès lors prête à tous les sacrifices pour récupérer ce qui lui revient de droit et surtout à faire payer celui qui l'a trahi. Rien de bien original dans ce pitch donc, mais l'originalité s'instille progressivement dans la série, par ces non dits qui s'imposent de plus en plus jusqu'à tout dévorer. Le fantastique s'incarne dans cette mystérieuse sorcière qui propose son aide à Lisa et qui fera payer ses services au prix fort. Et le surnaturel est très inspiré, on pensera autant à l'onirisme de Lynch dans les séquences évoquant Eraserhead que dans d'autres plus Twinpeaks ou Lost Highway mais on songera aussi au côté très organique de David Cronenberg, entre La mouche ou Existenz qui nous offrira une séance de sexe suffisamment perturbante pour être inoubliable.
Ces références, et d'autres, donnent un univers visuel riche et envoutant dans lequel on prend plaisir à
s'intoxiquer. Brand new cherry flavor c'est un lent cauchemar dont on peine à s'extirper à mesure que Lisa s'enfonce plus profondément dans les conséquences de ses choix.
Niveau casting, j'étais content de retrouver Rosa Salazar (Battle Angel Alita,Le labyrinthe, etc) ses grand yeux illuminent son visage innocent d'une étincelle de folie parfaite pour le rôle. Face à elle, une belle brochette d'acteurs que j'avais pris plaisir à découvrir dans des séries : Eric Lange (Wind River, Cult, etc) qui remplit idéalement le costume de producteur manipulateur, Jeff Ward (Agent of SHIELD, Channel Zero, etc) charismatique en acteur rebelle et Manny Jacinto (The good place, the good place, the good place !!!) que j'aurais aimé voir plus dans son rôle de hacker placide.
Il est intéressant de noter qu'outre la thématique féministe des hommes qui volent le travail des femmes, la série aborde finalement celle plus complexe de l'appropriation culturel, En effet, ce qui fait la qualité première du travail de l'héroïne tient dans ses origines, on a donc un homme blanc qui veut profiter de la culture d'une femme racisé pour se faire de l'argent et de la réputation à sa place, ergo la définition de l'appropriation culturelle.
Moi qui me plain, souvent, et beaucoup, de Netflix
du fait qu'ils ne produisent que du consommable, je dois avouer que pour une fois j'ai été agréablement surpris. Il y a une vraie prise de risque dans cette mini-série, l'atmosphère est malsaine, l'histoire est perturbante et si l'on peut une fois de plus critiquer le "recyclage" très appuyée, ces inspirations sont pertinentes et font corps avec le show. Bref, si cette mini-série n'est pas parfaite et que j'aurais apprécie un final plus spectaculaire, j'ai tout de même dévoré les 8 épisodes, j'en garde des images vraiment saisissante que je ne pense pas oublier de si tôt. Une bien belle surprise. Et j'insiste sur le fait que c'est une mini-série, cela veut dire que c'est auto-conclusif, il n'y aura pas trente saison, l'histoire à un début et une fin et c'est très bien comme ça.
Conclusion:
Une mini-série fantastique sombre et qui connait ses classiques, une excellente surprise.