Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 5 août 2019

Midsommar

C'est les vacances en tout cas pour moi, et comme je ne voyagerais pas je me suis dit que j'allais prendre un peu le soleil en Suède (en Hongrie en fait, mais c'est la magie du cinéma). Si ça vous tente, je vous met dans les valises pour que vous puissiez voir ce que donne le festival de Midsommar.





Date de sortie : 31 juillet 2019
Durée : 2h 27min
Réalisation : Ari Aster
Casting : Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter
Genre : Thriller psychologique
Nationalité : Américain

Synopsis :

Christian est sur le point de se séparer de sa petite amie Dani lorsque celle-ci perd toute sa famille dans un drame horrible. Incapable de l'abandonner dans cette épreuve, il l'invite à l'accompagner avec ses amis anthropologues à un festival estival n'ayant lieu qu'une fois tous les 90 ans. Mais derrière la chaleur du soleil se cache le poids des traditions.

Critique :

L'année derriere je découvrais le très intéressant films d'horreur Hérédité, premier film de Ari Aster. Aujourd'hui son nouveau bébé vient de sortir sur les écrans et s'annonce très prometteur notamment par le choix de visuel particulièrement originaux pour un film d'horreur.
Clarifions toutefois un point, Midsommar n'est pas un film d'horreur contrairement à ce qui nous ait laissé entendre. Effectivement on trouvera certains éléments horrifiques et certains passages sont vraiment angoissant mais la façon dont le film se déroule n'en fait pas du tout un film d'horreur. Ne vous attendez pas à trembler, le film vous mettra surtout mal à l'aise mais n'a pas vocation à vous terrifier. A mon sens, nous sommes plutôt face à un thriller psychologique et l'exploration d'une culture différente, l'aspect anthropologique à autant d'importance que l'histoire en elle même.
Ce point étant éclaircie, Midsommar se révèle une véritable expérience de cinéma. On retrouve ici le talent du réalisateur pour la composition des images et la mise en ambiance. Il y a un superbe travail sur les décors et les illustrations, outre sa beauté et son étrangeté ce village à une véritable cohérence qui sert la réalisation. On retrouve ainsi l'intelligence de mise en scène dont avais pu faire preuve le réalisateur sur son précédent film avec la thématique des maisons de poupée.
Ce n'est pas le seul point commun puisqu'on retrouvera également une des thématiques de ce précédent film : le deuil.
En effet, après une scène d'introduction particulièrement bien menée et angoissante à souhait le film nous raconte comment Dani va réussir à supporter la perte de sa famille.
Scénaristiquement, comme dans Hérédité, il n'y a rien de très original, en fait on peut même très rapidement déduire comment le film se terminera. Non seulement c'est logique mais en plus la réalisation nous donne les indices de cette fin. Pour autant, l'ensemble n'en reste pas moins hypnotique. Le réalisateur prend tout son temps pour détailler les mœurs de cette communauté et les rituels très codifiés de leur religion. Le film à l'aspect malsain de ces accidents qu'on sait inévitable et dont on ne peut détourner les yeux.
Si la durée du film peut effrayer (2h30 quand même) elle n'est absolument pas excessive pour le peu qu'on se laisse emporter par l'histoire. Elle permet de s'attarder autant sur les personnages que sur les rites de la communautés.
La beauté des images, la qualité de la musique tout est travaillé pour capter l'attention, certaines images ne vous quitterons pas pendant longtemps tant le réalisateur a su conférer une forme de grace à la mort.
Au niveau du casting, Florence Pugh est plutôt juste dans son rôle même si le drame que traverse le personnage ne lui donne pas une palette de jeu très varié (ça oscille entre je suis triste et je fais semblant d'être contente), Jack Reynor (Détroit, Free fireetc) est au diapason dans le rôle du copain qui fait se son mieux pour supporter sa petite amie dépressive. Dans l'ensemble le jeu d'acteur est bon même s'il n'y a pas énormément à en dire car à mon sens le film ne repose pas tant sur eux d'autant que le réalisateur ne nous donne pas beaucoup de raison de nous attacher. (on a essentiellement pitié de l’héroïne à cause du drame qu'elle traverse, son petit ami est un faux gentil qu'on apprécie difficilement et ses copains principalement des connards)
Une fois de plus Ari Aster nous sort un film très maîtrisé et envoûtant qui possède beaucoup de point commun avec son précédent film même s'ils semblent aussi éloigné que la nuit et le jour. Le spectateur moyen pourra regretter le manque d'effets (aucun jumpscare ), la longueur de l'ensemble et le comportement parfois irrationnelle des personnages (l'éternelle difficultés de "pourquoi ls héros ne s'en vont pas" même si ça me semble cohérent ici) mais le cinéphile avertie pourra triper sur le traitement du son et de l'image, la qualité des compositions et aspect hypnotique de ce trip en plein soleil.


Conclusion :

Un conte cruel et hypnotique qui ne vous laissera pas insensible.

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