Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 12 avril 2019

J'veux du soleil

Je n'avais pas pu critiquer Merci Patron, mais je m'en serais voulu de ne pas traiter le nouveau film de Ruffin, il est donc tant de parler politique sur ce blog absolument neutre et objectif :D




Date de sortie : 3 avril 2019
Durée : 1h 16min
Réalisateur  François Ruffin, Gilles Perret
Genre:  Documentaire
Nationalité : Français

Synopsis:

Au volant de sa voiture, Ruffin traverse la France pour rencontrer les vrais Gilets Jaunes, cette France qui n'a plus voix au chapitre.

Critique:


C'est assez rare que je traite de documentaire sur le blog, depuis 7 ans que celui-ci existe je n'en ai critiqué que 5 : Rester Vivant, L'insoumis, We are XJodorowsky's dune, le prix à payer. En général je peine à parler de l'aspect purement cinématographique puisque c'est rarement la priorité de ce genre de film. Il faut donc se concentrer sur le fond plus que la forme et ce n'est pas vraiment le propos du blog.
C'est clairement le cas ici puisqu'on se retrouve avec du caméra à l'épaule très basique, doublé d'une prise de son rudimentaire dans des conditions sommaires. J'veux du soleil est un road movie, on y suit le journaliste Ruffin et sa bonne humeur au travers du pays à la rencontre de ces terroristes antisémite homophobe qui détruisent notre belle France sur les rond point. L'occasion d'offrir enfin un nouveau point de vue sur ces gens complètement invisibilisé par les médias et seulement considéré comme "une foule haineuse". L'occasion de rencontrer cette France qui souffre et qui n'en peut tellement plus qu'elle est prête à sacrifier des jours entiers dans le froid et sous la pluie pour se faire enfin entendre.
Alors oui, le film est militant, oui il est totalement à charge et non, il n'apprendra rien à ceux qui suivent le mouvement mais enfin il montre un aspect trop souvent tu du mouvement, il montre ces français à bouts, ces français brisés, humiliés, qui rêvent seulement de pouvoir redresser la tête. Des gens qui essayent de se réapproprier leurs pays après en avoir été dépossédé par le libéralisme.
Un beau portrait, avec juste ce qu'il faut de pathos et de dérision pour que ce soit agréable à regarder.
Niveau musique, si l'on excepte un morceau de Didier Super assez surprenant (enfin pas pour les fans, surtout pour ceux qui ne connaissent pas) on retrouvera des grands classiques de la culture française (douce france, etc...) qui renforcent l'aspect populaire voir traditionnel du film.
Plus que par sa forme, c'est surtout par la force de son sujet que J'veux du soleil marquera les esprits car ses qualités tant dans l'écriture que dans la réalisation sont plutôt minimes mais il ne faut pas oublier que le film a été réalisé en moins de 6 mois (le mouvement des gilets jaunes étant apparu en octobre 2018). Une fois de plus Ruffin fait usage de sa dérision, de son amour pour les gens et de son goût pour la contestation pour mettre en lumière les défauts de notre société dans un film qui donne envie d'aller occuper des rond points.




Conclusion :

Cinématographiquement, il n'y a pas grand chose, mais ce film offre au moins un contrepoint sur la vision unique des grands médias et le bourrage de crâne anti gilet-jaune. Un beau film plein d'humanité.

lundi 8 avril 2019

Shazam!

Je n'ai jamais été un gros fan de Captain marvel (oui parce que c'est le vrai nom de Shazam en fait), je l'ai toujours considéré comme un Superman kitchouille (déjà que Superman...) et si certains scénaristes ont réussi à faire de très belles choses avec le personnage, la bande annonce du film était tout sauf prometteuse. Pourtant, j'ai eu l'occasion de me faire mon avis alors il est temps de vous en parler.





Date de sortie 3 avril 2019
Durée : 2h 12min
Réalisateur : David F. Sandberg
Casting : Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong
Genres : Action, Fantastique
Nationalité : Américain

Synopsis :

Un vieil homme enlève des enfants dans sa grotte pour les pénétrer de son pouvoir s'ils s'en montrent digne. L'un d'eux deviendra un super héros : SHAZAM.  (si,si, je vous jure, c'est la vraie histoire, enfin le début en tout cas :D )

Critique :

Les adaptations DC au cinéma, jusque là on ne peut pas dire que ce soit glorieux (Justice League, Wonder Woman, Suicide Squad, etc). Si j'aime beaucoup leur volonté de faire des films adultes et complexes, je regrette des concessions constantes qui finissent par fabriquer des films mal construit et qui ne fonctionne pas. Les spectateurs ne s'y trompent d'ailleurs pas et le succès des films DC n'a rien de comparable à celui des films Marvel. Il ne faut donc pas s'étonner que celui qui s'appelait naguère Captain Marvel se voit adapté au cinéma sous le nom de SHAZAM en suivant la recette des films Marvel.
Finit la prise de tête et les ambiances dark, on se retrouve ainsi avec un film parodique grand public plutôt à destination des ados (qui se passe pendant Noël pour surfer sur l'ambiance film de noël).
Toutefois, ne faisons pas la fine bouche, si la bande annonce laissait craindre le pire, le film est au contraire très bien dosé et DC réussit enfin (je n'ai pas vu Aquaman, peut-être était-ce déjà une réussite) à faire un divertissement de qualité.
Est-ce que les fans de super héros apprécieront ? Probablement pas les puristes. Malgré toute sa puissance (SHAZAM est l'équivalent de Superman) le personnage est traité avec beaucoup de dérision. Cela s'explique simplement, Shazam étant un enfant dans un corps d'adulte, il se comporte donc comme un enfant ce qui ne lui donne que peu de prestige. Cela explique surement le fait que le costume soit un peu kitch, il colle avec l'ambiance décalée voulu pour le film.
Si le film ne repose pas vraiment sur Zachari Levi (Chuck, etc) l'acteur se révélé très drôle dans son personnage, un super héros très maniéré et frimeur assez éloigné de ce dont on à l'habitude. La performance n'a rien d'inoubliable(et ne sauvera pas une carrière sur le déclin) mais reste plaisante. Au contraire, Asher Angel et Jack Dylan Grazer (ça, etc) se taillent la part du lion dans un duo comique très réussi offrant autant de scènes émouvantes que drôles. Enfin, Marc Strong (Kingsman, Imitation game, etc) est fidèle à lui même dans un rôle de méchant monolithique mais bien construit et le reste du casting est relativement bien choisi.
Les personnages sont vraiment un point fort du film car ils lui offrent beaucoup de richesses et s’avèrent même prometteur en vue d'une suite.
Niveau réalisation, David F. Sandberg (Annabelle 2, dans le noir, etc) plutôt habitué des films d'Horreur s'en sort plutôt bien même si l'ensemble est très conventionnel. Étonnamment, le potentiel horrifique des "vices" n'est absolument pas exploité, probablement pour rester tout public.
Niveau effet spéciaux, c'est assez qualitatif mais pas vraiment ce qu'on a vu de mieux dernièrement. Il n'y a pas de scène marquante et certains effets (je pense aux "Vices" notamment et à l'effet de fumée) me semble un peu daté.
A mon sens le plus gros défaut du film, c'est sa longueur. On se retrouve une fois de plus avec un film de plus de 2h, tout ça pour une origine story plutôt basique. Certes, le scénario exploite de nombreuses pistes (les origines de Billy, son arrivée dans une nouvelle famille, ses rapports avec les autres, l'apprentissage de ses pouvoirs, etc) mais ça n’empêche pas de sentir qu'une demi-heure de moins aurait permis un film plus punchy en cohérence avec la volonté d'un film léger.
Dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment devant ce SHAZAM!, rien de nouveau sous le soleil, toujours la même recette (surtout qu'il s'agit vraiment juste d'une origine story donc on est sur la base de la base) mais c'était agréable à voir notamment grace à tout l'aspect famille d'accueil. Si le film n'est pas inoubliable, je serais vraiment curieux d'avoir une suite car non content de se terminer de façon surprenante (rien de fou non plus, mais un plus tout de même) la situation finale offre à mon sens un potentiel bien plus intéressant que celui offert à l'origine. Bref, si vous voulez vous détendre au cinéma, c'est peut-être le film qu'il vous faut.


Conclusion :

Reprenant la recette magique de Marvel, DC nous sort un film de super héros fun et décomplexé auquel on pourra juste reprocher quelques longueurs.

lundi 1 avril 2019

Us

Une critique, le 1er avril, ce n'est pas forcément l'idée du siècle et pourtant ce n'est pas une blague, en grand fan de films d'horreur j'attendais le nouveau film de Jordan Peele avec impatience et je suis content d'enfin pouvoir en parler. 





Date de sortie 20 mars 2019
Durée : 1h 56min
Réalisateur : Jordan Peele
Casting : Lupita Nyong'o, Winston Duke, Elisabeth Moss
Genres : Thriller, Epouvante-horreur
Nationalité : Américain

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis:

Traumatisée pendant son enfance, Adelaïde Wilson revient dans la maison où elle a grandit pour passer quelques jours de vacances en famille. Ses angoisses la rattrape très vite et se matérialise le soir venu sous la forme d'une famille identique à la sienne mais terrifiante et mortelle.

Critique :

Avec Get Out, Jordan Peele avait réussi à donner un coup de fouet au genre de l'horreur pourtant truster par des films grand guignol pour teenager. Tout n'était pas parfait mais le potentiel et la créativité du réalisateur était déjà sensible et enthousiasmant. L'annonce de son nouveau film d'horreur mais surtout la première bande annonce ne pouvait donc que susciter beaucoup d'envie entre autre pour son excellent choix de remix musical (I've got 5 on it ) et une ambiance prometteuse.
Et il faut reconnaître que nous ne sommes pas trompé sur la marchandise, le réalisateur sait comment créer des atmosphères angoissantes, il puise dans la culture populaire pour créer des images fortes et marquer le spectateur. La mise en scène est ainsi très réussie avec quelques prises de risques intéressantes comme ce dezoom durant le générique sur des cages à lapins. Un plan lourd de sens qui permet de poser une atmosphère pesante de façon simple et qui s'expliquera en temps voulu. C'est en effet aujourd'hui l'une des forces et des faiblesses de Jordan Peele, ses films sont très construit, voir très écrit. Il sait exactement ou il veut aller et comment surprendre, ce que j'appellerais "l'effet Shyamalan". Et non, dans ma bouche, ce n'est pas un compliment. J'avais déjà été déçu dans Get Out par une fin que je trouvais expédié et j'ai cette fois encore été déçu par une ficelle scénaristique franchement abusée. En effet, pour s'assurer d'avoir une certaine fin, le réalisateur/auteur n'hésite pas à trahir ses personnages et la logique (des choses qui devraient être dite ou se passer ne le sont pas) dans le seul but de valoriser la fin de son film. Concrètement, il sacrifie le diégétique à l'extradiégétique. Alors, soyons clair, tous les réalisateurs le font, un film c'est un équilibre constant entre diégétique (le monde de la fiction) et extradiégétique (le monde de la réalisation de la fiction) mais lorsque l'équilibre est rompu, ça en devient choquant, le spectateur a le sentiment (légitime) d'avoir été salement trompé et c'est exactement ce qu'il se passe ici.
Soyons clair, cet écueil ne suffit pas à rendre le film mauvais. Il a bien trop de qualité (surtout pour un film d'horreur) pour qu'on s’arrête à ce détail. Mais c'est d'autant plus rageant que le film aurait pu être tout aussi fort sans cette trahison et le spectateur n'aurait pas eu un goût amer dans la bouche. J'aurais clairement mis 5 étoiles à Us si le réalisateur n'avait pas essayé de me la mettre à l'envers Shyamalan's style.
Car oui, le film est brillant. Sur un postulat de départ simple mais universel : le double maléfique. Peele construit un film redoutable à la fois drôle et angoissant mais aussi une critique efficace de notre société posant la question simple de "qui sommes nous?"
Au niveau du casting, contrairement à ce qu'on pourrait croire le film repose essentiellement sur Lupita Nyong'o, (Black Panther, 12 years a slave, etc) et ce sera surement un film marquant dans sa carrière car il lui donne tout loisir de faire montre de son talent entre l'évolution du personnage et le fait qu'elle joue le personnage et son double maléfique, on peut difficilement faire montre d'une plus large palette de jeu. Les autres acteurs, s'ils sont moins visibles à l'écran, n'ont pas à rougir, incarnant également deux rôles ils se révèlent aussi sympathique qu'angoissant. On notera une petite apparition de Elisabeth Moss (The handmaid tales, High Rise, Madmen, etc), il ne s'agit que de quelques minutes à l'écran mais c'est toujours plaisant.
Niveau musique, on se réjouira de retrouver le remix de I've got 5 on it, une idée brillante qui offre un charme singulier au film. Le compositeur ne se reposera toutefois pas sur des remix puisqu'il livre une partition plutôt réussi avec quelques morceaux audacieux comme celui très oppressant du générique.
Vous l'aurez compris, je suis très emballé par ce film et je ne peux que vous le recommander. Jordan Peele connait son sujet, il affiche une vraie volonté de le désencrasser en se jouant des stéréotypes tout en se nourrissant de toutes cette culture. Je regrette juste cette fourberie finale que je ne m'explique pas, comme si le réalisateur n'avait pas eu suffisamment confiance dans la force de son histoire et avait voulu faire toujours plus pour s'assurer l'adhésion du public. Pourtant, parfois, la sobriété est bien plus efficace et ça aurait été le cas ici.

Conclusion :

Un excellent film d'horreur comme on en voit trop peu

Une très jolie affiche alternative non officielle