Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 16 octobre 2020

Color out of space

 Je louchais depuis un moment sur cette adaptation de l'auteur H.P. Lovecraft qui semblait n'avoir pour seul défaut que Nicolas Cage au casting. Le film ayant rejoint le catalogue d'Amazon prime, c'était l'occasion de vous en faire voir de toutes les couleurs.

Date de diffusion : 6 septembre 2020 sur Amazon Prime Video  
Durée : 1h 53min  
Genre : Epouvante-horreur, Science fiction
Réalisation : Richard Stanley
Casting : Nicolas Cage, Q'Orianka Kilcher, Joely Richardson

Nationalités : Américain, Malaisien, Portugais

Synopsis :

Une famille partie s'installer au vert après un coup de blues va voir rouge lorsqu'une météorite mauve va s'écraser dans son jardin.

Critique :


Color out of space
est l'adaptation de ce qui est probablement l'oeuvre la plus populaire de Lovecraft avec les montagnes hallucinés. Je l'ai lut durant mon adolescence donc je serais en peine de faire le bilan de la fidélité à l'œuvre mais ce dont je me souvient avec la plus grande acuité c'est le talent qu'avait Lovecraft pour terrifier avec rien. L'auteur glace le sang de ses lecteurs avec une simple couleur. A l'époque ça m'avait bouleversé et presque trente ans plus tard ça me marque encore. L'on peut donc comprendre l'intérêt à adapter une telle œuvre en film une couleur étant par essence visuelle et donc a priori plus adapté à un média utilisant l'image. Pour le coup même si la couleur est centrale et qu'on comprend son importance dans ce qu'il se passe, je dois admettre que nous sommes très loin d'égaler le génie de Lovecraft, probablement parce que l'usage de la couleur pour faire passer des émotions dans les films existe depuis que le cinéma est en couleur. Et c'est pas Dario Argento qui me contredira.

Bref, ça c'était pour l'adaptation pure et dure et maintenant concentrons nous sur le film. 

La première chose que je note, c'est l'intelligence du propos. Si l'histoire à l'air de raconter comment


l'irruption d'une météorite empoisonne une famille jusqu'à la détruire, il raconte surtout comment le cancer détruit une famille et c'est fait très habilement. Ce qui est dommage par contre, c'est que les personnages sont plutôt mal écrit. Le grand frère ne sert à rien, le petit frère est une caricature du gamin chelou de film d'horreur et Nicolas Cage est... Nicolas Cage. Non, sérieusement, autant il est crédible au début du film même si son personnage est un sale cliché de bobo écolo, mais dès que le fantastique intervient il part en roue libre pour nous faire le pire du Nicolas Cage show. Les fans apprécieront, j'imagine, moi ça m'a gonflé. Les personnages féminins restent intéressant, mais la mère est très absente alors que son rôle est fondamentale (vu que c'est elle qui a un cancer ). Dans l'ensemble, j'ai eu l'impression que les scénaristes ne savaient pas quoi faire de tous les personnages qu'ils avaient créé, qu'ils étaient dépassé par ce "foisonnement". J'ai même noté des détails purement inutile, comme les lunettes du grand père, ce qui est dommage pour un film globalement trop long.


Visuellement, là, c'est plus intéressant, on se retrouve avec de très beaux décors bien utilisé, de beaux effets visuels et des scènes vraiment marquantes.  Indéniablement, c'est la réalisation le point fort du film, et cela compense plutôt bien les faiblesses de l'écriture car on se retrouve à suivre avec une fascination morbide le délitement de cette famille comme on se laisserait captiver par un accident de voiture.

Dernier point, j'aime beaucoup le personnage de l'hydrologue, il est particulièrement Lovecraftien. Il se retrouve mêlé à cette histoire mais, loin d'être un héros comme dans les fictions classiques, il est juste un témoin impuissant. Le fait qu'il soit noir est également un gentil pied de nez puisque Lovecraft est également réputé pour le colonialisme qui suinte de ses textes.

Globalement, Color Out of Space n'est donc pas un film inoubliable, ses faiblesses scénaristiques pèsent lourd sur la longueur du film mais il faut admettre que de bonnes idées et des visuels percutants en font tout de même une belle curiosité.



Conclusion :

Quelques bonnes idées et de beaux visuels mais la sauce ne prend pas vraiment. A réserver aux fans du genre ou aux curieux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire