Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 10 juillet 2020

L'ombre de Staline

On poursuit les critiques cinéma avec ce film à la bande annonce très prometteuse sur une page d'histoire méconnue de l'entre deux guerres.





Date de diffusion : 22 juin 2020
Durée : 1h 59min
Genre : Biopic, Drame
Réalisation : Agnieszka Holland
Casting : James Norton, Vanessa Kirby, Peter Sarsgaard
Nationalités : Polonais, Britannique, Ukrainien

Synopsis :

1933, un journaliste débutant fasciné par le miracle économique russe décide de braver tous les interdits pour en comprendre la nature exacte. Sa découverte le changera à tout jamais.


Critique :

S'il fallait résumer le film en un seul mot ce serait : holodomor.
En toute sincérité je n'en avais jamais vraiment entendu parler et c'est pourtant une page sombre et importante de notre histoire. Je n'en dirais pas plus pour ceux qui voudraient voir le film mais les plus curieux pourront se tourner vers wikipedia.
L'ombre de Staline est donc le nouveau film de Agnieszka Holland, une réalisatrice Polonaise qu'on connait surtout dans nos contrées pour son travail sur des séries cultes comme Sur écoute ou House of card.
Avec L'ombre de Staline, elle s'inspire donc d'une histoire vraie et elle revient sur une période très sombre de l'histoire qu'elle traite comme un polar. Un choix audacieux qui fait à la fois la force et la faiblesse de ce film. Car si les spectateurs se retrouvent avide de savoir comment le personnage va s'en sortir seul contre tous et ce qu'il va vraiment découvrir, ils finiront un peu confus dans la résolution  et son retour à la réalité un peu mou. Car il n'y au final pas réellement de climax dans cette histoire. Peut-être la réalisatrice a-t-elle voulu illustrer l’immobilisme du monde face à la situation à l'époque mais cette dernière partie qui aurait dû être explosive pour que l'on ressente pleinement l'horreur de la situation se rendort au contraire comme un vieux chat près du chauffage sursautant parfois au fil de ses songes.
Il faut dire que c'est tout le film qui souffre d'un soucis de rythme. Car, avouons le, fatigué comme souvent, j'ai dû lutter pour ne pas m'endormir dans la partie infiltration qui pourtant devrait être la plus captivante. Je ne vous dirais pas que le film est ennuyeux, ce serait injuste, mais il possède un rythme très particulier, plutôt lent qui, couplé à un aspect très esthétisant, donne une atmosphère morne au film. Là où l'on aurait pu s'attendre à un traitement plus brut pour mettre en avant la violence de la situation, l'on fait face à une mise en image très léchée, très hollywoodienne, avec des effets de style un peu gratuit qui donnent un recul très étrange sur la situation.
Je serais en peine de dire que l'ombre de Staline est un mauvais film, le pitch est brillant, le sujet important, les acteurs très bon, les images magnifiques. Et pourtant, quelque chose ne prend pas. L'implication émotionnelle n'est pas vraiment là, on pourra même être agacé devant cette romance inutile intégrée à la truelle
Niveau casting, comme je le mentionnais plus haut c'est une réussite. Je ne connaissais pas James Norton, que je n'avais du croiser que dans des seconds rôles de série mais il incarne ici à merveille ce journaliste utopiste prêt à tout pour défendre la vérité. Un modèle positif assez rare qui fait plaisir à voir. Vanessa Kirby incarne également à merveille son rôle de journaliste désabusée même si je ne suis pas entièrement convaincu de son utilité (à part pour avoir un personnage féminin, s'entend) et enfin Peter Sarsgaard est aussi puant qu'il sait l'être dans le rôle d'un Pullitzer aux méthodes discutables.
Dans l'ensemble l'Ombre de Staline bénéficie de nombreuses qualités et aurait pu être un film majeur. Pourtant, quelque chose, dans le rythme, dans l'écriture (peut-être aurait-il fallut prendre moins de temps dans la présentation pour s’attarder plus longuement sur la révélation), ne prend pas et l'on se retrouve à suivre le film un peu malgré nous en attendant que ça se termine. C'est d'autant plus dommage qu'il y a vraiment de bonnes idées (comme le parallèle avec la ferme des animaux) mais ça ne suffit pas toujours.
Un film à voir par curiosité ou pour sa culture personnelle mais qui ne vous marquera pas forcément en dehors du drame historique qu'il dénonce.





Conclusion :

Un sujet captivant mais traité de façon un peu trop hollywoodienne ce qui fait perdre à l'ensemble la violence de sa thématique.

lundi 6 juillet 2020

Vivarium

On continue à critiquer des films en salle avec ce petit film fantastique très prometteur que j'attendais depuis un moment. (et dont la sortie post confinement n'est pas sans ironie)





Date de diffusion : 11 mars 2020
Durée : 1h 38min
Genre : Thriller, Science fiction
Date de reprise : 22 juin 2020
Réalisation : Lorcan Finnegan
Casting : Jesse Eisenberg, Imogen Poots, Jonathan Aris
Nationalités : Irlandais, Belge, Américain

Synopsis :

Prêt à emménager dans leur première maison, un couple visite un lotissement d'une nouvelle banlieue résidentielle fraîchement construite. Une maison dont-ils n'arriveront jamais à sortir.

Critique :

Vivarium c'est avant tout un pitch fort : un "high concept". Un pitch qui ne sera pas sans évoquer les épisodes de séries du genre la quatrième dimension ou Au delà du réel. Il faut reconnaître que c'est simple et efficace, la métaphore est évidente : comment la société nous enferme dans une vie formatée et l'incarnation de cette métaphore est redoutable grâce à cette banlieue factice dont il est impossible de sortir. Une métaphore qui parlera au plus grand nombre tant nous sommes tous victime de l'injonction à fonder une famille et acheter une maison.
Vivarium c'est aussi un casting, avec Jesse Eisenberg (Retour à Zombieland, Insaisissable 2, etc), un acteur que j'adore et qui remplit ici à merveille le rôle du jeune cool un peu rebelle forcé à devenir responsable mais aussi Imogen Poots ( green room, etc) que je ne connaissais pas mais qui s'illustre tout particulièrement dans ce rôle de femme obligée de porter le fardeau d'une maternité non désirée. On notera également la présence de Jonathan Aris ( Black Mirror Bandersnatch, rogue one, etc) absolument glaçant dans un rôle d'autant plus marquant qu'il est court et enfin Senan Jennings dans le rôle de l'enfant le plus flippant que cette terre ait jamais porté. Oubliez les Damien, les The grudge ou les gamins de l'Orphelinat. celui-ci vous fera flipper juste en mangeant ses céréales.
Et c'est le dernier point fort de ce film, la façon dont il arrive à devenir anxiogène avec rien du tout. Ne vous attendez pas à des effets spéciaux, des maquillages ou de l'action, non, il ne se passe rien du tout dans cette petite maison de banlieue et c'est pourtant oppressant au possible. Ce gamin, qui finalement n'est pas si différent de plein de gamins qu'on connait, se révèle terriblement angoissant, on ressent tout le poids de la société qui repose sur les épaules des personnages principaux et les écrase littéralement.
On arrive au principal défaut du film. Si tout est parfaitement maîtrisé et que la parabole est illustrée à la perfection, on ressent rapidement que cette idée offre suffisamment de matière pour un épisode de 40min de la quatrième dimension mais surement pas pour un film de 1h40. Très rapidement, le film tourne autant en rond que ses personnages et faute de creuser (contrairement à ses personnage) le scénariste n'offre rien de plus pour savourer l'histoire. La conclusion est plutôt satisfaisante mais arrive beaucoup trop tard n'offrant donc pas le sentiment d’achèvement nécessaire à apprécier le film.
Vivarium aurait donc pu être un excellent épisode d'anthologie fantastique voir un très bon film si l'histoire avait connu plus de péripéties ou que l'univers avait été enrichi mais tel quel, il s'avère surtout une parabole un peu longuette qui se regarde avec plaisir mais ennuie un peu.




Conclusion :

Avec une idée pas forcément originale mais très prometteuse, le film tourne vite en rond sur son sujet. C'est très bien fait mais ça manque un peu de contenu. j'aurais préféré un film plus court ou plus riche mais tel quel ça ne fonctionne pas vraiment.

mercredi 1 juillet 2020

Le capital au XXiéme siécle

Les cinémas sont à nouveau ouvert !!! 

Bon je n'ai pas pu m'y rendre dès le 22 comme c'était permis mais dès le 27 je voyais mon premier film et le 28 le second. Je dois avouer que l'atmosphère des salles m'avait manqué d'autant qu'avec les règles prises pour lutter contre le covid, c'est très confort. Je ne sais pas trop comment les cinémas vont s'en sortir avec des demi-salles mais c'est probablement une raison de plus pour les soutenir en ce moment. Bref, attaquons avec ce premier film post crise et quoi de mieux pour ça qu'un documentaire sur l'histoire du Capitalisme ? 






Sortie :22 juin 2020
Durée : 1h 43min
Genre : Documentaire
Réalisation : Justin Pemberton, Thomas Piketty
Nationalités Français, Néo-Zélandais

Synopsis :

L'histoire du capitalisme et le danger que cette idéologie mortifère représente pour notre société. (synopsis totalement neutre s'il en est :D )

Critique :

Et oui, ce n'est pas la première fois que je vous entraîne dans la thématique des affres du Capitalisme, de tête il y avait déjà eu Margin call, The big Short ou Moi, Daniel Blacke. Ici il s'agit d'un documentaire adapté du livre de l'économiste Thomas Piketty et qui revient aux origines du mal.
Ce qu'il faut saluer, c'est le soin apporté afin de rendre l'ensemble accessible. L'économie fait partie des sujets les plus rébarbatifs au monde, il n'était donc pas gagné de réussir à toucher le public avec un tel sujet. Pourtant, grâce à une richesse d'illustration, des musiques entraînantes et un savant choix d'intervenants le documentaire réussit à conserver l'attention du spectateur pendant ses 1h43.
Le choix de intervenants est d'ailleurs le point fort du film. Là où on s'attendrait à voir défiler des barbons blanc en veste en tweed, l'on découvrira tout en contraire des spécialistes parfois jeunes, souvent de sexe féminin et parfois racisé. Une vraie modernité donc qui permet d'ancrer le film dans notre société et pas dans l'ancien temps.
Au niveau du contenu c'est très pertinent, si le sujet ne vous a jamais vraiment intéressé cette petite séance de rattrapage devrait vous aider à comprendre pourquoi le monde est en crise depuis si longtemps. Si le sujet vous intéresse vous risquez par contre d'être déçu, l'on est ici sur la base de la base et me concernant je n'ai appris que deux informations... en presque 2h c'est léger.
L'autre point qui m'a géné concerne la richesse d'illustration. Je dois avouer tout d'abord que j'étais un peu fatigué en arrivant dans la salle et cela peut influer sur mes impressions. Quoi qu'il en soit j'ai le sentiment que le défilement nerveux des images couplé au nombre d'informations et au passage de l'anglais au français à un côté assommant.
Dans l'ensemble, je pense que Le capital au XXIéme siécle est un film utile qu'il faudrait probablement le diffuser à l'école.
Pourtant, j'ai aussi le sentiment que c'est un film inabouti car il se contente d'exposer un contexte sans essayer de le dépasser. Est-ce une volonté de pousser à lire le livre pour approfondir ou est-ce que le livre manque aussi de profondeur ? Je ne saurais le dire. Mais en tant que personne sensibilisée par le sujet, je n'ai ressenti qu'une vive frustration à ne strictement rien apprendre pendant près de 2h. Même le biais de confirmation n'a pas suffit à m'apporter de la satisfaction.
Et ce qui m’inquiète, mais j'espère que je me trompe, c'est que je vois mal des gens non sensibilisé au sujet allez voir ce film. Je pense qu'il va surtout attirer des gens comme moi qui ressentiront donc la même frustration ce qui risque d'enterrer très rapidement le film et de ne pas lui permettre de toucher sa vraie cible utile.
Voilà, dans l'ensemble vous l'aurez compris, ce n'est pas désagréable à regarder, c’est très bien produit, c’est vraiment utile pour ceux qui ignore tout du sujet mais ça manque de profondeur pour toucher un public plus large.





Conclusion :

Si vous n'avez pas la moindre idée de ce qu'est le capitalisme, ce film est d'utilité publique et vous permettra de mieux comprendre ce qui ravage nos sociétés modernes. Si vous vous intéressez un tant soit peu au sujet vous n'apprendrez malheureusement rien.