Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
Comme chaque année vous trouverez ici mon top 10 des séries de l'année. Ce sera très probablement le dernier car je vais mettre le blog en sommeil.
Vous l'aurez remarqué, cela fait déjà plusieurs semaines que j'ai du mal à sortir une critique, j'ai une bonne quinzaine d'œuvres sur lesquelles j'aurais du écrire quelque chose mais pour lesquelles je n'arrive pas à me motiver indépendamment de leur qualités respectives.
Je dois admettre qu'aujourd'hui, rédiger pour le blog est plus devenu une corvée qu'autre chose et que j'ai besoin de temps pour les projets qui me font plus vibrer comme l'écriture ou Tarothor.
Je vous remercie d'avoir suivi ce blog, j'espère qu'il vous aura permis de faire des découvertes et que j'aurais su vous faire comprendre ma vision de la fiction, voir de la création.
Si vous voulez continuer à suivre ou soutenir mon travail, vous pouvez toujours acheter mes livres (sur amazon) ou vous abonner à Tarothor.
C'est une nouveauté Mycanal et je trouve le pitch très le troisième homme diablement prometteur, voyons ensemble si le Berlin d'après guerre saura nous envouter.
Date de diffusion : 6 septembre 2021
Durée : 8 x 50 Genre : Drame, Polar, film de guerre Création : Måns Mårlind Casting : Taylor Kitsch, Michael C. Hall, Logan Marshall-Green, Nina Hoss, Tuppence Middleton
Nationalités : France, Canada, Allemagne
Synopsis:
Dans le Berlin d'après guerre, un policier américain vient aider à structurer la police allemande. Ses motivations sont plus personnelle, il espère surtout retrouver son frère déclaré déserteur. Il n'est pas conscient de mettre le pied dans une pièce ou chaque acteur ne joue que dans son propre intérêt.
Critique :
Shadowplay est la nouvelle série de Måns Mårlind, le créateur de Bron, série à succès depuis décliné en de multiples adaptations internationales (the bridge, le tunnel, etc). Il nous revient ici avec une série toute aussi ambitieuse qui prend pour théâtre l'après guerre et les décombres de l'Allemagne vaincue. Un corps meurtri que nombreux charognards tentent de dépecer par vengeance ou par appât du gain. Ce que je trouve brillant dans ce cadre c'est qu'il est à la croisée des chemins. Ainsi, à la manière d'un Babylon V, Berlin devient une sorte de zone neutre où se croisent plusieurs cultures chacune essayant de tirer son épingle du jeu. A ça s'ajoute tous le pathos de l'après guerre, cette haine inextinguible entre vainqueur furieux de leurs pertes et vaincus furieux d'être humiliés.
Dans Shadowplay, l'ombre est partout, la morale n'a plus vraiment sa place même si certains aimeraient le croire. La justice a-t-elle encore du sens ou ne s'agit-il que de vengeance ? Si la série se concentre sur Max McLaughlin, très bien campé par Taylor Kitsch (Savages, John Carter, etc ), c'est tout une galerie de personnages brisés qu'elle nous offrira au fil de cette première saison. Impossible de ne pas mentionner Michael C. Hall (DEXTER !!!!! et Six Feet Under), la star du show, même s'il apparait assez peu dans son rôle d'ambassadeur louche. Pourtant c'est plutôt de Tuppence Middleton (Downtown Abbey,Imitation game, SENSE8!!!!!, etc ) que j'ai envie de vous parler, elle est vénéneuse en diable dans son rôle de femme fatale et si le personnage est un peu cliché (à l'aune du personnage principal, nous sommes sur des archétypes de film noir) il n'en reste pas moins très plaisant. D'autant que l'histoire sait présenter des personnages bien moins clichés comme celui de Nina Hoss (Homeland, etc), la survivante qui ose croire encore en l'avenir.
De la psychologie, de la politique mais surtout une enquête digne de Seven avec un assassin torturé et créatif qui donnera du fil à retordre à nos héros. En 8 épisodes, la série ne s'économise pas et vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer. Seul petit regret, une saison de 8 épisodes ne suffit pas à développer un univers aussi vaste on touche donc à peine le sujet du doigt et il faudra espérer une suite pour que la série puisse pleinement s'épanouir.
Au niveau de la réalisation, la reconstitution est très impressionnante et ce Berlin en ruine crée une ambiance vraiment particulière (même si elle pourra évoquer des fictions plus récentes sur les guerres afghane). Petit plus très appréciable de mise en scène : le shadowplay(théâtre d'ombre). Il s'agit une petite séquence où l'un des personnages se livre à cœur ouvert. On découvre ainsi la vérité nu sur chacun des personnages, sur la noirceur que dissimule leur âme et sur ce qui les pousse au quotidien. Un artifice qui pourrait paraitre théâtral et qui pourtant s'intégre à merveille dans le show lui donnant une valeur ajouté non négligeable.
Clairement, j'ai passé un excellent moment devant cette série, il y a tous les éléments pour qu'elle devienne culte, l'ambiance est prenante à souhait, l'histoire riche, les personnages attachants, le sujet passionnant, bref un sans faute. En espérant que ce ne soit que le début.
Conclusion :
Une première saison brillante, je n'ai qu'une hâte voir comment ils vont densifier l'univers dans une prochaine saison.
Comme je suis abonné pour un an à My Canal, je rattrape enfin mon retard sur les séries originale de la chaîne. Les vacances ont ainsi été pour moi l'occasion de regarder l'intégrale du Bureau des légendes, voyons ensemble si la réputation de la série est galvaudé ou pas.
Date de diffusion : avril 2015 pour la saison 1
Durée : 5 x 10 x 50 Genre : Drame, Espionnage Création : Eric Rochant Casting : Mathieu Kassovitz, Florence Loiret Caille, Jonathan Zaccaï, Zineb Triki, etc
Nationalités : France
Synopsis:
Après 6 ans d'infiltration en Syrie, l'agent Malotru est rappelé en France. Malgré sa formation, reprendre une vie normale s'avère complexe et son passé le hante dangereusement.
Note :
début 2020 je vous parlais du Deep Game Le bureau des Légendes, maintenant que j'ai vu la série je ne peux que recommander encore plus cette expérience car ses concepteurs ont vraiment pris un soin extrême à recréer la série. C'est simple, j'ai reconnu certaines pièces du jeu dans la série (normalement ça aurait dû fonctionner dans le sens contraire mais je suis un garçon compliqué :D .)
Critique :
Pas la peine de laisser planer le mystère, lorsqu'une série se taille une telle réputation, c'est rarement sur du vent et là très clairement c'est sur du béton.
Le bureau des légendes est une série Française au sens le plus noble du terme, c'est l'anti James Bond et tous les effets spéciaux que vous n'aurez pas seront avantageusement remplacés par une écriture fine et des relations entre personnages explosives.
Un des points importants de la série, c'est son ancrage avec le réel. Ainsi, les premières saisons auront pour toile de fond les conflits en Afghanistan et les dernières la cybercriminalité Russe, deux faits de société qui, encore aujourd'hui, ont un impact sur notre société et donc dans lesquelles tout le monde à intérêt à se replonger. La série ne vous permettra pas de devenir un expert en géopolitique mais elle vous offrira un point de vue assez rare sur la complexité des situations qui ont pu contribuer à créer une guerre sans fin. Plus basiquement, c'est l'occasion de comprendre vraiment à quoi correspond l'espionnage et comment cela se pratique, loin des voitures volantes et des rayons laser.
Outre ce cadre très riche, Le bureau des légendes c'est avant tout l'histoire d'hommes et de femmes qui
doivent lutter au quotidien à la frontière du légal et du moral jusqu'à parfois se perdre. C'est un drame humain et une romance poignante car impossible.
Ce qui est étonnant avec Le bureau des légendes c'est que malgré le sujet et malgré le fait que Eric Rochant ait réalisé Total Western, un excellent western urbain démontrant sa maitrise des scènes d'action, la série n'en comprend aucune. C'est bien simple, si la série, comme dans tant d'autres, nous montre une scène ou l'agent apprend à se battre, il y apprend ici à se faire tabasser et non à rendre les coups. Malgré les zones de guerre, malgré les affrontements possible, il n'y a quasi aucune scène d'action dans la série en 5 saisons. Il y a bien un ou deux coups de feu mais quasi aucun échange de coups de feu. Et ne croyez pas que je pointe ici un défaut, sauf pour les drogués à l'adrénaline, au contraire je suis très impressionné que la série réussisse à rester haletante sans cet artifice. Tout le rythme repose dans le suspens et la tension entre les personnages. Le bureau des légendes c'est un drame humain sur la complexité de vivre ensemble, de se faire confiance
Et pour qu'un drame puisse être captivant, il faut une riche brochette de personnage et nous sommes effectivement gâté. Si la série s'attarde surtout sur Malotru incarné par Mathieu Kassovitz (Banlieusards, le chant du loup, etc) un acteur de haut vol impeccable dans ce rôle d'agent torturé (dans tous les sens du terme :D ) elle ne se prive pas de développer une riche palette de personnages. Que ce soit Zineb Triki, Florence Loiret Caille ou Sara Giraudeau toutes se voient confiées un personnage complexe et profond à la hauteur de leurs partenaires masculin Jonathan Zaccaï, Jules Sagot et Victor Artus Solaro. Et là, je ne parle que des acteurs les moins connus car l'on pourra aussi profiter des talents de Jean-Pierre Darroussin, Léa Drucker ou Mathieu Amalric.
Ce qui m'amène d'ailleurs à la principale et presque seule critique que j'ai à émettre sur la série :
son titre est trompeur. En intitulant la série le bureau des légendes son créateur laisse entendre que l'important c'est l'organisation et donc qu'on suivra plusieurs personnages qui auront tous autant d'importance, une série chorale comme Glee ou Urgence. Mais la vérité, même s'il y a d'excellents seconds rôles, c'est qu'il n'y en a que pour Malotru. On en bouffe jusqu'à la nausée, à plusieurs moments j'ai eu envie de lui mettre des tartes à lui et à sa Nadia El Mansour. Ces deux personnages sont très bon et leur histoire passionnante mais trop c'est trop. Moi j'aurais voulu en savoir plus sur Sylvain, le petit génie de l'informatique asocial, ou sur la mule, cette agente de terrain revêche, et surtout sur Jonas, un analyste atypique et particulièrement attachant. Ce personnage, clairement mon préféré, prend de l'ampleur en saison 3 et 4 avant d'être complétement mis de côté dans la saison 5, comme tant d'autres et je trouve que c'est là le principale défaut de la série que de s'enfermer sur un seul personnage.
C'est d'ailleurs ce défaut qui pour moi rendra la cinquième et dernière saison moins intéressante, je peux comprendre l'intérêt de boucler l'histoire pour la finir logiquement mais cela est fait au détriment de l'intensité dramatique. loin d'être une ouverture pour finir en apothéose la saison cinq est un repli sur soi qui finit en pétard mouillé. J'exagère un peu, le dernier épisode réalisé par Jacques Audiard (The sisters Brothers, De rouille et d'os, etc), excusé du peu, est remarquable mais il aura fallut pour y arriver se noyer dans des intrigues poussives (l'enquête de Mille sabords, quelle utilité ?) ne rendant pas honneur aux personnages.
Il est d'ailleurs probablement important ici de préciser que la saison 5 n'est pas forcément la fin de la série. Si elle clôt logiquement l'histoire et que le dernier plan laisse peu d'ambiguïté, la rumeur est persistante d'une saison 6 ou d'un spin-off qui pourrait notamment parler de la pandémie. Je suis particulièrement favorable à cette idée, j'espère qu'elle permettra enfin de donner toute leur ampleur à la superbe brochette de personnages développés au fil des saisons.
L'autre défaut que j'aimerais pointer c'est que la série n'a pas saisie l'occasion de parler de l'identité. Nous sommes face à des hommes et des femmes qui se font passer pour des autres pendant des années. Il y avait tout loisir de s'intéresser à ce qui fait notre identité, mais la série bote en touche pour rester sur ses acquis.
Enfin, dernier point que je n'ai pas abordé concernant la série et qui pourra surprendre, c'est sa grande poésie. Certaines images des épisodes sont d'une grande beauté et je garderai longtemps avec moi celles concernant le chien qui me hanteront comme un spleen.
Je suis vraiment content d'avoir pu rattraper mon retard sur cette série et j'aurais vraiment voulu lui mettre 5 étoiles. Mais comme je l'ai déjà signalé, la cinquième saison est la moins bonne et l'univers est si riche que c'est du gâchis de l'avoir développé aussi peu. C'est pour ça que je ne peux pas donner une note maximum à cette série pourtant excellente. mais j'espère très fort que l'avenir de la série comblera ce petit défaut que je pourrais mettre un franc 5 étoiles à la prochaine saison quel soit un spin off ou non.
Conclusion:
Une vision brillante de l'espionnage, l'anti James Bond par excellence qui compense l'absence d'action par la pertinence de ses histoires, la saison 5 est un brin décevante mais la série reste un must à voir absolument.
Grace à Free je me retrouve abonné gratuitement pour plusieurs mois à Mycanal série. L'occasion de rattraper mon retard sur certaines créations Canal, à commencer par une petite dernière qui m'avait pas mal tourné la tête.
Date de diffusion : 11 Janvier 2021
Durée : 12 x 30 min Genre : fantastique, humour, suspense Création : Clémence Dargent, Martin Douaire Casting : Melvil Poupaud, Quentin Dolmaire, Géraldine Pailhas, Daphne Patakia, Michel Vuillermoz
Nationalités : France
Synopsis :
1978, Didier Mathure est un ingénieur aérospatial au fait de sa gloire et prêt à lancer la fusée sur laquelle il travaille depuis 10 ans. Lorsque celle-ci explose en plein ciel, c'est toute sa vie qui vole en éclat et il se retrouve en charge du GEPAN, un groupe d'étude chargé d'enquêter sur les observations d'OVNI.
Critique :
Comme beaucoup j'imagine, j'ai découvert OVNI(s) grâce à une campagne de publicité assez agressive de Canal +. Les vidéos et l'affiche me laissaient aussi sceptique qu'une lueur dans le ciel, l'imaginaire invoqué était séduisant mais la série semblait se situer sur un fil ténu entre le nanard et le chef d'œuvre.
Et autant le dire tout de suite : on est très loin du nanard. Je me suis complétement laissé emporter par cette série atypique, je n'ai pas vu le temps passer et la sérié m'a enlevé dans un autre monde.
Blague à part, si la série n'est pas exempte de petits défauts, elle cumule suffisamment de qualités pour les faire oublier. Ce n'était pourtant pas évident car, que ce soit Clémence Dargent ou Martin Douaire, aucun des deux créateurs de la série ne s'est vraiment illustré pour le moment et ce n'était pas leur participation à un épisode de "fais-pas ci, fais-pas ça" qui allait donner confiance.
Pourtant, il y a une réelle maitrise dans la série, notamment dans l'absurde. OVNI(s) m'a beaucoup rappelé les films de Quentin Dupieux (Mandibules, le daim, au poste, etc) on y trouve le même amour de l'absurde mais avec plus de sens. Ainsi, si la première manifestation des extraterrestres est une pluie de flamands roses, cela aura du sens par la suite et ne sera pas qu'un détail humoristique. En terme de construction la série est assez remarquable, elle place ses éléments sans relâche jusqu'à ce que tout s'imbrique, c'est implacable et pourtant pas prévisible. L'écriture flirt suffisamment entre le décalé et le logique pour conserver l'esprit du spectateur à l'affut tout en le divertissant.
Un divertissement qui repose pour beaucoup sur un casting de qualité a commencer par Melvil Poupaud (Grace à dieu l'autre monde, etc), le poids lourd du show qui hérite d'un beau rôle de connard sceptique. Personnage principal du show c'est un homme égoïste et sans grande fantaisie qui va apprendre à regarder la vie d'un œil nouveau grâce à ce nouveau monde qui s'ouvre à lui. Pour lui donner la réplique, on trouve une brochette d'acteur.ice.s moins populaires mais tout aussi brillant. L'équipe du GEPAN est remarquablement attachante, avec le bourru Marcel, incarné par Michel Vuillermoz ( Adieu les cons,l'affaire SK1, etc) un second rôle historique, l'empathique Véra, admirable Daphne Patakia (Djam, etc) et l'optimiste Rémy, attachant Quentin Dolmaire (le redoutable, etc). Si j'ai énormément apprécie tout le casting, j'avoue que j'ai eu un réel coup de cœur pour le personnage de Rémy et la grande candeur que Quentin Dolmaire lui insuffle. C'est un très beau personnage très représentatif de la série.
A noter, parce que je crache souvent sur le business de la nostalgie, que ce n'est pas le cas ici. La touche années 80 apporte une petite dose de ridicule qui renforce l'ambiance de la série. On se replonge avec plaisir dans cette époque mais l'on constate surtout à quel point c'était l'opposé du cool.
A mes yeux, la grande force d'OVNI(s), c'est l'optimisme qui s'en dégage. Si la série est loin d'être béate et comporte certains aspects sombres, elle n'en reste pour autant pas moins très lumineuse et porteuse d'un message important, spécialement aujourd'hui. Ainsi, OVNI(s) rappelle que la science ne doit pas servir à stigmatiser les gens qui ne comprennent pas mais doit au contraire les aider à faire face à l'inconnu. Il en va des extra terrestres comme des vaccins, la confiance et le respect feront bien plus avancer les choses que la moquerie et le mépris. Un beau message, pour une série qui fait beaucoup de bien, j'attend la suite avec impatience.
Conclusion :
C'est drôle, c'est original, c'est captivant, c'est émouvant, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas régalé à ce point.