Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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vendredi 31 août 2018

Blackkklansman

Le temps file, et une fois de plus je me trouve à cours. Je vais quand même essayer de me faire quelques toiles car il y a de belles choses en ce moment je vais juste devoir opter pour des critiques plus courtes.




Date de sortie 22 août 2018
Durée : 2h 16min
Réalisation :  Spike Lee
Csting : John David Washington, Adam Driver, Topher Grace
Genres : Biopic, Comédie, Policier
Nationalité : Américain

Synopsis:

Premier flic noir du Colorado Springs Police Department, Ron Stallworth va devoir lutter contre les préjugés mais surtout réussir à infiltrer le Ku Klux Klan pour en démenteler la dangeureuse antenne locale.

Critique :

Il me faisait de l’œil depuis un moment celui là. Déjà parce que j'aime beaucoup Spike Lee et que je n'avais rien vu de lui depuis Inside Man (c'était hors de questions que j'aille voir Old Boy, faut pas déconner, Park Chan-Wook for ever !). et ensuite parce que le pitch était complètement fou. L'histoire vraie de comment un officier de police noir a réussi à infiltrer le Ku Klux Klan, c'est démentiel. Sans parler du fait que c'est toujours tristement d'actualité car aujourd’hui encore le Klan et le fascisme sont très représentés aux états-unis (en Europe nous avons seulement le fascisme, on a de la chance).
Du coup, j'étais très motivé pour voir ce film et je n'ai pas été déçu. On retrouve tout le talent de réalisateur de Spike Lee mais également son côté militant. C'est quelque chose que j'ai toujours aimé chez lui mais que j'ai trouvé un peu trop prononcé ici. En effet, le film souffre de légers problèmes de rythme que j'attribue au fait que le réalisateur a privilégié la militance à la narration. J'ai surtout trouvé cela flagrant dans la première scène de discours, bien plus longue qu'elle n'aurait dû l'être pour servir l'histoire.
Après, je ne nie pas au film son intérêt ainsi que la nécessité de pouvoir dire ces choses à l'écran. Mais je pense que le film aurait gagné en force et donc le discours en efficacité si le réalisateur s'était montré légèrement moins militant. Sans parler que dans certains moment, les références aux événements contemporain sont un peu trop appuyées. Les personnages nous feraient un clin d'oeil que ça n'en serait pas moins grossier.
C'est dommage car le film est plutôt subtile dans l'ensemble. Loin de se focaliser sur le KKK, qui est un problème évident, le film dénonce bel et bien toutes les formes de sectarisme au travers d'un personnage moderne et réfléchi (et d'une scène en montage parallèle très réussi).
Bon divertissement, Blackkklansman fait parti de ses films utiles qui nous donnent à réfléchir sur notre société en nous montrant ses aspects peu reluisant d'autant que le film est inspiré de faits réels à plus d'un titre.
Niveau casting, j'ai beaucoup apprécié John David Washington que je n'avais jamais vu, et Adam Driver (L'homme qui tua don quichotte, Logan Lucky, etc) fait aussi du très beau boulot. La caractérisation des personnages fait parties des points forts du film. On s'attache facilement à eux, ils ont tous ce petit trucs qui fait qu'on les remarque.
Pour finir, je dirais que j'ai eu un peu de mal avec la fin du film, qui se fait en plusieurs étapes. On rentre ici purement dans l'experience personnelle et l'interprétation mais j'ai trouvé que la "vraie fin" du film était vraiment chouette et concluait cette comédie de la meilleure des façons. Au contraire, les fins que je qualifierais de "additionnelles", si elles sont plus réalistes viennent un peu plomber le discours précédent et je ne vois même pas ou ça mène à part à démoraliser le public.
Bref, il y a quelques petites choses qui m'ont gêné mais ça reste un bon films important, donc je recommande chaudement.


Conclusion:

Un film passionnant, drôle et profondément militant, peut-être un tout petit peu trop ce qui donne des longueurs. Dommage car il a beaucoup de qualité et c'est un beau retour de Spike lee sur le grand écran.

mercredi 29 août 2018

Les vieux fourneaux

Allez, visiblement je suis dans une période comédie Française, rassurez-vous, ça me passera vite mais pas avant que je vous ai parlé de cet énième adaptation de bande dessinée.




Date de sortie 22 août 2018
Durée : 1h 29min
Réalisation : Christophe Duthuron
Casting : Pierre Richard, Eddy Mitchell, Roland Giraud
Genre : Comédie
Nationalité : Français

Synopsis:

A la mort de Lucette, Pierrot et Mimille vont retrouver leur ami Antoine désormais veuf pour le consoler. Mais lorsque celui-ci tombe sur une lettre prouvant qu'elle l'a trompé avec son ancien patron, son sang ne fait qu'un tour et Sophie, la petite fille d'Antoine ainsi que ses deux vieux amis vont devoir tout tenter pour l’empêcher de commettre le pire.

Critique :

Premier film de Christophe Duthuron, les vieux fourneau est l'adaptation d'une bd à succès de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet.
Si j'en ai lu un peu je n'ai malheureusement pas lut le premier tome, celui qui est adapté ici, et ne pourrais donc pas jauger de la qualité de l'adaptation. Je peux au moins dire que l'esprit est bien retranscrit, on retrouve notamment cette ambiance très campagnarde et anarchiste propre à l'histoire de ces trois petits vieux.
La force du film, évidemment, c'est son casting, réunir Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud pour incarner les trois personnages c'étaient vraiment une bonne idée. Le choix d'Eddy Mitchell est certes un peu discutable, son physique ne correspondant absolument pas à celui du personnage de la bd mais la joie de revoir le chanteur sur le grand écran pallie ce petit défaut.
Les rôles féminin ne sont pas en reste, au contraire, car face à cette petite bande de rigolo ont trouve de beaux rôles de femme de poigne et Alice Pol, en plus de sa fougue, offre un peu de fraîcheur
Au niveau de l'histoire, ça fonctionne vraiment bien, les personnages sont attachants et on se laisse emporter par leur improbable aventure.
De plus, si la réalisation est assez classique, elle réserve toutefois quelques surprises concernant les flashback qui apportent un petit plus non négligeable à l'ensemble. Il n'y a guère que le tout premier que j'ai trouvé un peu raté, probablement parce qu'il repose uniquement sur un effet spécial.
S'il y avait un défaut que je devrais retenir c'est que finalement le film n'est pas follement drôle. On ne rit pas vraiment même si on s'amuser beaucoup. C'est un excellent divertissement doublé d'une histoire touchante mais pas vraiment une comédie. Pour une fois, je pense qu'on peut dire que l'adaptation est réussie et qu'elle permettra peut-être à un nouveau public de découvrir cet univers.




Conclusion:

Une chouette comedic, très française mais dans le bon sens du terme.

lundi 20 août 2018

Le monde est à toi

On équilibre un peu le blog avec une comédie Française, un genre que je traite assez rarement. La bande-annonce ne m'avait pas vraiment vendu du rêve mais les conseils d'une amie et le créneau horaire m'ont décidé à tenter ma chance. L'occasion de faire une bonne découverte ou pas ? C'est ce que nous allons voir.  





Date de sortie : 15 août 2018
Durée : 1h 41min
Réalisateur : Romain Gavras
Casting : Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel
Genres : Action, Comédie
Nationalité : Français

Synopsis :


François n'a jamais connu que le milieu du crime, pourtant il rêve d'une vie tranquille, loin du danger et des escrocs. Un rêve à portée de main puisqu'il lui suffit d'investir ses économies avant la fin de la semaine. Mais c'est compter sans sa mère qui à tout dépensé condamnant François à trouver un moyen de rassembler 80 000 euros en quelques jours s'il ne veux pas tirer un trait définitif sur ses rêves.

Critique :


Le monde est à toi est le deuxième film de Romain Gavras fils du célébre réalisateur Costa Gavras (Z, Amen, etc) et plus habitué aux courts métrage et à la pub qu'au cinéma. C'est une comédie de gangsters avec une structure assez classique (un peu à la Ocean 11 ou Logan Lucky), le coup qui tourne mal et nécessite un second coup qui réserve des surprises. Une structure peu originale donc et qui génère des attentes, le coup final devant être le climax de l'embrouille ce moment où l'on est impressionné par l'intelligence du héros.
S'il y a beaucoup de déjà vu dans le thème, l'originalité du film réside dans le léger décalage des archétypes de ses personages et surtout de son héros véritable antithèse de Tony Montana, fils à maman opprimé qui ne rêve que d'une vie normale loin des deals et des arnaques. Dans ce rôle d'homme ordinaire Karim Leklou (Le nom des gens, Un prophète, etc)  un acteur que je n'avais jamais vu mais qui rempli parfaitement son rôle d'homme acculé, fatigué, qui se bât pour défendre son dernier espoir. Son petit côté looser le rend éminemment sympathique et surtout ce personage évite la banlieusite (néologisme bonjour, je veux parler de l'utilisation abusive des pires modes d'expressions de banlieue: les wesh, les gros, les refré, etc qui rendent un personnage insoutenable) face à lui la Divines Oulaya Amamra qui s'avère une fois de plus très douée. Comme pour Divines son personnage est suffisamment riche pour lui permettre d'exprimer toute une palette d'émotions et elle n'a pas à rougir face aux grosses vedettes du film. Car oui, le film a la chance d'avoir deux gros nom du cinéma français à l'affiche : Isabelle Adjani absolument parfaite en mère abusive et Vincent Cassel tout aussi marquant en gros looser complètement effacé. Son personnage est probablement un des plus drôles du film et c'est agréable de le voir dans un rôle bien moins charismatique que ceux auquel nous avons été habitué. Enfin, le casting se complète de quelques belles gueules et de personnages savamment décalés comme "Poutine". On notera enfin la présence de Philipe Katerine et de François Damiens même s'il s'agit surtout de sympathique cameos.
Ce que j'ai vraiment apprécié dans ce casting et dans les personnage c'est que le film n'a pas plongé dans l'illustration lourdingue de la banlieue, ce que laissait craindre la bande annonce. On retrouve effectivement les éléments tape à l’œil et agressif qu'on attribue de façon négatif à cet univers mais le film a su voir plus loin et c'est appréciable.
La bande son est en ce sens très réussie car si on retrouve du rap on retrouve aussi de grands classiques de la chanson populaire française qui donnent une toute autre ampleur aux images.
Si la direction d'acteur est à l'évidence de qualité, il en est de même pour la réalisation avec quelques plans vraiment superbes, ne serait-ce que ce tout premier plan de la cité. Difficile de faire plus marquant. Pour autant, la réalisation souffre d'un point plus faible : les scènes d'actions, car si l'histoire s'y prête, il n'y en a ici quasiment aucune.  Il y a bien quelques utilisations d'armes à feu et quelques coups mais il ne s'agit jamais d'affrontements ce sont juste des aggressions à sens unique qui permettent d'illustrer la violence mais jamais d'insuffler de l'action. C'est un détail, voir même un choix, mais j'ai ressenti un léger manque à ce niveau et le public habitué aux blockbusters Americains du même style le ressentira d'autant plus.
Enfin, le point faible du film, c'est probablement le scénario. Ce n'est pas qu'il soit mauvais, il y a beaucoup de bonnes choses c'est juste qu'il est mal équilibré. Le cœur du film est un peu confus avec un empilement de péripéties qui rallongent inutilement le film (ou disont qu'il y avait déjà eu tellement de choses avant qu'on a surtout envie de rentrer dans le dur du film à ce moment) mais surtout le climax n'est pas à la hauteur. Comme je l'expliquais plus tôt, il s'agit d'un film d'arnaque, la construction est classique et mène à une ultime arnaque où le héros doit passer pour un petit génie. Sauf que cette conclusion ne me semble pas assez satisfaisante. Là encore trop brouillonne, on perd la force du film pour finir de façon molle et décevante ce qui va presque à l'encontre du sujet.
Bref, j'ai passé un bon moment devant ce film mais je suis un peu frustré qu'il n'ait pas pu prendre plus d'ampleur car Romain Gavras a très clairement une patte et devrait pouvoir nous épater dans ses prochains films.
Anecdote le film m'a étrangement fait penser à Narco de Gilles Lelouche. Le rapport n'est pas évident mais il y a quand même quelque chose. Quoi qu'il en soit, je ne peux que vous recommander de jeter un œil à Narco si vous avez l'occasion. Les films français aussi originaux se font rares.




Conclusion :

Un bon petit mix polar/humour, on regrettera juste un léger manque de maîtrise de la narration qui fait passer le film a peu de chose d'être vraiment très bon.



Une affiche alternative plutôt sympa