Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 30 juillet 2018

Une pluie sans fin

J'ai l'impression d'avoir du mal à assouvir ma coupable passion pour le cinéma asiatique cette année, heureusement un nouveau venu apparaît pour relever le challenge. Vendu comme la confrontation entre Seven et Memories of Murder, rien que ça, ce nouveau film ne pouvait que m'interpeller, en espérant ne pas être déçu. 






Date de sortie 25 juillet 2018
Durée : 1h 59min
Réalisateur : Dong Yue
Casting : Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan (II)
Genre : Thriller
Nationalité : Chinois


Synopsis : 

1997, alors que la Chine va connaitre de profonds bouleversements, Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une usine de campagne tente d'aider la police à résoudre une série de meurtre. L'enquête n'avançant pas, elle va bientôt devenir une véritable obsession pour le détective amateur et détruire progressivement sa vie.




Critique : 

Comme souvent, débarrassons nous tout de suite de la comparaison débile. Le seul rapport entre ce film et Seven c'est un tueur en série et de la pluie, c'est assez maigre donc. Pour Memories of Murder, par contre, je dois reconnaître qu'on est très proche. On retrouve l'aspect campagnard et daté, l'impuissance de la police, les personnages un peu décalé, l'ambiance pesante, sans parler des références orientales. Bref on est très proche et pourtant, il existe une différence majeure : le thème.
Si Memories of Murder traitait essentiellement de l'impuissance et nous montrait comment elle peut rendre fou, une pluie sans fin s'intéresse plutôt à l'obsession et nous montre comment elle peut aveugler un homme raisonnable. Et très clairement ce nouveau film n'a rien à envier à son prédécesseur il en est au contraire une variante très appréciable. Si je n'ai pas reçu la même claque qu'a l'époque, le côté rare et surprenant n'étant plus de mises, je dois admettre avoir passé un excellent moment devant ce thriller.
Niveau réalisation, c'est du très beau travail, des ambiances superbes et quelques bonnes idées de mise en scène un constat d'autant plus impressionnant qu'il s'agit d'un premier film. L'histoire n'est pas très originale mais c'est intéressant de la voir transposer dans la chine populaire d'avant 2000 et surtout c'est le parcours du personnage principal qui est atypique et intrigant.
L'acteur est d'ailleurs très bon, je ne le connaissais pas mais il incarne avec talent les divers états par lequel passe le personnage. Le reste du casting est également très bon avec quelques gueules atypiques comme le commissaire.
Dans l'ensemble, Une pluie sans fin se révèle une excellente surprise réussissant à surprendre avec une histoire pourtant déjà vue et offrant un polar très sombre.
Je ne peux que vous le recommander surtout si vous avez apprécié Memories of Murder. Je vous parlais il y a peu de l'importance croissante de la chine dans l'industrie du cinéma, espérons que cela permette de voir débarquer d'autres pépites de ce niveau d'autant que le film porte un regard plutôt critique sur la société chinoise.




Conclusion :


Plus qu'un clone de Memories of murder, Une pluie sans fin offre un nouveau regard sur une histoire classique de tueur en série pour livrer un thriller de grande classe.

Une affiche alternative que je trouve plutôt parlante.


mercredi 25 juillet 2018

The Incredibles 2

On reste dans le film d'animation et on parle une fois de plus de super héros avec ce deuxième opus de "Les indestructibles". Le premier film avait marqué les esprits, il y a presque 15 ans, alors que les super-héros étaient surtout fait d'encre et de papier, sa suite s'illustrera-t-elle autant maintenant que la vague des Super a submergé le grand écran ?





Date de sortie : 4 juillet 2018
Durée : 1h 58min
Réalisation : Brad Bird
Casting : Gérard Lanvin, Déborah Perret, Louane Emera
Genres : Animation, Famille
Nationalité : Américain

Synopsis :

Bien qu'ils aient sauvé le monde, les super héros sont toujours illégaux et la superfamille de Mr Incredible et Elastigirl va bientôt avoir du mal à joindre les deux bouts. Heureusement, un fan milliardaire va leur proposer une offre difficile à refuser : la vie de nos héros va changer pour le meilleur ou pour le pire Elastigirl devant assurer seule le rôle de superhéroine tandis que son époux devra quant à lui s'occuper de gérer ses trois enfants.

Critique :

En toute franchise, je n'attendais pas de suite aux Indestructibles. J'avais beaucoup apprécié le premier opus qui se nourrissait intelligemment de l'univers des super héros pour livrer un film tout public et intelligent mais le tout se suffisait à lui même et il n'y avait pas forcément matière ou intérêt à faire plus.
15 ans plus tard, les choses ont bien changé, les super héros ont littéralement envahi l'industrie du divertissement et sont presque devenu grand public alors qu'ils étaient marginal jusque là. Un constat qui pouvait donner matière à faire un film mais qui n'est quasiment pas exploité si ce n'est pas le fait de présenter brièvement les super comme des produits à vendre.
C'est donc plus guidé par la curiosité que pas une quelconque envie que je me rendis dans les salles obscures découvrir le "nouveau" né des studios Pixar.
Le film reprend peu de temps après le premier, on y retrouve notre petite famille dans une posture toujours aussi difficile puisqu'il est toujours illégal d'être un super héros.
Pixar n'a rien perdu de son savoir faire, les designs sont superbes, l'animation très naturelle et les scènes d'actions sont tellement spectaculaire qu'elles n'ont rien a envier aux derniers blockbuster du moment. Bref, la réalisation est léché, avec quelques plan très beau comme l'affrontement psychédélique avec le terrible Screen Slaver.
Niveau scénario par contre, ça ronronne un peu plus. C'est efficace, comme souvent dans les scénarios américain (et surtout j'ai Disney)  mais probablement trop. Il n'y a pas de réelles surprises, tout est prévisible et rien ne passionne vraiment. On suit l'histoire d'un œil amusé par les facéties des personnages mais sans vraiment se laisser griser par l'histoire.
C'est probablement ce qui explique que ma scène préférée soit celle de la découverte des pouvoirs de Jack Jack, une scène inutilement longue et gratuite mais tellement jubilatoire qu'elle vole la vedette au reste du film. Jack jack est un peu aux Indestructible ce que Scrat est à l'âge de glace.
Même si c'est dans l'air du temps et qu'on peut se demander à quel point c'est un choix sincère, je trouve plutôt moderne d'avoir mis le focus sur Elastigirl pour cet épisode. C'est d'autant plus un excellent choix que le personnage de Mr Incredible est assez creux et que le film aurait été encore plus redondant s'il n'avait été mis dans un rôle inattendu, celui du père de famille ordinaire.
Je n'ai pas grand chose de plus à dire, le film est bien foutu, c'est indéniable, mais il ne m'a pas plus emballé que ça et certaines facilités scénaristiques m'ont même profondément agacé (je ne dis rien pour éviter le spoil mais Violette est particulièrement stupide sur la fin).
Vous me trouverez peut-être un peu injuste sur la note, car ça reste du beau travail mais concrètement le film n'apporte rien de plus que le premier il surfe donc doublement sur la nostalgie, celle des Indestructibles et celle des héros du silver age (les super des années 50).
Vous passerez un bon moment, surtout si vous avez apprécié le premier, mais le film ne vous marquera probablement pas.



Conclusion :

A n'en pas douter cette suite possède toutes les qualités de son prédécesseur ne lui manque que la surprise et l'originalité ce qui donne un très bon dessin animé mais pas vraiment inoubliable.

vendredi 20 juillet 2018

Have a nice day

Elle arrive un peu tardivement cette critique, mais pour les plus motivés il reste quelques diffusions en salle, et sinon il faudra attendre la sortie dvd.





Date de sortie : 20 juin 2018
Durée : 1h 17min
Réalisation : Liu Jian
Casting vocal : Zhu Changlong, Yang Siming, Cao Kou
Genre : Animation
Nationalité : Chinois


Synopsis:

En dérobant l'argent de son patron dans un acte désespéré, Xiao Zhang, simple chauffeur, va réveiller les appétits les plus sombres d'un grand nombre de personnes qui seront prêt à tout pour lui mettre la main dessus.

Critique:

Donc, aujourd'hui, je vais vous parler du "Pulp fiction de l'animation chinoise"... rien que ça...
inutile de dire que le service com' a encore frappé fort et qu'on est loin du compte. Pourtant, il y a de l'idée, car effectivement on retrouve un esprit très tarantinesque dans cette histoire et ces situations faussement ordinaires. La multiplication des personnages et les sauts entre chacun d'entre eux peut vaguement évoquer la totale déconstruction de Pulp Fiction mais nous en sommes assez loin.
Au niveau de l'histoire, on est sur du basique, le héros vole du pognon, plusieurs personnes veulent le récupérer. Rien de très original et pourtant l'ambiance et la nonchalance avec laquelle le tout est traité donne une atmosphère tout ce qu'il y a de plus plaisante.
Niveau animation, on constatera que les dessins sont réussis avec quelques jolies mise en scène. Toutefois la faiblesse du budget se fait vite sentir et l'animation est limitée à son strict minimum. Les plans ou seules les lèvres des personnages bougent sont légions et je ne vous parle pas de l'accident de voiture le plus cheap du monde (un écran noir si je me souviens bien).
Malgrè tout, ça fonctionne, le rythme de l'histoire permet d'accepter cette faiblesse de l'animation, d'autant que le film dure 1h17, ce qui laisse peu de temps pour s'ennuyer.
Si Have a Nice Day n'a rien de révolutionnaire, il offre une vision intéressante de la Chine d'aujourd'hui, une vision qui ne plaisait a priori pas trop aux autorités chinoises qui ont fréné l'exportation de ce petit film indépendant.
Alors que la Chine va devenir un acteur de plus en plus important de l'industrie du cinéma il sera surement intéressant de voir ce que la production underground aura à nous proposer à l'image de ce film. Car si Have a nice day ne révolutionne pas le cinéma il fait tout de même souffler une petite brise de liberté dans nos salles réchauffées.
Un petit polar sympa qui s'appréciera tout aussi bien à la télévision ou sur l'écran d'un ordinateur.


Conclusion:

Un polar amusant et un peu bavard qui rappelle un peu l'esprit de Tarantino, il souffre malheureusement d'un manque de budget qui se ressent dans l'animation.


Petite affiche bonus que je trouvais cool