Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 30 octobre 2017

Logan Lucky

Honnêtement, je ne tenais pas particulièrement à voir ce film. Bien sûr, le casting était séduisant, mais tout respirait le film anecdotique et j'avais tellement mieux à voir. Pourtant, le hasard du planning en aura décidé autrement, il est donc temps de voir si un casting réussi suffit à faire un bon film.






Date de sortie : 25 octobre 2017
Durée : 1h 58min
Réalisateur : Steven Soderbergh
Casting : Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig
Genres : Comédie, Policier,
Nationalité : Américain

Synopsis :

Père divorcé et récemment licensié, Jimmy Logan décide de mettre un terme à ses problèmes en organisant un gros coup. Il convainc son frère de le suivre et de monter une équipe mais pour cela ils auront besoin du meilleur perceur de coffre de la région : Joe Bang, actuellement en prison.

Critique:

Steven Soderbergh est un réalisateur particulièrement prolifique capable du pire comme du meilleur. On lui doit aussi bien Sexe, mensonge et vidéo et Kafka que Solaris et Magic Mike. Une filmographie très variée qui peut laisser craindre le pire d'autant que le réalisateur semblait ici s'autoparodier en faisant une version d'Ocean's Eleven chez les rednecks.
Premier point à soulever : le casting. La com' repose dessus et soyons clair, le film aussi. Le réalisateur a réussi une fois de plus à réunir une belle brochette d'acteur et c'est un vrai bonheur de voir Channing Tatum (Kingsman le cercle d'or, Ave Cesar, Foxcatcher, etc), Adam Driver (Silence, Midnight special, Star Wars 7,etc) , Daniel Craig (Skyfall, etc) jouer les "bouseux". Je ne cache plus mon affection pour Channing Tatum, l'acteur prend des rôles très varié et n'hésite pas à se mettre en danger, ce n'est pas vraiment le cas ici mais il s'avère vraiment touchant dans ce rôle de gros nounours bougon. Adam Driver se retrouve encore dans un rôle de névrosé mais il apporte cette fois une touche d'humour décalée qui fonctionne vraiment bien. Enfin, que dire de Daniel Craig au look aussi improbable que la caractérisation de son personnage ?
Niveau actrice, c'est un peu léger, même si on notera la prestation de Riley Keough (It comes at night, Mad Max : Fury Road, etc) en reboot de "Daisy Duke" ainsi que des apparitions très appréciables d'Hilary Swank (Million Dollar Baby, etc) et de Katie Holmes (Batman Begins, Thank you for smoking, etc). Le reste du casting est tout aussi juste avec une ambiance très fin fond du sud des états-unis.
Niveau scénario, rien de très original, on se retrouve avec une histoire de casse plutôt classique où seule l'ambiance "classe moyenne" apporte vraiment une nouveauté. Comme dans Ocean's eleven, l'humour est très présent et permet de dynamiser un film qui serait un peu trop long sinon.
Et c'est probablement le principal défaut de ce Logan Lucky : une structure un peu bancale où le réalisateur semble vouloir trop en raconter. On se demande parfois où il veut en venir (la romance de Jimmy, le focus sur le champion de course, etc) et ces ajouts sont d'autant plus nuisibles qu'il en délaisse d'autres éléments qui auraient mérités d'être approfondi (par exemple que deviennent les frères Bang ?).
Dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment devant ce film, surtout grace à la relation entre les personnages. Pour autant, je n'ai jamais vraiment été emporté dans l'histoire. L'explication du casse est confuse et le mystère que laisse planer le réalisateur dans sa conception n'arrange rien. Bien sûr cela permet de réserver des surprises mais elles apparaissent du coup faciles et peu satisfaisantes, d'autant que ce genre de twist est un poncif du genre.
Bref, un film un peu facile pour ce réalisateur et qui n'intéressera que les fans de ce type d'ambiance à la Justified ou plus simplement les fans de ces trois acteurs.

Conclusion:

Loin d'être un film majeur de la filmographie de  Steven Soderbergh, Logan Lucky est un honnête divertissement

vendredi 27 octobre 2017

We are X

L'un des bons côtés de la carte UGC c'est qu'elle permet parfois de participer à des avant-premières. Et honnêtement, lorsque l'occasion d'assister à celle d'un documentaire sur X-Japan en présence de son leader m'a été donné, je vous garantie que je n'ai pas hésité longtemps.






Date de sortie 6 décembre 2017
Durée : 1h 33min
Réalisation : Stephen Kijak
Casting : Yoshiki, Gene Simmons, Wes Borland
Genre : Documentaire
Nationalités : Britannique, Américain, Japonais

Synopsis:

A l'approche d'un concert historique au Madison Square Garden, Yoshiki fait le point sur l'histoire de X-Japan, un groupe de musique qui a profondément marqué l'histoire du rock au japon.

Critique:

Sortie en 2016 We are X n'avait pas encore eu le droit à sa projection en France. C'est désormais choses faites (enfin bientôt) grace à Eurozoom qui permet ainsi d'en découvrir plus sur un groupe culte et pourtant méconnu du grand public.
De mémoire, je ne crois pas avoir jamais critiqué de documentaire sur cette page. Un exercice dans lequel je me sens moins à l'aise mais auquel je me frotterai avec plaisir.
We are X raconte l'histoire du groupe peu avant qu'il ne fasse un retour fracassant dans la mythique salle du Madison Square Garden. L'occasion de retracer tous les drames qui ont frappé ce groupe de référence.
Le film est réalisé par Stephen Kijak, un réalisateur dont je n'avais jamais entendu parler mais qui se spécialise dans le documentaire musical. Il est également produit par une partie des producteurs du documentaire Sugar Man qui avait fait parler de lui en 2012. J'insiste rarement sur les producteurs d'un film mais je pense que c'est ici un point important.
L'histoire du film est passionnante et émouvante. On s'attache très vite à la personnalité torturé de Yoshiki et on compatit à tous les drames qu'il a dû surmonter pour que son groupe atteigne les sommets mais tout cela est un peu trop bien rodé. Et c'est d'ailleurs le plus gros problème du film : l'impression d'assister à une pub d'1h40 pour la sortie d'un disque. Alors que le groupe s'apprête à se confronter une nouvelle fois à l'international, et après que le documentaire ait confirmé les difficultés pour le groupe de percer aux états-unis et les enjeux que cela représente pour eux. We are X apparaît alors pour ce qu'il est probablement, une bonne grosse opération de com', l'établissement d'un story telling de qualité pour réussir à séduire le public américain.
Et cette sensation, renforcé par certaines scènes et certains plans où le réalisateur va chercher la larme, donne un côté voyeuriste et malsain au film qui le dessert particulièrement.
Et c'est dommage, car Yoshiki est une personnalité fascinante, l'histoire du groupe prend aux tripes et sa musique trop souvent méconnue est d'une qualité rare.
Très clairement, le film à beaucoup de points forts, ce n'est pas sans raison qu'il a obtenu un prix au festival de Sundance. La narration est fluide, l'histoire de qualité, l'ambiance intrigante.
Si l'on exclut les images d'archives, toutes salement pixelisées (ce que je m'explique mal, ils auraient dû pouvoir retrouver des bandes Betacam au minimum) l'ensemble des visuels sont de grandes qualités. La captation du concert est tout simplement magnifique avec des passages spectaculaires. On regrette même de ne pas en voir plus.
Au niveau des intervenants, on notera quelques grands noms assez surprenants comme Stan Lee ou Marilyn Manson mais l'ensemble des témoignages est plutôt pertinent et permet de se rendre compte de l'ampleur du phénomène X-Japan. Ceux qui ne connaissent pas du tout le groupe seront probablement impressionné par l'importance qu'il a pu avoir dans son pays et dans la culture rock.
Dans l'ensemble, j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder ce documentaire, il m'a permis de me replonger dans la discographie du groupe et d'en apprendre plus sur ses membres. Toutefois, le côté très "produit" de l'ensemble ainsi que son manque de naturel m'a vraiment gêné et ceux d'autant plus qu'il y avait surement moyen de faire tout aussi poignant sans exhiber Yoshiki de la sorte.
Je suppose qu'il y a de gros enjeux derrière ce film et qu'il est avant tout destiné à relancer la carrière du groupe mais on perd justement ce qui faisait la force de ce groupe, son aspect subversif et son exigence artistique. Là où que are X aurait pu être un superbe film, on se retrouve avec une hagiographie un peu dérangeante même si on prend plaisir à la regarder.


Conclusion:

Un documentaire très bien produit et une histoire passionnante mais un ensemble un peu trop artificiel au point de perdre en sincérité. Une belle opération de com'




Point d'orgue de cette projection, la rencontre avec Yoshiki, un grand moment que vous pourrez découvrir dans cette vidéo:

vendredi 20 octobre 2017

Kingsman : le cercle d'or

Un nouveau film de Matthew Vaughn, bien sûr que je fonce le voir et que je vous critique ça immédiatement. Vous doutiez encore que j'étais complètement fan de ce réalisateur depuis Layer Cake ? Tous dans le cab' et en route pour le pays merveilleux des réalisateurs Anglais fan de comics.





Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 2h 21min
Réalisateur : Matthew Vaughn
Casting : Taron Egerton, Colin Firth, Mark Strong
Genres : Action, Espionnage, Comédie
Nationalités : Britannique, Américain

Synopsis:

L'agence d'espionnage british la plus classe et secrète au monde revient. Cette fois, les KINGSMAN devront affronter une menace encore plus dangereuse et capable de les détruire. Un ennemi si retors qu'ils devront faire appel aux STATESMAN, leurs homologues américains, pour avoir une chance d'accomplir leur mission. Ensemble, ils affronteront le mystérieux Cercle d'Or une organisation impitoyable au but mystérieux.

Critique:

Sorti en 2015, le premier Kingsman avait été une merveilleuse surprise. Totalement inattendu, c'était un pastiche de James Bond complètement survitaminé qui apportait beaucoup de fraîcheur à un genre sclérosé (revoyez Spectre si vous avez un doute). Le fait que ce soit réalisé par Matthew Vaughn (Kick-ass, Stardust, etc) ne gâtait rien, le réalisateur ayant un don certain pour réaliser des films prenants, originaux et drôles.
L’intérêt d'une suite à ce premier film n'était pas évident, bien sûr le potentiel était là mais le risque de n'exploiter la license que pour l'argent était très fort tout comme celui de se retrouver avec un Kick-ass 2.
Heureusement, le réalisateur n'a rien perdu de son talent ou de son envie de faire des bons films et ce deuxième opus se révèle également explosif. Dès le début, le réalisateur nous gratifie d'une scéne d'action spectaculaire et ce ne sera clairement pas là seule du film (qui aurait cru qu'on pouvait faire une baston cool avec un lasso ? )
Pour autant, à aucun moment le cercle d'or n'égale vraiment la fraîcheur et la démesure de la scène de l'église de Kingsman. Même l'histoire s'avère plus confuse et moins maîtrisée. Pire, à multiplier les personnages le film ne les respecte pas vraiment et leur destin ne nous touche donc pas vraiment. Reste pourtant quelques scènes émouvantes, surtout une en fait, un magistral flashback visuellement très travaillé et dramatiquement intense.
Niveau casting, le réalisateur met une fois de plus les petits plats dans les grands puisque en plus de  Colin Firth (Magic in the Moonlight, Le journal de Bridget Jones, etc) et Mark Strong (John Carter, La taupe, etc)  dans leur précédent rôle de James bond et Q, on retrouvera Julianne Moore (Don Jon, Hunger Games, etc) fabuleuse dans son rôle de grand méchant rétro. Plus anecdotiques dans l'histoire mais tout aussi mémorable, Halle Berry (Cloud Atlas, X-men, etc) en scientifique, Channing Tatum (Ave césar, Fox catcher, etc) et Pedro Pascal (Games of thrones, etc) en espion cowboy bad-ass et Jeff Bridges (True Grit, The big Lebowsky, etc) en PDG. On notera également la présence hilarante d'une guest de choix vraiment bien mise en valeur.  Personnage principal du film, Taron Egerton s'en sort merveilleusement même s'il est probablement le moins connu du cast.
Les personnages sont tous caricaturaux mais savoureux c'est aussi la force de la série que de tout pousser au maximum jusqu'à atteindre un équilibre très instable mais jouissif entre James Bond et Austin powers. Un choix créatif qui offre des idées intéressantes comme le côté extrême de l'habituelle scène de séduction de l'agent ennemi. Une scène particulièrement gênante visant, selon moi, à dénoncer ce passage obligé et vulgaire des films d'espionnage (passage qui m'avait particulièrement choqué dans le dernier James Bond: Spectre). Pour autant, je regrette que le film perpétue encore les même schémas masculin que les autres films du genre. Plusieurs personnages féminin ont du potentiel mais elles restent très inexploité dans ce film
Pour conclure, je dirais que j'ai passé un bon moment devant ce deuxième Kingsman mais qu'il n'a pas autant de qualités que son prédécesseur. L'histoire essaye d'en dire trop, balayant parfois un peu trop facilement certain détails et s’empattant de longueurs inutiles. Je regrette aussi le côté très accessoire de Channing Tatum Surtout, bien que spectaculaires, les scènes d'actions n'égalent pas la virtuosité de celle du premier et aucune idée n'égale l'originalité du finish du premier film. Un bon divertissement donc, mais pas à la hauteur de ce qu'avait déjà fait Matthew Vaughn. Une suite est très clairement envisagé je ne saurais dire s'il faut la redouter où s'il faut s'en réjouir.


Conclusion:

Si la série Kingsman reste une valeur sûre, ce deuxième opus est un peu moins maîtrisé et souffre de quelques longueurs.

un joli concept art