Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 17 septembre 2021

Shadowplay

 C'est une nouveauté Mycanal et je trouve le pitch très le troisième homme diablement prometteur, voyons ensemble si le Berlin d'après guerre saura nous envouter.



Date de diffusion :  6 septembre 2021
Durée :  8 x 50
Genre : Drame, Polar, film de guerre
Création : Måns Mårlind
Casting : Taylor Kitsch, Michael C. Hall, Logan Marshall-Green, Nina Hoss, Tuppence Middleton

Nationalités : France, Canada, Allemagne

Synopsis:

Dans le Berlin d'après guerre, un policier américain vient aider à structurer la police allemande. Ses motivations sont plus personnelle, il espère surtout retrouver son frère déclaré déserteur. Il n'est pas conscient de mettre le pied dans une pièce ou chaque acteur ne joue que dans son propre intérêt.

Critique :


Shadowplay
est la nouvelle série de Måns Mårlind, le créateur de Bron, série à succès depuis décliné en de multiples adaptations internationales (the bridge, le tunnel, etc). Il nous revient ici avec une série toute aussi ambitieuse qui prend pour théâtre l'après guerre et les décombres de l'Allemagne vaincue. Un corps meurtri que nombreux charognards tentent de dépecer par vengeance ou par appât du gain. Ce que je trouve brillant dans ce cadre c'est qu'il est à la croisée des chemins. Ainsi, à la manière d'un Babylon V, Berlin devient une sorte de zone neutre où se croisent plusieurs cultures chacune essayant de tirer son épingle du jeu. A ça s'ajoute tous le pathos de l'après guerre, cette haine inextinguible entre vainqueur furieux de leurs pertes et vaincus furieux d'être humiliés. 

Dans Shadowplay, l'ombre est partout, la morale n'a plus vraiment sa place même si certains aimeraient
le croire. La justice a-t-elle encore du sens ou ne s'agit-il que de vengeance ? Si la série se concentre sur Max McLaughlin, très bien campé par Taylor Kitsch (Savages, John Carter, etc ), c'est tout une galerie de personnages brisés qu'elle nous offrira au fil de cette première saison. Impossible de ne pas mentionner Michael C. Hall (DEXTER !!!!! et Six Feet Under), la star du show, même s'il apparait assez peu dans son rôle d'ambassadeur louche. Pourtant c'est plutôt de Tuppence Middleton (Downtown Abbey, Imitation game, SENSE8!!!!!, etc ) que j'ai envie de vous parler, elle est vénéneuse en diable dans son rôle de femme fatale et si le personnage est un peu cliché (à l'aune du personnage principal, nous sommes sur des archétypes de film noir) il n'en reste pas moins très plaisant. D'autant que l'histoire sait présenter des personnages bien moins clichés comme celui de Nina Hoss (Homeland, etc), la survivante qui ose croire encore en l'avenir.


De la psychologie, de la politique mais surtout une enquête digne de Seven avec un assassin torturé et créatif qui donnera du fil à retordre à nos héros. En 8 épisodes, la série ne s'économise pas et vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer. Seul petit regret, une saison de 8 épisodes ne suffit pas à développer un univers aussi vaste on touche donc à peine le sujet du doigt et il faudra espérer une suite pour que la série puisse pleinement s'épanouir.

Au niveau de la réalisation, la reconstitution est très impressionnante et ce Berlin en ruine crée une
ambiance vraiment particulière (même si elle pourra évoquer des fictions plus récentes sur les guerres afghane). Petit plus très appréciable de mise en scène : le shadowplay(théâtre d'ombre). Il s'agit une petite séquence où l'un des personnages se livre à cœur ouvert. On découvre ainsi la vérité nu sur chacun des personnages, sur la noirceur que dissimule leur âme et sur ce qui les pousse au quotidien. Un artifice qui pourrait paraitre théâtral et qui pourtant s'intégre à merveille dans le show lui donnant une valeur ajouté non négligeable.

Clairement, j'ai passé un excellent moment devant cette série, il y a tous les éléments pour qu'elle devienne culte, l'ambiance est prenante à souhait, l'histoire riche, les personnages attachants, le sujet passionnant, bref un sans faute. En espérant que ce ne soit que le début.



Conclusion :

Une première saison brillante, je n'ai qu'une hâte voir comment ils vont densifier l'univers dans une prochaine saison.

lundi 13 septembre 2021

Ride your wave

Il y a plus d'un an maintenant j'avais eu la chance de découvrir ce film au Cinglés du Cinéma dans le cadre d'une rétrospective Masaaki Yuasa. Il est enfin sortie en France, l'occasion donc de sortir également ma critique.






Sortie en France : 1er septembre 2021
Durée : 1h 35min
Genre : Animation, Romance, Drame
Réalisateur : Masaaki Yuasa
Casting vocal : Rina Kawaei, Kentarô Itô
Nationalité Japonaise

Synopsis:

Hinako, jeune fille volontaire et pleine d'énergie fait la connaissance de Minato, un pompier, le jour où il la sauve d'un incendie. Fan de surf, les deux jeunes gens vont vivre une idylle passionnée jusqu'au jour ou Minato va se noyer en essayant de sauver quelqu'un. Ravagé par la perte de son amoureux, Hinako ne peux le laisser disparaitre et commence à le voir dans l'eau.

Critique :


Ride your wave
est le dernier film sortie de Masaaki Yuasa, un réalisateur atypique dont j'ai déjà pu vous parler à plusieurs occasions pour Devilman : Crybaby et The Tatami galaxy. J'avais découvert ce réalisateur aux Cinglés du cinéma en février 2020 et j'avais été impressionné par sa faculté à s'adapter à des sujets très différents. Ici, il réalise une romance d'un genre inattendu puisque, après avoir bien pris le temps de nous attacher à ses personnages, il fait mourir l'un des deux. Le film parle donc plus du deuil que de l'amour et nous montrera comment Hinako réussit à survivre à la perte de son grand amour. L'histoire est particulièrement émouvante et ne manque pas d'humour malgré la gravité du sujet.
En plus du couple vedette, l'histoire développe d'autres personnages tout aussi attachant qui permettent
de garder une vraie fraicheur à l'ensemble malgré un sujet difficile.
En terme de réalisation, on retrouvera la passion de Masaaki pour les déformations, notamment lors des superbes séquences de surf.
La gestion de l'esprit de Minato est également très originale, elle sera l'occasion de bonnes idées de réalisation et de belles images.
Dans l'ensemble, ce dessin animé s'était révélé une excellente surprise et je n'avais jamais compris pourquoi, il n'était pas sortie en salle.
Avec un rythme un peu contemplatif et sa rupture de ton, l'histoire réussi tout de même à conserver l'attention du spectateur tout du long grâce à l'énergie du personnage principale et une bonne dose d'humour.
Un très beau film qui ne vous laissera pas insensible et qui aide à positiver en ces temps difficiles.




Conclusion:

Un très beau film, redoutablement écrit, une romance originale qui ne laisse pas insensible.

vendredi 10 septembre 2021

Clickbait

 C'est une des tendances du moment sur Netflix France, que vaut vraiment cette mini-série au pitch captivant ?



Date de diffusion :  25 aout 2021
Durée :  8 x 45
Genre : Drame, mystère
Création : Tony Ayres, Christian White
Casting : Zoe Kazan, Betty Gabriel, Phoenix Raei

Nationalités : Australie, USA

Synospsis :

Lorsqu'une vidéo de Nick Brewer apparait sur les réseaux sociaux annonçant sa mort à venir, c'est toute e quotidien de sa famille qui vole en éclat et risque d'emporter de nombreux destins au passage.

Critique :


Clickbait
, c'est avant tout un pitch redoutable. Et c'est amusant car il y a là une véritable mise en abyme dans ce titre. Un clickbait, c'est un appât à clic : une photo, un texte ou une vidéo suffisamment racoleuse pour que tout le monde ait envie de cliquer dessus pour en savoir plus. Bien entendu, si ce clic ne renverra pas forcément sur une arnaque, il y a de fortes chances qu'il ne mène qu'a une déception. La pratique la plus courante est journalistique ou un gros titre annoncera quelque chose de spectaculaire avant de détailler dans l'article que ça ne l'était absolument pas.

Et bien Clickbait c'est ça. La promesse est spectaculaire et le soufflet retombe aussi vite qu'il a prit. Il y a pourtant de bonnes idées, comme ce point de départ, ou le fait que chaque épisode se centre sur un personnage différent. Mais tout est un peu artificiel et donne un sentiment d'inassouvi. Si on prend par exemple l'épisode du journaliste, c'est un point de vue intéressant car ça permet de comprendre un peu mieux ce qui peut pousser les journalistes à être si inhumain dans ce genre de drame. Mais d'une part c'est assez caricatural et de l'autre ça crée un besoin qui ne sera pas assouvi. L'histoire nous attache à un personnage dont on n'aura pas de fin satisfaisante vu qu'il n'est qu'un détail de l'histoire et qu'on n'en entendra plus parler après cet épisode.

L'autre gros souci c'est que l'histoire ne tient pas la route. Elle s'effondre comme un château de carte dès lors qu'on introduit une technologie pourtant courante de nos jours (plus d'infos dans la partie spoiler). Alors, ce pourrait être un choix scénaristique, nous sommes dans un monde ou cette technologie n'existe pas. Sauf qu'elle est utilisé dans l'un des épisodes juste après une séquence pénible ou cette même technologie aurait facilement réglé un problème. En bref, le scénaristes ont complexifié l'histoire pour que ça ait l'air intelligent mais ils n'ont même pas soigné les détails. Pire, on dirait qu'au niveau informatique, le scénariste est à peine capable d'ouvrir Word, dommage pour une série qui en parle autant. L'ensemble est grossier.


En plus, si vous faites partie des gens qui comme moi aiment à anticiper l'histoire et deviner les coupables, vous ne pourrez pas le faire ici. En tout cas pas avant les quelques minutes qui vous sépareront de la révélation tout simplement parce que rien ne rattache le/la/les coupable(s )au crime, c'est à peine si on les a déjà vu précédemment.

Par contre, niveau casting, c'est plutôt réussi, avec plusieurs beaux rôles féminin Zoe Kazan (la ballade de Buster Scruggs, Bored to death, etc) dans le rôle de la sœur et Betty Gabriel (Westworld, unfriended : dark web, etc) dans le rôle de la femme en tête. Leur relation amour/haine est particulièrement bien vu et fait parties des bons moteurs de la série. On pourrait d'ailleurs presque dire que c'est une série de femme car il y a vraiment beaucoup de rôle féminin et tous plutôt intéressants.

Niveau réalisation, il y a quelques efforts notamment dans la représentation des média sociaux mais aussi sur l'épisode 4 (dur d'en parler sans spoiler). C'est globalement efficace sauf lors des scènes d'actions, il y a notamment deux course-poursuites à pieds assez risible et un accident de voiture pas beaucoup plus glorieux.

Dans l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment devant cette série, ça commence même plutôt bien, avec de bonnes idées, mais c'est tellement fait de bric et de broc qu'on se lasse progressivement. Le dernier épisode m'a apporté des réponses intéressantes, la trame principale était globalement une bonne idée mais difficile à accepter tant elle repose sur du vide.

Conclusion :

Malgré un pitch très prometteur, la série s'enlise assez rapidement




Donc, l'histoire ne repose pas sur le clickbait mais sur le catphishing, c'est à dire le fait d'usurper l'identité de quelqu'un en ligne. Le scénario était probablement brillant en 2000 lorsqu'internet était encore en bas débit et que nous échangions sur msn, mais il devient puéril en 2020 alors que la visioconférence est un outil utilisé de 7 à 77 ans. Le scénario aurait pu se rattraper au branche si le coupable avait utilisé du "deepfake" (des vidéos trafiqués) c'est une technologie accessible de nos jours pour quelqu'un qui s'y connait et ça aurait permis de vraiment ancrer l'histoire dans le réel. Mais non, la flemme, les scénaristes ont préféré ignorer le problème. Le pire étant que l'épisode 7 pointe directement ce soucis. Ethan flippe car il commence à croire que Allison n'est pas qui elle prétend. Il suffirait qu'il demande une visioconférence et le problème serait réglé mais non, là encore il préfère se jeter dans la gueule du loup, une facilité scénaristique permettant de créer une tension factice. Et que vont-ils faire quand ils se verront ? Une visioconférence.... En fait, c'est comme si le personnage de Allison était censé être une hackeuse surcompétente car elle fait des visioconférences et sait ce que sont des métadonnées. Alors que ça donne juste l'impression que tous les autres personnages sont abrutis.

Dernier point, je suis très mitigé sur l'épisode de The Mistress. Très clairement, dans la réalisation tout laisse entendre qu'elle est mythomane et qu'elle n'a jamais vu Nick. C'est plutôt une bonne chose d'un point de vue réalisation mais je trouve que c'est aussi une grosse facilité scénaristique.