Pour une fois, ce n'est pas par hasard que cet article parait aujourd'hui. Car c'est aujourd'hui jeudi 7 février 2019 que nous allons savoir si Grace à Dieu se termine bien ou pas. Car c'est aujourd'hui que le procès débuté en 2015 pour des faits remontant jusqu'en 1986 sera enfin jugé et qu'on saura si le silence de l'église est considéré comme coupable par la justice ou non. Mais en attendant, parlons cinéma.

Durée : 2h 17min
Réalisateur : François Ozon
Casting : Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud
Genre : Drame
Nationalités Français, Belge
Synopsis :
2014, Alexandre apprend que le prêtre qui l'a abusé enfant et de retour dans sa paroisse. Pour ce père de famille qui croit dans le pardon mais aussi la justice, il est impossible de ne pas réagir. S'engage alors un bras de fer usant avec l'église auquel se joindront nombreuses autres victimes soucieuses d'être entendues et que ces horreurs s’arrêtent.Critique :

De quoi parle Grace à dieu ? De victime d'un prêtre qui se regroupe pour faire arrêter ce prêtre toujours en poste, afin qu'il ne nuise plus aux enfants mais aussi de condamner tous les membres du clergé qui savaient le danger que représentait cet homme et qui n'ont rien fait en 30 ans. Inutile de dire que c'est un sujet lourd et grave mais Ozon a l'intelligence de le traiter sans pathos inutile avec beaucoup de finesse et de respect. Si le film condamne très clairement les responsables de cette affaire, ce n'est pour autant pas un brûlot à charge contre l'église comme on pourrait être tenté de le faire au vu le situation révoltante. On notera d'ailleurs que le film dénonce bien l’hypocrisie de notre société face à la pédophilie et non juste de l'église.

Pour incarner ces personnalités fortes, Ozon a su s'entourer d'un superbe casting qui sonne très juste. Je retiens pour ma part surtout Melvil Poupaud (L'autre monde, Le crime est notre affaire, etc), un acteur que je ne connaissais pas vraiment et qui m'a beaucoup touché dans son rôle tout en sobriété. Denis Ménochet (L'empereur de Paris, Assassin's creed, etc) et Swann Arlaud (Petit paysan, un beau voyou, etc) ne déméritent pas non plus d'autant que leurs personnages sont plus torturés et donc offrent une palette d'émotions plus large mais moins subtile. On notera enfin un jolie cameo de Josiane Balasko (Ma vie est un enfer, les bronzés, etc), court mais beau.
Dans les qualités du film je citerais aussi la musique de Evgueni et Sacha Galperine, deux artistes que je ne connaissais pas mais qui livrent une partition de toute beauté, là encore tout en finesse.

Je recommande donc fortement d'aller voir ce film, ce beau portrait de personnages hors norme ayant réussi à se dresser contre notre société pour faire valoir la justice.
Pour finir, il me semblait important de mettre un lien vers le site de l'association dont parle le film et qui s'est battu pour faire reconnaître les victimes et agir contre la pédophilie : La parole libérée.
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