Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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mercredi 24 avril 2019

Tel Aviv on fire

J'imagine que vous ne devez pas être nombreux à avoir entendu parler de ce film, mais ce blog ne serait pas ce qu'il est si je me contentais de critiquer des blockbusters, il est donc temps d'ouvrir un peu vos horizons.





Date de sortie 3 avril 2019
Durée : 1h 37min
Réalisateur : Sameh Zoabi
Casting : Kais Nashif, Lubna Azabal, Yaniv Biton
Genre : Comédie
Nationalités : Luxembourgeois, Israélien, Belge

Synopsis:


Trentenaire sans ambition, Salam a la chance de travailler comme stagiaire sur la série de son oncle "Tel Aviv on fire !". Le tournage se déroulant à Ramallah et lui habitant à Jérusalem, il est obligé de passer le check point tous les jours. Malheureusement, l'un des officiers en charge compte bien se servir de Salam pour mettre son grain de sel dans la série à succès.

Critique :

Tel Aviv on fire est le troisième film de Sameh Zoabi. C'est pour ma part la première fois que j'entend parler de ce réalisateur mais l'ambition du projet m'a immédiatement séduit. Faire une comédie d'un sujet aussi grave que le conflit israélo-palestinien ça demande beaucoup de talent, ou d'inconscience, et j'étais curieux de voir lequel des deux l'emportait.
Le scénario est habile avec une petite touche de méta puisqu'on suit la réalisation d'une série sur le conflit israélo-palestinien, l'occasion de réfléchir aux implications politiques et artistiques du sujet tout en suivant le personnage principale qui essaye juste de sauver sa peau. Le traitement est subtile, nous sommes loin de la comédie potache, le film repose plutôt sur le comique de situation et le décalage qu'offre certaines scènes.
Niveau réalisation, rien d'extraordinaire à signaler, c'est propre et efficace.
Niveau casting, peu d'acteurs connus si l'on excepte Lubna Azabal qui a fait pas mal de série et tourné dans Incendies de Villeneuve. Le film repose surtout sur Kais Nashif touchant en tanguy (je préfère nettement cette version là) et dont le flegme fait rire sans excès.
Il n'y a pas énormément à dire sur Tel Aviv on fire, tout l'enjeux du film repose sur la difficulté de traiter d'un sujet aussi grave de manière aussi légère et les conséquences que cela peut avoir. S'il s'avère drôle à de nombreux moments, le film nous fait surtout réfléchir tout en nous faisant découvrir un univers que nous ne connaissons pas. Le grand public pourra ainsi découvrir les coulisses d'un show télé (même si elles sont assez peu réalistes) mais surtout la vie à Jerusalem et Ramallah et les tensions de la "cohabitation". C'est un film vraiment très intelligent, notamment dans sa façon de se conclure. La fin était probablement la plus grande difficulté du film puisqu'elle devient un enjeu dans l'histoire même du film. Le scénariste s'en sort pourtant avec brio nous offrant une conclusion légère mais intelligente. Nul doute sur le fait que le film soit engagé et globalement les palestiniens ont plutôt le beau rôle même s'il y a un certain sens de la mesure et que le film est loin d'être à charge.
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce film, ce n'est pas la meilleure comédie que j'ai pu voir, vous n'allez pas rire comme des baleines, mais vous aurez rarement l'occasion de vous frotter à une telle thématique de cette façon et c'est ce traitement unique de ce film qui le rend exceptionnel.




Conclusion :

Une excellente comédie au thème audacieux et redoutablement bien écrite.

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