Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 5 mars 2018

L'insoumis

On ne peut pas dire que je traite beaucoup de documentaire (We are X, Jodorowsky's Dune, Le prix à payer, etc) sur le blog, c'est un genre de cinéma devant lequel je me trouve un peu dépourvu, pourtant c'est un genre riche qui mérite aussi d'être mis en avant. Je profite donc de la sortie de ce film au sujet particulièrement clivant pour reparler un peu documentaire.




Date de sortie 21 février 2018
Durée : 1h 35min
Réalisateur : Gilles Perret
Casting :  Jean-Luc Mélenchon
Genre : Documentaire
Nationalité : Français

Synopsis:

Suivez la campagne présidentielle de 2017 aux côtés de Jean Luc Mélenchon et son équipe partagez leurs joies, leurs peines et comprenez leurs motivations.

Critique:

Disclaimer : l’honnêteté intellectuelle me pousse à dire,  pour ceux qui auraient encore des doutes, que je penche plutôt méchamment à gauche et que j'étais donc plutôt pro Mélenchon (pour être plus précis plutôt pro Insoumis car j'ai tout de même du mal avec la personnalité de Jean Luc Mélenchon). Je suis donc bien allé voir le film  pour son sujet, je n'aurais pas eu le masochisme de voir la même chose sur Macron. Même si j'étais partisan dans mon choix de film, je pense être objectif dans ma critique.

Qu'est-ce que j'attendais de ce film ?
Un regard inédit sur la campagne, de l'objectivité, un nouvel éclairage sur la personalité tant décrié de Jean Luc Mélenchon.
Qu'est-ce que j'ai eu ?
Un hymne d'1h35 à la gloire du grand homme.
Alors oui, Macron c'était déjà payé ce genre de promo avec "Macron : les coulisses d'une victoire" mais pour autant, j'espérais plus de remise en question de ses adversaires.
Je n'ai pas passé un mauvais moment et oui, des personnes n'ayant pas suivit la campagne apprendront peut-être que les médias se sont acharnés sur Mélenchon mais sortie de ça, le fait qu'il s'extasie sur les couchers de soleil Italien, qu'il mange des sushis ou qu'il boit du lait fraise, bah, je m'en contrefout en fait. Ce n'est pas vraiment ce que j'attendais d'un documentaire objectif.
De tout le film, il n'y a qu'une phrase qui m'a vraiment appris quelque chose, Jean-luc qui avoue face caméra être révolutionnaire et explique qu'il ne peut pas le dire car ça fais peur la révolution.
Une révélation en forme d'évidence mais qui en dit beaucoup sur le personnage. Sa conviction bien sûr mais aussi son intelligence politique et sa frustration de devoir paraître ce qu'il n'est pas.
En dehors de ça, le film se contente de couvrir la campagne illustrant comment l'espoir a progressivement gonflé dans les rangs des Insoumis jusqu’à ce qu'ils croient finalement l'impossible possible. En cela le film est assez optimiste, il montre que malgré la défaite, rien n'est perdu car c'est déjà une victoire d'être allé aussi loin. Mais d'un point de vue cinématographique le film n'offre rien, pas plus qu'au niveau politique.
Bref, une déception pour moi qui espérait apprendre des choses ou être remis en question et me suis retrouvé enroulé dans la couverture moelleuse de la certitude.
A réserver aux Insoumis donc, aux fans de Jean Luc et de lait fraise bien sûr mais aussi au curieux qui n'auraient absolument pas suivi la campagne. Vous pouvez également essayer d'y trainer quelques macronistes mais la conversion n'est pas garantie.
Dommage pour Gilles Perret qui réalise pourtant ici son septième film mais dont le manque de recul ne me motive pas trop à découvrir l'oeuvre.


Conclusion :

Un peu partisan, ce documentaire n'apprendra pas grand chose à ceux qui s'intéresse au sujet. Les curieux pourront en apprendre plus sur une personnalité politique décriée mais on reste plus au niveau d'un reportage télé que d'un film de cinéma.

vendredi 2 mars 2018

La forme de l'eau - The shape of water

Difficile de passer à côté du nouveau film de Guillermo Del Toro, entre les récompenses, les polémiques et la réputation du réalisateur, c'est un peu l'inévitable de ce début d'année et probablement l'un des futurs films du top 10 de l'année. C'est ce que nous allons voir maintenant, prenez une profonde respiration, on plonge.






Date de sortie : 21 février 2018
Durée : 2h 03min
Réalisation : Guillermo del Toro
Casting : Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins
Genres : Fantastique, Drame, Romance
Nationalité : Américain

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis:

Solitaire et muette, Elisa mène une vie routinière entre son travail de technicienne de surface pour le gouvernement et son amitié avec son voisin plus âgé. La monotonie de son existence se voit pourtant troublé le jour de l'arrivé d'un spécimen unique dans le laboratoire où elle travaille, une créature à laquelle elle s'attache instantanément.



Critique:

Faut-il encore présenter Guillermo Del Toro (Crimson Peak, Pacific rim, etc) ? Le réalisateur s'est bâti une solide réputation avec des films aux univers très fort et remarquablement mis en image. Là encore, il nous revient avec une proposition singulière une relecture de "la créature du lagon noir" en mode romance pendant les années 50. Esthétiquement, c'est une grande réussite. Dès les premières secondes le film nous happe totalement et il ne nous lâchera pas avec son ambiance nostalgique perdue entre les fifties et l'univers de Caro et Jeunet. Un petit mot d'ailleurs sur la polémique, Jean pierre Jeunet accuse Del Toro d'avoir plagié ses classiques (Delicatessen, la cité des enfants perdu et Amélie Poulain) en volant des scènes, si on note effectivement quelques ressemblances et une ambiance globale proche (le côté nostalgie), il s'agit plus d'inspiration que de plagiat The shape of water à son univers propre et le réalisateur ne démérite pas.
Au niveau de l'histoire, rien de bien original, il s'agit d'un conte ou d'une fable, celui d'un amour impossible mais la force de l'histoire réside dans les subtilités d'écritures (les petites piques sur le racisme notamment) et dans le talent de mise en scène qui permet de raconter beaucoup en disant peu. Un point d'autant plus fort que le personnage principal est muet.
Niveau casting, je ne connaissais pas vraiment Sally Hawkins (Blue jasmine, etc) mais elle est tout simplement formidable dans ce rôle. A la fois très fragile et inébranlable, elle est très expressive et fait sans mal comprendre tout ce qu'elle ne peut pas dire. Face à elle, un acteur que j'admire toujours autant le monolithique Michael Shannon (Nocturnal Animals, Midnight Special, etc), l'acteur est une fois de plus enfermé dans son rôle de grosse brute mais il incarne si majestueusement ses personnages qu'on ne s'en lasse pas. A leurs côtés les quelques seconds rôles sont tout aussi savoureux et la créature est une belle réussite. Difficile de ne pas penser à Abe Sapiens de Hellboy également réalisé par Del Toro, et c'est amusant de se dire que The Shape of Water pourrait presque être un spin off d'Hellboy. (il n'y a aucun élément allant dans ce sens, c'est juste l'ambiance globale)
Dernier petit mot concernant la musique, Alexandre Desplat (Tale of Tales, The grand budapest hotel, etc) livre une fois de plus une partition brillante, elle a toute cette saveur nostalgique qui renforce la crédibilité de l'univers.
Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand chose à dire sur ce nouveau film de Del Toro, si l'histoire est simple, elle est belle et émouvante et le réalisateur à une fois de plus fait montre de beaucoup de talent pour nous toucher au plus profond de nous. Film universel, The Shape of Water devrait réussir à séduire tout type de spectateur, il n'échappe que de peu à une cinquième étoile car à titre personnel certains éléments de l'histoire me gène un peu. Je recommande chaudement


Conclusion:

Une très belle romance, poétique, palpitante et redoutablement réalisée

lundi 26 février 2018

Mary et la fleur de la sorcière

Difficile lorsqu'un nouveau film d'animation Japonais sort de ne pas le comparer avec les productions Ghibli. La bande annonce de celui-ci était assez frappante en ce sens j'étais donc curieux de me faire mon avis et de voir si la comparaison était légitime. 





Date de sortie : 21 février 2018
Durée : 1h 42min
Genre : Animation / Japonais
Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Casting vocal : Ruby Barnhill, Kate Winslet, Jim Broadbent


Synopsis :

Seule chez sa grand tante, la jeune Mary s'ennuie profondément. Une ballade dans la forêt voisine lui fera découvrir "le vol de nuit" une fleure très rare qui posséderait de puissants pouvoirs magiques et qui lui attirera bien des problèmes.


Critique :

On voit assez peu de long métrage d'animation au cinéma (en tout cas nettement moins que de film en 3D) et lorsqu'ils viennent du Japon, il est impossible de ne pas penser au studio Ghibli qui longtemps fut le seul à accéder au grand public en France. Il faut dire que le studio a livré de nombreux chefs d'oeuvres qui n'ont pas à rougir de la production de Disney, l'autre locomotive du film d'animation. C'est cette fois un nouveau studio : Ponoc qui nous livre Mary et la fleur de la sorcière mais un studio pas si différent de ce qu'on connait puisqu'il a été créé par des anciens de Ghibli. On ne s'étonnera donc pas des innombrables ressemblances entre ce film et ceux du prestigieux studio, puisque le réalisateur a travaillé sur des films aussi réputé que Princesse Mononoké (1997), Le Voyage de Chihiro (2001), Le château ambulant (2004) ou Ponyo sur la falaise (2008). (on notera au passage les ressemblances entre Mary et la fleur de la sorcière et  Le Voyage de ChihiroLe château ambulant )

Indéniablement Hiromasa Yonebayashi garde de cette époque un véritable savoir faire car l'on jurerait revoir l'un de ces nombreux films qui nous ont tant fait vibrer à l'époque de l'âge d'or de Ghibli. A quelques détails près pourtant.
Premier petit point noir : les designs. Si dans l'ensemble ils sont assez réussi, on notera quand même quelques ratés du côté des créatures magiques, comme ces espèces de dauphins mutants qui ne ressemblent à rien. Les décors manque également un peu de vie, probablement à cause du budget du film, et l'école semble ainsi désespérément vide (à l'exception de 3 ou 4 plan montrant justement la population de l'école). Mais c'est surtout au niveau de l'histoire que la comparaison fait le plus mal. Là où le studio Ghibli savait conter des histoires complexes et profondes (pas toujours mais souvent) le studio Ponoc se lance avec une histoire très enfantine qui peinera à captiver les plus exigeant. C'est très premier degré, pas original pour un sous et ce qui fait office de morale est assez étrange. Mini spoil, on termine en effet sur un "la magie c'est nul" des plus incongrus pour ce type d'histoire.

Petit point que j'aimerais mettre en avant toutefois, le beau travail de Takatsugu Muramatsu sur la musique. Il a su donner une jolie tonalité à l'ensemble et l'utilisation du dulcimer apporte des sonorités rares et féeriques.
Globalement, j'ai plutôt passé un bon moment devant ce film qui m'a rappelé tous ces grands moments passés devant les chef d'oeuvres de Ghibli, malheureusement ce premier film du studio Ponoc est loin d'égaler ceux de son maître et il ne risque pas de marquer les esprits. Je suis tout de même curieux de voir quels seront les prochains films du studio car Ghibli a pris une direction que je n'apprécie pas trop là où Ponoc semble vouloir renouer avec ce qui faisait le charme du studio mythique. J'attendrais donc avec impatience leur prochain film en espérant qu'ils sauront livrer quelque chose d'aussi abouti sur le fond que sur la forme


Conclusion :

Un film d'animation assez sympathique dans l'esprit des films de Ghibli. Toutefois il n'égale jamais la profondeur de ceux-ci et séduira surtout les plus jeunes.