Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 8 septembre 2017

Annabelle 2

ça faisait longtemps que je n'étais pas allé voir un film d'horreur et j'avoue que ça commençais à me manquer (chacun ses vices, je ne vous juge pas). C'est donc la seule motivation qui m'a poussé vers Annabelle 2 puisque je n'avais même pas vu le 1 mais c'est parfois ainsi que l'on a les meilleurs surprises (spoiler : ce n'est pas le cas ).






Date de sortie : 9 août 2017
Durée : 1h 50min
Réalisateur : David F. Sandberg
Casting : Stephanie Sigman, Miranda Otto, Lulu Wilson
Genre : Epouvante-horreur
Nationalité : Américain

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis :

12 ans après la mort violente de leur fille unique, un couple décide d’accueillir les pensionnaires d'un orphelinat dans leur grande maison devenu trop vide. Une bonne action aux conséquences désastreuses car elle réveillera l'appétit d'une puissance démoniaque que le couple pensait disparue.




Critique :

Donc, Annabelle 2 c'est un prequel de Annabelle 1 (logique...) qui est un spin-off de Conjuring : les dossiers Warren et qui précéde un prochain spin off sur la none démoniaque, bref Annabelle 2 est le dernier film en date d'une franchise qui n'en finit pas d'être exploité et de rapporter un max de blé. C'est également le deuxième film de David F. Sandberg devenu réalisateur grace à un brillant premier court métrage (Lights out) qu'il a pu développer en long en 2016 avec un succès mitigé.
Même s'il débute, David F. Sandberg se montre plutôt efficace à la réalisation. Annabelle 2 repose sur des effets simples et de l'ambiance plus que de l'horreur mais le réalisateur réussit à faire monter la tension avec beaucoup de talent. Bien sûr, nous ne couperons pas aux inévitables jumpscares mais la dose de stress est suffisamment forte pour que ça fasse sursauter une bonne partie de la salle. On notera aussi que le réalisateur a évité au maximum les effets spéciaux pour se concentrer sur des effets plus réalistes. Un choix qui donne d'autant plus de corps à son histoire.
Au niveau de l'histoire, c'est un peu plus confus. Le fait que je n'ai pas vu le premier Annabelle n'aide clairement pas puisque la fin du 2 raccorde directement à l'histoire du 1.
Malgré ça, je pense que les choses qui me bloquent ne tiennent pas à ma méconnaissance de l'histoire mais plus aux choix scénaristiques. Ainsi, il est très difficile d'évaluer vraiment la menace qui s'oppose aux héros. Vous allez me trouver binaire mais j'aime quand la menace est clairement délimité ça permet de mieux se projeter. Ici, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le danger est loin de se limiter à la poupée Annabelle qui finalement ne semble même pas en être un. En dehors de ce détail, l'histoire est simple et forte avec un nœud dramatique assez bien vu que j'aurais presque aimé voir traiter dans un autre film (peut-être Annabelle 1 du coup mais dans ce cas là a voir après le 2)
Les gros point fort du scénario, c'est d'avoir centrer l'histoire sur des enfants, des filles qui plus est (avec un personage principal atteint de la polio, c'est plutôt rare) et d'en avoir fait un film d'époque. Ces deux choix donnent vraiment une atmosphère singulière au film, qui rappellera des classiques comme l'échine du diable ou l'Orphelinat.
Et ce qui ne gate rien, les enfants sont formidables. J'ai vraiment scotché sur Talitha Bateman, la jeune fille atteint de la polio, qui se retrouve dans un rôle très riche et vraiment pas simple. Au niveau des acteurs plus confirmés, on retrouvera Anthony LaPaglia (FBI portés disparus)  dans un rôle un peu trop caricaturale de gros bourru et Stephanie Sigman (Miss Bala, James Bond :Spectre, etc) assez touchante en jeune sœur.
Dans l'ensemble, le film n'a rien d'inoubliable mais l'ambiance est réussie, quelques passages sont surprenant et on passe un bon moment à suivre ces terreurs infantiles(même si elles s'avèrent bien réelles). Annabelle 2 ne révolutionnera donc pas le monde du film d'horreur mais c'est un bon moyen d'atteindre le prochain film marquant du genre. Peut-être "ça" le 20 septembre...

Conclusion :

Un film d'horreur à l'ambiance plaisante et qui se regarde bien même s'il ne révolutionne rien.

lundi 4 septembre 2017

Seven Sisters

Avant de voir sa bande annonce, je n'avais pas vraiment entendu parler de Seven Sisters et pour une fois, celle-ci a vraiment rempli son job puisqu'elle m'a immédiatement donné envie d'en savoir plus.  A moi maintenant de vous donner envie...ou pas :D





Date de sortie : 30 août 2017
Durée: 2h 04min
Réalisateur :Tommy Wirkola
Casting : Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe
Genres Science fiction, Thriller
Nationalités : Américain, Britannique, Français, Belge

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis:

2037, pour lutter contre le surpeuplement, le gouvernement met en place une politique de l'enfant unique. Un homme décide pourtant de conserver les sextuplés de sa fille en les faisant passer pour une seule et unique enfant. Il attribue donc à chacune un nom correspondant au jour de la semaine durant lequel elle incarnera Karen Settman et les élève en conséquence dans le plus grand secret. Tout se passe bien pendant plus de 30 ans, jusqu'au jour ou Lundi disparaît mystérieusement créant la panique chez ses sœurs.

Critique:

Seven sisters est le nouveau film de Tommy Wirkola un réalisateur qui s'était surtout illustré pour le foutraque Hansel et Gretel et avait fait parler de lui dans des milieux plus obscurs pour Dead snow. Pas totalement un réalisateur confirmé donc et plutôt un spécialiste du film de genre. Il nous revient ici avec un scénario de la fameuse "liste noire" d'Hollywood (la liste des meilleurs scénarios de l'année) et clairement une volonté de passer à des projets plus ambitieux.
Avant de commencer la critique, j'aimerais parler deux secondes de la campagne de communication autour du film. Elle était plutôt simple et tenait en une phrase "vous ne devinerez jamais la fin". C'était matraqué sur les affiches, sur les réseaux sociaux, sur le site d'allocine, partout.
Une espèce de défi débile qui n'a pu naître que dans le cerveau malade d'un marketeux sans originalité. Axer toute sa communication autour de cet argument, c'est faire reposer tout le crédit du film sur sa fin, et donc prendre le risque de décevoir le public si la fin n'est pas surprenante. Et surprise, la fin n'est pas surprenante. Si vous avez un peu de culture cinéma, les ficelles sont énormes et presque rien ne vous surprendra. En soi, une fin sans surprise n'est pas forcément un défaut pour un film, mais lorsque toute la communication repose sur ce point ça le devient car ça génère de la frustration. Je ne félicite donc pas les petits génie qui ont gâché ce film par un choix putaclic. Bientôt "ce film est extraordinaire, la 15éme minute va vraiment vous étonner". Bref, revenons sur le film car il mérite malgré tout qu'on s'y attarde.
Le point fort du film, celui qui aurait vraiment mérité d'être mis en valeur, c'est la prestation de Noomi Rapace (Passion, Babycall, Enfant 44, etc). Elle incarne pas moins de 7 personnages, toutes avec leur look, leurs mimiques et leur attitudes très distincte. Un travail qu'elle fait avec tellement de brio qu'on en arrive presque à oublier qu'il n'y a qu'une actrice. A ses côtés, deux belles têtes d'affiches Glenn Close (The last girl, etc) et Willem Dafoe (The Grand Budapest Hotel, Les brasiers de la colère, John Carter from Mars, etc) qui malheureusement sont assez accessoires dans le film. Willem Dafoe a bien quelques scènes touchantes mais Glenn Close est très stéréotypé et sans grand intérêt.
Au niveau de l'histoire, le film réserve plus d'une surprise. En effet, si j'ai pu être un peu dur sur son manque d'originalité, je dois admettre qu'il y a de nombreuses bonnes idées dans le scénario et que c'est avec plaisir qu'on les découvre au fil de la narration. L'autre bonne surprise c'est qu'on sort des canons classiques et des modèles hollywoodiens et moi, personnellement, je suis toujours preneur d'un peu de diversité.
Je terminerais avec un mot sur la réalisation, j'ai déjà évoqué le tour de force de faire vivre les 7 sœurs Settman à l'écran c'est du très très beau travail et ça démontre le talent du réalisateur. Je regrette juste certains passage un peu confus dans les scènes d'action, une scène finale un peu bancale (mal pensée et avec des figurants peu convaincant) et une morale peu claire, voir douteuse. C'est dommage car Tommy Wirkola a clairement beaucoup de talent.
Pour conclure, Seven Sisters est une excellente surprise, un film d'anticipation qui aurait pu se hisser au panthéon des Matrix et autres Bienvenue à Gattaca mais rate la marche de justesse (notamment à cause de sa campagne de com').

Conclusion:

Si l'on fait fit de la campagne de com' putassière au possible, Seven sisters est un film d'anticipation foisonnant de bonnes idées et remarquablement interprété mais qui pâti d'une fin brouillonne et sans une once d'originalité.

vendredi 1 septembre 2017

Que Dios nos perdone

Vous reprendrez bien un peu de thriller espagnol ? La bande annonce de celui-ci ne m'avait vraiment pas plus mais un créneau m'a permis d'aller le voir pour me faire une idée plus précise. C'était une bonne occasion de partager ça avec vous.





Date de sortie 9 août 2017
Durée : 2h 06min
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Casting : Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira
Genres : Policier, Thriller
Nationalité : Espagnol

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement


Synopsis:

Madrid, 2011, le violent Alfaro et l'associal Velarde enquête sur une série de meurtre particulièrement sordide. Dans un climat social très tendu et avec la visite du pape qui approche, leur direction essaye d'étouffer l'affaire mais les deux policiers ne sont pas prêt à abandonner et risque de devoir se remettre profondément en question.

Critique:


Le cinéma Espagnol fait partie des cinémas très riches, vous connaissez probablement tous sa branche fantastique avec des films comme l'Orphelinat, le labyrinthe de Pan ou Quelques minutes après minuit mais je vous parle aussi régulièrement de son côté très thriller dans des films comme L'homme aux milles visages . C'est cette fois encore d'un thriller dont je vais vous parler et probablement même d'un thriller avec un tueur en série, mais seulement si vous êtes gentil.
Que Dios nos perdone est le deuxième film de Rodrigo Sorogoyen, un réalisateur que je ne connaissait pas et que je découvre donc ici (y a une forme de logique).
Indéniablement, l'homme a du talent, sa réalisation est nerveuse et efficace il arrive aussi bien à nous faire ressentir la tension et la chaleur de l'époque que le côté plus apaisé et sordide des scènes de crimes. Les ambiances sont fortes et quelques scènes plutôt marquantes comme celle de l'ampoule. L'enquête est assez atypique puisqu'on se concentre presque plus sur les rapports conflictuels entre les policiers que sur l'enquête elle même. On se retrouve donc avec un drame sombre et très humain porté par deux acteurs talentueux.
Véritable pivot du film, Antonio de la Torre (La isla minima, les amants passagers, etc) est brillant dans ce rôle de policier névrosé et asocial, il est presque méconnaissable tant ses mimiques et ses attitudes le changent. Face à lui, dans un rôle beaucoup plus charnel et bonhomme Roberto Alamo (La piel que habito, etc) fait un excellent contrepoids comme policier à fleur de peau. Le duo fonctionne bien et on se passionne presque plus par le fait de découvrir leurs petits secrets et ce qui va leur arriver que par l'envie de découvrir l'assassin. Pourtant celui-ci n'est pas en reste, l'acteur qui l'incarne est parfait pouvant sans mal passer du sourire du gendre idéal à celui du psychopathe glaçant en quelques secondes, un jeu renforcé par l'aspect vraiment glauque de l'affaire (et comme vous avez été gentil, c'est un tueur en série...enfin biclassé parce qu'il viole aussi ses victimes...des vieilles dames...fun, fun, fun).
Au niveau de l'histoire, il y a beaucoup de choses, et peut-être trop. Comme je le disais précdemment, le réalisateur s'attache à développer à la fois les deux policiers et le tueur, il pose aussi un contexte précis (Madrid, 2011, avant la visite du pape pendant des manifestations) et il suit l'enquête de police. Le tout en 2h et c'est au final assez peu. Car si on arrive effectivement à développer les personnages, le contexte m'a paru beaucoup plus accessoires, sans réel impact (même s'il en a dans l'histoire mais on ne sent pas assez que c'est lié) et donc, finalement, accessoire voir parasite.
Dans l'ensemble, ce thriller est une bonne surprise, il réussit à étonner dans un genre où tout a déjà été fait. Pour autant, il manque quelque chose au film pour que ce soit une franche réussite. J'aurais du mal à définir quoi, est-ce la profusion d'information qui noie un peu l'histoire, le rythme, le flou qui entoure tous les protagonistes ou autre chose mais je n'ai jamais été totalement emporté par l'histoire. Et même la fin, pourtant forte, ne m'a pas satisfait. Je recommande tout de même le film aux amateurs de thriller mais pour les autres je pense que ça sera anecdotique.


Conclusion:

Bien joué, bien filmé et avec une ambiance prenante, Que Dios nos perdone se perd un peu dans sa narration n'exploitant finalement que peu son contexte. Un bon polar mais pas inoubliable.