Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 8 juin 2020

Battlestar Galactica Saison 2

Je vous l'avais promis, le marathon Battlestar Galactica se poursuit et aujourd'hui je peux donc vous critiquer la saison 2. J'étais assez mitigé pour la première voyons ensemble si les choses s'améliorent par la suite ou si le drame ne faisait que commencer.





Date de diffusion : 2005
Épisodes :20 x 42 min
Genre : Aventure, Drame, Science fiction
Création : Glen A. Larson, Ronald D. Moore
Casting : Edward James Olmos, Mary McDonnell, Katee Sackhoff
Nationalités : U.S.A., Grande-Bretagne
Chaîne d'origine : SyFy US

Synopsis :


Le Galactica ayant retrouvé Kobol, la planète maudite, tous les espoirs sont à nouveau permis de retrouver le chemin de la Terre grâce aux textes sacrés. Mais la foi est-elle un bon guide en période de guerre ?

Critique :

La fin de la première saison ayant offert un cliffhanger vraiment surprenant et propre à bouleverser toute la série, je me devais d’enchaîner rapidement pour voir la tournure qu'allaient prendre les événements. Premier constat, Battlestar Galactica fait partie de ces séries qui ne se remettent jamais vraiment en question. C'est un "défaut" plutôt récurent dans les séries, on fixe dès le départ un postula qui ne devra que peu varier sous peine de choquer et perdre le spectateur. Elles sont rares à avoir osé ce "leap of faith", ce saut vers l'inconnu, et à avoir osé bousculer profondément (par choix ou pas) leur essence au bout d'une saison. Dans le genre SF on pourra citer Babylon 5 par exemple ou Earth Final Contact mais pas Battlestar. Les prises de risques sont globalement minimes et c'est agaçant. Heureusement, ce cliffhanger n'est pas balayé du revers de la main en un épisode et il y aura tout de même des conséquences lourdes et durables même si ces elles auraient pu être bien pire et plus intéressantes dans le rapport de force.
Malgré tout la série réussi à imposer un rythme soutenu dès ses premiers épisodes en renforçant les tensions internes. La saison sera ainsi marquée par plusieurs renversements des forces en puissance, une dynamique qui permet d'entretenir la tension mais perd en intérêt du fait que chaque renversement n'aura vraiment d'impact que pour 2 ou 3 épisodes.
Au rang des facilités je rangerais également l'arc de la présidente Roslin qui aurait pu marquer les esprits par un choix fort et inoubliable mais se verra entaché d'une décision scénaristique molle et prévisible. J'insiste aussi sur cette facilité scénaristique qu'est le procédé de faire apparaître des personnages d'un épisodes à l'autre en faisant comme s'ils avaient toujours été là et hyper important. On se débarrasse bien entendu de ces personnages au cours de l'épisode et ça ne fait que renforcer le sentiment d'une construction bancale, d'un scénariste qui ne sait pas comment utiliser les milliards d'éléments qu'il a mis en place parce que ça avait de la gueule. Cette méthode a une autre conséquence, c'est qu'elle renforce le peu d'attachement aux personnages qu'on peut ressentir. Ils pourraient tous crever qu'on s'en taperait bien surtout qu'on sait de toute façon que les scénaristes ne feront jamais mourir les héros (ce qui est balo pour une série qui repose sur la notion d'extinction de l’espèce). Enfin, quitte à pointer les méthodes d'écriture un peu lourde, on signalera aussi l'abus d'épisode sur le format : "3 jours plus tôt, 24h plus tôt, etc" procédé très amusant une fois s'il est bien fait mais qui fatigue lorsqu'il devient systématique et peu justifié.
Mais, il n'y a pas que du mauvais dans tout ça, dans l'ensemble la série reste très agréable à regarder et cette saison apporte de petit plus. La 3D notamment n'a quasiment pas vieilli et c'est un véritable plaisir de suivre les séquences spatiales. Aussi, le traitement des cylons est enfin moins monolithique. Quelques humains commencent à se dire que tirer à vue n'a jamais été du bon sens et qu'il serait bon de prendre du recul pour comprendre la situation. Si ça se trouve dans deux saisons on va même commencer à réfléchir sur le concept de "qu'est-ce qui défini un être vivant". L'univers continue de se développer avec des choses vraiment cool comme la résistance, l'amiral Cain, et d'autres joyeusetés par contre le mythe de la série continue d'être en carton pâte. Je l'évoquais un peu plus haut mais, alors qu'on nous vend une civilisation spatiale basée sur 12 planètes toutes différentes, les humains se retrouvent en fait à être un seul bloc monolithique et la seule planète dont on entend vraiment parler c'est Caprica. ça donne le sentiment d'une série américaine qui parlerait du monde entier mais où on ne verrait que des américains qui parle de l'Amérique. Même le convoi de vaisseaux n'a quasiment aucune existence, on consacre vaguement un épisode à certains d'entre eux (la prison, le jardin, etc) puis ça disparaît aussitôt sans développer de réelle substance.
A mon grand désarroi, même si je le supposais déjà en saison 1, le mystère autour des cylons infiltrés se révèle une véritable fumisterie. Tous les cylons révélé sur cette saison sont des ajouts de personnages et non des personnages présents depuis le début. Il n'y a donc effectivement aucun intérêt à conjecturer sur qui est un cylon ou pas, les scénaristes privilégie la surprise au suspens et c'est bien dommage. Pour ne pas spoiler, je n'en dirais pas plus sur ces cylons mais ils ont dans l'ensemble l'avantage d'avoir été bien choisi. Concernant leur fameux plan, il est toujours aussi nébuleux et je crains de plus en plus l'effet Lost. Je garde, au vu du "scandale" qu'avait fait la dernière saison, l'espoir que les scénaristes trichent en partant dans une direction totalement inattendue même si elle est dans la lignée des graines plantées (la religion notamment) à l'image de l’incroyable fin originelle du dessin animé Evangelion.
Concernant la religion d'ailleurs, je reconnais ne pas être hyper à l'aise avec cette thématique. Pour l'instant il y a un lourd prosélytisme sous jacent (peu de remise en question de la religion et sans elle ils seraient probablement tous mort), qui m’inquiète vraiment quand je vois l'épisode sur la thématique de l'avortement. Et d'autres part, l'intégration me semble vraiment à la truelle (le héros qui s'appelle Adama qui se retrouve confronté à un personnage appelé Cain...). A priori les Cylons vénèrent dieu et les humains le panthéon grecs mais c'est très flou et ça sort un peu de nulle part.
Un petit mot sur les personnages pour finir, je suis rassuré de voir que le Chef (Galen Tyrol) est vraiment exploité et qu'il fait partie des personnages importants. J'aime beaucoup le traitement de Sharon et ce n'est pas loin d'être mon personnage préféré. Je regrette par contre une gestion un peu anarchique des personnages. Par exemple Starbuck disparaîtra complètement des épisodes pendant un moment, avant de resurgir avec un épisode un peu lourd essentiellement centré sur elle. A noter que je n'accroche pas du tout avec le développement des personnages de Starbuck et Lee et que (vu que j'ai attaqué la saison 3) ça ne va pas en s'améliorant. Ah et Gaius Baltar reste le personnage le plus insupportable que je connaisse, c'est un expert BFM, le mec ne fait rien de potable, ne semble y connaitre rien à rien mais comme quelqu'un à dit que c'était un génie il se retrouve avec tous les postes a responsabilité possible. Si c'est une dénonciation du privilège blanc c'est brillant, mais j'ai bien peur que non.
Pour finir, je dirais que cette saison est meilleure que la première, l'univers se construit même si c'est un peu trop lent à mon goût, et une fois de plus la fin de saison rebat les cartes de façon intéressante (même si j'ai déjà beaucoup d'éléments en main me laissant deviner que ça ne durera pas)


Conclusion :

Une saison un peu meilleure que la première, les intrigues se densifient et les personnages s'étoffent, toutefois il reste une construction hasardeuse qui donne l'impression que la vision de la série est très "courtemiste". Le fond religieux me gène également beaucoup à titre personnel.

vendredi 5 juin 2020

Silicon Valley

Il y a peu de temps la série Silicon Valley s'est achevée avec sa sixième saison, l'occasion pour moi de revenir sur cette comédie méconnue de HBO qui mérite pourtant d'être découverte.





Diffusion : 2014 - 2019
Durée : entre 7 et 10 x 26 min selon la saison
Genre : Comédie dramatique
Création : Mike Judge, John Altschuler, Dave Krinsky
Casting : Thomas Middleditch, Martin Starr, Kumail Nanjiani, Zach Woods
Nationalité : U.S.A.
Chaîne d'origine HBO


Synopsis :

De nos jours, dans la Silicon Valley, plusieurs informaticiens essayent, à l'image de leurs idoles Bill Gates et Steve Wozniak, de trouver le logiciel ou l'application qui révolutionnera l'informatique et fera d'eux des millionnaires.

Critique :

Silicon Valley est une série créé par John Altschuler, Dave Krinsky et surtout Mike Judge connu pour avoir créé Beavis and Butt-Head (le dessin animé qui a traumatisé la génération MTV) et écrit Idiocracy (comédie discutable mais tristement prophétique). Assez loin de ces créations, Silicon Valley nous plonge au cœur de cette fameuse vallée de San Francisco qui a vu émerger Facebook, Google et tant d'autres géants de l'informatique moderne (la "Tech"). L'histoire suivra principalement Richard Hendricks, Bertram Gilfoyle, Dinesh Chugtai et Jared Dunn quatre pur-geeks(voir gros nerds) essayant de vivre de leurs talents pour l'informatique (Jared mis à part). Si la série est une comédie, avec des passages indubitablement drôle, il ne s'agit pas d'une sitcom à la Brooklyn 99 ou Community cherchant essentiellement à faire rire le public, mais bien d'une comédie dramatique, c'est à dire d'une histoire qui utilisera le rire pour accompagner son propos. Ici la difficulté à survivre dans la jungle de la Tech et de ses milliardaires mégalomanes. L'occasion de nous faire découvrir les dessous des succès de toutes ces grandes firmes et l'impact que la Tech a sur nos vies. Silicon valley c'est une série de son temps, les références au milieu de la Tech sont innombrables et parfois pointus ce qui n’empêche pas de suivre l'histoire toujours limpide mais flatte d'autant les amateurs de Tech ravi(e)s de retrouver cet univers si particulier ainsi fidèlement retraduit.
En plus de son ambiance, l'une des grandes qualités de cette série réside indubitablement dans son scénario. il n'est pas particulièrement complexe mais les scénaristes ont réussi à le rendre constamment palpitant. Les héros progressent sans cesse dans leur but et pourtant chaque progrès provoque invariablement de nouveaux problèmes. A tel point qu'ils sont constamment sur la brèche, proche de tout perdre, laissant le public pendu à ce suspens digne d'un polar haletant. Au fil des saisons les enjeux deviennent de plus en plus énormes et c'est toujours un plaisir de découvrir comment les héros vont se planter et comment ils réussiront à s'en sortir. Une écriture qui n'est pas sans rappeler l'essence de la Tech et de l'entrepreneuriat en général : l'essentiel n'st pas de réussir mais de réussir à se relever de ses échecs. Loin de ce milieu qui peut sembler inhumain, la série est très morale et n'aura de cesse de critiquer gentiment toutes ces entreprises qui font autant de bien à notre société qu'elle peuvent faire de mal.
Mais l'histoire ne fonctionnerait pas sans une belle galerie de personnages et ici la série nous gâte. Si aucun des acteurs n'est vraiment connu ils sont tous parfaits dans leurs rôles d’asociaux. On rit plus souvent d'eux qu'avec eux mais c'est un plaisir de les voir apprendre de leurs erreurs.
Dans les rôles principaux l'on retrouvera donc : Thomas Middleditch (Retour à Zombieland, le loup de Wall street, etc) dans le rôle de Richard qui pourrait presque être le héros de l'histoire, un informaticien brillant qui cherche à prendre sa revanche sur le monde et dont les facultés sociales sont un gros handicap, Martin Starr (Spiderman, Freak and geek) dans le rôle de Gillfoy, le perso le plus cool, un sataniste/anarchiste/codeur de génie qui déteste tout le monde, Kumail Nanjiani (The lovebirds, Community, etc) dans le rôle de Dinesh l'informaticien lâche qui ne rêve que d'argent et de fille facile et enfin Zach Woods (The Good Wife, The office, etc) dans le rôle de Jared, un très beau personnage sensible et décalé à la fois drôle et émouvant.
Si le casting est particulièrement masculin, à l'image de la tech, on comptera au moins deux excellents personnages féminins avec Amanda Crew dans le rôle de Monica Hall, l'atout communication de Pied Piper et surtout Suzanne Cryer (The Cloverfield Paradox, 10 Cloverfield Lane, etc) dans le rôle de Laurie Bream, une investisseuse particulièrement inhumaine et savamment décalée.
C'est d'ailleurs dans les personnages négatifs que la série se distingue le plus, entre le cultissime Gavin Belson (Brillant Matt Ross), le sinistre Jian Yang ( Imperturbable Jimmy O Wang ) et tant d'autres la galerie de monstres n'a rien à envier à celle de Barnum.
Le casting ne serait pas complet si je ne mentionnais pas Elrich Bachmann incarné par T.J Miller, un personnage particulièrement drôle et emblématique des premières saisons que la série devra supprimer(durant la quatrième saison). Officiellement l'acteur dit qu'il avait fait le tour, la prod qu'il posait problèmes durant les tournages, officieusement les accusations de viols et de violence portées sur l'acteur n'incitait probablement pas à renouveler son contrat. Même si le personnage manque, il ne déséquilibre pas l'alchimie de la série qui peut se reposer sur le reste de son excellent casting. La dernière saison réussira même à clore l'histoire d'Elrich Bachmann de façon plutôt habile ce qui évite la moindre frustration aux fans.
Niveau réalisation, rien d'extraordinaire à mentionner, comme souvent chez HBO c'est remarquablement produit, les images sont de grandes qualités et n'ont rien à envier au cinéma. Pour autant, il ne faudra pas attendre de plans particulièrement signifiants ou emblématiques.
Le série étant terminé, que dire de la dernière saison ?
Tout simplement qu'elle achève à merveille cette superbe odyssée. Bien sûr, ce n'est pas parfait, je regrette notamment une menace un peu sous-exploitée mais dans l'ensemble que ce soit en terme de rythme, d'humour ou d'émotion, la série se termine du mieux qu'elle pouvait bouclant une oeuvre rare et riche.
Cette série fait indubitablement partie de mes coups de cœur tant par l'intelligence de son écriture que dans la fragilité de ses personnages ou dans toutes ses références plus ou moins subtiles à l'univers de la Tech. Le petit monde de Pied Piper va me manquer, et je ne vous joue pas de la flûte.(désolé, c'était contractuel, j'étais obligé de la faire)


Conclusion :

Silicon Valley ne touchera probablement pas tous les publics car elle nécessite un certain bagage Tech pour apprécier toute ses subtilités mais pourtant cette comédie redoutablement bien écrite gagnerait à être vue par le plus grand nombre tant elle éclaire le monde si particulier de la tech et l'influence qu'il a sur nos vies.

lundi 1 juin 2020

Battlestar Galactica Saison 1

Des années que j'en entend parler sans avoir l'occasion de regarder mais enfin, Battlestar Galactica, la série qui aurait révolutionné la SF dans les années 2000 est accessible en intégralité sur Amazon prime. Il est temps que je vois ce que ça donne vraiment. (et oui, je compte bien critiquer les 4 saisons)




Date de diffusion : 2004 
Épisodes :13 x 42 min
Genre : Aventure, Drame, Science fiction
Création : Glen A. Larson, Ronald D. Moore
Casting : Edward James Olmos, Mary McDonnell, Katee Sackhoff
Nationalités : U.S.A., Grande-Bretagne
Chaîne d'origine : SyFy US


Synopsis :

Dans le futur, l'humanité a créé les Cylons, des robots intelligents qui se sont révolté. Quarante ans après une terrible guerre et la signature d'un traité, les Cylons reviennent attaquer l'humanité et ils ont un plan.

Critique :


Soyons clair, je n'ai jamais vraiment regardé Star Trek, je n'aime pas trop Star Wars, j'ai détesté Sliders et Stargate, et les séries de SF qui ont vraiment marqué mon adolescence ce serait plutôt Babylon 5 (chef d'oeuvre absolu) et Space 2063 (série méconnue partie trop tôt) sans parler de Lexx mais là j'entre dans le très obscur. Quitte à bien énerver tout le monde, j'ajouterais que j'ai vu Firefly après la sortie de Sérénity (que j'avais vu en salle, yurk) et que je n'ai pas aimé, notamment parce que ça ressemblait beaucoup trop à un plagiat mal assumé de Starhunter.
Battlestar Galactica c'est donc la suite/reboot d'une série des années 70 (78) que je ne connaissais que de nom et qui fut produite par le pape de la série américaine Glen A Larson (Manimal, K2000, l'homme qui tombe à pic, Magnum, etc) C'est d'ailleurs toujours lui qu'on retrouve aux manettes pour ce retour inattendu (le mec a aussi relancé K2000 et Magnum avec un succès plus relatif) mais cette fois aidé de Ronald D Moore un scénariste producteur ayant basé sa carrière sur les relaunch de Star Trek (tout ça partait pas hyper bien). On notera pour l'anecdote que Ronald D Moore a aussi bossé sur Carnival (la caravane de l'étrange), probablement la série la plus cool de son CV mais malheureusement abandonnée trop tôt. Bref, j'avais eu l'occasion de voir la mini série Battlestar Galactica composée de deux épisodes d'1h30 à l'époque de leurs sorties (2003) et j'avais véritablement détesté. Je m'étais copieusement ennuyé, je n'avais trouvé aucun charisme aux personnages et j’avais trouvé l'ensemble totalement creux et sans originalité. Et je dois reconnaître que, à les revoir 16 ans plus tard, mon avis n'a absolument pas changé. Dieu (c'est thématique avec la série) que ces deux films sont pénibles. Supporter Gaius Baltar et la nymphomane qui le stalke est une vraie gageure et rien ne vient donner une réelle plus valu au show. Je comprend sans mal pourquoi je n'ai pas insisté à l'époque mais au vu du véritable mythe qui entoure la série depuis j'ai fait cette fois l'effort de poursuivre et d'attaquer la première saison de 13 épisodes.
Sans surprise la qualité ne s'améliore pas miraculeusement, les débuts sont pénibles au possible d'autant que la série a salement vieillit. Si la 3D reste plutôt propre, notamment parce qu'elle est utilisé avec parcimonie, la réalisation pompière et les images nous plongent dans le pire de ce que les années 90 ont pu produire (et on était dans les années 2000). Pour donner plus de réalisme et de dynamisme, la réalisation utilise ce procédé que je déteste, la caméra portée non stabilisée, voir carrément la shaky cam. Les recadrages dans l'image sont fréquents et brutaux, ça bouge ça fait des mouvements de camèra de tous les côtés, bref, c'est sale comme du projet blairwitch. La série ayant été produite pour Sci-fi j'imagine que le budget n'était pas mirobolant et c'est ce qui explique la pauvreté des décors et des accessoires et justifie peut-être même cette tentative de nous la jouer reportage de guerre.
Ce que je m'explique moins, ce sont les filtres aux couleurs douteuses lors des passages en extérieur (principalement sur Caprica) que ne renieraient pas certains Sentais, probablement une manière low-cost de combler à la pauvreté des décors.
Je n'insisterais pas sur ces points, ils étaient probablement moins choquant à l'époque, revoir Babylon V aujourd'hui demande également de prendre du recul et surtout un bon scénario compense souvent les problèmes techniques.
Encore faut-il que le scénario soit bon. Car les histoires ne brillent pas ici par leur originalité ou la maîtrise des trames narratives. Pire, les scénaristes n'hésitent pas à user de beaucoup de facilités scénaristiques. J'ai particulièrement été choqué par la découverte du premier Cylon infiltré. Alors que les Cylons ont jusqu'alors toujours été des robots et que rien ne peut laisser envisager le contraire (la technologie humaine est a peu près au niveau de la notre mais dans l'espace) un homme devine que l'homme qu'il a en face de lui est en fait un robot, juste en discutant avec lui. Rick Deckard en rougirait de honte et Philip K Dick fait l'hélicoptère dans sa tombe. Tout est très brouillon dans cette première saison, les choses se passent sans qu'elles semblent avoir la moindre logique (le premier épisode repose sur le postulat que le Galactica fait plusieurs centaines de saut dans l'espace pour essayer de semer le vaisseau Cylon. Comment des militaires peuvent penser qu'une tactique qui a échoué plus de 200 fois va fonctionner la 201 éme ?). Dans l'ensemble, l'histoire n'a suscité mon intérêt qu'a partir de l'épisode 5, où l'on fait une découverte un peu originale sur les Cylons et il me faudra encore attendre l'épisode 11 pour que la série prenne une tournure un peu plus politique plantant les graines de ce qui peut vraiment devenir intéressant à l'avenir. Entre temps la série repose essentiellement sur la paranoïa et le mystère entourant les Cylons : Qui sont les cylons infiltrés ? Quel est leur réel but ?
J'avoue que je me suis un peu pris au jeu d'essayer de débusquer les cylons infiltrés mais c'est un jeu de dupe car certains étant des agents dormant rien ne peu les distinguer des autres personnages, dès lors seul un paris sur la tournure de l'histoire permettrait de les débusquer. J'ajouterais dans les défauts que les personnages ne prennent pas de décisions logiques, il faudra par exemple attendre plusieurs épisodes avant qu'ils essayent mollement de débusquer les infiltrés et ils ne songeront pas un seul instant à étudier les infiltrés débusqués pour apprendre comment trouver les autres))
Au niveau des personnages pour moi cette première saison se repose essentiellement sur deux personnage : Starbuck et Gaius Baltar. Gaius est le bouffon de la série, c'est un Tony Stark avant l'heure, un génie m'as-tu vu et égoïste qui ne sert pas à grand chose. C'est un pilier essentiel de cette saison et il semble avoir une place de choix dans les plans des Cylons, je ne doute donc pas qu'il va continuer à fagociter le temps d'écran à l'avenir. Starbuck est un personnage un peu plus classique, une pilote bad-ass qui a le syndrome du super-héros. On vire tous les personnages et on laisse Starbuck toute seule, la situation n'en serait probablement que meilleur. Autour d'eux, on trouve le général Adama (je ne sais pas si le clin d’œil est volontaire mais c'est l'acteur qui jouait Gaff dans Blade Runner et c'est cool) qui sert surtout à avoir l'air sinistre, son fils Apolo qui joue les beaux gosses de service, le pochtron désagréable de service etc. Je noterais aussi le mécanicien en chef dans les personnages notables, il a beaucoup de potentiel mais rien ne garantie pour le moment que la série lui donne un vrai rôle.
A noter, ce n'est pas flagrant dans ma présentation des personnages mais la série offre tout de même plusieurs rôles féminins variés et important. Starbuck bien sûr, mais aussi la présidente, Boomer et bien sûr Numéro 6 (la nymphomane). Pour l'époque, ça me semble tout sauf un détail et au contraire un courageux parti pris.
Parmi les petits plus de la série, je noterais également les dialogues, j'aime assez comment l'univers est renforcé par l'utilisation de certain mot comme "frack" au lieu de "fuck"(j'imagine que c'était une astuce pour passer la censure mais ça marche bien). Tout comme l'insulte "toaster" pour les cylons.
Enfin, même si je n'aime pas le générique (surtout son montage) je trouve que les musiques apportent un vrai plus à la série par leur originalité. Loin de ce qu'on pourrait attendre d'une série SF très militaire et "réaliste" les musiques sont tribales, mystiques et celtiques, les thème sont variés et offrent un contrepoint vraiment plaisant aux ambiances visuels.
Globalement, cette première saison n'est pas exceptionnelle, les choses se mettent très lentement en place avec des intrigues pas toujours intéressantes soutenues par des réactions de personnages limites cohérentes. Pourtant au fil de cette mise en place laborieuse, la sauce commence à prendre et les deux derniers épisodes s'avèrent passionnant et bien monté (c'est con à dire mais c'est le seul moment de la série ou j'ai noté un réel effort à ce niveau, ici les multiples intrigues s’enchaînent intelligemment pour garder l'attention du spectateur et offrir du sens, bref un vrai travail de monteur).
Si cette fin de saison ne m'a pas entièrement convaincu (bien que le cliffangher de fin m'a méchamment hypé par son aspect inattendu et sa façon de rebattre les cartes) je commence à entrevoir ce qui pourrait faire l’intérêt de la série par la suite. Nous verrons cela dans les 3 prochaines critiques à venir (mais pas tout de suite parce que ça prend du temps à regarder une saison entière mine de rien :D )




Conclusion :

Une première saison vu dans la douleur, mais qui pose les bases d'un univers qui pourrait s'avérer passionnant et qu'on entraperçoit dans les deux derniers épisodes très réussis.