Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
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mercredi 27 octobre 2021

Orelsan : montre jamais ça à personne

 En 2015 je vous parlais de Comment c'est loin et de mon affection pour le rappeur Orelsan. Amazon prime vient de sortir une série documentaire retraçant sa carrière, l'occasion de se replonger dans un parcours singulier.





Date de diffusion :  15 octobre 2021
Durée :  6 x 42 min (entre 36 et 46)
Genre : documentaire, musique
Création : Clément Cotentin, Christophe Offenstein
Casting : Orelsan, Gringe, Skread, Ablaye
Nationalités : Français

Synopsis:

D'Alençon à New york, la folle ascension d'Orelsan et de son crew au travers des yeux de son premier fan : son petit frère.

Critique :


Montre jamais ça a personne
c'est l'exploitation de 20 ans d'archives vidéo tournée en majeure partie par Clément Cotentin, le petit frère d'Orelsan. 20 ans durant lesquels un petit provincial sans avenir et devenu un phénomène national. Une ascension spectaculaire qui donne l'occasion à un storytelling redoutable nous montrant comment un type ordinaire et ses potes ont réussi à bâtir un empire par la simple force du travail et de l'amitié.
L'histoire se déroule de façon chronologique et retrace la carrière du rappeur de ses tout débuts à aujourd'hui. Ceux qui auront vu comment c'est loin ne seront pas dépaysé, le film retrace assez fidèlement la vie d'Orel et Gringe, le documentaire apportera juste plus de détails et comblera les trous entre la sortie du premier album et aujourd'hui, notamment en traitant la polémique autour de la chanson "sale pute". Les épisodes sont redoutablement construit et se terminent même pas des cliffhangers qui vous donneront envie de bingewatcher la série. (ce que j'ai fais....deux fois) 
Il faut dire que Clément Cotentin est aujourd'hui un journaliste confirmé et qu'il a travaillé avec
Christophe Offenstein déjà réalisateur de Comment c'est loin. Ensemble ils ont su mêler intelligemment les archives personnelles du journaliste avec des archives d'actualités des interviews du crew et de nombreux guests mais aussi des images des tournées, des clips, du film etc. Les images sont donc très variés et souvent de grande qualité.
Et puisqu'Orelsan raconte sa vie dans sa musique, c'est assez logiquement que c'est sa musique qui accompagne le documentaire. Les six épisodes seront donc l'occasion de se replonger dans l'intégralité de sa discographie mais aussi de découvrir des choses plus confidentielles.
Bien entendu, il vaut mieux avoir un minimum d'atome crochu avec la musique d'Orelsan pour apprécier cette série de documentaire, mais en dehors de ça le résultat est redoutablement efficace. C'est une histoire digne d'un film Disney, on y retrouve  la structure du voyage du héros ou comment Aurélien, un ado mal intégré, va devenir Orel un homme plus en accord avec ses valeurs et sa famille. Une belle histoire habilement conté et très émouvante.
A noter que le chanteur a annoncé hier la sortie de son nouvel album, le documentaire est donc la première pièce d'un superbe plan com', ce qui montre que le chanteur et ses amis n'ont rien perdu de leur génie.




Conclusion :


Un documentaire captivant, c'est drôle, émouvant, motivant et une bonne occasion de se plonger dans la superbe discographie du rappeur.

vendredi 29 janvier 2021

Mort à 2020

J'avais vaguement entendu parler de ce mocumentaire lors de sa sortie l'année dernière. Je n'avais pas encore eu le temps de m'y attarder mais l'erreur est réparée et il est temps de voir si ce film est aussi affreux que l'année qui l'a inspiré.




Diffusion : 27 décembre 2020 sur Netflix 
Durée : 1h 00min 
Genre : Documentaire, Comédie
Réalisation : Al Campbell, Alice Mathias
Casting : Samuel L. Jackson, Hugh Grant, Kumail Nanjiani

Nationalité britannique

Synopsis :

Maintenant que 2020 est terminé, il est temps d'en faire le bilan pour voir si c'était la pire année de l'histoire de l'Humanité.


Critique :


Mort à 2020
est un bilan de l'année 2020 commenté par de faux intervenants. Les images sont donc de vrais images d'archives (journaux télé principalement) et elles illustrent de véritables événements qui ont frappés l'année passé. Mais le tout est commenté par une série d'intervenants factices qui permettent d'appuyer le propos de la voix off. Journaliste, historien, scientifique et gens ordinaires tous expliquent en quoi cette année était extraordinaire.

Car si nous sommes principalement marqué par la Covid, nous oublions bien vite une actualité politique particulièrement marquante ainsi que des phénomènes de société et d'autres catastrophes naturelles très inquiétantes (non Trump n'est pas une catastrophe naturelle).

Tous les éléments d'un vrai documentaire sont donc présents et, si l'on excepte l'humour grinçant, rien ne différencie Mort à 2020 d'un documentaire plus traditionnel. La mise en image est efficace, le rythme maitrisé, nous sommes clairement dans un modèle du genre.

L'intérêt de ce film est donc bien de faire le point sur l'année passé tout en se distrayant et soyons clair les deux points sont remportés haut-la-main. 

Le casting est un petit plus non négligeable pour la qualité de l'ensemble : entre un Samuel L. Jackson (Kong, Kingsman, les 8 salopards, etc) aussi bad-ass qu'a son habitude, un Hugh Grant (Cloud Atlas, 4 mariage 1 enterrement, etc) méconnaissable mais hilarant de mauvaise foi et une Lisa Kudrow (la fille du train, etc) aussi décalé qu'a la bonne époque de Friends, les intervenants se suivent et ne se ressemblent pas mais ajoutent tous une saveur humoristique redoutable. Mention spéciale pour Cristin Milioti (How i met your mother <3 ) dans un rôle savoureusement inquiétant.


Au registre des quelques regrets, on notera surtout que le film tourne essentiellement autour des états-unis, un choix logique pour s'adresser à un plus grand public mais j'avoue qu'égoïstement j'adorerais une version plus française de ce film.

Une fois de plus, les créateurs de Black Mirror prouvent qu'ils ont une certaine acuité en ce qui concerne le fonctionnement de notre société. Ce documentaire est d'autant plus intéressant que a Covid nous empoisonne l'esprit et nous fait parfois oublier que tout ne se résume pas à ce foutu virus, d'autres choses, graves également, continuent de se dérouler dans le monde. Une très bonne surprise d'autant que le format plutôt court permet de ne pas laisser le temps au spectateur de s'ennuyer. Je recommande chaudement et j'espère une suite en 2021.


Conclusion :

Une belle façon d'exorciser une année particulièrement marquante en espérant que 2021 ne tentent pas de la concurrencer.

mercredi 28 octobre 2020

Un pays qui se tient sage

 Avant la crise sanitaire une autre crise frappait notre pays, on l'a un peu oublié mais le journaliste David Dufresne revient sur une crise politique qui a secoué et secouera encore la France.



Sortie en salle : 30 septembre 2020 
Durée : 1h 26min 
Genre : Documentaire
Réalisateur : David Dufresne
Nationalité : Français

Synopsis :

De plus en plus, la violence s'est invité dans les mouvements sociaux et les débats, le journaliste David Dufresne nous invite à réfléchir au concept de violence légitime et à ses conséquences sur la démocratie.

Critique :


Il y a quelques jours, j'ai eu la chance de voir le documentaire Un pays qui se tient sage du journaliste David Dufresne. C'est un journaliste dont je suis le travail depuis le mouvement des Gilets Jaunes car il était le seul à tenir le compte des violences policières et c'est grâce à son investissement et une méthode très documentée que le sujet a enfin pu toucher le grand public au lieu de rester confiné dans les sphères concernés faisant passer les victimes pour des complotistes.

Si ce documentaire ne parle pas exclusivement des Gilet Jaunes, il en parle un peu tout de même puisqu'ils ont servi de révélateur à des méthodes policières de plus en plus violente.

Au travers des extraits vidéos mais surtout d'une série d'entretien entre des écrivains, des sociologues, des

avocats des policiers et d'autres corps de métier, le film réfléchit à l'utilisation de la violence et à ses conséquences.

Formellement, le journaliste utilise quelques artifices très efficaces. Le premier est visuel, les entretiens se déroulent par deux et les intervenants réagissent devant la projection des images sur grand écran. C'est simple mais beau et ça donne un certain cachet à l'ensemble. Au niveau du fond, il utilise un artifice plus déstabilisant mais très malin en ne présentant ses intervenants qu'a la toute fin du film. Il place donc sur un plan d'égalité toutes les paroles et s'il est possible de deviner les professions de certains (et que certains sont assez connu) cela permet tout de même de lutter contre nos biais et de faciliter l'écoute des paroles diverses.


On notera d'ailleurs la grande richesse des intervenants qui permet vraiment d'avoir un point de vue large de la situation (je ne dis pas exhaustif car il est impossible d'avoir tous les points de vues).

Ce que je trouve remarquable dans ce documentaire c'est que malgré la violence des images qui nous replonge dans certaines des pires choses que nous avons pu voir en 2019/20 le film réussit à ne pas céder au pathos et à conserver une distance assez saine permettant la réflexion sans l'obscurantisme de la passion.

Que vous vous soyez intéressé au mouvement des Gilets Jaunes ou pas, ce documentaire me semble important pour réfléchir sereinement à l'avenir que nous voulons pour notre pays.




Conclusion :

Une œuvre déchirante qui fait un constat remarquable et sans pathos de l'état de la violence légitime dans notre pays.

lundi 26 octobre 2020

Borat 2

Soyons clair, je suis un énorme fan de Sacha Baron Cohen, l'annonce de ce nouveau Borat fut donc un véritable coup de tonnerre tant c'était improbable et c'est tout naturellement que je me suis jeté dessus dès le premier jour de sa diffusion. Voyons maintenant si le journaliste a bien fait de sortir de la naphtaline.


Date de diffusion sur Amazon Prime Video : 23 octobre 2020
Durée : 1h 36min 
Genre : Comédie, Docu-fiction
Réalisateur : Jason Woliner
Casting : Sacha Baron Cohen, Maria Bakalova, Irina Nowak

Nationalités Américain, Britannique

Synopsis :

Emprisonné suite à l'échec de son précédent voyage aux états-unis, Borat se voit donner l'occasion de restaurer son image en partant aux états-unis pour essaye d'approcher les grands du pays afin de favoriser un rapprochement avec le Kazakstan.

Critique :


C'est en 2006 que Borat apparu pour la première sur grand écran créant un véritable électrochoc. Il faut dire que Sacha Baron (The Dictator, les misérables, etc) ne nous avait rien épargné, son personnage est le plus outrancier possible : sexiste, raciste, antisémite et profondément stupide, il est un miroir déformant des états-unis visant à faire réagir les personnes piégés. Car en effet, si Borat est une fiction, elle se construit sur une série de caméras cachés où le comique place ses intervenants devant des situations qui devraient être insoutenable.

Le mélange est très homogène même si les réactions sont souvent tellement déconnectées de la réalité qu'il est difficile de croire que tout n'a pas été écrit (en tant que client, il fait faire des choses hallucinantes aux vendeurs sans que ceux-ci ne réagissent le moins du monde : une pâtissière écrit quand même "les juifs ne passeront pas" sans sourciller).

Par rapport au premier film, Borat se voit cette fois affligé d'une comparse, sa propre fille, qui

découvrira que sa vie ne repose que sur des mensonges. C'est l'arc principale de l'histoire, comment un père et sa fille vont se découvrir dans une quête improbable. Une construction simple mais efficace qui fait de Borat un véritable film et non une succession de gags.

Si vous avez vu le premier film, vous ne serez pas dépaysé car les construction sont quasiment identique. On remplace juste le producteur de Borat par sa fille, mais les péripéthies ne sont pas loin d'être les mêmes. C'est d'ailleurs ce sentiment de redite qui a dominé tout du long de mon visionnage. Ce nouveau film ne m'apportait rien de nouveau, j'avais l'impression de revoir l'ancien malgré les nouveaux intervenants (qui sont des stéréotypes et le principe du stéréotype c'est qu'il est interchangeable)


Seul moment véritablement marquant, cette survivante de l'holocauste, superbe exemple à suivre, une personne rare comme il en faudrait plus en ce bas monde.

Si vous ne connaissez pas du tout Borat, mieux vaut probablement regarder celui là que le précédent, il est plus d'actualité, moins scatophile et l'histoire est un peu plus touchante et subtile. Pour autant, soyez averti que ces films surfent sur la gène et le malaise. On ne rit jamais franchement devant Borat, il s'agit toujours de rire jaune face à des situations absurdes et qui retranscrivent un réel inquiétant.

Si vous avez aimez le premier Borat, vous retrouverez le même plaisir même si comme moi, vous regretterez surement le manque d'innovation.

A noter que le film à une visé politique évidente, à quelques jours des élections Sacha Baron Cohen espère influencer sur le vote contre Trump, tout comme le premier film visait à déstabiliser Bush. Des films militant donc loin d'être aussi stupide qu'ils en ont l'air.

NAÏCE !

Vous n'avez jamais vu Borat

Vous avez déjà vu Borat



Conclusion :

Si ce nouveau Borat est aussi bon que le précédent, il perd par contre l'effet de surprise et à un petit goût de réchauffé.

lundi 5 octobre 2020

Derrière nos écrans de fumée, la grande fumisterie

Comble de l'ironie, vous avez probablement entendu parler de ce nouveau documentaire Netflix sur les réseaux sociaux, voyons ensemble jusqu'où l'on peut pousser l'hypocrisie.

Diffusion sur Netflix : 9 septembre 2020 

Durée : 1h 29min 
Genre : Docufiction, putaclic
Réalisation :Jeff Orlowski
Intervenants : Skyler Gisondo, Kara Hayward, Vincent Kartheiser
Titre original :e The social Dilemma

Nationalité : Américain

Synopsis: 

Alors que les réseaux sociaux ont modifié en profondeur notre société, des experts tirent la sonnette d'alarme sur les dangers de ces outils.

Critique :


Derrière nos écrans de fumée
est donc un documentaire qui revient sur les dangers que représentent les GAFA, un sujet qui me passionne depuis des années et qui mérite beaucoup plus d'exposition au vu de l'influence réel qu'il a sur nos vies. Le documentaire se compose d'interviews de spécialistes ayant été impliqué directement dans la création des réseaux les plus connus (facebook, twitter, etc) et d'une fiction relativement bien réalisée et illustrant les dégâts que ces réseaux peuvent engendrer dans une famille lambda.

Si je ne peux pas critiquer grand chose sur la réalisation de ce documentaire : les images sont belles, c'est rythmée, les intervenants sont pertinents et j'étais plutôt content de retrouver Vincent Kartheiser (Mad Men, Angel, etc). Je suis beaucoup plus sceptique quant à la forme que tout cela prend. La différence avec Black Mirror n'est pas flagrante, on retrouve la même mise en scène anxiogène et la mise en avant jusqu'à l'excès des dangers de la technologie. 

Et c'est là tout le problème de ce documentaire. 

Qu'une série soient volontairement choquante pour marquer les esprits et donner à réfléchir, c'est normal, la fiction se doit d'être plus impactante pour marquer le réel. D'autant que Black Mirror a débuté il y a presque 10 ans alors que le grand public n'avait vraiment aucun recul sur le sujet de la Tech et se lançait dans l'arène sans la moindre méfiance.

Mais qu'un documentaire, 10 ans plus tard choisisse l'angle du sensationnalisme pour traiter d'un sujet aussi complexe que la Tech, je trouve ça vraiment navrant. En 1h30, je n'ai absolument rien appris du tout, toutes les informations sont connues de toutes les personnes qui se sont intéressé un minimum au sujet. J'ai juste subit des poncifs (les réseaux sociaux qui isolent et marginalisent) et de la mis een scène pompiére.

Pour moi, le seul intérêt de ce documentaire réside dans son générique de fin où les intervenants


donnent des solutions aux problèmes. N'est-ce pas là un aveux d'échec que de bâcler en quelques minutes ce qui aurait dû être, si ce n'est la partie la plus importante, au moins une partie majeure du film ?

Comment prendre au sérieux un documentaire qui choisit l'angle sensationnaliste pour traiter un sujet ? Ils ont quand même osé utiliser des image de seringues et de drogues pour illustrer la dépendance au réseaux sociaux...peut-on tomber plus bas ?

J'aimerais également insister sur le fait que le documentaire est diffusé sur Netflix, une plateforme qui utilise massivement les algorithmes tant décrié dans ce documentaire pour piéger son audience. En 2015 Red Hastings, le pdg de Netflix disait déjà que parmi ses principaux concurrents il y avait facebook, fortnite et le sommeil... (source capital ). Dés lors, quel crédit peut-on donner à ce documentaire ? Pour me mettre à leur niveau, auriez-vous confiance dans un film sur un gang de narcotrafiquants financé par les narcotrafiquants rivaux ? 

Alors pourquoi ce documentaire me choque ? Tout simplement parce que c'est une vision simpliste et anxiogène de la situation. Elle donnera un faux sentiment de clarté aux spectateurs qui ne creuseront pas le sujet plus loin et resterons donc avec le sentiment de maitriser un sujet qu'il touche à peine du doigt. Oui, il y a un réel danger avec la Tech, oui il faut réagir mais non il ne faut pas faire n'importe comment, la population doit être consciente du bien que ces nouvelles technologies peuvent faire pour combattre ce qui ne va pas et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. J'aurais adorer un documentaire se concentrant plus sur les choses à faire pour améliorer la situation, afin d'inspirer les gens plutôt que de les terroriser.

Bref, plutôt que de vous laisser manipuler, je ne saurais que trop vous conseiller de vous informer par vous même, notamment en suivant des sources objectives. Je recommande ainsi Patrick Beja et son rendez-vous tech, un journaliste indépendant passionné, qui porte son regard expert toutes les semaines sur l'actualité Tech et vous présentera autant les dangers que les avantages avant que vous soyez plus conscient de ce qui peut/doit évoluer dans notre société.

Conclusion :

Techniquement, il n'y a rien à redire, le propos est important mais la forme me gène profondément, j'ai l'impression qu'on essaye surtout de faire du sensationnalisme pour attirer le chaland plus que d'informer pour aider à trouver des solutions.

mercredi 1 juillet 2020

Le capital au XXiéme siécle

Les cinémas sont à nouveau ouvert !!! 

Bon je n'ai pas pu m'y rendre dès le 22 comme c'était permis mais dès le 27 je voyais mon premier film et le 28 le second. Je dois avouer que l'atmosphère des salles m'avait manqué d'autant qu'avec les règles prises pour lutter contre le covid, c'est très confort. Je ne sais pas trop comment les cinémas vont s'en sortir avec des demi-salles mais c'est probablement une raison de plus pour les soutenir en ce moment. Bref, attaquons avec ce premier film post crise et quoi de mieux pour ça qu'un documentaire sur l'histoire du Capitalisme ? 






Sortie :22 juin 2020
Durée : 1h 43min
Genre : Documentaire
Réalisation : Justin Pemberton, Thomas Piketty
Nationalités Français, Néo-Zélandais

Synopsis :

L'histoire du capitalisme et le danger que cette idéologie mortifère représente pour notre société. (synopsis totalement neutre s'il en est :D )

Critique :

Et oui, ce n'est pas la première fois que je vous entraîne dans la thématique des affres du Capitalisme, de tête il y avait déjà eu Margin call, The big Short ou Moi, Daniel Blacke. Ici il s'agit d'un documentaire adapté du livre de l'économiste Thomas Piketty et qui revient aux origines du mal.
Ce qu'il faut saluer, c'est le soin apporté afin de rendre l'ensemble accessible. L'économie fait partie des sujets les plus rébarbatifs au monde, il n'était donc pas gagné de réussir à toucher le public avec un tel sujet. Pourtant, grâce à une richesse d'illustration, des musiques entraînantes et un savant choix d'intervenants le documentaire réussit à conserver l'attention du spectateur pendant ses 1h43.
Le choix de intervenants est d'ailleurs le point fort du film. Là où on s'attendrait à voir défiler des barbons blanc en veste en tweed, l'on découvrira tout en contraire des spécialistes parfois jeunes, souvent de sexe féminin et parfois racisé. Une vraie modernité donc qui permet d'ancrer le film dans notre société et pas dans l'ancien temps.
Au niveau du contenu c'est très pertinent, si le sujet ne vous a jamais vraiment intéressé cette petite séance de rattrapage devrait vous aider à comprendre pourquoi le monde est en crise depuis si longtemps. Si le sujet vous intéresse vous risquez par contre d'être déçu, l'on est ici sur la base de la base et me concernant je n'ai appris que deux informations... en presque 2h c'est léger.
L'autre point qui m'a géné concerne la richesse d'illustration. Je dois avouer tout d'abord que j'étais un peu fatigué en arrivant dans la salle et cela peut influer sur mes impressions. Quoi qu'il en soit j'ai le sentiment que le défilement nerveux des images couplé au nombre d'informations et au passage de l'anglais au français à un côté assommant.
Dans l'ensemble, je pense que Le capital au XXIéme siécle est un film utile qu'il faudrait probablement le diffuser à l'école.
Pourtant, j'ai aussi le sentiment que c'est un film inabouti car il se contente d'exposer un contexte sans essayer de le dépasser. Est-ce une volonté de pousser à lire le livre pour approfondir ou est-ce que le livre manque aussi de profondeur ? Je ne saurais le dire. Mais en tant que personne sensibilisée par le sujet, je n'ai ressenti qu'une vive frustration à ne strictement rien apprendre pendant près de 2h. Même le biais de confirmation n'a pas suffit à m'apporter de la satisfaction.
Et ce qui m’inquiète, mais j'espère que je me trompe, c'est que je vois mal des gens non sensibilisé au sujet allez voir ce film. Je pense qu'il va surtout attirer des gens comme moi qui ressentiront donc la même frustration ce qui risque d'enterrer très rapidement le film et de ne pas lui permettre de toucher sa vraie cible utile.
Voilà, dans l'ensemble vous l'aurez compris, ce n'est pas désagréable à regarder, c’est très bien produit, c’est vraiment utile pour ceux qui ignore tout du sujet mais ça manque de profondeur pour toucher un public plus large.





Conclusion :

Si vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est le capitalisme, ce film est d'utilité publique et vous permettra de mieux comprendre ce qui ravage nos sociétés modernes. Si vous vous intéressez un tant soit peu au sujet vous n'apprendrez malheureusement rien.

vendredi 15 mai 2020

Au royaume des fauves

C'est un peu le hasard qui m'a poussé à regarder cette série documentaire, il faut dire que Netflix la mettait beaucoup en avant, que les retours étaient plutôt bon et surtout que ça avait l'air complètement WTF. Bonne surprise ou pas ? C'est ce que nous allons voir.





Diffusion sur netflix Mars 2020
Une saison : 7 x 45min +1
Création : Rebecca Chaiklin, Eric Goode
Genre : Documentaire, crime
Titre original : Tiger King
Nationalité :U.S.A.

Synopsis :

L'histoire vrai de Joe "Schreivbvogel Finlay Maldonado Passage" Exotic directeur d'un zoo spécialisé dans les grands fauves, ses relations avec des gens peu recommandable, sa lutte contre les défenseurs des animaux et comment il a commandité un meurtre.

Critique :

Tiger King, c'est avant tout un homme : Joe Exotic, une personnalité tellement extravagante qu'elle ne semble pas pouvoir exister dans le monde réel. Même Michael Scott, l’incontrôlable patron de la série The office fait pale figure à côté des extravagances de Joe Exotic. Joe c'est une diva assez rarement égalée qui non content d'être patron d'un zoo qu'il a construit de toute pièce, anime une émission sur internet, chante, fait de la politique et fait exploser des trucs, beaucoup de trucs. Le documentaire aurait déjà pu être passionnant s'il n'y avait eu que ça mais Joe est également entouré d'une brochette de margoulins assez rare, et c'est à croire qu'un concours du plus gros escrocs a été lancé dans cette région sans qu'on soit prévenu. Même Carole Baskin, l'ennemie jurée de Joe, celle dont la vie est dévoué à la cause animale et que Joe voudra faire assassiner, nous apparaît rapidement comme une arnaqueuse aussi incroyable que Joe.
Et c'est bien la force de ce documentaire que de nous plonger sans ménagement dans le milieu à peine crédible des éleveurs de fauves. Chaque épisode réservera son lot de surprises et si l'on pense avoir tout vu lors d'un premier épisode surréaliste l'on est en fait très loin du compte.
Le documentaire est remarquablement produit, et se compose d'une quantité phénoménale d'image d'archives, de reconstitutions et d'interview. Le montage est bien rodé et vise à manipuler le spectateur d'un épisode à l'autre pour lui faire perdre ses repères et lui offrir tout un tas d'émotion. Joe a beau être un personnage peu recommandable l'histoire nous met en empathie avec lui et on comprend sans mak ce qui pousse un homme à devenir comme cela. Toutefois, je regrette que la série tire un peu en longueur.
Je pense qu'il y a quelques épisodes de trop ainsi que du remplissage. Même si l'épisode sur Doc Antle est passionnant, il faut admettre que ça n'a rien à foutre dans l'histoire. la série aurait probablement gagner en qualité en se resserrant sur 4 épisodes maximum. Peut-être aurait-il fallut faire plusieurs saisons plus courtes centrés sur différents personnage. Le huitième épisode enterrine d'ailleurs cette volonté de tirer à la corde car il s'agit en fait d'un bonus de Netflix où l'acteur Joel McHale (Community !!!!!) revient sur les conséquences de la série à l'aide de plusieurs témoignages. Sympa mais très anecdotique.
Est-ce que j'ai passé un bon moment devant cette série documentaire ?
Oui, car l'histoire est complètement folle, mais pour autant je ne recommande pas forcément de tout regarder. Le succès de la série fait réfléchir à l'adaptation en film, s'il est réussi c'est le film qu'il faudra voir à tout prix. Je rêve d'une adaptation par les frère Coen, l'histoire est faite pour eux, on dirait d'ailleurs qu'ils en sont les auteurs.
Bref, si vous êtes curieux et que vous avez du temps, n'hésitez pas, l'histoire est incroyable et ça se regarde très bien, sinon priez pour qu'une adaptation réussi voit le jour car on voit rarement des événements aussi farfelues dans la vraie vie


Conclusion:

Une histoire improbable peuplé de personnages plus incroyables les uns que les autres. Pas le documentaire du siècle mais probablement une fiction hallucinante à venir.

vendredi 18 octobre 2019

Psychomagie : un art pour guérir

Vous vous doutez bien que je ne pouvais pas passer à côté d'une oeuvre de Jodorowsky. Laissez moi donc vous dire ce que vaut ce surprenant projet.




Date de sortie : 2 octobre 2019
Durée :1h 44min
Réalisateur :Alejandro Jodorowsky
Casting : Alejandro Jodorowsky, Arthur H, etc
Genre : Documentaire
Nationalité : Français

Synopsis :

Depuis plusieurs décennies, Alejandro Jodorowsky étudie l'art, l'occultisme et surtout la psychologie pour mettre au point une nouvelle méthode pour aider les gens. Fondé essentiellement sur les actes symboliques la psychomagie est le fruit de ce travail.

Critique :

C'est toujours compliqué de critiquer un documentaire car dans la majorité des cas, cinématographiquement, il n'y a rien. Et c'est totalement le cas ici, que ce soit dans la structure ou les images, il n'y a rien de vraiment travaillé, tout est très basique et on en vient à se demander l’intérêt de sortir un tel film en salle. Bien sûr, il y a quelques belles images parce que même caméra à l'épaule en live on peut réussir à capter un moment unique, mais ce n'est pas comparable avec un plan réfléchi à l'avance pour servir une narration ou défendre une idée. Et c'est d'autant plus regrettable quand on voit le sujet et qu'on sait qui est le réalisateur.
Pour autant, ne me faite pas dire que Psychomagie n'a pas d’intérêt. Au-delà de la forme il reste le fond. Cela fait des années que j'attend ce film et pour tout dire j'ai même contribué par deux fois à sa production. D'abord sur Ulule puis sur Indiegogo.
Il faut dire que parmi mes nombreux centres d’intérêt se trouve le tarot et que Jodorowsky est une figure majeure de la tarologie. C'est d'ailleurs, même s'il n'en parle pas dans le film, à mon sens l'une des facettes de la psychomagie : guérir grâce au tarot.
Mais qu'est-ce que la psychomagie ?
Jodorowsky l'expliquera et l'illustrera mieux que moi dans son film mais il s'agit de l'idée que notre inconscient a énormément d'influence sur nous et que pour le guérir il est parfois nécessaire d'avoir recours à des rituels symboliques, des actes artistiques qui paraissent insensé mais s'adressent justement à notre partie non raisonnable.
Nous expliquant cela, Jodorowsky fera se succéder plusieurs actions de Psychomagie qu'il a pu mener pour aider des gens à travers le monde. Ainsi que les témoignages de ces patients attestants d'a quels point tout cela est génial (oui, la crédibilité d'un participants dans ce genre d'oeuvre n'est pas des plus haute). Les problèmes vont de la dépression aux tensions dans le couple en passant par l'acceptation du suicide d'un proche. Très clairement la psychomagie est une forme de psychothérapie mais comme le répète Jodorowsky elle se passe avec des actes et non des mots.
En lisant tout cela vous avez peut-être l'impression de glisser lentement dans un mouvement sectaire. Et honnêtement c'est un peu l'impression que j'ai eu au début du film. D'autant que Jodorowsky revendique le côté charnel de son art, un aspect quasi sexuel qui m'a vraiment gêné surtout en imaginant toutes les dérives possibles. Imaginez la nocivité d'une thérapie qui permettrait au professionnel de tripoter ses patients sans vergogne, il suffit d'ouvrir un journal pour voir comment cela pourrait mal tourner.
Et pourtant, au fil du film on réalise toute l'intelligence derrière cette pratique, comment elle fait autant appel à la psychologie qu'a des choses plus primitives. Car l'homme a toujours été une créature de rituelle. Nous avons tous ces gestes symboliques qui nous aident à avancer au quotidien. Le mariage par exemple pourrait presque être vu comme un acte de Psychomagie car il vise à illustrer devant tous l'union de deux corps, deux vies qui en deviennent une. Ce n'est en vérité pas si différent des rituels indigènes de passage à l'âge adulte.
Vous l'aurez compris, si ce n'est pas un objet de cinéma, Psychomagie est au moins un objet de réflexions et je ne peux que vous inviter à avoir la curiosité de découvrir le travail de Jodorowsky. Certains passage sont vraiment émouvant et si dans la bande annonce l'on pourrait craindre de se retrouver face à une émission type Pascal le grand frère je vous garantie que la profonde humanité du réalisateur ainsi que son génie, vous feront vite changer d'avis.
De mon côté, je continuerais à m'intéresser à la Psychomagie, j'espère qu'elle fera plus de bien que de mal voir qu'elle apportera un peu plus de tolérance dans nos sociétés de plus en plus déshumanisées.


Conclusion :

D'un point de vue cinématographique, ça ne vaut rien du tout et c'est bien dommage vu le réalisateur et la thématique, mais au niveau du contenu c'est très intrigant et ça vaut vraiment le détour.

vendredi 12 avril 2019

J'veux du soleil

Je n'avais pas pu critiquer Merci Patron, mais je m'en serais voulu de ne pas traiter le nouveau film de Ruffin, il est donc tant de parler politique sur ce blog absolument neutre et objectif :D




Date de sortie : 3 avril 2019
Durée : 1h 16min
Réalisateur  François Ruffin, Gilles Perret
Genre:  Documentaire
Nationalité : Français

Synopsis:

Au volant de sa voiture, Ruffin traverse la France pour rencontrer les vrais Gilets Jaunes, cette France qui n'a plus voix au chapitre.

Critique:


C'est assez rare que je traite de documentaire sur le blog, depuis 7 ans que celui-ci existe je n'en ai critiqué que 5 : Rester Vivant, L'insoumis, We are XJodorowsky's dune, le prix à payer. En général je peine à parler de l'aspect purement cinématographique puisque c'est rarement la priorité de ce genre de film. Il faut donc se concentrer sur le fond plus que la forme et ce n'est pas vraiment le propos du blog.
C'est clairement le cas ici puisqu'on se retrouve avec du caméra à l'épaule très basique, doublé d'une prise de son rudimentaire dans des conditions sommaires. J'veux du soleil est un road movie, on y suit le journaliste Ruffin et sa bonne humeur au travers du pays à la rencontre de ces terroristes antisémite homophobe qui détruisent notre belle France sur les rond point. L'occasion d'offrir enfin un nouveau point de vue sur ces gens complètement invisibilisé par les médias et seulement considéré comme "une foule haineuse". L'occasion de rencontrer cette France qui souffre et qui n'en peut tellement plus qu'elle est prête à sacrifier des jours entiers dans le froid et sous la pluie pour se faire enfin entendre.
Alors oui, le film est militant, oui il est totalement à charge et non, il n'apprendra rien à ceux qui suivent le mouvement mais enfin il montre un aspect trop souvent tu du mouvement, il montre ces français à bouts, ces français brisés, humiliés, qui rêvent seulement de pouvoir redresser la tête. Des gens qui essayent de se réapproprier leurs pays après en avoir été dépossédé par le libéralisme.
Un beau portrait, avec juste ce qu'il faut de pathos et de dérision pour que ce soit agréable à regarder.
Niveau musique, si l'on excepte un morceau de Didier Super assez surprenant (enfin pas pour les fans, surtout pour ceux qui ne connaissent pas) on retrouvera des grands classiques de la culture française (douce france, etc...) qui renforcent l'aspect populaire voir traditionnel du film.
Plus que par sa forme, c'est surtout par la force de son sujet que J'veux du soleil marquera les esprits car ses qualités tant dans l'écriture que dans la réalisation sont plutôt minimes mais il ne faut pas oublier que le film a été réalisé en moins de 6 mois (le mouvement des gilets jaunes étant apparu en octobre 2018). Une fois de plus Ruffin fait usage de sa dérision, de son amour pour les gens et de son goût pour la contestation pour mettre en lumière les défauts de notre société dans un film qui donne envie d'aller occuper des rond points.




Conclusion :

Cinématographiquement, il n'y a pas grand chose, mais ce film offre au moins un contrepoint sur la vision unique des grands médias et le bourrage de crâne anti gilet-jaune. Un beau film plein d'humanité.