Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
Avant de voir sa bande annonce, je n'avais pas vraiment entendu parler de Seven Sisters et pour une fois, celle-ci a vraiment rempli son job puisqu'elle m'a immédiatement donné envie d'en savoir plus. A moi maintenant de vous donner envie...ou pas :D
2037, pour lutter contre le surpeuplement, le gouvernement met en place une politique de l'enfant unique. Un homme décide pourtant de conserver les sextuplés de sa fille en les faisant passer pour une seule et unique enfant. Il attribue donc à chacune un nom correspondant au jour de la semaine durant lequel elle incarnera Karen Settman et les élève en conséquence dans le plus grand secret. Tout se passe bien pendant plus de 30 ans, jusqu'au jour ou Lundi disparaît mystérieusement créant la panique chez ses sœurs.
Critique:
Seven sisters est le nouveau film de Tommy Wirkola un réalisateur qui s'était surtout illustré pour le foutraque Hansel et Gretel et avait fait parler de lui dans des milieux plus obscurs pour Dead snow. Pas totalement un réalisateur confirmé donc et plutôt un spécialiste du film de genre. Il nous revient ici avec un scénario de la fameuse "liste noire" d'Hollywood (la liste des meilleurs scénarios de l'année) et clairement une volonté de passer à des projets plus ambitieux.
Avant de commencer la critique, j'aimerais parler deux secondes de la campagne de communication autour du film. Elle était plutôt simple et tenait en une phrase "vous ne devinerez jamais la fin". C'était matraqué sur les affiches, sur les réseaux sociaux, sur le site d'allocine, partout. Une espèce de défi débile qui n'a pu naître que dans le cerveau malade d'un marketeux sans originalité. Axer toute sa communication autour de cet argument, c'est faire reposer tout le crédit du film sur sa fin, et donc prendre le risque de décevoir le public si la fin n'est pas surprenante. Et surprise, la fin n'est pas surprenante. Si vous avez un peu de culture cinéma, les ficelles sont énormes et presque rien ne vous surprendra. En soi, une fin sans surprise n'est pas forcément un défaut pour un film, mais lorsque toute la communication repose sur ce point ça le devient car ça génère de la frustration. Je ne félicite donc pas les petits génie qui ont gâché ce film par un choix putaclic. Bientôt "ce film est extraordinaire, la 15éme minute va vraiment vous étonner". Bref, revenons sur le film car il mérite malgré tout qu'on s'y attarde. Le point fort du film, celui qui aurait vraiment mérité d'être mis en valeur, c'est la prestation de Noomi Rapace (Passion,Babycall,Enfant 44, etc). Elle incarne pas moins de 7 personnages, toutes avec leur look, leurs mimiques et leur attitudes très distincte. Un travail qu'elle fait avec tellement de brio qu'on en arrive presque à oublier qu'il n'y a qu'une actrice. A ses côtés, deux belles têtes d'affiches Glenn Close (The last girl, etc) et Willem Dafoe (The Grand Budapest Hotel, Les brasiers de la colère,John Carter from Mars, etc) qui malheureusement sont assez accessoires dans le film. Willem Dafoe a bien quelques scènes touchantes mais Glenn Close est très stéréotypé et sans grand intérêt.
Au niveau de l'histoire, le film réserve plus d'une surprise. En effet, si j'ai pu être un peu dur sur son manque d'originalité, je dois admettre qu'il y a de nombreuses bonnes idées dans le scénario et que c'est avec plaisir qu'on les découvre au fil de la narration. L'autre bonne surprise c'est qu'on sort des canons classiques et des modèles hollywoodiens et moi, personnellement, je suis toujours preneur d'un peu de diversité. Je terminerais avec un mot sur la réalisation, j'ai déjà évoqué le tour de force de faire vivre les 7 sœurs Settman à l'écran c'est du très très beau travail et ça démontre le talent du réalisateur. Je regrette juste certains passage un peu confus dans les scènes d'action, une scène finale un peu bancale (mal pensée et avec des figurants peu convaincant) et une morale peu claire, voir douteuse. C'est dommage car Tommy Wirkola a clairement beaucoup de talent.
Pour conclure, Seven Sisters est une excellente surprise, un film d'anticipation qui aurait pu se hisser au panthéon des Matrix et autres Bienvenue à Gattaca mais rate la marche de justesse (notamment à cause de sa campagne de com').
Conclusion:
Si l'on fait fit de la campagne de com' putassière au possible, Seven sisters est un film d'anticipation foisonnant de bonnes idées et remarquablement interprété mais qui pâti d'une fin brouillonne et sans une once d'originalité.
Vous reprendrez bien un peu de thriller espagnol ? La bande annonce de celui-ci ne m'avait vraiment pas plus mais un créneau m'a permis d'aller le voir pour me faire une idée plus précise. C'était une bonne occasion de partager ça avec vous.
Date de sortie 9 août 2017
Durée : 2h 06min
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Casting : Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira
Genres : Policier, Thriller
Nationalité : Espagnol
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Synopsis:
Madrid, 2011, le violent Alfaro et l'associal Velarde enquête sur une série de meurtre particulièrement sordide. Dans un climat social très tendu et avec la visite du pape qui approche, leur direction essaye d'étouffer l'affaire mais les deux policiers ne sont pas prêt à abandonner et risque de devoir se remettre profondément en question.
Critique:
Le cinéma Espagnol fait partie des cinémas très riches, vous connaissez probablement tous sa branche fantastique avec des films comme l'Orphelinat, le labyrinthe de Pan ou Quelques minutes après minuit mais je vous parle aussi régulièrement de son côté très thriller dans des films comme L'homme aux milles visages . C'est cette fois encore d'un thriller dont je vais vous parler et probablement même d'un thriller avec un tueur en série, mais seulement si vous êtes gentil. Que Dios nos perdone est le deuxième film de Rodrigo Sorogoyen, un réalisateur que je ne connaissait pas et que je découvre donc ici (y a une forme de logique).
Indéniablement, l'homme a du talent, sa réalisation est nerveuse et efficace il arrive aussi bien à nous faire ressentir la tension et la chaleur de l'époque que le côté plus apaisé et sordide des scènes de crimes. Les ambiances sont fortes et quelques scènes plutôt marquantes comme celle de l'ampoule. L'enquête est assez atypique puisqu'on se concentre presque plus sur les rapports conflictuels entre les policiers que sur l'enquête elle même. On se retrouve donc avec un drame sombre et très humain porté par deux acteurs talentueux. Véritable pivot du film, Antonio de la Torre (La isla minima, les amants passagers, etc) est brillant dans ce rôle de policier névrosé et asocial, il est presque méconnaissable tant ses mimiques et ses attitudes le changent. Face à lui, dans un rôle beaucoup plus charnel et bonhomme Roberto Alamo (La piel que habito, etc) fait un excellent contrepoids comme policier à fleur de peau. Le duo fonctionne bien et on se passionne presque plus par le fait de découvrir leurs petits secrets et ce qui va leur arriver que par l'envie de découvrir l'assassin. Pourtant celui-ci n'est pas en reste, l'acteur qui l'incarne est parfait pouvant sans mal passer du sourire du gendre idéal à celui du psychopathe glaçant en quelques secondes, un jeu renforcé par l'aspect vraiment glauque de l'affaire (et comme vous avez été gentil, c'est un tueur en série...enfin biclassé parce qu'il viole aussi ses victimes...des vieilles dames...fun, fun, fun). Au niveau de l'histoire, il y a beaucoup de choses, et peut-être trop. Comme je le disais précdemment, le réalisateur s'attache à développer à la fois les deux policiers et le tueur, il pose aussi un contexte précis (Madrid, 2011, avant la visite du pape pendant des manifestations) et il suit l'enquête de police. Le tout en 2h et c'est au final assez peu. Car si on arrive effectivement à développer les personnages, le contexte m'a paru beaucoup plus accessoires, sans réel impact (même s'il en a dans l'histoire mais on ne sent pas assez que c'est lié) et donc, finalement, accessoire voir parasite.
Dans l'ensemble, ce thriller est une bonne surprise, il réussit à étonner dans un genre où tout a déjà été fait. Pour autant, il manque quelque chose au film pour que ce soit une franche réussite. J'aurais du mal à définir quoi, est-ce la profusion d'information qui noie un peu l'histoire, le rythme, le flou qui entoure tous les protagonistes ou autre chose mais je n'ai jamais été totalement emporté par l'histoire. Et même la fin, pourtant forte, ne m'a pas satisfait. Je recommande tout de même le film aux amateurs de thriller mais pour les autres je pense que ça sera anecdotique.
Conclusion:
Bien joué, bien filmé et avec une ambiance prenante, Que Dios nos perdone se perd un peu dans sa narration n'exploitant finalement que peu son contexte. Un bon polar mais pas inoubliable.
Après une semaine de relâche, il est temps de revenir à du bon vieux blockbuster bien gras, doublé en prime d'une adaptation de comics. Accrochez vous à vos slips, on attaque Atomic Blonde.
Date de sortie : 16 août 2017
Durée : 1h 55min
Réalisation : David Leitch
Casting : Charlize Theron, James McAvoy, Sofia Boutella
Genres : Action, Espionnage
Nationalité : Américain
Interdit aux moins de 12 ans
Synopsis:
Berlin, 1989, alors que la tension n'a jamais été aussi forte autour du mur, un agent secret du Mi6 est assassiné après avoir récupéré une mystérieuse liste que tout le monde recherche. Londres décide donc d'envoyer sur place l'un de ses meilleurs agents : Lorraine Broughton, pour comprendre ce qu'il s'est passé et récupérer la liste. là-bas, elle rejoint le responsable local : David Percival, un agent aux méthodes peu orthodoxes. Ensemble, ils devront essayer de survivre à un véritable nœud de vipère où on ne peut faire confiance à personne.
Critique:
Atomic Blonde est l'adaptation du comics The Coldest City (dont je n'avais honnêtement jamais entendu parler et dont les auteurs sont également peu connu) ainsi que le deuxième film de David Leitch qui s'était jusque là surtout illustré en tant que cascadeur (Matrix Reloaded, V for Vendetta, etc).
C'est un film d'espionnage orienté action (ou d'action orienté espionnage pour être plus franc) qui a l'idée brillante de se dérouler à Berlin peu avant la fin du mur. Un choix d'ambiance vraiment fort qui donne une puissante identité visuelle à Atomic Blonde mais qui aurait pu apporter bien plus avec un peu d'effort. En effet, si sur le fond le scénario du film est plutôt intelligent avec une période historique forte et propice à de nombreuses réflexions (art, culture, géopolitique, etc) et une trame suffisamment complexe, l'histoire ne fait finalement que survoler ces éléments. Le contexte ne sert qu'a faire de belles images sur une jolie bande son et la trame à faire croire que l'histoire est brillante alors qu'elle n'est qu'inutilement complexe.
Et c'est le principal défaut du film. Sorti de son début et de sa fin, l'histoire n'est qu'une succession de scènes creuses ou de baston où l'on s'interroge sur le but de l'auteur (outre meubler, je veux dire). L'ensemble a été dynamisé avec un procédé de Flahsback mais ont sent bien encore que ce n'est là qu'un prétexte tant cela aurait pu être utilisé plus intelligemment au vu de l'histoire. S'il ne brille pas par son scénario, Atomic Blonde se distingue par contre par son casting. En effet, comme à son habitude, Charlize Theron (Mad Max: fury Road, Dark places,etc) s'est surpassé et elle est aussi envoûtante que bad-ass. Ses combats n'ont rien à envier à aucun héros de films de ces dernières années, surtout que l'actrice as réalisé elle-même ses cascades. Comme toujours, elle n'a pas hésité à prendre des risques et a s'enlaidir (c'est pas Monster non plus) prouvant une fois de plus que son talent ne repose pas que sur son physique, loin de là. Face à elle, un James McAvoy (Split, X-men apocalypse, etc) en mode Tyler Durden, ultra charismatique en jenfoutiste totalement punk. Son rôle est beaucoup moins physique que celui de sa partenaire (peut-être parce qu'il s'était cassé le bras avant le tournage) mais il n'en reste pas moins très marquant. Enfin, on notera la présence de la talentueuse Sofia Boutella ( Star trek, Kingsman, etc) l'actrice française a toujours la cote à l'étranger et autant de talent, je regrette malheureusement qu'on lui ai confié un rôle peu intéressant. Pour moi, elle se retrouve dans le rôle le moins crédible et le plus stéréotypé du film et c'est bien regrettable quand on sait de quoi l'actrice est capable. A noter aussi la présence du trop rare John Goodman (Kong, Argo, Monuments men, etc) et de Eddie Marsan (Blanche Neige et le chasseur, Le dernier Pub avant la fin du monde, etc) et Toby Jones (Tale of tales, Hunger games La révolte, etc) deux vrais gueules du cinéma qu'on a pu voir dans de nombreux films et séries et qui donne ici beaucoup de cachet à l'histoire.
Au niveau des qualités, on notera aussi les scènes d'actions. Même si toutes ne m'ont pas convaincu certaines sont vraiment spectaculaire à l'image de celle de l'escalier, scène emblématique du film qu'on ne peut que saluer. Si la réalisation n'est pas exceptionnelle, on notera tout de même de très belles images avec une superbe mise en lumière ainsi que des combats très réussi, ce qui est toujours mieux pour un film d'action.
Enfin, Atomic Blonde c'est aussi une BO, on le remarque de plus en plus, le recours à la musique des années 80 est une plus-value certaine pour faire venir le publique. Au moins, ici, le réalisateur a une excellente excuse puisque c'est la bande son de l'époque et quelle bande son. Entre le spleen de Bowie et le punk des Clash on en prend plein les oreilles et c'est un régal.
Pour conclure, je dirais que Atomic Blonde est un bon blockbuster. Il n'a pas de défauts majeurs et quelques très bonnes qualités. Pour autant, ça n'a rien d'un grand film et c'est vraiment dommage car avec les éléments de base, il y avait possibilité de faire quelque chose d'énorme.
Conclusion:
Une bonne ambiance, une super bande son, d'excellents acteurs et de bonnes idées mais un scénario confus et un brin ennuyeux.
j'vous remet un peu de Sofia Boutella parce qu'il n'y en a pas assez dans le film ;p
Quelques affiches alternatives dans une ambiance plus comics