Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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Retour aux films Netflix avec El Camino la séquelle très attendue de l'excellente série Breaking Bad.
Date de sortie : 11 octobre 2019 sur Netflix Durée : 2h 02min
Réalisation : Vince Gilligan
Casing : Aaron Paul, Jesse Plemons, Robert Foster
Genres : Thriller, Drame
Nationalité : Américain
Synopsis :
Jesse à réussi à fuir grâce à Walt mais que va-t-il pouvoir devenir maintenant que toute la police est à ses trousses?
Critique :
Je ne pense pas exagérer beaucoup en disant que Breaking Bad fait partie des séries de références et qu'elle a bousculée le paysage audiovisuelle lorsqu'elle est sortie. La fin de la série avait beaucoup marquée ses nombreux fans (dont je faisais partie, ne nous leurrons pas) et six ans plus tard c'est avec un mélange d'impatience et de crainte qu'ils attendaient cette suite des aventures de Walt Whitman. Assez intelligemment, le film se centre sur Jesse et non Walt, un choix logique mais qui permet aussi un autre regard sur la série. Bien entendu le choix pourra en décevoir certains, mais les deux personnages avaient de l'importance dans la série et il serait dommage de s’arrêter à ce détail.
Niveau réalisation, rien à redire, on retrouve les ambiances oppressantes de la série qu'elle soit de jour ou de nuit. Niveau construction, je ne suis pas forcément fan de l'intégration des flashbacks même si ce sont eux qui permettent le plus de fans services tout en révélant ce qui est arrivé à Jesse sans qu'il ait besoin de leur dire (bref plus d'images et moins de texte, ça semble un bon choix pour un film) Au niveau du casting, on se concentre essentiellement sur Jesse (Aaron Paul) mais on aura plaisir à revoir plusieurs têtes connues essentiellement dans des flash backs. A noter mais ça ne concernera surement qu'une minorité de personne accro a l’excellente série Bowjack Horsman. J'ai eu beaucoup de mal à ne pas penser à Todd en entendant parler Jesse, du coup ça casse pas mal le côté dramatique. Bref mieux vaut voir El Camino avant Bojack (mais il faut voir Bojack, regardez Bojack !)
Si la série se suffisait totalement à elle même, El Camino apparaît comme une sympathique piqûre de rappel. Tout est fait avec soin pour que les fans retrouvent leur plaisir initial et prolonge l'expérience. Par extension, le film n'a qu'un intérêt modéré si vous ne connaissez pas Breaking Bad, il y a clairement des milliards d'autres films à regarder avant El Camino, si vous n'avez pas vu Breaking Bad. En Fait il vaut mieux regarder Breaking Bad, si vous n'avez pas vu Breaking Bad.
Conclusion :
Fin alternative de Breaking Bad, El Camino permet de déterminer ce que deviendra Jesse maintenant qu'il est libéré de Walt. Si le film n'a pas la force de la série, il n'en a pas moins beaucoup de qualités, les fans apprécieront avec nostalgie. Le film n'a a mon sens aucun intérêt si l'on ne connait pas Breaking Bad.
J'avoue, le contraste entre la précédente critique et celle-ci est assez plaisant. Le grand écart pouvait difficilement être plus grand et pourtant j'avais autant d'impatience à découvrir Banlieusards qu'a retrouver les personnages de Downtown Abbey. (car on sait tous combien adapter une série en film est toujours une bonne idée...)
Date de sortie : 25 septembre 2019
Durée : 2h 03min
Réalisateur : Michael Engler
Casting : Michelle Dockery, Hugh Bonneville, Maggie Smith
Genres : Drame, Historique
Nationalité : Britannique
Synopsis :
Le roi et la reine vont passer une soirée dans la demeure de Downton, y aura-t-il suffisamment de petites cuillères en argent ou la famille perdra-t-elle la face à tout jamais ?
Critique :
J'en suis le premier surpris mais je suis un grand fan de Downtown Abbey. Malgré son sujet très sensible, je me suis, à l'image du personnage de Tom le chauffeur, laissé séduire par les hautes valeurs de cette famille mais surtout la qualité d'écriture et de réalisation du show. Malgré mes craintes c'était donc avec plaisir que je retrouvais les Crawley et leur personnel de maison qui m'avaient accompagnée pendant de si longues années. Le pitch, sans être extraordinaire, était plutôt cohérent, cela permettait d'ajouter un événement inoubliable à l'histoire des personnages, un moment suffisamment fort pour justifier un film. Malheureusement, cette bonne idée est probablement la seule de tout le film car l'on fait ici assurément face au pire des épisodes toutes les saisons confondus.
Si le film s'inscrit clairement dans la continuité de la série, les personnages sont parfois "out of character" et le passif de la série oublié bien facilement. Le plus choquant à ce titre étant pour moi la façon dont les Crawley traitent Thomas Barrow. S'il ne s'agit surement pour les scénaristes que d'une astuce bien pratique pour mettre en avant un autre personnage (j'essaye de ne spoiler ni la série ni le film) ce comportement devient tout bonnement inhumain lorsqu'on sait l'histoire de Barrow dans la dernière saison. Et ce n'est qu'un exemple des nombreuses facilité du film car on pourra soulever les sous intrigues pompières et grossièrement traitées (le mystérieux inconnu du village) et des événements digne de maman j'ai raté l'avion (le plan génial d'une dizaine d'adulte se résume quand même a enfermer quelqu'un dans sa chambre...). Vraiment à l'exception des dialogues de la Tante Violette, géniale Maggie Smith, tout sent la maison de retraite dans ce film. Et je ne parle même pas de la nocivité de l'idéologie véhiculé par le film. La série avait le mérite de tempérer un peu les ardeurs royalistes de la thématique mais ici c'est un festival. Alors que le monde réel est à feu et à sang et que partout le peuple se soulève contre son gouvernement on se retrouve face à un film qui nous explique que le peuple ne peut rien sans les gens bien nés....
Film, je te vomit. Je terminerait sur la réalisation, le passage au grand écran est sensible, trop sensible d'ailleurs puisque c'est fait sans aucune subitilité avec une débauche totale de moyen. Je ne sais pas si le réalisateur découvre les mouvements de caméra ou a enfin le budget pour en faire mais il y en a clairement beaucoup, beaucoup trop. C'est simple, c'est un festival du meilleur looping pour montrer le château.
Alors certes, oui, il y a de la mauvaise foi dans cette critique, le film n'est pas irregardable, ça reste propre et bien joué mais c'est tellement pauvre à côté de la série et tellement nauséabond dans la thématique que je ne peux cautionner ça. Un bon conseil, regardez la série.
Conclusion :
Sans grande surprise, le film est une grosse déception, c'est un épisode sans grand intérêt et beaucoup trop long. Les fans apprécieront de retrouver la verve de Maggie Smith, les curieux apprécieront les belles images et les cinéphiles attendront que ça se termine.
Je n'ai pas encore rendu ma carte UGC et pourtant c'est un nouveau film Netflix que je vais critiquer aujourd'hui. Il faut dire que je l'attendais depuis un moment mais laissez moi vous raconter tout ça.
Date de sortie 12 octobre 2019 sur Netflix
Durée : 1h 36min
Réalisation : Kery James, Leïla Sy
Casting : Kery James, Jammeh Diangana, Chloé Jouannet
Genre : Drame
Nationalité : Français
Synopsis :
L'histoire de trois frères de banlieue. Demba, l’aînée, caïd du coin qui a cédé à la pression de l'argent facile. Soulaymaan, le second, convaincu de pouvoir s'en sortir honnêtement par lui même et Noumouké, le petit dernier, perdu entre ces deux modèles et désormais en âge de faire des choix pour son avenir.
Critique :
Vous l'ignoriez surement mais parmi mes coupables passions, il y a Orelsan. J'adore le travail de ce rappeur, je me reconnais beaucoup dans ses textes et des morceaux comme "si facile" ou"inachevés" me permettent souvent de me botter le cul. Bref, Orelsan n'a rien à voir avec ce film mais il a featuré sur le morceau "A qui la faute" que je vous ai mis à la place de la bande annonce de Banlieusards et qui m'a permis de découvrir Kery James. Honnêtement, ce morceau a été une énorme claque et le rappeur en dit presque autant en 5 min de clip qu'en 1h30 de film. Donc si vous ne l'avez pas encore fait, écoutez ce morceau pendant que je vous parle du film. L'histoire est assez classique, des jeunes de banlieue essayent de s'en sortir. Je n'irais pas jusqu’à dire qu'on l'a souvent vu, la banlieue est rarement (bien) traité en France, mais le thème est déclinable dans tous les milieux difficiles puisqu'il est ici question de la prédétermination : notre environnement conditionne-t-il ce qu'on doit devenir. Et là où le film devient intéressant c'est qu'en parallèle de la classique histoire de petit dealer, Kery James nous propose une réflexion sur la responsabilité de l'état quant au sort des Banlieue. Une réflexion passionnante et remarquablement écrite. (il est à noter que c'est un thème cher au rappeur, il avait même écrit une pièce sur le sujet avant de pouvoir monter le film) Et ce qui fait la force de Banlieusard c'est qu'on ne cède pas au pathos. Kery James n'est pas là pour dénoncer les méchants blancs et plaindre les gentils noirs, non il est là pour exposer au plus grand nombre la situation, pour faire réfléchir, pour faire réagir et c'est d'autant plus important que la société a beaucoup évolué ces derniers mois. Avec les gilets jaunes beaucoup de gens ont compris que ce qu'il se passait en banlieue n'était pas normal. Pas seulement au niveau de la criminalité mais aussi au niveau de la prise en charge de cette criminalité. On appréciera notamment les références à de multiples affaires de violences policières Adama Traoré, Amine Bentousi, etc. Des noms qu'on connait mal, des histoires qu'on connait peu. Mais Kery James a l'intelligence de ne pas insister, il cite à titre de témoignage, pour qu'on ne les oublie pas et pas pour appuyer un plaidoyer lourdingue. Non, le plaidoyer, puisqu'il y en a bien un, est au contraire écrit avec beaucoup de finesse et une grande maîtrise de la langue et de la culture française. Si vous avez encore un doute sur le fait que le rap serait une sous musique, je vous invite à vous plonger dans ce film.
Très clairement pour un premier film c'est un coup de maître. Certes on pourra regretter certains figurants qui joue un peu moins bien, ou certaines facilités mais ce sont des défauts très vite oublié au vu des qualités de l'ensemble. Niveau réalisation, c'est classique mais efficace, on notera de beaux plans comme le premier mouvement de caméra du film. On appréciera que la réalisation ne cède pas à la glorification de la violence, la traitant au contraire avec beaucoup de recul.
Niveau musique, c'est un sans faute, loin du cliché de la banlieue et du rap bourrin, Kery James propose des flows variés et de grandes qualités et on termine avec son morceau "banlieusards" genèse de ce film.
Un petit mot sur le casting, à l'exception d'un petit caméo de Mathieu Kassovitz (souvenez-vous La Haine, le grand film sur les banlieues françaises, 1995) je ne connaissais aucun des acteurs. Beaucoup sont débutant et pourtant mis a part certains seconds rôles mineurs, ils sont tous très justes. Pour son premier rôle Jammeh Diangana qui incarne le rôle principal, est vraiment bon. Kery James est tout aussi crédible dans celui du grand frère rebelle.
Dans l'ensemble, Banlieusard est une excellente surprise, il est triste de constater qu'un film de cette qualité sur un sujet aussi important n'a pas pu sortir en salle. Nul doute qu'il trouvera son public sur la plateforme vidéo mais le message envoyé ici par l'industrie du cinéma n'est pas glorieux. Je vous recommande donc chaudement de découvrir ce film et moi je m'en vais découvrir les albums de Kery James.
Conclusion :
Pour un premier film c'est une belle réussite. Une oeuvre profondément humaine qui permet un regard rare sur la banlieue.
Bonus:
Je suis tombé sur ce documentaire où Kery James intervient. Les thématiques ne sont pas rigoureusement les mêmes que dans le film mais tout de même très proche, je ne peux donc que le recommander pour enrichir le sujet évoqué par le film.