Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

mercredi 6 décembre 2017

PIFFF


Bonjour à tous,
cette semaine, exceptionnellement je ne pourrais pas faire de critique (j'ai juste vu une avant première et je vous en parlerais au moment de la sortie). Du coup je prend 5min pour vous parler d'un événement auquel je n'ai pas le temps de participer à grand regret : le PIFFF(Paris International Fantastic Film Festival.


Le programme est vraiment tentant, j'ai vu quelques pépites dont je vais attendre la sortie avec beaucoup de fébrilité comme Dave Made a Maze ou The endless, sans même parler de Blade of the immortal. Bref, beaucoup de bons films potentiels à l'affiche et si vous avez un peu de temps cette semaine, je vous invite vraiment à vous pencher sur le programme de ce super festival.
Quant à moi je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec, je l'espère, une critique dès lundi histoire de reprendre les bonnes habitudes.
bonne semaine à tous

vendredi 1 décembre 2017

Thelma

Si je n'en avais pas entendu parler, Thelma fait partie de ces films dont la bande annonce intrigue et donne envie d'en savoir plus. Un film fantastique venu du nord, c'est l'occasion d'avoir quelque chose d'un peu différent des innombrables reboot dont on nous abreuve et donc potentiellement de bonne qualité. Voyons cela ensemble.





Date de sortie : 22 novembre 2017
Durée : 1h 56min
Réalisation : Joachim Trier
Casting : Eili Harboe, Okay Kaya, Ellen Dorrit Petersen
Genres : Drame, Science fiction, Thriller
Nationalités : Norvégien, Français, Danois, Suédois

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis

Issue d'une famille très religieuse, la discrète Thelma a beaucoup de mal à s'intégrer au sein de son université. Frappé d'une crise d’épilepsie, elle fait la connaissance d'Anja dont elle tombe irrésistiblement sous le charme. Dès lors, la jeune fille doit se débattre entre sa mystérieuse condition physique, la culpabilité de son désir homosexuel et les étouffants secrets de sa famille.


Critique :

Thelma est le nouveau film de Joachim Trier, un réalisateur que je n'avais encore jamais eu l'occasion de découvrir et qui se frotte ici pour la première fois au fantastique. L'histoire n'a rien de très originale, elle évoque fortement le classique de Stephen King Carrie mais dans un traitement moins spectaculaire et plus humain. On y suit une jeune fille élevé dans la foi partagée entre ses croyances et sa sexualité. Le personnage est très attachant et on suit son évolution avec beaucoup de plaisir.  Eili Harboe qui joue ici dans son troisième film, et que je découvre pour la première fois, est simplement parfaite dans le rôle de cette jeune fille fragile et tourmenté qui doit trouver son équilibre. Elle apporte beaucoup de douceur à un univers froid, dur et inquiétant. Le reste du casting est à la hauteur avec notamment des parents très justes dans un jeu oscillant entre le bienveillant et l'inquiétant. On notera que le réalisateur a pris le risque d'employer des acteurs débutants comme Okay Kaya (une chanteuse), un risque payant puisqu'il n'entache en rien le niveau de jeu du film.
Si le film est moins spectaculaire que la bande annonce peut le laisser penser et pourra refroidir les amateurs de blockbuster, il possède une belle ambiance vénéneuse qui laisse le temps d'apprécier l'évolution du personnage et la découverte de ses mystères. Nous sommes ici clairement plus dans le drame social que dans le thriller occulte pourtant le mélange trouve un équilibre très efficace. Et le fait que le réalisateur ne cède pas à la facilité ne l'interdit pas de proposer quelques scènes spectaculaire dans les utilisations de pouvoir. Il se permet également des images très forte comme cette introduction qui marque tout le film de son empreinte inquiétante ou ces scènes lourdement chargées de tension sexuelle.
Niveau réalisation, comme je viens de l'évoquer, c'est du beau travail, les images sont léchées, les ambiances profonde et les effets impressionnants sans être tape à l’œil.
A la musique, Ola Flottum livre également un travail de qualité, une BO discrète qui vient renforcer l'ambiance sans en faire trop.
S'il n'apporte pas beaucoup d'originalité et qu'on pourra lui reprocher un rythme un peu lent, Thelma réussit tout de même à s'imposer grace à une mise à jour réussie d'une histoire classique, renforcée d'images marquantes et portée par une actrice brillante. On ajoutera à ça le positivisme de l'histoire et on pourra se réjouir d'un souffle d'originalité bienvenue en ces temps de rebootite aigue.



Conclusion :

Très bonne surprise que cette relecture de Carrie de Stephen King, le rythme est un peu lent mais l'ambiance prenante et le message appréciable.

lundi 27 novembre 2017

Carbone

En ce moment, je m'écoute en boucle le dernier album d'Orelsan. Du coup, quand j'apprend que son acolyte Gringe joue dans un film d'Olivier Marshal, je me sens comme un devoir d'aller constater le résultat de mes yeux. Le rappeur qui voulait être acteur fait-il bien de changer de milieu ? Voyons cela.




Date de sortie 1 novembre 2017
Durée : 1h 44min
Réalisateur : Olivier Marchal
Casting : Benoît Magimel, Gringe, Idir Chender
Genre : Policier
Nationalité : Français

Synopsis :

Sur le point de perdre son entreprise de transport, un pdg se lance dans une arnaque financière pour redresse la barre. Forcé de faire appel à de vrais truands, cet homme ordinaire met le doigt dans un engrenage qui ne pourra qu'avoir des conséquences désastreuses pour lui et ses proches.

Critique :

Olivier Marshal est un réalisateur que j'aime beaucoup. Je garde un souvenir ému de ma découverte de 36 quai des orfèvres brillant polar sur la guerre des polices mais aussi de sa saison de Braquo ou de Section Zero. Il nous revient aujourd'hui avec un film assez classique qui recèle toutefois quelques surprises. Grand habitué des histoires policières du fait de son ancien métier, le réalisateur réussit cette fois à se renouveler en traitant un scénario auquel il n'a pas participé. Il est ici question d'intrigue financière basée sur une histoire vraie, une idée brillante traitée malheureusement de façon superficielle et rapidement l'aspect économique se révèle un macguffin justifiant  une énième histoire de gangster.
C'est dommage car le potentiel scénaristique était certain rappelant l'excellent ma petite entreprise et son patron acculè obligé d'enfreindre la loi pour résister à un système injuste. Au contraire, ici l'histoire suivra une trajectoire plus classique avec ses montages en musique pour nous montrer l'évolution de l'arnaque sans risquer d'être chiant, ses références à Scarface parce que c'est cool et ses règlements de compte en moto. Rien de rédhibitoire pour apprécier mais rien de très novateur non plus dans ce film qui donne l'impression d'avoir été vue mille fois. Les rares points apportant de l'originalité n'étant traités que superficiellement, l'impression se fait vite sentir que le scénariste a voulu trop en raconter et se perd un peu en ne racontant finalement pas grand chose. Le personnage de Laura Smet typiquement n'apporte rien au film et son traitement fini même par devenir ridicule et pesant.(il aurait probablement mieux valu donner plus d'importance à la femme du héros)
Au niveau du casting, on se retrouve avec quelque chose de très perturbant et dont je me remet encore difficilement. Dans le premier rôle, Benoît Magimel (Cloclo, Les petits mouchoirs, etc) fait du Benoît Magimel. J'avoue ne pas aimer cet acteur je suis donc bien en peine de le juger. Autant la première partie en mode patron d'entreprise fonctionne à peu près, autant je le trouve insupportable en rebelle mafieux. A ses côtés on retrouve Michaël Youn (Fatal, la beuze, etc) dans le rôle d'un comptable. Vous avez bien lut : Michaël Youn. Contre toute attente, ça passe mais ça n'en reste pas moins difficile à accepter. On notera encore Gérard Depardieu (Vidocq, le dernier métro, etc) dans un rôle plutôt efficace d'abominable capitaliste ou Laura Smet dans le pire rôle du film. Ce n'est pas de sa faute, l'actrice joue très bien, c'est juste que l'histoire du personnage est inepte et totalement superflu. Enfin, un petit mot sur Gringe dont le plus grand tort est de ne pas apparaître assez à l'écran. Le rappeur est très juste, tout en mesure. C'est le personnage le plus sympathique du film et très clairement il aurait mérité un rôle plus riche.
Niveau réalisation, Olivier Marchal sait y faire, c'est bien rodé, il n'y a pas grand chose à redire là-dessus je regretterais juste le manque d'intensité des dernières scènes entre Depardieu et Magimel, c'est tellement expédié qu'on a l'impression que la production n'avait plus de quoi payer les acteurs.
Je terminerai avec un petit mot sur la bande son, à mon grand plaisir elle contient un morceau d'Orelsan, l'excellent suicide social, qui impose très vite un cadre bien lourd au film tout en posant une ambiance assez différente de ce dont on à l'habitude pour ce genre de film. Quelques autres morceaux de rap viendront rythmer l'histoire, pas toujours aussi évident que celui-ci mais permettant une certaine homogénéité.
Vous l'aurez compris, Carbone possède de nombreuses qualités et aurait pu trôner dans les meilleurs films du réalisateur. Toutefois un certain classicisme finit par rendre l'ensemble très commun et sans grand intérêt. Pas un mauvais film donc mais rien d'extraordinaire non plus.



Conclusion :

Un pitch intéressant, une réalisation efficace mais un film trop confus pour emporter vraiment le spectateur.