Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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mercredi 9 septembre 2020

La plateforme

Cela faisait longtemps que j'avais envie de découvrir ce film d'horreur espagnol, le pitch semblait simple mais efficace, voyons ce qu'il en est vraiment.




Date de difusion Netflix : 20 mars 2020 
Durée : 1h 34min 
Genre : Science fiction, Fable
Réalisation : Galder Gaztelu-Urrutia
Casting : Ivan Massagué, Zorion Eguileor, Antonia San Juan

Nationalité : Espagnol


Synopsis:


Dans un futur proche, les moins favorisés sont enfermés dans une tour où la nourriture ne descend dans les étages inférieurs qu'au bon vouloir des étages supérieurs. Un homme va se faire enfermer pour essayer de mettre fin à cette tyrannie.



Critique :

La plateforme est le premier film de Galder Gaztelu-Urrutia, un film que je qualifierais de minimaliste car il pourrait quasiment être une pièce de théâtre tant le nombre de lieu et d'acteur est limité. L'aspect horreur m'attirait beaucoup,notamment parce que les espagnols ont fait montre dans grand talent dans ce genre, mais soyons clair même si le film se révèle parfois sanglant ce n'est absolument pas un film d'horreur.



La plateforme est une parabole, notre société y est symbolisé par une tour (un peu comme dans High-Rise ou snowpiercer sur un mode plus horizontal) et la théorie du ruissellement illustré de la plus pure des façons : les riches tout en haut nourrissent les pauvres en dessous de leurs déchets (marrant de se dire que je lisais déjà ça dans Gunm dans les années 90). Le personnage principal est convaincu que le modèle peut-être renversé si la masse des pauvres se soulève contre les quelques riches qui commandent mais il devra surmonter la peur et l’égoïsme pour réussir à convaincre ses compagnons d'infortunes.

Ce qui m'a le plus impressionné dans ce film c'est probablement son montage. Car il faut beaucoup de talent pour réussir à donner du dynamisme et conserver ses spectateur en ne montrant que deux personnages enfermés dans une pièce. Bien sûr, la réalisation et l'écriture jouent beaucoup mais pour moi c'est vraiment le montage qui conservera l'attention du spectateur tout du long.


 Avec aussi peu d'acteur, il faut beaucoup de talent pour capter l'attention et je dois reconnaître que si je ne connaissais aucun des membres du casting, ils font un travail remarquable. Mention spéciale, bien entendu, à Ivan Massagué, le personnage principal, toujours sur la brèche, au bord du gouffre, un personnage d'une force et d'une sensibilité remarquable.

Dans l'ensemble, j'ai vraiment passé un excellent moment devant ce film simple et efficace. J'ai apprécié son cynisme, son humour noir et les mécanismes redoutables de cette tour pour broyer ses prisonniers. La fin pourra déstabiliser par son classicisme, mais je trouve que c'est le choix le plus logique symboliquement parlant et tout le film ne repose que sur du symbolisme.

Une excellente surprise qui gagne à être connue

Conclusion :

Une fable sociale remarquablement bien mise en scène, c'est simple et percutant.

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