Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 17 février 2020

Devilman : Crybaby

Si la plateforme Netflix est conue pour ses séries, j'ai pu constater qu'elle était également bien fournie en anime. On trouve de grands classiques (Evangelion, Fullmetal Alchemist, Samouraï champloo, etc) mais aussi quelques séries créées spécialement pour la plateforme. C'est de l'une d'entre elle dont je vais vous parler.





Depuis 2018
Durée : 25min x 10
Genre : Aventure, Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Action, Animation
Réalisation : Ichiro Okouchi, Masaaki Yuasa
Casting vocal : Ayumu Murase, Kōki Uchiyama, Megumi Han
Nationalité : Japonaise

Synopsis :

Lycéen faible et solitaire, Fudô Akira se retrouve investi d'un pouvoir démoniaque qui va bouleverser sa vie. Avec l'aide de son riche ami excentrique Asuka Ryo, il va tenter d’employer cette puissance pour empêcher l'invasion de la terre par une armée de démons mais les humains peuvent-ils encore être sauvé ?

Critique :

Il y a quelques temps j'ai eu l'occasion d'assister à une conférence sur Masaaki Yuasa et son studio Science Saru. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence de Devilman Crybaby. Je connaissais Devilman de nom, c'est une oeuvre mythique du manga signé du grand Go Nagai (Cutey Honey, Great Mazinger, etc) mais je ne connaissais pas Masaaki Yuasa  (Mind Game, Ride your wave, etc) un réalisateur prolifique qui gagne à être connu et ne semblait pas prédestiné à travailler sur une oeuvre aussi violente que Devilman. 
Le dessin animé est résolument destiné à un public adulte car il a beau suivre des personnages adolescent le niveau de violence est très élevé et le sexe est sporadiquement présent durant les premiers épisodes. Des choix qui renforce la dureté de l'univers de Devilman et servent une oeuvre forte, riche et beaucoup plus sensible qu'elle n'y parait. Pour tout dire on pourrait même reprocher à la série une certaine mièvrerie tant son personnage principal est sensible à la souffrance d'autrui.
Graphiquement, le studio met à profit l'une de ses spécialités : les déformations pour offrir des séquences horrifiques très impressionnantes. En dehors de ça l'animation et le charadesign sont d'une redoutable efficacité.
L'histoire reprend la trame d'origine de la série Devilman et nous en raconte toute l'histoire en une saison autoconclusive. La narration est vraiment surprenante, le scénario ne suit aucune piste facile et si l'affrontement entre Akira et Ryo parait inévitable dès les premières minutes de la série il est difficile de deviner quand, comment, pourquoi celui-ci arrivera. Pourtant l'affrontement se révélera aussi fort émotionnellement que visuellement lorsqu'il arrivera enfin.
Autre point fort de la série, sa musique. Les générique de début et de fin, d'une part, des morceaux orienté techno avec un aspect religieux qui rentre vite en tête et ajoute de l'intensité par leur côté épique. Plus étonnant, la série utilise énormément le rap de manière diégétique au travers d'un groupe de "djeuns" qu'on retrouvera tout au long de l'histoire. Un genre musical qui donne un aspect urbain/réaliste ainsi qu'un ancrage social plus fort à la série. Loin des démons la série parle avant tout de l'être humain et du vivre ensemble.
Dans l'ensemble Devilman crybaby est une série aussi prenante que surprenante, les 10 épisodes se dévorent sans que l'histoire ne se repère où qu'on s'ennuie. Les personnages sont attachants et si l'histoire tourne principalement autour d'Akira, on pourra trouver beaucoup d'autres personnages fort notamment féminin comme Miki et Miko.
Une bonne surprise du catalogue netflix et une intrigante porte d'entrée dans le travail de  Masaaki Yuasa dont je compte bien vous reparler.



Conclusion :

Loin de n'être qu'un manga ultra violent, Devilman Crybaby est une oeuvre superbe et jusquauboutiste sur l'humanité.

mercredi 12 février 2020

Ragnarok

Vous l'ignorez surement mais j'ai une certaine affection pour la culture nordique et tout spécialement le Ragnarok. Difficile pour moi donc de ne pas me sentir obligé de regarder la nouvelle série Netflix même si l'orientation résolument ado avait de quoi m'effrayer.




Diffusion sur netflix : 31 janvier 2020
Durée : 45min x 6 pour la saison 1
Genre : Drame, Fantastique
Réalisateur : Adam Price
Casting : David Stakston, Jonas Strand Gravli, Herman Tømmeraas
Nationalités : Norvégienne, Danoise

Synopsis:

Forcé à revenir vivre dans le village qui l'a vu naître avec son frère Laurits et sa mère Turid, le jeune Magne se découvre une puissance qu'il n'aurait jamais imaginé. Alors qu'il essaye de comprendre ce qu'il lui arrive, il va se retrouver au beau milieu d'une guerre datant de l'aube de l'humanité.

Critique :

Que dire de Ragnarok ?
Pas grand chose avouons le.
La principale force de la série réside surement dans son origine qui lui donne les seuls points de différences avec une énième série teen américaine.
On aura donc le plaisir de découvrir les somptueux paysages Norvégiens, de suivre les gens faire leur course au Spar, et de découvrir une vision très particulière de la mode. Je sais que ça peut paraître ridicule dit comme ça mais pour moi c'est toujours un plus de sortir de tous les stéréotypes culturels américains dont nous sommes matraqués à longueur d'année. Ce n'est pas de leurs fautes, ils parlent de ce qu'ils connaissent mais cela nous enferme dans une bulle intellectuelle nocive. (combien de personne connaissent mieux le droit américain que celui de leur pays ? )
Du coup, j'ai apprécié le charme de ce petit village de montagne et c'est avec plaisir que j'y suivais les personnages.
Des personnages également atypiques car on sent le casting moins formaté que chez nos amis américains. Si les méchants sont à raison un peu lisse, le reste du casting est plutôt varié et le héros affiche un air benêt assez rare. Dans l'écriture, les personnages sont plutôt fort et bien campé, j'ai particulièrement apprécié celui de Isolde même si je ne suis pas totalement convaincu par le traitement que les scénaristes en font.
Au niveau de l'histoire, assez peu de surprises. Il y a bien quelques orientations de personnages inattendus mais dans l'ensemble tout est balisé et pour le peu qu'on s'intéresse à la mythologie nordique tout est assez prévisible (je suis presque sur de connaitre un secret du lore gardé pour la prochaine saison ).
J'ai par contre apprécié le fond très Greta Thunberg compatible car la série dénonce l'influence des industries sur les politiques et l'impact catastrophique pour notre planète. J'ai la faiblesse de croire que c'est plutôt un bon message pour les jeunes.
Un petit mot sur la musique, je fut agréablement surpris de retrouver du M83 dans la BO, c'est une valeur sûre. La bande son sera également l'occasion de découvrir le métal danois, un genre que j'avais peu eu l'occasion d'explorer et qui donne une saveur toute particulière à la série.
Niveau effets spéciaux, il y en a très peu, les réalisateurs privilégiant le côté humain du personnage mais les quelques effets utilisés sont plutôt spectaculaires.
Dans l'ensemble vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer durant ces 6 épisodes, le temps passez assez vite mais pour autant l'histoire ne devrait pas vous marquer plus que ça.
Ragnarok est une série sympathique mais pas vraiment inoubliable.


Conclusion :

Une série un peu convenue mais qui reste efficace et dépaysante

lundi 10 février 2020

ELI

Amateur de films d'horreur que je suis, j'avais remarqué Eli au catalogue Netflix sans jamais trouver le temps de le regarder. C'est désormais chose faite alors laissez moi vous en parler.





Sortie :18 octobre 2019 sur Netflix
Durée : 1h 38min
Genre : Epouvante-horreur, Thriller
Réalisateur : Ciarán Foy
Casting : Charlie Shotwell, Sadie Sink, Kelly Reilly
Nationalité : Américaine

Synopsis:

Le jeune Eli est atteint d'une maladie qui l’empêche de se confronter à l'extérieur. Ses parents pensent avoir enfin trouvé la solution pour lui mais la clinique privée qui l'attend recèle bien des secrets.

Critique :

Eli est le troisième film de Ciarán Foy qui s'était fait connaitre avec Sinister 2, un autre film d'horreur. La force d'Eli réside dans son pitch : un enfant lutte contre une maladie orpheline mortelle dans une clinique hantée et/ou dirigée par un docteur suspect. Le film est un quasi huis-clos et se déroule presque en intégralité dans la clinique. Un lieu bien choisit qui n'a pas grand chose d'un hôpital mais tout du vieux manoir flippant.
L'ambiance est prenante, la dangerosité fulgurante de la maladie d'Eli qui nous est montré dès le début apporte une dose de stress non négligeable et comme le garçon est attachant on en vient vite à craindre pour sa vie. Les pistes étant multiples il n'est pas évident de deviner dans quelle direction le réalisateur va vraiment et la fin est plutôt surprenante malgré une certaine facilité. On en viendrait presque à vouloir une suite.
Le casting est plutôt bine choisi avec une mention spéciale pour Charlie Stotwell (captain fantastic, etx) dans le rôle du jeune Eli qui se retrouve avec un rôle particulièrement riche et complexe.
Dans l'ensemble, Eli est un petit film d'horreur malin et efficace.
Vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer, vous serez surpris à quelques reprises et vous trouverez certaines idées plutôt maligne. Pour autant, le film n'a pas grand chose d'original, la sensation d'avoir déjà vu nombreuses de ses scènes est assez frappante et on ne peut pas dire que ce soit une expérience de cinéma bouleversante.
Difficile de faire plus long, car ça ne mérite pas beaucoup plus, Eli c'est bien mais pas top.







Conclusion:

Un film d'horreur pas très effrayant, ni très original mais ça se laisse regarder et la fin est plutôt cool.