Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 9 août 2021

You might be the killer

L'été, probablement la meilleure période pour regarder des films d'horreur. Laissez moi vous parler du petit dernier que j'ai exhumé sur Amazon prime.



Date de diffusion : novembre 2019 (en France)
Durée :  1h32
Genre : comédie horrifique
Réalisateur : Brett Simmons 
Casting : Fran Kranz, Alyson Hannigan

Nationalités : états-unis


Note : le film est uniquement en Vf sur Amazon prime et ça c'est beurk surtout que ce n'est pas la voix de Virginie Ledieu (Willow dans Buffy) qui double Alyson Hannigan.

Synopsis :


Sam vient d'échappe de justesse à un tueur en série. Paniqué, il appelle sa meilleure amie Chuck pour qu'elle lui donne des conseils pour s'en sortir. Au fil de l'échange, une question s'impose bientôt aux deux amis: Sam ne serait-il pas le tueur ?

Critique :

You might be the killer est une comédie d'horreur reposant sur tous les codes des classiques du genre. On retrouve donc la colo de vacances perdu au milieu de nulle part, les animateurs délurés qui meurt les uns après les autres, le tueur masqué implacable et la malédiction ancestrale. Rien de bien neuf, ni sexy donc, sauf que l'on a ici affaire à un hommage du genre et que le scénariste a pris un malin plaisir à déstructuré son histoire pour la rendre bien plus passionnante. Ainsi, le film commence alors que la majorité des animateurs sont déjà mort. Et assez rapidement l'on en vient à se demander si le héros n'est pas en fait le méchant. Un twist qui bouleverse la structure même de l'histoire et déstabilise le spectateur en ouvrant tout un monde de possibilités. Les codes se réinventent donc au fur et à mesure du récit pour nous raconter une histoire à la fois identique et totalement différente de ce dont on a l'habitude.

Contrairement à certains films que j'ai pu critiquer dernièrement (fear street, Nobody sleep in the wood

tonight, etc) You might be the killer est inventif. On songera volontiers à du Evil dead pour le côté loufoque ou a du Scream pour le côté méta. C'est ainsi avec jubilation qu'on assiste à l'échange entre Sam et Chuck et qu'on se demande quelle finalité tout cela pourra bien avoir car pour une fois tout n'est pas cousu de fil blanc.

Niveau casting, le film repose surtout sur le duo d'ami. J'ai pris plaisir à retrouver Alyson Hannigan (Buffy contre les vampires, American pie, etc) dans un rôle de nerd blasée quine la change pas beaucoup mais c'est surtout Fran Kranz (Cabin in the wood, doll house, etc) qui se distingue ici dans un rôle plutôt physique et pas forcément évident.


Niveau réalisation, c'est assez basique mais j'aime beaucoup le faux traitement année 80 et les petits ajouts visuels comme le compteur de morts qui, outre l'aspect ludique, fluidifie la narration (il sert d'indicateur temporel).

Dans l'ensemble, You might be the killer est vraiment une bonne surprise, il ne révolutionne pas le genre et ce n'est pas un grand film mais c'est un divertissement très malin. Vous ne tremblerez pas d'effroi mais vous passerez un bon moment a essayer de comprendre ce qu'il se passe et comment tout cela va finir. Sans être exceptionnelle, la fin est satisfaisante et donnerait même envie de voir une suite.



Conclusion :

Un petit film d'horreur très sympathique qui ne fera pas beaucoup frémir mais passionnera grâce à son scénario très habile. Un bon divertissement d'été.

vendredi 6 août 2021

OVNI(s)

Grace à Free je me retrouve abonné gratuitement pour plusieurs mois à Mycanal série. L'occasion de rattraper mon retard sur certaines créations Canal, à commencer par une petite dernière qui m'avait pas mal tourné la tête.



Date de diffusion :  11 Janvier 2021
Durée :  12 x 30 min 
Genre : fantastique, humour, suspense
Création : Clémence Dargent, Martin Douaire
Casting : Melvil Poupaud, Quentin Dolmaire, Géraldine Pailhas, Daphne Patakia, Michel Vuillermoz

Nationalités : France


Synopsis :

1978, Didier Mathure est un ingénieur aérospatial au fait de sa gloire et prêt à lancer la fusée sur laquelle il travaille depuis 10 ans. Lorsque celle-ci explose en plein ciel, c'est toute sa vie qui vole en éclat et il se retrouve en charge du GEPAN, un groupe d'étude chargé d'enquêter sur les observations d'OVNI.

Critique :


Comme beaucoup j'imagine, j'ai découvert OVNI(s) grâce à une campagne de publicité assez agressive de Canal +.  Les vidéos et l'affiche me laissaient aussi sceptique qu'une lueur dans le ciel, l'imaginaire invoqué était séduisant mais la série semblait se situer sur un fil ténu entre le nanard et le chef d'œuvre.

Et autant le dire tout de suite : on est très loin du nanard. Je me suis complétement laissé emporter par cette série atypique, je n'ai pas vu le temps passer et la sérié m'a enlevé dans un autre monde.

Blague à part, si la série n'est pas exempte de petits défauts, elle cumule suffisamment de qualités pour  les faire oublier. Ce n'était pourtant pas évident car, que ce soit Clémence Dargent ou Martin Douaire, aucun des deux créateurs de la série ne s'est vraiment illustré pour le moment et ce n'était pas leur participation à un épisode de "fais-pas ci, fais-pas ça" qui allait donner confiance.

Pourtant, il y a une réelle maitrise dans la série, notamment dans l'absurde. OVNI(s) m'a beaucoup rappelé les films de Quentin Dupieux (Mandibules, le daim, au poste, etc) on y trouve le même amour de l'absurde mais avec plus de sens. Ainsi, si la première manifestation des extraterrestres est une pluie de flamands roses, cela aura du sens par la suite et ne sera pas qu'un détail humoristique. En terme de construction la série est assez remarquable, elle place ses éléments sans relâche jusqu'à ce que tout s'imbrique, c'est implacable et pourtant pas prévisible. L'écriture flirt suffisamment entre le décalé et le logique pour conserver l'esprit du spectateur à l'affut tout en le divertissant.


Un divertissement qui repose pour beaucoup sur un casting de qualité a commencer par Melvil Poupaud (Grace à dieu l'autre monde, etc), le poids lourd du show qui hérite d'un beau rôle de connard sceptique. Personnage principal du show c'est un homme égoïste et sans grande fantaisie qui va apprendre à regarder la vie d'un œil nouveau grâce à ce nouveau monde qui s'ouvre à lui. Pour lui donner la réplique, on trouve une brochette d'acteur.ice.s moins populaires mais tout aussi brillant. L'équipe du GEPAN est remarquablement attachante, avec le bourru Marcel, incarné par Michel Vuillermoz ( Adieu les cons, l'affaire SK1, etc) un second rôle historique, l'empathique Véra, admirable Daphne Patakia (Djam, etc)  et l'optimiste Rémy, attachant Quentin Dolmaire (le redoutable, etc). Si j'ai énormément apprécie tout le casting, j'avoue que j'ai eu un réel coup de cœur pour le personnage de Rémy et la grande candeur que Quentin Dolmaire lui insuffle. C'est un très beau personnage très représentatif de la série.

A noter, parce que je crache souvent sur le business de la nostalgie, que ce n'est pas le cas ici. La touche années 80 apporte une petite dose de ridicule qui renforce l'ambiance de la série. On se replonge avec plaisir dans cette époque mais l'on constate surtout à quel point c'était l'opposé du cool.

A mes yeux, la grande force d'OVNI(s), c'est l'optimisme qui s'en dégage. Si la série est loin d'être béate et comporte certains aspects sombres, elle n'en reste pour autant pas moins très lumineuse et porteuse d'un message important, spécialement aujourd'hui. Ainsi, OVNI(s) rappelle que la science ne doit pas servir à stigmatiser les gens qui ne comprennent pas mais doit au contraire les aider à faire face à l'inconnu. Il en va des extra terrestres comme des vaccins, la confiance et le respect feront bien plus avancer les choses que la moquerie et le mépris. Un beau message, pour une série qui fait beaucoup de bien, j'attend la suite avec impatience.




Conclusion :

C'est drôle, c'est original, c'est captivant, c'est émouvant, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas régalé à ce point.

mercredi 4 août 2021

Major Grom contre le docteur de peste

La dernière fois que j'ai regardé un film de super-héros Russe ( Guardians ... achevez moi) j'ai mis des mois à m'en remettre, ce n'était donc pas sereinement que je me lançais dans cette nouvelle découverte mais pour vous je ne recule devant aucun sacrifice.




Date de diffusion : juin 2021
Durée :  2h16
Genre : Action, super-héros
Réalisation : Oleg Trofim
Casting : Tikhon Zhiznevskiy, Lyubov Aksyonova, Sergei Goroshko

Nationalités : Russe


Synopsis :

Russie, de nos jours, un mystérieux homme masqué assassine de puissants hommes d'affaires corrompu en diffusant ses crimes au grand public. Devant l'engouement général et les moyens du tueur, le super flic Igor Grom va se retrouver impuissant pour la première fois de sa vie. Isolé et dépassé, il devra se réinventer pour affronter cet incroyable ennemi.

Critique :


C'est l'été, on a a besoin de se détendre et pour cela quoi de mieux qu'un bon gros blockbuster Russe ? Même si la bande annonce était intrigante, je n'attendais pas grand chose de ce film, seul une curiosité un peu malsaine et une sincère envie de me détendre me motivait vraiment à cliquer sur lecture. Et le début était plutôt percutant. Après une petite introduction illustrant l'obsession pour la justice du héros, l'on se retrouve en plein cœur de l'action au travers d'une course poursuite rocambolesque. On découvre le héros et sa façon particulière de penser. Un artifice qui pourra faire penser à Sherlock Holmes mais apporte un petit plus en terme de narration et d'action. Une bonne décision de réalisation donc qui joue aussi avec les nerfs du spectateur. Enfin, le générique de début est très efficace et pose une ambiance assez surprenante. J'ai surement une vision cliché de la Russie mais je ne pensais pas qu'on pouvait si ouvertement y critiquer les élites corrompus et le gouvernement. On se retrouve donc devant un message désormais assez universel ou le peuple essaye de reconquérir sa souveraineté. Ce qui aide peut-être à faire passer la pilule c'est que le héros ne rentre pas vraiment dans cette logique et reste un agent de l'état même s'il a autant de respect pour les règles qu'un chat à qui on interdit quelque chose.

Car oui, si Major Grom peut paraitre assez convenu sur la forme avec son histoire de super flic bad ass et solitaire,

il surprendra surtout sur le fond en s'approchant plus du Joker que de Batman. Etonnement, si le film peut entrer dans la catégorie des films de super-héros ce n'est pas grâce à son personnage principal qui est juste un flic de film d'action comme on en voit des millions, mais plutôt pour son antagoniste qui coche toutes les cases du bingo des super-méchants. Un soin tout particulier est d'ailleurs porté à ce personnage qui est presque plus développé que le héros lui même. Un choix logique pour ancrer l'histoire dans le genre super héroïque car il n'y a pas de super héros sans super méchant, ce n'est que face à une menace crédible qu'un super peu le devenir aussi. Pas de Superman sans Lex Luthor, pas de Captain America sans Crane rouge, etc.


A contrario, les seconds rôles ne bénéficient que d'une caractérisation éclair et c'est bien dommage car le personnage féminin notamment, délicieusement cynique, aurait gagné à être plus développé (au lieu de devenir un bête love interest)

Visuellement, l'ensemble est vraiment spectaculaire, on se retrouve face à un blockbuster américain, il n'y a rien à redire et que ce soit les décors, les costumes, les effets spéciaux ou les scènes d'action, tout fonctionne.

En dehors des ficelles d'écriture un peu grosses, mon plus gros regrets concernera le docteur de peste. Le scénariste a jugé bon d'inclure un twist le concernant et je trouve que c'est une mauvaise idée. Sortie de l'effet Shyamalan (HAHA, vous l'aviez pas vu venir, je suis trop un génie) cela n'apporte pas grand chose à l'histoire voir nuit à l'intensité émotionnelle de celle-ci. Le choix se justifiera peut-être sur le long terme dans d'autres films, vu que cela fait partie intégrante de ce méchant et qu'il semble inséparable de la saga Major Grom, mais pour l'instant, je suis sceptique.

Voilà, Major Grom n'est surement pas le film du siècle mais c'est une bonne surprise, un film d'action divertissant et pas trop débile. Et c'est toujours bien de découvrir ce qu'il se passe ailleurs qu'aux états-unis.


Conclusion :

Un honnête blockbuster qui n'a rien à envier aux équivalents américain, le film développe un univers intéressant qui pourrait gagner à être développé.