Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 18 mai 2020

Maniac

Profitant d'un petit creux dans mon planning série, j'ai rattrapé une série que j'avais souvent entendu mentionner : Maniac. C'était assez mystérieux mais j'étais d'humeur aventureuse et j'espérais une bonne surprise.





Diffusion sur Netflix : 21 septembre 2018
Une saison de 10 x 40min
Genre : Comédie, Drame
Création par : Cary Joji Fukunaga et Patrick Somerville
Casting : Emma Stone, Jonah Hill, Justin Theroux
Nationalité : U.S.A.

Synopsis:

Dans un futur proche où les inégalités n'en finissent pas de se creuser, Owen et Annie, deux adultes fuyant leurs problèmes vont se découvrir lors d'une expérience médicale ultra secrète visant à rendre les gens heureux.

Critique :

Maniac est une création de Cary Joji Fukunaga, connu pour son travail sur la série True Détective (j'ai trouvé la première saison surestimée et pas eu le courage de regarder la suite) et Patrick Somerville producteur et scénariste de la série The Leftovers (pas encore vu mais j'en entend beaucoup de bien), deux séries qui ont fait beaucoup parler d'elle et augurait donc du meilleur. Maniac n'a rien à voir avec le film Maniac (mais alors vraiment rien) dont vous n'avez probablement pas entendu parler mais tout à voir avec la série norvégienne Maniac de 2015 dont vous n'avez probablement pas entendu parler son plus.
L'histoire est simple, l'on suit Owen un homme solitaire et perturbé à cause de réels troubles mentaux et Annie, une jeune femme paumé à cause de gros drames familiaux. Les deux adultes vont se retrouver au sein d'une expérience qui va dangereusement jouer avec leurs cerveaux. Une histoire simple donc mais un traitement qui ne l'est pas puisque les scénaristes vont pouvoir jouer avec la réalité. Une des forces de la série étant de rester grand public tout du long malgré son sujet, la folie reste toujours encadrée et ne perd jamais le spectateur (nous ne sommes pas dans Légion :D). Nous sommes donc sur une histoire cohérente, bien écrite et vraiment divertissante. Personnellement, j'ai eu l'impression de lire du Chuck Palahniuk (oui c'est un compliment) on retrouve son même amour des paumés, des histoires décalés et son soucis du détail.
L'autre point fort de la série c'est évidement son casting qui se constitue de seconds rôles talentueux mais surtout d'un couple de premiers rôles fabuleux. Honneur aux dames avec une Emma Stone (Retour à zombie land, Lala land, etc) impeccable dans son rôle de dépressive accro aux cachets. Le personnage est attachant et elle le porte à merveille. A ses côtés Jonah Hill (War Dog, Le loup de Wall Street, etc) un acteur qu'on associe trop facilement à tort aux comédie potache et qui a fait montre depuis longtemps d'une grande sensibilité notamment en réalisant le très beau 90s. Une fois de plus il fait preuve de la richesse de son jeu à travers ce personnage totalement brisé qui essaye de trouver un sens à sa vie. Le couple fonctionne bien et c'est un régal de les voir évoluer au travers de leurs diverses aventures.
Des aventures savamment mis en image puisque, outre un traitement soigné pour donner vie à ce futur proche plutôt réaliste et ses expériences bordelines, les délires des patients bénéficient également d'un traitement visuel très travaillé les différenciant bien de la "réalité". La série offre donc plusieurs ambiances au fil de son histoire toutes aussi réussi que la principale.
Enfin, la critique ne serait pas complète sans un mot sur la musique, elle est composé par Dan Romer, un compositeur dont je n'avais encore jamais entendu le travail mais qui nous livre ici une partition riche et sombre capable d'envolée enfantine très réjouissante (avec un petit côté Joe Hisaishi par moment). Une musique aussi entraînante et folle que le show.
Pour conclure je dirais que j'ai été parfaitement comblé par cette série qui correspond en tout point à ce que je pouvais en attendre. C'est frais, original, moderne. C'est simple sans jamais être simpliste, c'est beau, c'est émouvant. Vraiment on dévore les 10 épisodes sans aucun mal et on aimerait même une suite même si le fait que la série ait su se terminer aussi rapidement fait partie de ses qualités.
Pour moi, même si l'expression est galvaudé, je dirais que c'est un sans faute et je vous invite fortement à vous plonger dans cette superbe histoire.




Conclusion:

Une mini-série originale, drôle, belle et bien joué, ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette petite merveille.

vendredi 15 mai 2020

Au royaume des fauves

C'est un peu le hasard qui m'a poussé à regarder cette série documentaire, il faut dire que Netflix la mettait beaucoup en avant, que les retours étaient plutôt bon et surtout que ça avait l'air complètement WTF. Bonne surprise ou pas ? C'est ce que nous allons voir.





Diffusion sur netflix Mars 2020
Une saison : 7 x 45min +1
Création : Rebecca Chaiklin, Eric Goode
Genre : Documentaire, crime
Titre original : Tiger King
Nationalité :U.S.A.

Synopsis :

L'histoire vrai de Joe "Schreivbvogel Finlay Maldonado Passage" Exotic directeur d'un zoo spécialisé dans les grands fauves, ses relations avec des gens peu recommandable, sa lutte contre les défenseurs des animaux et comment il a commandité un meurtre.

Critique :

Tiger King, c'est avant tout un homme : Joe Exotic, une personnalité tellement extravagante qu'elle ne semble pas pouvoir exister dans le monde réel. Même Michael Scott, l’incontrôlable patron de la série The office fait pale figure à côté des extravagances de Joe Exotic. Joe c'est une diva assez rarement égalée qui non content d'être patron d'un zoo qu'il a construit de toute pièce, anime une émission sur internet, chante, fait de la politique et fait exploser des trucs, beaucoup de trucs. Le documentaire aurait déjà pu être passionnant s'il n'y avait eu que ça mais Joe est également entouré d'une brochette de margoulins assez rare, et c'est à croire qu'un concours du plus gros escrocs a été lancé dans cette région sans qu'on soit prévenu. Même Carole Baskin, l'ennemie jurée de Joe, celle dont la vie est dévoué à la cause animale et que Joe voudra faire assassiner, nous apparaît rapidement comme une arnaqueuse aussi incroyable que Joe.
Et c'est bien la force de ce documentaire que de nous plonger sans ménagement dans le milieu à peine crédible des éleveurs de fauves. Chaque épisode réservera son lot de surprises et si l'on pense avoir tout vu lors d'un premier épisode surréaliste l'on est en fait très loin du compte.
Le documentaire est remarquablement produit, et se compose d'une quantité phénoménale d'image d'archives, de reconstitutions et d'interview. Le montage est bien rodé et vise à manipuler le spectateur d'un épisode à l'autre pour lui faire perdre ses repères et lui offrir tout un tas d'émotion. Joe a beau être un personnage peu recommandable l'histoire nous met en empathie avec lui et on comprend sans mak ce qui pousse un homme à devenir comme cela. Toutefois, je regrette que la série tire un peu en longueur.
Je pense qu'il y a quelques épisodes de trop ainsi que du remplissage. Même si l'épisode sur Doc Antle est passionnant, il faut admettre que ça n'a rien à foutre dans l'histoire. la série aurait probablement gagner en qualité en se resserrant sur 4 épisodes maximum. Peut-être aurait-il fallut faire plusieurs saisons plus courtes centrés sur différents personnage. Le huitième épisode enterrine d'ailleurs cette volonté de tirer à la corde car il s'agit en fait d'un bonus de Netflix où l'acteur Joel McHale (Community !!!!!) revient sur les conséquences de la série à l'aide de plusieurs témoignages. Sympa mais très anecdotique.
Est-ce que j'ai passé un bon moment devant cette série documentaire ?
Oui, car l'histoire est complètement folle, mais pour autant je ne recommande pas forcément de tout regarder. Le succès de la série fait réfléchir à l'adaptation en film, s'il est réussi c'est le film qu'il faudra voir à tout prix. Je rêve d'une adaptation par les frère Coen, l'histoire est faite pour eux, on dirait d'ailleurs qu'ils en sont les auteurs.
Bref, si vous êtes curieux et que vous avez du temps, n'hésitez pas, l'histoire est incroyable et ça se regarde très bien, sinon priez pour qu'une adaptation réussi voit le jour car on voit rarement des événements aussi farfelues dans la vraie vie


Conclusion:

Une histoire improbable peuplé de personnages plus incroyables les uns que les autres. Pas le documentaire du siècle mais probablement une fiction hallucinante à venir.

lundi 11 mai 2020

Upload

J'en ai parlé il y a peu sur la page facebook (oui, il y a du contenu inédit sur la page facebook) mais Upload faisait partie des séries du mois de Mai que j'avais hâte de découvrir. D'une part parce que le pitch était génial et d'autre part parce que c'est une création de Greg Daniels a qui l'on doit l’adaptation de The office aux états-unis.





Diffusion sur Amazon : 1er mai 2020
Durée : 10 x 26min
Genre : Comédie romantique, Science fiction, polar
Création : Greg Daniels
Casting : Robbie Amell, Andy Allo, Allegra Edwards
Nationalité U.S.A.

Synopsis :

Dans un futur proche, Nathan, un jeune codeur à qui tout réussi est victime d'un tragique accident de voiture. Potentiellement sur le point de mourir, sa riche petite amie décide de lui offrir un transfert vers un paradis numérique de luxe. Ni mort, ni vivant, Nathan va devoir s'adapter à cette nouvelle "vie" avec le soutien de Nora, son ange personnel.

Critique :

Upload est un hybride intriguant. Avant tout, il s'agit d'une comédie romantique et l'histoire tournera essentiellement autour de la relation entre Nathan et Nora et de tout ce qui les empêche d'être ensemble. Mais la série est également un polar puisque la mort de Nathan apparaîtra rapidement comme plus que suspecte et pourrait cacher de sombres secrets. En fait Upload, c'est l'improbable croisement entre la comédie philosophique The Good Place et le thriller oppressant Black Mirror. On retrouve la légèreté et les questionnements philosophiques de l'un et le cynisme et l’acuité technologique de l'autre. Et c'est ce singulier mélange qui donne tout son attrait à cette nouvelle série.
L'histoire tourne donc essentiellement sur l'amour naissant entre Nathan et Nora, rendu impossible par plusieurs éléments 1) Il est en couple 2) Il est mort 3) Il n'est vivant que grâce à sa fiancé. Une problématique plutôt originale et qui suscite des situations intéressantes, le seule bémol étant  que les deux personnages sont assez cliché. Lui, c'est le beau gosse arrogant a qui tout réussi mais qui a bon fond quand même et elle, c'est la tête brûlée qui n'arrive pas à s'attacher car elle a beaucoup souffert. Non, clairement, il ne faudra pas chercher l'originalité dans les personnages, on les a déjà vu cent fois. Pourtant, la situation et la bonne humeur aidant, on s'attache à ce couple dysfonctionnel et on espère qu'un avenir ensemble leur sera possible. Il faut aussi reconnaître que les deux acteurs sont touchants, spécialement Andy Allo qui apporte ce qu'il faut d'humour et de sincérité pour que la relation soit attachante.
Cette partie romance est donc le cœur palpitant de la série mais, comme je l'ai déjà mentionné, pas le seul élément qui suscite l’intérêt. L'enquête autour de la mort de Nathan est également un fil rouge passionnant. S'il est d'abord difficile de croire que Nathan ait pu être assassiné on en vient pourtant vite à soupçonner tout le monde. Un point plutôt positif donc sauf que cette partie enquête/action est clairement négligé au profit du reste. Problème de moyen ou d'écriture, cet aspect de la série aurait mérité plus de soin pour donner à l'histoire la tension et la gravité qu'elle méritait.
Ici, l'on sent clairement qu'il manque quelque chose et l'on ressent même de réelles frustrations quand certains arc narratifs semblent tout bonnement n'aboutir à rien du tout (en espérant que cela soit rectifié dans une saison 2) ou quand les rares scènes d'actions se révèlent aussi palpitantes que dans une série française (oui, c'était facile)
Malgré tout, la série fonctionne grâce à un ensembles d'éléments réussis : l'évolution assez juste de la tech et de notre société, l'humour mordant et parfois morbide, l'évolution des personnages (même s'ils sont cliché) et bien sûr la qualité de la réalisation. Tout concorde pour nous tenir en haleine jusqu’à un cliffangher très réussi. Je ne peux qu’espérer une suite avec plus de moyen qui permettrait à cette série originale de s'épanouir pleinement.




Conclusion :

Excellente surprise que cette petite comédie romantique, la richesse de son univers donne matière à réfléchir d'autant que ce monde n'est pas si éloigné du notre.