Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 25 mai 2020

Westworld

On reste dans la Science Fiction avec la saison 3 de Westworld, une critique sans spoil où j'évoquerais rapidement les saisons précédentes pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout cette série référence de la chaîne HBO.





Depuis 2016
2 saisons de 10 x 52min + 1saison de 8 x 52min
Genre : Drame, Western, Science fiction, Thriller
Création : Jonathan Nolan, Lisa Joy
Casting : Evan Rachel Wood, Thandie Newton, Jeffrey Wright
Nationalité U.S.A.
Chaîne d'origine HBO

Synopsis:

Dans un futur proche, le parc d'attraction Westworld permet de revivre l'âge d'or du far-west grâce à un nombre impressionnant de figurants robots ultra réalistes. Tout est possible sans le moindre risque, de la simple ballade au braquage de banque en passant par les scénarios les plus sordides pour ceux souhaitant exprimer leurs plus bas instincts. Le parc est un véritable succès mais une nouvelle mise à jour rend certains robots totalement imprévisibles mettant en danger les visiteurs et l'avenir du parc. Que se passerait-il si les robots décidaient de ne plus obéir ?

Critique :

Pour commencer, qu'est-ce que Westworld ?
C'est une série adaptée du film Mondwest (Westworld) sortie en 1973, écrit et réalisé par l'auteur à succès Michael Crichton et qu'on pourrait basiquement résumer par : "c'est Jurassic Parc mais avec des robots cowboy à la place des dino"
Un pitch pas forcément vendeur et qui pourtant permit une première saison vraiment exceptionnelle. Produit par HBO la série a bénéficié du budget nécessaire pour obtenir de superbes décors, un casting à tomber et des effets spéciaux magnifiques. Bref tous les éléments étaient réunis pour nous en mettre plein les yeux à l'instar d'un Game of Thrones (l'autre série phare de la chaîne à l'époque). A la création de cet énorme projet on retrouve J.J. Abrams (Alias, Lost, etc) un producteur/réalisateur qui a fait ses preuves à plus d'une occasion avec des projets novateurs et ambitieux mais aussi Jonathan Nolan, frère et co-scénariste de Christopher Nolan, qui a donc travaillé sur des films aussi impressionnant que Le prestige ou Batman Dark Knight et enfin Lisa Joy scénariste de séries ayant travaillé sur Pushing Daisies (une série partie trop tôt )
Sans surprise, la première saison était vraiment d'une grande qualité. Avec une ambiance essentiellement tourné vers le Western malgré un fond de science fiction et des thématiques très Asimof, le scénario offrait de nombreux rebondissements propre à bien retourner le cerveau des téléspectateurs. La scène d'introduction était d'ailleurs à mes yeux une véritable référence du genre, elle plantait l'histoire de la meilleure et de la plus simple des manières possibles. Rapidement, et de façon très mérité, la série est donc devenu culte pour son traitement très original et extrêmement qualitatif de thèmes pourtant classiques de la science fiction (l'âme et/ou la conscience des robots, qu'est-ce qui fait qu'on est un être vivant ou même la révolte de la créature contre son créateur qui remonte aux origines de la littérature de SF et Frankenstein). Et tout le monde n'a pas le luxe de se payer Sir Anthony Hopkins (Hitchcock, le silence des agneaux, etc)
La deuxième saison conservait toutes les qualités techniques de la première mais changeait l'ambiance de la série pour s'éloigner du western et offrir quelque chose de plus riche à tendance post apocalyptique. Une saison plus variée que la précédente mais beaucoup moins grand public, les scénaristes ayant pris plaisir à perdre totalement le spectateur. Les procédés narratifs utilisés se justifiaient dans l'écriture mais il fallait attendre quasiment la fin de la saison pour vraiment réussir à dénouer les fils du mystère et cela à pu s'avérer frustrant pour de nombreux spectateurs. Une saison qui se méritait donc mais que j'avais pris grand plaisir à suivre tant elle était foisonnante et développait le mythe Westworld.
La troisième saison avait donc un énorme challenge à relever pour être au niveau et les scénaristes ont fait le choix pour l'occasion de tromper totalement nos attentes. Loin de surenchérir la saison revient sur quelque chose de plus minimaliste, plus fondamental et surtout totalement grand public. Fini les nœuds au cerveau, cette troisième saison offre une histoire beaucoup plus classique dans une ambiance cyber-punk (light mais punk quand même), un changement radicale qui pourra bloquer les amoureux de la première heure. On pourra aussi regrette que des thématiques déjà peu originale se voit traité d'une manière tout aussi banale. La série devient donc une série de SF pure et dure, un mélange entre Blade-Runner et Bienvenu à Gattaca. Heureusement, les scénaristes réussissent à apporter un peu d’innovation, notamment avec l'intrigue Rehoboam (intéressante mise en perspective de notre société et de l'utilisation du big data) mais surtout ils conservent un rythme et un sens du mystère qui rend la saison toujours aussi passionnante à suivre.
D'une certaine façon, cette troisième saison aurait pu faire une parfaite fin de série, elle aurait pu être le dernier acte glorieux de Westworld ce qui aurait donné tout son sens à l'évolution de l'ambiance. Las, ce ne sera pas la dernière saison et j'avoue que je ne vois pas grand chose de vraiment passionnant à raconter ensuite (et les pistes avancées par le scénario ne me rassurent pas vraiment).
Même si j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder cette saison (notamment par attachement pour les personnages) je trouve tout de même qu'il s'agit ici de la saison la plus faible de la série. Elle ne prend aucun risque et réussi même à se planter totalement lorsqu'elle essaye d'en prendre. A ce titre, je citerais le cinquième épisode "genre" qui offrait de grandes possibilités en terme de réalisation mais qui ne propose que le strict minimum. C'est extrêmement frustrant. Je peux comprendre que le réalisateur ne veuille pas sortir des rails bien balisés de la série mais dans ce cas qu'il n'utilise pas des ficelles scénaristiques tel que celle employé dans cet épisode (surtout pour la leçon de morale niveau Disney que ça apporte...).
Niveau casting, il y a pas mal de changement entre la première et la troisième saison, je n'évoquerais donc pas les acteurs, tous très bon, pour ne pas spoiler mais je mentionnerais juste que la troisième saison se voit ajouter deux belles références : Aaron Paul (El Camino/Breaking Bad, Bojack Horseman, etc) dans un rôle d'ancien militaire traumatisé qu'il porte à merveille d'autant que son relookage le change vraiment de ses précédents rôles et surtout "cocorico" Vincent Cassel (L'empereur de Paris, Le monde est à toi, La belle et la bête, etc) dans le rôle du méchant grand patron à qui rien ne résiste. En fait, il fait du Vincent Cassel mais ça marche bien et le personnage est intéressant (même s'il faudrait apprendre aux américains que, non, "jean-mi", ça fait pas classe).
Un dernier petit mot sur la musique, Ramin Djawadi est aux commandes de la bande son depuis le début est à marqué les esprits à plusieurs reprises, avec son générique envoûtant d'une part mais surtout avec ses covers de morceaux très populaires donnant une tonalité vraiment particulière à la série. On retrouve ici les même effets mais je dois avouer que la magie n'opère plus, les covers sonnent souvent de façon très artificielles et les créations sont parfois pompières. On dirait que quelqu'un se repose sur ses lauriers.
Vous l'aurez donc compris, dans l'ensemble cette saison 3 n'est pas loin d'être la saison de trop et sans une brutale remise en question la quatrième risque bien de n'avoir aucun intérêt. Je garde espoir car l'univers est suffisamment riche pour pouvoir offrir des histoires d'une grande variété mais encore faudrait-il prendre à nouveau des risques.


L'ensemble de la série :


La saison  3 :

Conclusion :

Une troisième saison beaucoup plus (trop) accessible mais toujours aussi passionnante avec une belle vision des dérives possibles de la technologie qui ferait rougir Black Mirror. L'avenir de la série questionne toutefois car l'on s'oriente vers quelque chose de vraiment sans originalité aucune.

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