Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 6 septembre 2021

Le bureau des légendes (saison 1 à 5)

Comme je suis abonné pour un an à My Canal, je rattrape enfin mon retard sur les séries originale de la chaîne. Les vacances ont ainsi été pour moi l'occasion de regarder l'intégrale du Bureau des légendes, voyons ensemble si la réputation de la série est galvaudé ou pas.


Date de diffusion :  avril 2015 pour la saison 1
Durée :  5 x 10 x 50
Genre : Drame, Espionnage
Création : Eric Rochant
Casting : Mathieu Kassovitz, Florence Loiret Caille, Jonathan Zaccaï, Zineb Triki, etc
Nationalités : France

Synopsis:

Après 6 ans d'infiltration en Syrie, l'agent Malotru est rappelé en France. Malgré sa formation, reprendre une vie normale s'avère complexe et son passé le hante dangereusement.

Note :

début 2020 je vous parlais du Deep Game Le bureau des Légendes, maintenant que j'ai vu la série je ne peux que recommander encore plus cette expérience car ses concepteurs ont vraiment pris un soin extrême à recréer la série. C'est simple, j'ai reconnu certaines pièces du jeu dans la série (normalement ça aurait dû fonctionner dans le sens contraire mais je suis un garçon compliqué :D .)

Critique :


Pas la peine de laisser planer le mystère, lorsqu'une série se taille une telle réputation, c'est rarement sur du vent et là très clairement c'est sur du béton. 

Le bureau des légendes est une série Française au sens le plus noble du terme, c'est l'anti James Bond et tous les effets spéciaux que vous n'aurez pas seront avantageusement remplacés par une écriture fine et des relations entre personnages explosives.

Un des points importants de la série, c'est son ancrage avec le réel. Ainsi, les premières saisons auront pour toile de fond les conflits en Afghanistan et les dernières la cybercriminalité Russe, deux faits de société qui, encore aujourd'hui, ont un impact sur notre société et donc dans lesquelles tout le monde à intérêt à se replonger. La série ne vous permettra pas de devenir un expert en géopolitique mais elle vous offrira un point de vue assez rare sur la complexité des situations qui ont pu contribuer à créer une guerre sans fin. Plus basiquement, c'est l'occasion de comprendre vraiment à quoi correspond l'espionnage et comment cela se pratique, loin des voitures volantes et des rayons laser.

Outre ce cadre très riche, Le bureau des légendes c'est avant tout l'histoire d'hommes et de femmes qui

doivent lutter au quotidien à la frontière du légal et du moral jusqu'à parfois se perdre. C'est un drame humain et une romance poignante car impossible. 

Ce qui est étonnant avec Le bureau des légendes c'est que malgré le sujet et malgré le fait que Eric Rochant ait réalisé Total Western, un excellent western urbain démontrant sa maitrise des scènes d'action, la série n'en comprend aucune. C'est bien simple, si la série, comme dans tant d'autres, nous montre une scène ou l'agent apprend à se battre, il y apprend ici à se faire tabasser et non à rendre les coups. Malgré les zones de guerre, malgré les affrontements possible, il n'y a quasi aucune scène d'action dans la série en 5 saisons. Il y a bien un ou deux coups de feu mais quasi aucun échange de coups de feu. Et ne croyez pas que je pointe ici un défaut, sauf pour les drogués à l'adrénaline, au contraire je suis très impressionné que la série réussisse à rester haletante sans cet artifice. Tout le rythme repose dans le suspens et la tension entre les personnages. Le bureau des légendes c'est un drame humain sur la complexité de vivre ensemble, de se faire confiance


Et pour qu'un drame puisse être captivant, il faut une riche brochette de personnage et nous sommes effectivement gâté. Si la série s'attarde surtout sur Malotru incarné par Mathieu Kassovitz (Banlieusards, le chant du loup, etc) un acteur de haut vol impeccable dans ce rôle d'agent torturé (dans tous les sens du terme :D ) elle ne se prive pas de développer une riche palette de personnages. Que ce soit Zineb Triki, Florence Loiret Caille ou Sara Giraudeau toutes se voient confiées un personnage complexe et profond à la hauteur de leurs partenaires masculin Jonathan Zaccaï, Jules Sagot et Victor Artus Solaro. Et là, je ne parle que des acteurs les moins connus car l'on pourra aussi profiter des talents de Jean-Pierre Darroussin, Léa Drucker ou Mathieu Amalric.

Ce qui m'amène d'ailleurs à la principale et presque seule critique que j'ai à émettre sur la série :
son titre est trompeur. En intitulant la série le bureau des légendes son créateur laisse entendre que l'important c'est l'organisation et donc qu'on suivra plusieurs personnages qui auront tous autant d'importance, une série chorale comme Glee ou Urgence. Mais la vérité, même s'il y a d'excellents seconds rôles, c'est qu'il n'y en a que pour Malotru. On en bouffe jusqu'à la nausée, à plusieurs moments j'ai eu envie de lui mettre des tartes à lui et à sa Nadia El Mansour. Ces deux personnages sont très bon et leur histoire passionnante mais trop c'est trop. Moi j'aurais voulu en savoir plus sur Sylvain, le petit génie de l'informatique asocial, ou sur la mule, cette agente de terrain revêche, et surtout sur Jonas, un analyste atypique et particulièrement attachant. Ce personnage, clairement mon préféré, prend de l'ampleur en saison 3 et 4 avant d'être complétement mis de côté dans la saison 5, comme tant d'autres et je trouve que c'est là le principale défaut de la série que de s'enfermer sur un seul personnage. 
C'est d'ailleurs ce défaut qui pour moi rendra la cinquième et dernière saison moins intéressante, je peux comprendre l'intérêt de boucler l'histoire pour la finir logiquement mais cela est fait au détriment de l'intensité dramatique. loin d'être une ouverture pour finir en apothéose la saison cinq est un repli sur soi qui finit en pétard mouillé. J'exagère un peu, le dernier épisode réalisé par Jacques Audiard (The sisters Brothers, De rouille et d'os, etc), excusé du peu, est remarquable mais il aura fallut pour y arriver se noyer dans des intrigues poussives (l'enquête de Mille sabords, quelle utilité ?) ne rendant pas honneur aux personnages.
Il est d'ailleurs probablement important ici de préciser que la saison 5 n'est pas forcément la fin de la série. Si elle clôt logiquement l'histoire et que le dernier plan laisse peu d'ambiguïté, la rumeur est persistante d'une saison 6 ou d'un spin-off qui pourrait notamment parler de la pandémie. Je suis particulièrement favorable à cette idée, j'espère qu'elle permettra enfin de donner toute leur ampleur à la superbe brochette de personnages développés au fil des saisons.

L'autre défaut que j'aimerais pointer c'est que la série n'a pas saisie l'occasion de parler de l'identité. Nous sommes face à des hommes et des femmes qui se font passer pour des autres pendant des années. Il y avait tout loisir de s'intéresser à ce qui fait notre identité, mais la série bote en touche pour rester sur ses acquis.

Enfin, dernier point que je n'ai pas abordé concernant la série et qui pourra surprendre, c'est sa grande poésie. Certaines images des épisodes sont d'une grande beauté et je garderai longtemps avec moi celles concernant le chien qui me hanteront comme un spleen.

Je suis vraiment content d'avoir pu rattraper mon retard sur cette série et j'aurais vraiment voulu lui mettre 5 étoiles. Mais comme je l'ai déjà signalé, la cinquième saison est la moins bonne et l'univers est si riche que c'est du gâchis de l'avoir développé aussi peu. C'est pour ça que je ne peux pas donner une note maximum à cette série pourtant excellente. mais j'espère très fort que l'avenir de la série comblera ce petit défaut que je pourrais mettre un franc 5 étoiles à la prochaine saison quel soit un spin off ou non.


Conclusion:

Une vision brillante de l'espionnage, l'anti James Bond par excellence qui compense l'absence d'action par la pertinence de ses histoires, la saison 5 est un brin décevante mais la série reste un must à voir absolument.

vendredi 3 septembre 2021

The vast of night

Je ne sais plus trop comment je suis tombé sur ce film mais le pitch et les images m'ont intrigués, alors voyons ensemble ce que cela donne vraiment.



Date de diffusion : 3 juillet 2020
Durée : 1h31
Genre : Drame, mystère, science fiction
Réalisateur : Andrew Patterson
Casting : Sierra McCormick, Jake Horowitz, Gail Cronauer

Nationalités : USA

Synopsis :

1950, nouveau Mexique, une standardiste intercepte une mystérieuse fréquence. Avec l'aide d'un animateur de radio locale, elle va essayer de percer le secret de ce son inconnu au cours de la nuit.

Critique :


Ce qu'il faut reconnaitre à The Vast of night, c'est que ses premières minutes sont vraiment impressionnantes. Passé une mise en abyme, jolie mais discutable, l'on se trouve plongé dans un plan séquence en parlé marché vertigineux qui ne sera pas sans rappeler Snake Eyes de Brian De Palma ou le travail d'Aaron Sorkin (Le grand jeu, Steve Jobs, etc). Un véritable tour de force mais qui s'essouffle presqu'aussi aussi vite qu'il est impressionnant. 

C'est probablement le moment de la critique ou je dois avouer que j'ai dû regarder ce film de 1h31 en deux soirs et que je me suis endormi devant les deux fois. Certes, j'étais fatigué, mais ça n'explique pas tout. Je trouve que The Vast of night est un film épuisant. Passé cette première séquence ou le cerveau est saturé d'informations inutiles tant visuelles qu'auditives (ce sont des informations d'ambiances BEAUCOUP d'informations d'ambiances), le film plonge dans une semi-torpeur en enchainant des séquences vides, à peine dynamisé par le montage et de long plans de monologues. Soyons clair, ce sont des choix d'ambiance et ils peuvent être respectables mais ces choix artistiques m'ont globalement donné le sentiment de ne pas être maitrisé et que le film n'était qu'une vaste bande démo pour prouver le talent du réalisateur. On tourne à plein régime mais on tourne surtout à vide et on a plus l'impression de faire face à "the empty of night" qu'autre chose. L'histoire y est pour beaucoup, ce qui est vendu comme un film mystérieux n'a rien de mystérieux du tout, le récit est bien au contraire cousu de fil blanc et ça fin aussi anémique que son début est boursouflé. 

Alors certes : les images sont belles, l'ambiance est prenante, le montage efficace et il y a de grands moments de cinéma à l'instar de cet autre plan séquence qui traverse la ville en matérialisant la façon dont les ondes radio se propagent dans la communauté. Mais on se demande un peu l'intérêt de toute cette débauche. Le pire exemple étant probablement cette introduction, qui laisse entendre que le film ne serait qu'un épisode d'un ersatz de la 4éme dimension, on retrouvera la métaphore à plusieurs reprise en entrant et sortant de la télé mais cela n'apporte rien au récit ou alors cela le dédramatise ce qui ne fait qu'affaiblir le peu d'attachement qu'on pourrait avoir pour les personnages.

Des personnages pourtant réussis, d'autant que Sierra McCormick (American Horror Story, etc) et Jake Horowitz (des trucs) forment un couple attachant et confèrent beaucoup d'énergie à un film qui en a peu.


Très clairement, The Vast of night est une curiosité de cinéphile, un cv vidéo pour geek. Si vous avez un peu de temps et envie de découvrir un réalisateur prometteur, pourquoi ne pas regarder ce film mais sinon, il manque pour moi beaucoup trop de maitrise pour avoir un intérêt pour un public plus large.

La fatigue a pu jouer bien sûr mais je ne me suis jamais vraiment senti impliqué ni dans l'enquête, ni dans le couple. Je n'ai pas ressenti l'excitation de leurs découvertes et j'ai même été extrêmement déçu lorsque le film dévoile son mystère car c'est visuellement plutôt moche et pas loin d'être ridicule, ce qui saccage d'autant plus une fin qui se serait voulu émouvante.

Je suivrai tout de même avec intérêt la carrière de ce réalisateur, car il y a vraiment de bonnes choses dans ce film mais j'espère que la prochaine fois il prendra un scénariste et cadrera un peu mieux ses idées.



Conclusion :

Quelques bonnes choses mais le film me semble trop déséquilibré pour être vraiment intéressant, plus une curiosité cinéphilique.

mercredi 1 septembre 2021

Brand new cherry flavor

C'était la petite surprise de l'été de Netflix, une mini-série fantastique matinée d'horreur. Mais que vaut vraiment cette satyre d'Hollywood ?



Date de diffusion : 13 aout 2021
Durée :  8 x entre 30 et 50 min
Genre : drame, horreur, mystère
Réalisateur : Nick Antosca, Lenore Zion
Casting : Rosa Salazar, Catherine Keener, Eric Lange

Nationalités : France


Synopsis:

Au cœur des années 90, à Hollywood, une jeune réalisatrice se fait voler la réalisation de son premier film par un producteur has-been. Incapable de supporter cette trahison, la jeune femme est prête à passer un pacte avec le diable pour prendre sa revanche. 

Critique :


Brand new cherry flavor
est la première réalisation de Nick Antosca, un scénariste que j'ai pu découvrir sur des séries que j'aime beaucoup comme Teenwolf, Hannibal ou Channel Zero. Il est ici accompagné de Lenore Zion, également scénariste, que je connais beaucoup moins mais qui a de belles références comme Ray Donnovan. Au niveau de l'histoire, rien de bien original, on se retrouve face à une sorte de revenge porn, à l'exception que l'héroïne n'a pas été violé (et tant mieux l'histoire fonctionne sans ce poncif) mais dépossédé de son œuvre. Elle est dès lors prête à tous les sacrifices pour récupérer ce qui lui revient de droit et surtout à faire payer celui qui l'a trahi. Rien de bien original dans ce pitch donc, mais l'originalité s'instille progressivement dans la série, par ces non dits qui s'imposent de plus en plus jusqu'à tout dévorer. Le fantastique s'incarne dans cette mystérieuse sorcière qui propose son aide à Lisa et qui fera payer ses services au prix fort. Et le surnaturel est très inspiré, on pensera autant à l'onirisme de Lynch dans les séquences évoquant Eraserhead que dans d'autres plus Twinpeaks ou Lost Highway mais on songera aussi au côté très organique de David Cronenberg, entre La mouche ou Existenz qui nous offrira une séance de sexe suffisamment perturbante pour être inoubliable.

Ces références, et d'autres, donnent un univers visuel riche et envoutant dans lequel on prend plaisir à

s'intoxiquer. Brand new cherry flavor c'est un lent cauchemar dont on peine à s'extirper à mesure que Lisa s'enfonce plus profondément dans les conséquences de ses choix.

Niveau casting, j'étais content de retrouver Rosa Salazar (Battle Angel Alita, Le labyrinthe, etc) ses grand yeux illuminent son visage innocent d'une étincelle de folie parfaite pour le rôle. Face à elle, une belle brochette d'acteurs que j'avais pris plaisir à découvrir dans des séries : Eric Lange (Wind River, Cult, etc) qui remplit idéalement le costume de producteur manipulateur, Jeff Ward (Agent of SHIELD, Channel Zero, etc) charismatique en acteur rebelle et Manny Jacinto (The good place, the good place, the good place !!!) que j'aurais aimé voir plus dans son rôle de hacker placide.


Il est intéressant de noter qu'outre la thématique féministe des hommes qui volent le travail des femmes, la série aborde finalement celle plus complexe de l'appropriation culturel, En effet, ce qui fait la qualité première du travail de l'héroïne  tient dans ses origines, on a donc un homme blanc qui veut profiter de la culture d'une femme racisé pour se faire de l'argent et de la réputation à sa place, ergo la définition de l'appropriation culturelle.

Moi qui me plain, souvent, et beaucoup, de Netflix

du fait qu'ils ne produisent que du consommable, je dois avouer que pour une fois j'ai été agréablement surpris. Il y a une vraie prise de risque dans cette mini-série, l'atmosphère est malsaine, l'histoire est perturbante et si l'on peut une fois de plus critiquer le "recyclage" très appuyée, ces inspirations sont pertinentes et font corps avec le show. Bref, si cette mini-série n'est pas parfaite et que j'aurais apprécie un final plus spectaculaire, j'ai tout de même dévoré les 8 épisodes, j'en garde des images vraiment saisissante que je ne pense pas oublier de si tôt. Une bien belle surprise. Et j'insiste sur le fait que c'est une mini-série, cela veut dire que c'est auto-conclusif, il n'y aura pas trente saison, l'histoire à un début et une fin et c'est très bien comme ça.

Conclusion:

Une mini-série fantastique sombre et qui connait ses classiques, une excellente surprise.