Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 18 juin 2018

Jurassic World : Fallen kingdom

En janvier 2017, lors de l'avant première de Quelques minutes après minuit, j'apprenais que Juan Antonio Bayona allait réaliser le deuxième opus de Jurassic World. Si j'essayais de rester optimiste car le réalisateur est bon et qu'il pouvait apporter une plus-value à un reboot mort-née, j'avoue que je m'attendais déjà au pire. Aujourd'hui, le film est sorti, il est temps de voir si Bayona a apporté un souffle nouveau aux dino ou s'est laissé dévorer vivant par les studios.



(on en parle de cette affiche ultra moche ? )



Date de sortie : 6 juin 2018
Durée : 2h 08min
Réalisateur : Juan Antonio Bayona
Réalisation : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall
Genres : Aventure, Science fiction
Nationalité : Américain

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis :

3 ans déjà que le parc Jurassic World a du fermer ses portes après que les dinosaures se soient libérés. Aujourd'hui, le volcan au cœur de l'île s’apprête à exploser et exterminer tous les dinosaures encore en vie. Des défenseurs de la cause animale décide donc de se rendre sur l'île pour sauver ces derniers représentants de l'espèce.

Critique :

Attention, scénario écrit avec le cul.
Dégager Colin Trevorrow (Jurassic world ) de la réalisation était une très bonne idée, mais il aurait fallut pousser le concept jusqu'au bout et l'interdire d'approcher la franchise de près où de loin. Au lieu de ça, le "réalisateur" devient "scénariste" et nous pond une histoire aussi pauvre que sa réalisation (l'homme est constant dans l'effort c'est bien). S'il y a une ou deux bonnes idées dans ces interminables 2h elles ne sont généralement pas exploitées et noyées dans un océan d'incohérences ou de platitudes.
Alors pour répondre à la question que je me posais, oui, Bayonna (Quelques minutes après minuit, l'orphelinat, etc) a sauvé les meubles. Il fait un travail remarquable de réalisateur et certain plan sont de toute beauté. Malheureusement, aussi beau que soit l'emballage, un caca reste un caca et là il est de facture assez impressionnante. On pourra donc saluer la qualité des effets spéciaux et la beauté des images mais c'est malheureusement tout. Les personnages sont creux et stéréotypé (dieu qu'on se fout de Claire et Owen, ils pourraient mourir sans qu'on s'en aperçoive), l'action est répétitive et sans intérêt (quand elle n'est pas juste débile "hé si on éteignait la lumière pour que ce prédateur qui se repère à l'odeur ne nous trouve pas), l'histoire est inepte et ne vaut que comme transition au film 3. Jurassic world 2 c'est une introduction trop longue à Jurassic World 3 et malheureusement vu que Trevorrow sera une fois de plus au scenario il faut s'attendre à ce que le potentiel de cette conclusion soit également gâché.
Pour conclure, je dirais que Jurassic world est symptomatique de ce qui va mal dans l'industrie du divertissement. Des relaunchs de franchises à succès, verrouillés par des studios frileux pour minimiser les risques et confié à de bons réalisateurs pour donner l'illusion de créativité.  Alors que le réalisateur aura pied et poing lié et sera débarqué du projet dès qu'il essayera de faire quelque chose d'original (il n'y a qu'a suivre la pré production des spin-off star wars).
L'ironie de la chose, c'est que Jurassic World devient une métaphore de cette situation. Un industriel qui veut se faire un max de maille et qui décide de ressusciter de vieux trucs populaires. Et comme il veut être sûr de maximiser son investissement, il commence à vouloir optimiser ces vieux trucs et provoque un véritable désastre. Ici, les pertes se compte en films et en dignité d'auteurs.
Bref, je ne peux que vous recommander de fuir ce film. Bien sûr il y a pire, il y a toujours pire, mais a cautionner ces franchises on se retrouve avec toujours plus de ces mauvais films qui fagocite nos salles et nos porte-monnaie. Et moi j'arrête de suite de perdre mon temps à respecter un film qui ne me respecte pas. Tout ce qu'on peut espérer de ce film, c'est qu'il permette à Bayona de débloquer des financements pour des films plus ambitieux et qu'il devienne le nouveau Guillermo Del Toro.


je met 3 pour Bayona mais on est pas loin du 2 zapettes.

Conclusion :

La saga Jurassic world est toujours aussi cohérente, un scénario écrit avec les pieds et des personnages sans saveur. Seule amélioration, un vrai réalisateur ce qui permet de très belles images ce qui ne suffit pas à sauver un film long et nul.

vendredi 15 juin 2018

Deadpool 2

Amateur de super héros et fan de Deadpool, j'avais attendu le premier opus avec un certain scepticisme. Malgré une campagne de com' de Ryan Reynold très drôle sur le réseaux sociaux le film s'était avéré mou et convenu. Autant dire que je n'avais aucune attente pour ce second opus. Ais-je été déçu pour autant, c'est ce que nous allons voir.





Réalisateur : David Leitch
Casting : Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin
Genres : Action, Comédie, Aventure
Nationalité : Américain

Déconseillé au moins de 12 ans

Synopsis :

Cherchant un sens à sa vie, Deadpool décide de protéger un jeune adolescent mutant poursuivit par un impitoyable mutant assassin venu du futur : Cable.


Critique :

Ah Deadpool... Pur produit des années 90 ce méchant sans grande envergure a su devenir un personnage majeur de l'univers Marvel grace à un traitement parodique alors rare dans l'univers des super-héros. Deadpool est un psychopathe pour qui la vie ne représente rien et comme il est convaincu d'être un personnage de fiction il franchit régulièrement le quatrième mur pour s'adresser au lecteur et faire des blagues meta. Ce sont ces spécificités qui, si elles étaient présentes dans le précédent opus, avaient manqué à l'adn du film. Allégé pour être grand public, Deadpool c'était révélé un Spiderman (comparaison souvent faite aussi dans le comics) vaguement caustique. Bien insuffisant face au potentiel réel de la franchise.
La bonne nouvelle concernant ce deuxième film c'est qu'il était annoncé comme "rated R" c'est a dire réservé aux adultes et effectivement le niveau de violence a été revu à la hausse pour mieux coller au personnage. Le deuxième choix intelligent c'est l'arrivé de Cable. Il faut savoir qu'a l'origine dans les comics Deadpool est le méchant attitré du héros qu'est Cable. C'est donc intéressant de voir le point de vue changer, Deadpool étant le héros du film c'est ici Cable qui se retrouve devenir le méchant. C'est juste un clin d’œil sans réelle utilité mais ça n'en reste pas moins plaisant. Tout comme ces innombrables trolls qui émaillent le film. J'en détaille quelques uns dans la partie spoiler en toute fin de chronique mais le film n'a de cesse de se moquer des fans de comics (on parle de moqueries complices, il s'agit plus de renforcer la connivence que de rejeter ce spectateur). La production a clairement manipulé les amateurs de comics et les prend à rebrousse poil durant tout le film. Personnellement j'ai trouvé ça génial et c'est ce genre d'initiative que j'attend d'un film Deadpool quelque chose qui va plus loin que le héros lambda. Deadpool n'a pas vocation a être grand public sinon il n'a plus de spécificité.
Dans l'ensemble j'ai donc pris beaucoup de plaisir avec ce deuxième opus. J'ai beaucoup rit et je me suis laissé emporté par cette histoire plutôt simple mais logique. On appréciera aussi les cameos, les références et tous ces petits clins d’œil destiné aux fans.
Niveau casting, Ryan Reynolds (Life, Renaissances, The Voices, etc) est toujours aussi parfait dans le rôle. S'il est hilarant dans tout le côté décalé du personnage, il est aussi très touchant lors des passages plus sensibles. On notera aussi l'arrivée de Zazie Beetz (Atlanta, très bonne série que je recommande) dans le rôle de Domino qui est juste parfaite. Le personnage est vraiment savoureux, son flegme contrebalance savamment avec la folie de Deadpool et on aimerait presque déjà la voir dans son propre film. A noter que le personnage de l'adolescent est également bien choisit. Il réserve plusieurs moment très drôle et c'est une intrigue habile pour ce type de personnage. Enfin, bien sûr Cable est fidèle à lui même, un personnage monolithique type vieux loup solitaire. C'est efficace et Josh Brolin (Avenger: Infinity War, Avé César, Sicario, etc) est très bien choisi mais ça ne rend pas le personnage très marquant pour autant.
Bref, si je pourrais reprocher quelques légères longueurs au film (il y a beaucoup de sous intrigues) je suis agréablement surpris par ce deuxième opus qui répond enfin à ce que j'attendais d'un film Deadpool. Un psychopathe débile qui essaye de faire le bien par motivation égoïste (dans le comics c'était par amour pour Sirène). Je me prend presque à attendre le film X-force pour voir s'ils réussiront à conserver ce niveau rafraîchissant de WTF. Le seul intérêt de cette vague d'adaptation de comics, c'est que chaque film puisse trouver son ton et ainsi s'adresser à une partie du public, comme pour les comics, Deadpool a le ton qui m'intéresse le plus alors j'espère que ça durera.
Très beau coup de la part de David Leitch (Atomic Blonde, John Wick, etc) déjà habitué des films de ce genre et qui confirme une fois de plus son talent pour les "actionner" jusqu'au boutiste. J'en redemande.


Conclusion:

Un deuxième opus moins grand public et plus convainquant. Les blagues métas sont plus poussées et la production n'hésite pas à manipuler les fans d'une façon que j'ai trouvé fort jouissive. Bref, j'ai presque envie d'une suite

Avant de spoiler, voici quelques visuels de la communication du film que j'ai beaucoup aimé :




Spoiler ON


J'avoue avoir particulièrement apprécié ces quelques trolls.
1) X-force : la com' autour du film avait laissé entendre que l'équipe aurait d'autant plus d'importance qu'un film X-force était en préparation. Les massacrer au bout de 5min était un pied de nez des plus jouissif(et puis Brad pitt juste pour un plan)
2) La combinaison grise: elle avait fuité et a même était utilisé pour la com' (il me semble) il s'avère qu'elle n'a aucun intérêt puisque c'est juste la combinaison rouge mais sale et servait donc juste à faire croire que Deadpool changeait d'uniforme pour créer X-force
3) Essex : un institut nommé Essex et qui torture des mutants, la référence à Sinistre est énorme et on s'attend à le voir débarquer dans les scènes finales. Pourtant il s'agissait juste d'un gros bluff


Spoiler OFF

lundi 4 juin 2018

L'homme qui tua Don quichotte

Presque 20 ans, c'est le temps qu'il aura fallut à Terry Gilliam pour réussir à terminer ce film qu'on murmurait depuis maudit. Une oeuvre devenue légendaire suite au documentaire "lost in la mancha" qu'on ne pensait plus vraiment voir et qui pourtant prend enfin vie sur le grand écran. Mais le mythe survivra-t-il à la réalité, c'est ce que nous allons voir.





Date de sortie : 19 mai 2018
Durée : 2h 12min
Réalisateur : Terry Gilliam
Casting : Jonathan Pryce, Adam Driver, Olga Kurylenko
Genre : Aventure, Fantastique, Drame
Nationalités : Espagnol, Britannique, Français, Portugais, Belge



Synopsis:

Réalisateur désabusé, Toby retombe accidentellement sur les lieux de tournage de son tout premier film. En pleine crise de nostalgie il cherche à retrouver ses acteurs et réalise que s'il avait oublié ce tournage, eux n'ont jamais pu passer à autre chose.



Critique:

Autant le dire tout de suite, aucun film ne peut survivre à une pareille légende. Aucun film ne mérite d'attendre 20 ans et ce Don quichotte, aussi réussit soit-il, souffre forcément de cette interminable attente. Mais il a le mérite d'exister. D'être la preuve que tout est possible, qu'on peut accomplir ses rêves si on ne baisse pas les bras. L'histoire autour du film, est un peu le film aussi et je pense qu'on ne peut pas apprécier ce nouveau Terry Gilliam sans apprécier toute son histoire. Car après tout, le film ne fait que parler de création et de cinéma. Ce Don Quichotte qui s'accroche à sa folie pour enchanter sa vie, n'est-ce pas Gilliam lui même ?
A l'évidence ce nouveau film est le plus personnel du réalisateur, on y retrouve d'ailleurs beaucoup de ses anciennes créations ce n'est d'ailleurs probablement pas un hasard si Don Quichotte est incarné par Jonathan Pryce, l'acteur principal de Brazil. 
Don Quichotte est un film initiatique, une oeuvre picaresque ou un homme voit sa vie remise en question. On retrouve toute la folie du réalisateur dans sa réalisation, son goût pour le foutraque, pour l'humour. C'est un peu aussi le problème du film, on retrouve tellement Gilliam qu'on n'est jamais vraiment surpris, c'est comme se glisser dans de vieilles pantoufles confortables.
Pas vraiment de défauts à noter si ce n'est, mais c'est peut-être personnel, la prestation d'Adam Driver (Logan Lucky, Silence, etc) que je trouve vraiment trop "johnny Depp". C'est probablement appuyé par le réalisateur car même les vêtements m'ont donné cette impression mais tout du long j'ai eu l'impression de voir un sous Johnny Depp alors que j'aurais préféré un vrai Adam Driver.
Faute de temps je ne pourrais pas trop détailler cette critique mais pour finir rapidement je dirais que ce nouveau Terry Gilliam est un bon film mais pas son meilleur, ça n'en reste pas moins une oeuvre importante dans sa carrière car elle est révélatrice de ce qu'il est et de sa volonté de défendre la créativité jusqu'au bout. Le recoupement est intéressant avec Rester Vivant que j'ai chroniqué il y a peu, Gilliam semble également convaincu que l'art ne peut survivre qu'en marge de la norme et de notre société capitaliste.
Le grand public aura surement du mal avec ce film, le côté artisanal, les faux semblant, la folie, toutes ces petits choses qui rendent le cinéma de Gilliam si riche mais atypique.
Alors oui, il faut aller voir ce film, en étant conscient que ce ne sera pas un chef d'oeuvre mais en sachant que c'est l'aboutissement d'une quête dont nous profitons tous. 



Conclusion :

Difficile d'être à la hauteur de sa légende et bien évidement ce n'est pas le cas. Don quichotte n'en reste pas moins du pur Gilliam qui revient au source de son art et s'interroge sur le sens de sa vie.