Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
Lors d'un moment de creux j'ai vu passer cette série intrigante, je me suis dit que j'allais tenter. Bonne ou mauvaise idée, c'est ce que nous allons voir.
Date de diffusion : 25 aout 2021
Durée : 6 x 44 Genre : Drame, Fantastique, Comédie Création : Petter Holmsen Casting : Kathrine Thorborg Johansen, Elias Holmen Sørensen, André Sørum
Nationalités : Norvége
Interdit au moins de 16
Synopsis :
Déclarée morte, Live Hallangen, la fille du croque-mort locale d'une petite ville, se réveille en pleine forme sur la table d'autopsie. Un premier décès qui en provoquera de nombreux autres dans une ville d'ordinaire trop tranquille.
Critique :
Bon, je vais me permettre de traiter rapidement cette critique car je n'ai pas grand chose à dire sur cette série.
Nous avons ici affaire à une énième fiction vampirique, et malheureusement elle n'offre rien de neuf hormis le cadre : une petite ville de Norvège. Un cadre bien insuffisant a rendre plaisant une histoire flemmarde et sans surprise.
Les images ne sont pas moche mais la réalisation est assez basique et la mise en scène parfois poussive (si vous n'avez pas rapidement grillé qui est le méchant c'est que vous ne regardez pas l'écran). Si vous ne devinerez pas tout, il est fort à parier qu'à la fin du premier épisode vous pourrez tout de même prévoir l'essentiel de l'action à venir dans les prochains épisodes.
Au niveau des personnages, je n'ai eu aucune accroche avec l'héroïne, elle est froide et distante et cela ne permet pas d'être investi dans ce qui lui arrive : sa lutte contre la faim devient donc plus agaçante que touchante.
Seul personnage à tirer un peu son épingle du jeu, son frère, gentil looser essayant de survivre dans une
situation complexe à plus d'un titre. Un personnage attachant mais qui n'est pas sassez original pour vraiment donner envie de suivre la série.
En fait, je regrette que la série n'est pas joué la carte de la famille dès le premier épisode, une vraie relation entre frère et sœur dès le premier épisode aurait été un vrai plus à mon avis (plus d'humour, plus affect, etc)
En 6 épisode, l'histoire n'a pas vraiment le temps de nous lasser, il y a suffisamment d'intrigue pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin mais sans vraiment réussir à donner envie d'en voir plus.
Dans l'ensemble, je ne recommande pas cette série, il y a des milliards de choses plus intéressante à voir. Si vous tenez à voir tout ce qui se fait sur les vampires ou si vous avez un kink particulier sur les pompes funèbres, pourquoi pas, mais sinon, passez votre chemin.
Conclusion :
Une série pas vraiment originale, pas vraiment effrayante, pas vraiment drôle. C'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus.
Samedi Netflix nous a sortie une énième resucée de Battle Royal, la série est vite devenue tendance et la bande annonce est diablement efficace. Laissez moi vous dire ce que vaut vraiment ce nouveau show coréen.
Date de diffusion : 18 septembre 2021
Durée : 9 x (entre 30 et 60min) Genre : Drame, thriller, psychologique Création : Dong-hyuk Hwang Casting : Lee Jung-jae, Park Hae-soo, Wi Ha-joon
Nationalités : Corée
Synopsis :
Acculés par les dettes, des centaines de participants acceptent de concourir dans un jeu aux conséquences mortelles.
Critique :
Il y a quelques mois je vous parlais d'Alice in Borderland, une série Netflix qui m'avait profondément agacé car la hype qui l'entourait était inversement proportionnelle à sa qualité. C'était une série flemmarde et sans grand intérêt et je ne comprenais pas que le public soit aussi enthousiaste pour une thématique déjà tant et mieux traitée. Autant vous dire que j'avais quelques réticences à me lancer dans ce squid game sur le même thème et bien mal m'en aurait pris, car nous sommes clairement ici devant l'une des séries de références du catalogue Netflix.
En effet, si le premier épisode pourra en déstabiliser plus d'un, car il prend vraiment le temps de présenter un personnage principal pas très sympathique ( le mec vit au crochet de sa mère de 70 ans obligé de travailler à cause de lui qui préfère jouer aux courses), la série démarre rapidement dans les épisodes suivant une mécanique implacable qui ne vous laissera aucun répit, Squid Game est clairement une série qu'on a envie de binge watcher tant l'on a envie de comprendre et que l'on s'inquiète pour la vie des personnages.
On notera un très beau travail au niveau de la mise en scène, cela passe autant par la conception des espaces de jeu qui donne des images surréalistes, que dans celui des costumes avec ce personnel déshumanisé divisé en trois castes. Il y a également quelques très beau plan qui ne sont pas uniquement esthétique. (Même si l'histoire n'est pas comparable, j'ai beaucoup pensé à 20th century boy et sa thématique de la cruauté enfantine)
On appréciera d'ailleurs la cohérence de l'univers autour des jeux, certains que l'on connait, et d'autres qu'on découvrira comme ce fameux "jeu du poulpe" qui donne son nom à la série.
Le casting est très varié, je ne connaissais aucun des acteurs, à l'exception de Stephen Fu que j'avais vu dans La traque. Pour autant, les acteurs sont nombreux et variés et tous très bon. On s'attache rapidement à de nombreux d'entre eux et la peur est grande de les voir partir, tout comme l'émotion lorsque c'est vraiment le cas.
Malgré la grande violence de son pitch, rien n'est gratuit dans la série la violence est marquante et vous ne pourrez pas rester insensible à ce jeu de massacre. Un drame humain en forme de critique social qui nous rappelle que nous sommes tous très loin d'être égaux et que le grand jeu de la vie est truqué. J'ai beaucoup apprécié, même si l'on retrouve une forme de désespoir très coréenne, que la série prenne soin de toujours conserver une touche d'optimisme. Sans aller jusqu'à dire qu'il s'agit d'une série feel good, elle peint un tableau vraiment sombre(mais réaliste) de notre société, elle n'en exhorte pour autant pas moins à défendre toute vie. On appréciera aussi que le message soit diffusé sobrement à travers l'histoire et sans grand discours.
En fait, je pense que le plus impressionnant dans cette série c'est la sobriété et l'efficacité avec laquelle elle manipule tant ses personnages que son audience. En effet, si la série prend son temps dans le premier épisode c'est qu'elle place méthodiquement les pions de sa mécanique implacable. Le scénario est suffisamment bien construit pour qu'on ne doute pas une minute des motivations des personnages, qu'elles paraissent logique et qu'on accepte que des gens raisonnable en viennent à parier sur leur vie et sur des centaines d'autres. Les jeux sont parfaitement dosés pour mener à l'inévitable conclusion.
Froide et logique, impitoyable, la fin saura vous surprendre tout en restant fidèle à ce que le show a présenté tout du long.
S'il y aura, à l'évidence, une saison 2 cette première saison est parfaitement autoconclusive et offre une expérience d'une qualité rare, je ne saurais que trop vous recommander cette série, originale, poignante et parfaitement maitrisée. Un classique en devenir.
Conclusion :
Une première saison brillante, une mise en scène léché et une intensité dramatique parfaitement maitrisée. On en re demande
C'est une nouveauté Mycanal et je trouve le pitch très le troisième homme diablement prometteur, voyons ensemble si le Berlin d'après guerre saura nous envouter.
Date de diffusion : 6 septembre 2021
Durée : 8 x 50 Genre : Drame, Polar, film de guerre Création : Måns Mårlind Casting : Taylor Kitsch, Michael C. Hall, Logan Marshall-Green, Nina Hoss, Tuppence Middleton
Nationalités : France, Canada, Allemagne
Synopsis:
Dans le Berlin d'après guerre, un policier américain vient aider à structurer la police allemande. Ses motivations sont plus personnelle, il espère surtout retrouver son frère déclaré déserteur. Il n'est pas conscient de mettre le pied dans une pièce ou chaque acteur ne joue que dans son propre intérêt.
Critique :
Shadowplay est la nouvelle série de Måns Mårlind, le créateur de Bron, série à succès depuis décliné en de multiples adaptations internationales (the bridge, le tunnel, etc). Il nous revient ici avec une série toute aussi ambitieuse qui prend pour théâtre l'après guerre et les décombres de l'Allemagne vaincue. Un corps meurtri que nombreux charognards tentent de dépecer par vengeance ou par appât du gain. Ce que je trouve brillant dans ce cadre c'est qu'il est à la croisée des chemins. Ainsi, à la manière d'un Babylon V, Berlin devient une sorte de zone neutre où se croisent plusieurs cultures chacune essayant de tirer son épingle du jeu. A ça s'ajoute tous le pathos de l'après guerre, cette haine inextinguible entre vainqueur furieux de leurs pertes et vaincus furieux d'être humiliés.
Dans Shadowplay, l'ombre est partout, la morale n'a plus vraiment sa place même si certains aimeraient le croire. La justice a-t-elle encore du sens ou ne s'agit-il que de vengeance ? Si la série se concentre sur Max McLaughlin, très bien campé par Taylor Kitsch (Savages, John Carter, etc ), c'est tout une galerie de personnages brisés qu'elle nous offrira au fil de cette première saison. Impossible de ne pas mentionner Michael C. Hall (DEXTER !!!!! et Six Feet Under), la star du show, même s'il apparait assez peu dans son rôle d'ambassadeur louche. Pourtant c'est plutôt de Tuppence Middleton (Downtown Abbey,Imitation game, SENSE8!!!!!, etc ) que j'ai envie de vous parler, elle est vénéneuse en diable dans son rôle de femme fatale et si le personnage est un peu cliché (à l'aune du personnage principal, nous sommes sur des archétypes de film noir) il n'en reste pas moins très plaisant. D'autant que l'histoire sait présenter des personnages bien moins clichés comme celui de Nina Hoss (Homeland, etc), la survivante qui ose croire encore en l'avenir.
De la psychologie, de la politique mais surtout une enquête digne de Seven avec un assassin torturé et créatif qui donnera du fil à retordre à nos héros. En 8 épisodes, la série ne s'économise pas et vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer. Seul petit regret, une saison de 8 épisodes ne suffit pas à développer un univers aussi vaste on touche donc à peine le sujet du doigt et il faudra espérer une suite pour que la série puisse pleinement s'épanouir.
Au niveau de la réalisation, la reconstitution est très impressionnante et ce Berlin en ruine crée une ambiance vraiment particulière (même si elle pourra évoquer des fictions plus récentes sur les guerres afghane). Petit plus très appréciable de mise en scène : le shadowplay(théâtre d'ombre). Il s'agit une petite séquence où l'un des personnages se livre à cœur ouvert. On découvre ainsi la vérité nu sur chacun des personnages, sur la noirceur que dissimule leur âme et sur ce qui les pousse au quotidien. Un artifice qui pourrait paraitre théâtral et qui pourtant s'intégre à merveille dans le show lui donnant une valeur ajouté non négligeable.
Clairement, j'ai passé un excellent moment devant cette série, il y a tous les éléments pour qu'elle devienne culte, l'ambiance est prenante à souhait, l'histoire riche, les personnages attachants, le sujet passionnant, bref un sans faute. En espérant que ce ne soit que le début.
Conclusion :
Une première saison brillante, je n'ai qu'une hâte voir comment ils vont densifier l'univers dans une prochaine saison.