Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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Haaa, les années 90, ère glorieuse s'il en est où on savait faire de la musique et du cinéma et je ne dis pas ça parce que j'étais adolescent à l'époque (en fait si) je suis parfaitement objectif (en fait non). Du coup, j'étais obligé d'aller voir cette ode à une époque qui nous manque tous et de vous donner mon avis (partial).
Date de sortie 24 avril 2019
Durée : 1h 24min
Réalisateur : Jonah Hill
Casting : Sunny Suljic, Katherine Waterston, Lucas Hedges
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américain
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Synopsis :
Enfant solitaire et en mal d'attention, Steve est fasciné par une bande de skateurs de son quartier. N'ayant rien à faire pendant l'été, il décide de faire de son mieux pour se joindre à eux.
Critique :
90's c'est le premier film de Jonah Hill (War Dogs, le loup de wall street, etc) un acteur plutôt associé aux films potaches qui l'on vu débuter (les comédies d'Apatow, Supergrave, etc) mais qui se prépare pourtant une superbe carrière en tournant de plus en plus avec des réalisateurs prestigieux comme Bennett Miller, Quentin Tarantino, Martin Scorcese ou les frères Coen.
Loin de la comédie vide de sens, il se tourne d'ailleurs vers le cinéma indépendant pour sa première réalisation avec un film qui, s'il n'est pas autobiographique, en à tout l'air. Le genre est assez classique, c'est un film d'initiation, plus précisément de type film de vacance, ces fameux films ou un enfant va passer l'été de sa vie en rejoignant un groupe.
Ici, il s'agit de Steve, un garçon un peu paumé perdu entre une mère célibataire dépassée et un frère violent affligé de sévères problèmes d'identité sexuelle. Le garçon trouvera son échappatoire dans une bande de skateurs du quartier qui lui permettront de grandir, peut-être un peu trop vite.
90's c'est avant tout une belle bande d'acteurs, pour la plupart amateur et issue du milieu du skateboard. On retiendra Na-Kel Smith très cool dans le rôle de Ray et bien sûr Sunny Suljic (La mise à mort du cerf sacré, etc) très expressif du haut de ses 13 ans. Le garçon est extrêmement touchant et n'a pas besoin de s'exprimer beaucoup pour faire comprendre ses sentiments. L'ambiance du film est saisissante, la reconstitution est soignée et on prendre plaisir à trouver les références comme les t-shirt ou les musiques.
La bande son fait d'ailleurs partie intégrante de la qualité de ce film avec l'utilisation de très bons morceaux de l'époque (pas forcément les choix de la facilité, on retrouvera ainsi du Pixies ou du Cypress Hill) mais aussi de superbes compositions de Trent Reznor et Atticus Ross (The Social Network, Gone Girl, etc).
Au niveau de l'image, c'est assez classique mais réussi, on appréciera le fait que le film ait été tourné en 16mm, l'image à un côté vintage qui renforce l'immersion.
Si le sujet n'est pas très original, la réalisation est impeccable. C'est subtil, drôle, émouvant, le film prend aux tripes et parlera de façon universel aux spectateurs. Plus qu'un film de skate c'est un film sur le passage à l'âge adulte et la difficulté de trouver sa place dans la société.
Avec ce premier film Jonah Hillfrape un très grand coup et j'espère qu'il saura poursuivre sur cette lancée. Je recommande chaudement
Conclusion :
Un beau reflet d'une époque et pourtant un film intemporel. Un superbe film sur le passage à l'âge adulte.
11 ans que nous espérions ce film sans y croire, 1 ans que nous l'attendions après la grosse claque Infinity War, les frères Russo arriveront-ils à conclure en beauté ce projet hors norme de Marvel ? C'est ce qu'il est enfin temps de voir.
Date de sortie : 24 avril 2019
Durée : 3h 01min
Réalisateur: Joe Russo, Anthony Russo
Casting : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
Genres : Action, Fantastique, Aventure
Nationalité : Américain
Synopsis :
La conclusion d'une saga débutée il y a 11 ans, les Avengers arriveront-ils à déjouer les plans de Thanos et sauver leurs amis ?
Critique :
Je l'ai déjà dit, et je le répète, Avenger : Endgame est un projet hors du commun. Une aventure qui aura duré 11 ans et produit 22 films pour porter sur écran l'univers des comics de super héros. Un genre très particulier, difficilement adaptable tant il est riche et complexe mais pourtant que nous étions nombreux à espérer. En l'état, Avenger : Endgame ne peut pas être critiqué uniquement comme un film, car en tant que film, il ne vaut pas grand chose. C'est un énième blockbuster avec son petit mélange humour, émotion, action et son scénario qui ne tient pas la route 2 sec pour le peu qu'on y réfléchisse.
Mais voilà Endgame c'est bien plus que ça, c'est le climax d'un univers qui nous a suivi 11 ans, c'est la dernière pierre des aventures de personnages que nous avons suivi au travers de plusieurs films, chacun nous donnant des raisons supplémentaires de nous attacher à eux. Endgame tient plus d'un final de série que d'un film. Il ne peut être jugé sur ses seules qualités intrinsèques mais aussi sur la qualité de toute la série qui l'a précédé. Et en cela, Endgame est parfait.
Tout de bric et de broc qu'il soit, il répond à toutes nos attentes.
C'est le moment de revenir sur les frères Russo. Comme beaucoup, je les ai découvert avec la série Community, une série peu connu mais que je recommande chaudement (on peut la voir sur amazon prime) pour son inventivité. Le point fort de la série étant la faculté de ses créatifs à détourner les codes. Ainsi, si l'histoire raconte celle "d'étudiants" dans une école on pourra à travers les épisodes avoir du polar, de la sf, de l'héroic fantasy, de la motion capture, du dessin animé, bref il n'y a probablement rien qui n'ait pas été traité dans la série. Elle est loin d'être parfaite (la dernière saison notamment était probablement de trop) mais c'est un laboratoire inoubliable qui démontrait le plein potentiel des Russo, leur faculté à s'accaparer et détourner les codes. Et c'est là encore ce qui fait l’intérêt de Endgame, comment les frères Russo (et leurs scénaristes) font du fan service non stop pour émouvoir ou amuser. Notamment, le fil directeur du film est exactement celui que je redoutais, et pourtant il se l'approprie suffisamment pour que ça reste passionnant.
Par contre, comme souvent dans ce genre de film, et je suis le premier à le regretter, il faut poser son cerveau au début de la séance. Pour le peu qu'on réfléchisse tout s'écroule comme un chateau de cartes tant l'histoire est approximative. Clairement le scénario privilégie le fan service pour récompenser les spectateurs qui ont vu les précédents films, un sentiment satisfaisant mais un peu vain pour la qualité de l'histoire. Alors oui, on cumule les ellipses pour éviter que le spectateur se pose des questions et pour laisser des portes ouvertes quant aux réponses mais personne n'est dupe. Niveau casting, difficile de ne pas s'extasier devant la richesse et le nombre d'acteur présent à l'écran. On se croirait dans un Wes Anderson ou un Woody Allen tellement c'est improbable (il y a même des guests de Community :D )
Niveau musique, c'est un peu ronflant mais ça fonctionne bien dans l'ensemble.
Niveau effets spéciaux, c'est très impressionnant on pouvait difficilement faire plus en terme de diversité et de qualité d'effets visuels.
Bref, à n'en pas douter, Endgame est le fantasme de geek ultime. Le film n'a pas grand intérêt en lui même, n'y allez pas si vous n'avez pas vu au minimum les précédents Avenger, mais c'est une fin en apothéose pour ce projet complètement fou.
Est-ce qu'ils auraient pu faire mieux ? Sans l'ombre d'un doute mais c'est déjà tellement miraculeux de pouvoir voir ça sur grand écran que je leurs concède les facilités, ce n'est plus du cinéma c'est de l'histoire du cinéma et si je ne reverrais pas forcément ce film, je ne suis pas prêt de l'oublier.
Si vous voulez du spoil, j'en fait tout plein plus bas et sinon dépêchez-vous d'aller au cinéma.
Conclusion :
Une fin à la hauteur du challenge, Endgame n'est pas un grand film mais c'est une oeuvre unique qui conclut en beauté un projet hors-norme. A voir absolument pour les amateurs du genre.
SPOILER : Il aurait été frustrant de critiquer ce film sans évoquer sa nature profonde.
J'avoue que j'avais très peur que l'histoire tourne autour du voyage dans le temps, c'était pour moi une solution de facilité et le risque de faire du grand n'importe quoi (comme souvent avec le voyage dans le temps). Pourtant, je dois reconnaître que le traitement est vraiment réussi même si on pourra regretter la solution de facilité pour gérer les problèmes en recourant aux réalités alternatives (oui, car la seule chose qui peut expliquer que toute fonctionne, c'ets ce que montre l'ancienne, chaque changement du passé crée une nouvelle réalité, il y a donc un monde ou Thanos disparaît en 2014 et n'a jamais pu mener son projet a bien, un monde ou Captain america a miraculeusement réapparut après la guerre et passé une vie d'américain moyen, etc) Tout se goupille suffisamment bien pour qu'on passe un excellent moment entre rires et larmes. Le principe même du "casse temporel" est une idée fabuleuse qui mériterait carrément d'être exploité plus subtilement (ce serait d'ailleurs étonnant que ça n'ait jamais été fait).
Le choix de la mort d'Iron Man est également parfait. Non seulement parce que c'est l'un des personnages les plus populaires mais aussi parce que cela boucle une saga inauguré par le premier Iron Man. Renforçant l'idée, même si elle est fausse puisque d'autres films arrivent, que nous sommes arrivé à la fin de l'histoire (au moins d'un cycle).
Je suis un peu plus sceptique sur le traitement de Black Widow, mais la franchise reste cohérente car le personnage est mal exploité depuis le début, ce qui est dommage vu qu'il s'agissait du seul Avenger féminin. J'espère d'ailleurs que l'union des super héroïne de la fin est une déclaration d'intention de la part de Marvel, la démonstration qu'ils ont compris qu'ils avaient des efforts à faire sur la représentativité des super héroïnes et que ce sera fait dans la nouvelle vague.
Dernier bémol, le traitement de Captain Marvel, le personnage est scénaristiquement mis de côté pour une raison bidon (qu'est-ce qui pourrait être plus important que de sauver la moitié de l'univers ? ) tout simplement car elle est trop puissante et qu'ils n'ont pas su le gérer. C'est dommage de l'avoir réintégré en dernière minute juste pour ça. SPOILER
J'imagine que vous ne devez pas être nombreux à avoir entendu parler de ce film, mais ce blog ne serait pas ce qu'il est si je me contentais de critiquer des blockbusters, il est donc temps d'ouvrir un peu vos horizons.
Date de sortie 3 avril 2019
Durée : 1h 37min
Réalisateur : Sameh Zoabi
Casting : Kais Nashif, Lubna Azabal, Yaniv Biton
Genre : Comédie
Nationalités : Luxembourgeois, Israélien, Belge
Synopsis:
Trentenaire sans ambition, Salam a la chance de travailler comme stagiaire sur la série de son oncle "Tel Aviv on fire !". Le tournage se déroulant à Ramallah et lui habitant à Jérusalem, il est obligé de passer le check point tous les jours. Malheureusement, l'un des officiers en charge compte bien se servir de Salam pour mettre son grain de sel dans la série à succès.
Critique :
Tel Aviv on fire est le troisième film de Sameh Zoabi. C'est pour ma part la première fois que j'entend parler de ce réalisateur mais l'ambition du projet m'a immédiatement séduit. Faire une comédie d'un sujet aussi grave que le conflit israélo-palestinien ça demande beaucoup de talent, ou d'inconscience, et j'étais curieux de voir lequel des deux l'emportait.
Le scénario est habile avec une petite touche de méta puisqu'on suit la réalisation d'une série sur le conflit israélo-palestinien, l'occasion de réfléchir aux implications politiques et artistiques du sujet tout en suivant le personnage principale qui essaye juste de sauver sa peau. Le traitement est subtile, nous sommes loin de la comédie potache, le film repose plutôt sur le comique de situation et le décalage qu'offre certaines scènes.
Niveau réalisation, rien d'extraordinaire à signaler, c'est propre et efficace. Niveau casting, peu d'acteurs connus si l'on excepte Lubna Azabal qui a fait pas mal de série et tourné dans Incendies de Villeneuve. Le film repose surtout sur Kais Nashif touchant en tanguy (je préfère nettement cette version là) et dont le flegme fait rire sans excès.
Il n'y a pas énormément à dire sur Tel Aviv on fire, tout l'enjeux du film repose sur la difficulté de traiter d'un sujet aussi grave de manière aussi légère et les conséquences que cela peut avoir. S'il s'avère drôle à de nombreux moments, le film nous fait surtout réfléchir tout en nous faisant découvrir un univers que nous ne connaissons pas. Le grand public pourra ainsi découvrir les coulisses d'un show télé (même si elles sont assez peu réalistes) mais surtout la vie à Jerusalem et Ramallah et les tensions de la "cohabitation". C'est un film vraiment très intelligent, notamment dans sa façon de se conclure. La fin était probablement la plus grande difficulté du film puisqu'elle devient un enjeu dans l'histoire même du film. Le scénariste s'en sort pourtant avec brio nous offrant une conclusion légère mais intelligente. Nul doute sur le fait que le film soit engagé et globalement les palestiniens ont plutôt le beau rôle même s'il y a un certain sens de la mesure et que le film est loin d'être à charge. Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce film, ce n'est pas la meilleure comédie que j'ai pu voir, vous n'allez pas rire comme des baleines, mais vous aurez rarement l'occasion de vous frotter à une telle thématique de cette façon et c'est ce traitement unique de ce film qui le rend exceptionnel.
Conclusion :
Une excellente comédie au thème audacieux et redoutablement bien écrite.