Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 5 juillet 2021

Fear Street part 1 : 1994

Le hasard, et probablement le manque, auront voulu que je fasse de cette semaine une spéciale film d'horreur. On commence avec le petit nouveau sortie sur Netflix, et on poursuivra vendredi avec un film en salle.


Date de diffusion :  2 juillet 2021
Durée :  1h47
Genre : Slasher, teenmoovie
Réalisation : Leigh Janiak 
Casting : Kiana Madeira, Benjamin Flores Jr., Julia Rehwald, Fred Hechinger, Olivia Scott Welch

Nationalités : USA

Synopsis :

Il se passe de drôles de choses à Shadyside, une ville surnommé la capitale du meurtre tant les drames s'y accumule. Et ce n'est pas le nouveau massacre qui vient de faire rage au centre commercial qui va changer ça. Au contraire, il s'agit de la première pièce d'un enchainement aux terribles répercutions.

Critique :


Fear Street
est une adaptation de la saga littéraire de R.L.Stine plus connu pour sa série Chair de Poule. Pas de quoi m'émouvoir mais ce qui m'a séduit dans ce projet c'est qu'il s'inscrit dans le cadre d'une trilogie qui sera diffusé les 3 premiers vendredi de juillet et qui promet de découvrir la ville de Shadyside à travers les siècles. Une idée que je trouve plutôt séduisante surtout qu'elle s'accompagne d'un paris intrigant : remonter le temps. Ainsi, le premier film se déroule en 1994 et le troisième nous fera découvrir l'année 1666.

Le choix de 1994 n'est surement pas anodin, c'est une véritable orgie de nostalgie, les amateurs de

Stranger Things seront aux anges, on  trouve le même soin à profaner l'imaginaire de l'époque. Que ce soit en martelant les hits de l'époque (Radiohead, Portichead, Pixies, etc), en montrant des mixtapes ou les prémices d'internet, ou plus simplement en pillant les classiques de l'époque (Scream, Blairwitch, etc) tout est fait pour flatter les bas instincts régressifs du spectateur. Si c'était une démarche sincère de fan, cela ne me gênerais pas, mais bizarrement, j'en doute. 

Passé cette réflexion, l'on se retrouve donc devant un slasher plutôt convenu, à ceci près qu'il se destine très clairement au grand public. L'hémoglobine est restreinte à sa plus simple expression et il faudra attendre la dernière demi heure pour assister à un effet spécial vraiment gore (rien qui ne marquera un amateur du genre pour autant). Si le suspense fonctionne assez bien et qu'on est pris par la fuite de ce groupe de jeune, il ne faudra pas compter sur des pics d'adrénaline, est-ce à cause du budget ou de l'orientation grand public, mais même le piège tendu par les héros qui aurait pu offrir un réel climax visuel n'offre au mieux qu'un pétard mouillé.


Scénaristiquement, les protagonistes sont aussi stupide qu'a l'accoutumé dans ce genre de film (pourquoi ne pas accomplir leur "rituel" final dans l'ambulance en marche vu que leurs ennemis sont tous à pied et donc uniquement dangereux si on les attend) et le film n'a pas le temps de développer grands choses. Certes, on nous jette quelques anciens tueurs à la va vite, on évoque la sorcière et son histoire et on installe la rivalité entre Sunvalley et Shadyside (j'aimerais tellement que les problèmes de Shadyside soit dû aux ancêtres de Sunvalley) mais le film se concentre surtout sur la survie du groupe de héros. Peu d'originalité dans l'ensemble si ce n'est concernant le personnage de Sam. Je n'en dirais pas plus mais son traitement est probablement le seul intérêt du film tant le reste est convenu.

Niveau casting, on se retrouve avec de jeunes acteurs peu connu, ils font tous bien le job mais pas de quoi s'emballer.

Dans l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment devant ce film, c'est propre, ça m'a rappelé mon adolescence mais surtout que j'avais déjà vu ça trois mille fois. Clairement, j'aurais aimé voir quelque chose de meilleur mais j'attend vraiment de voir la suite pour donner mon avis définitif sur cette trilogie. En lui-même ce premier film n'a aucune valeur, il ne prendra de l'intérêt que si les auteurs réussissent à développer quelque chose dans la suite à partir des éléments plantés ici. En cela, le choix de remonter le temps (même si ce premier film laisse entendre qu'on continuera à voir 1994 dans les deux prochains) me laisse perplexe. Wait and see comme on disait dans les années 90.




Conclusion :

Un premier opus passable, à voir si les suivants développent un univers intéressant ou si cette trilogie n'est qu'une énième surexloitation sans originalité du genre.



vendredi 25 juin 2021

Trese

On poursuit les explorations avec cette fois un dessin animé fantastique venu de Philippine. Laissez moi vous présenter : Trese.


Date de diffusion :  11 juin 2021
Durée :  6 x 30 min 
Genre : Animation, fantastique, thriller
Création : David Hartman, Jay Oliva
Casting vocal :  Shay Mitchell, Carlos Alazraqui, Eric Bauza |

Nationalités : Philippines, Singapore, Indonesia


Synopsis:

De nos jours à Manille, Alexandra Trese doit préserver la paix entre notre monde et celui des créatures du dessous. 

Critique :


Trese est l'adaptation d'une bd Philippine à succès de Budjette Tan et Kajo Baldisimo, c'est de l'urban fantasy sauce polar (et si vous suivez ce blog, vous vous doutez que j'aime) sauf qu'au lieu d'un détective privé on trouve une protectrice des humains et au lieu de gangs mafieux on rencontrera des clans d'êtres surnaturels. 

L'action se déroule à Manille (aux philippines donc, un coin qu'on voit assez rarement développé en fiction) et si l'on aura peu l'occasion de découvrir les particularités de la ville, on pourra tout de même découvrir le folklore Philippin (les aswangs, les Tikbalang, etc). En terme d'ambiance, si vous aimez ce genre d'histoire, c'est un sans faute, on retrouve la sensation d'enquête, les menaces, les alliances, les trahisons. On navigue de politiciens corrompus, en policiers dépassés et en industriels orgueilleux et tout ce qui fait de ce genre d'aventure des histoires riches et surprenantes.

En 6 épisodes, la série n'a pas vraiment le temps de développer énormément de choses et pourtant elle réussit à

faire découvrir plusieurs clans, à détailler les origines du personnage principal et de la situation actuelle tout en développant un grand méchant et en gardant des munitions pour la suite. Si les épisodes vous réservent quelques surprise, l'ensemble est assez convenu mais tout de même efficace.

Niveau graphisme, je trouve cela très réussi. Jay Oliva connait son affaire, il a travaillé pour plusieurs films de super héros (Wonder Woman, Thor Ragnarok, Deadpool, etc) et de nombreux dessins animés. J'ai du mal à ne pas voir en Trese un major Kusanagi contrefait mais le personnage n'en reste pas moins cool et le reste des designs sont globalement réussis, à l'image des deux gardes du corps de l'héroïne ou de certains monstres (comme celui de l'épisode 3).

Niveau animation, la série pèche un peu plus, on sent que le budget est à la peine et les scènes d'actions sont réduit à leur plus simple expression. C'est d'autant plus dur à apprécier si comme moi vous avez pu vous réjouir de la grande créativité des affrontements dans Castlevania. Ici pas de 3D, c'est de la 2D ce qu'il y a de plus plat et statique et sans guère d'inventivité pour compenser. Rien de rédhibitoire pour autant, l'action n'est pas le principal centre d'intérêt de ce dessin animé. On fait ici vraiment face à une série d'ambiance qui gagnera à se développer au fil des saisons si Netflix leur en laisse le temps.

Niveau casting, je ne connais aucun des acteurs, mais leurs voix sont bien choisies et renforce l'atmosphère sombre et "réaliste" de l'histoire.

Six épisodes de 30 minutes, c'est vite avalé, si le genre vous intéresse, ce serait dommage de passer à côté car c'est relativement bien construit et l'univers donne envie d'en voir plus. Une bonne surprise.



Conclusion :

Une bonne petite série à l'ambiance sombre et prenante qui mériterait un plus gros budget.

lundi 21 juin 2021

Girl From Nowhere

On poursuit l'exploration des séries à travers le monde avec cette intrigante série Thaïlandaise à déconseiller aux âmes sensibles.

Diffusion sur Netflix : aout 2018
Durée : 13 x 45 min
Genre : Drame, fantastique
Création : Komgrit Triwimol, Jatuphong Rungrueangdechaphat
Casting : Chicha Amatayakul
Diffuseur : GMM 25

Pays : Thaïlande

Déconseillé au moins de 16

Synopsis :

Nouvelle venue dans l'école, Nano va agir comme un révélateur et dévoiler les côtés les plus sombres des élèves et de leurs professeurs.

Critique :


Très librement inspirée de fait divers Thaïlandais, Girl From Nowhere est une série anthologique traitant de la société Thailandaise au travers du milieu scolaire. Ainsi, d'épisodes en épisodes, Nano passe d'école en école mettant chaque fois au grand jour l'hypocrisie, les mensonges et la violence qui s'y cache.

Les sujets abordés sont souvent très dur ainsi, dès le premier épisode, la série nous confronte à un pédophile et Girl from Nowhere n'hésite pas à flirter avec les codes du cinéma d'horreur. Aussi séduisante qu'elle soit, Nano devient vite terrifiante et on espère autant qu'on le redoute son arrivée dans chacune des écoles. Scénaristiquement, les histoires se tiennent bien avec des constructions de personnages cohérentes, exception faite de l'épisode 9, où l'écriture m'a semblé plus flemmarde (une dizaine d'élève et un professeur s'enferment dans une classe car une tueuse armée d'un couteau rode dans l'enceinte). Il faudra également accepter que tout ne soit pas expliqué, Nano semble tout simplement omnipotente, aussi certains événement n'ont de logique que si on accepte que Nano a pu le faire (exemple dans l'épisode 9, les communications sont mystérieusement coupées)

Si on ne la voit pas autant qu'on pourrait l'espérer, c'est évidement Nano, incarné par la très talentueuse

Chicha Amatayakul (The Serpent, etc) qui fait tout le sel de la série. Contrairement aux anthologies classiques (Black Mirror, tales from the crypt, etc) Nano est le lien direct entre chaque épisode, si les histoires sont très différentes elles commencent presque toutes avec l'arrivée de la jeune fille dans un nouvel établissement. Et c'est là que réside ma plus grande frustration, le grand amateur de série que je suis aurait voulu voir le personnage se développer, être expliqué et prendre de l'importance mais Nano est Nano, elle n'est qu'un Macguffin qui permet à l'histoire de se dérouler.

Il pourra également être troublant de ne pas comprendre les motivations de Nano car si l'on pourrait croire dans un premier temps qu'elle est une manifestation karmique, une façon de rétablir de la justice dans un monde corrompu. Comment expliquer que ses actions puissent avoir des conséquences désastreuses sur de parfaits innocents (premier épisode), voir que ce soit elle qui corrompe le cœur des humains (sixième épisode) ?

A noter enfin que l'ambiance malsaine et horrifique des épisodes repose pour beaucoup sur un rythme très lent. La courte durée des épisodes compense ce choix artistique mais pourra ne pas suffire pour les amateurs de dynamisme.


Malgré toutes ses qualités, je ne sais pas si je regarderais la prochaine saison de la série. Je n'accroche vraiment pas au principe même des anthologies. Si je regarde des séries c'est pour voir des univers et des personnages se construire. J'aurais ainsi été curieux de découvrir qui ou quoi est Nano et pourquoi elle agit ainsi. Mais cela ne sera jamais abordé dans cette série car Nano n'est qu'un prétexte. Aussi cool que soit le personnage, il n'est rien en soi, il n'est qu'une manière d'unifier les scénarios pour leur donner une cohérence globale.


Conclusion :

Une série d'anthologie sombre à l'ambiance très réussie.