Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 27 février 2017

Seuls

Il y a longtemps je suis tombé sous le charme de la bd Seuls de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, l'idée d'une adaptation en film m'a plutôt séduite surtout que la bande annonce était plutôt alléchante. Voyons ensemble si le film a su rendre honneur à la bd.







Date de sortie 8 février 2017
Durée : 1h 30min
Réalisateur : David Moreau
Casting : Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac
Genre : Fantastique
Nationalité : Français

Synopsis:

Après une journée difficile, la jeune Leïla se réveille dans sa maison devenu vide. Ses parents ont disparus comme tout les habitants de sa ville. A force de chercher à comprendre, elle finira par rencontrer quatre autres ados également abandonnés mais aucun d'eux n'a la moindre idée de ce qu'il se passe et un danger semble roder.


Critique:

Promis, je reviendrais sur cette image plus tard pour le moment laissez sa profondeur inonder votre âme et vous élever spirituellement.
Comme je le disais en introduction, Seuls est l'adaptation d'une excellente bande dessiné que j'ai lu il y a quelques années maintenant. Je n'ai  lu que les quatre premiers tomes donc je ne saurais dire si le film est fidèle au média d'origine, mais les premiers tome de cette bd étaient très prenant et justifiaient tout à fait une adaptation en film. Un travail que l'on doit à David Moreau qui réalise ainsi son quatrième film. Une carrière assez courte mais très variée puisque le réalisateur a déjà tourné un thriller en Roumanie, une comédie en France et un film d'horreur aux Etats-Unis. C'est probablement ce qui lui donne ce savoir faire si différent de la production Française habituelle. Car il faut reconnaître qu'il y a une véritable ambiance qui se dégage de ce film. Décors, lumière, véhicules (c'est le salon de l'automobile ce film, faut pas demander le nombre de placement de produit), les images sont plutôt belles et spectaculaires. Il n'y a qu'a voir la bande annonce, c'est intriguant. Pour autant, la réalisation peine un peu. Les scènes de combat typiquement, si elles sont peu nombreuses, sont souvent confuses et mal dirigées à l'image de ce premier affrontement entre Lëila et une autre fille qu'on suppose plus qu'on comprend (ah, là elle a du lui mettre un coup de poing).
Au niveau de l'histoire, on se retrouve comme dans la BD avec du "High concept" c'est à dire une idée très forte,
tellement qu'elle peut fagociter tout le reste de l'histoire si elle est mal traité. Car oui, sauf à développer une narration passionnante en creusant par exemple les personnages et leurs interactions le seul intérêt résidera dans la résolution du problème de départ (c'est à dire pourquoi tout le monde a disparu pour les deux qui ne suivent pas) et là, c'est le drame. Non content de ne pas exploiter ses personnages, le film offre une résolution des plus convenues. On en revient donc à cette superbe image que j'ai partagé plus haut. Effectivement, la fin d'une histoire n'est pas forcément le plus important, son cheminement peut l'être bien plus s'il est bien mené à bout. Mais c'est le problème ici. Tout le film repose sur son final. Les personnages ne sont pas développés, leur aventure n'a pas d’intérêt (contrairement à la bd le maître des couteaux n’apparaît pas comme une menace crédible ) la seule chose qui fait tenir le spectateur c'est le mystère qui entoure la situation des personnages. Et malheureusement, on pouvait difficilement trouver pire justification (alors si, il y en avait une autre qui aurait été pire mais dans les deux cas on touche le fond et il peuvent encore nous la sortir dans un prochain film). C'est dommage car ce défaut aurait pu s'effacer face a une construction solide des personnages. Mais au lieu de ça, tout repose sur Leïla, super héroïne qui sait se battre conduire, soigner tandis que les autres sont au mieux des sidekicks comique ou des enjeux romantique (c'est au moins une innovation dans un film normal Dodji aurait été le héros et Leïla l'enjeu romantique).
Pour autant, Seuls n'est pas désagréable à regarder, on est loin du désastre Rings. Malgré les défauts le film réussit à capter globalement le spectateur mais sa résolution est si désastreuse qu'on peut difficilement ne pas ressentir un sentiment de frustration légitime. Si le film fonctionne, Seuls sera le premier volet d'une trilogie, l'image finale suscite un vague intérêt quant à la suite mais la construction de ce premier volet est tellement hasardeuse que j'ai du mal à croire qu'une suite pourrait avoir un réel intérêt. C'est dommage, il y avait vraiment de bonnes choses dans ce projet. Je le recommanderais tout de même pour les plus jeunes qui peut-être ne verront pas venir la fin et pourraient avoir une bonne surprise. Et au pire, lisez la bd.


note enfant:


note adulte:

Conclusion:

Un bon pitch, une ambiance prenante, une réalisation pas désagréable mais un scénario catastrophique avec une fin risible.  Les plus jeunes apprécieront peut-être car ils seront surpris, les adultes se sentiront floué, dommage

vendredi 24 février 2017

Le cercle -Rings-

Est-ce que je suis allé voir ce Ring 3 en étant convaincu que ce serait une bouse et que j'allais pouvoir m'acharner dessus sur le blog ? Je plaide coupable. Est-ce que je me suis fais piéger à mon propre jeu et ai découvert un film profond qui va bouleverser les fondamentaux du septième art ? C'est ce que nous allons voir...







Date de sortie 1 février 2017
Durée : 1h 42min
Réalisateur : F. Javier Gutiérrez
Casting : Matilda Lutz, Alex Roe, Vincent D'Onofrio
Genre : Epouvante-horreur
Nationalité : Américain

Synopsis:

Pour sauver la vie de son fiancé Holt, Julia regarde la cassette maudite de Samara et refait exactement ce qu'on a déjà pu voir dans les précédents opus (non, je ne peux pas avoir l'hypocrisie de faire un résumé intéressant à ce film).

Critique:

Avant de commencer je tiens à faire une petite précision, Le cercle n'est pas un film d'horreur mais bien un film de science fiction. Une oeuvre novatrice sur le thème de la relativité du temps qui réussit l'exploit, en seulement 1h42, de vous faire perdre 10 ans de votre vie. Une expérience incomparable.
Le suspens est insoutenable, ce troisième opus/reboot/relaunch quoi que vous vouliez est-il une grande réussite ? Et bien oui, une grande réussite dans la médiocrité, un triomphe de la turlupinade (oui, je voulais mettre "foutage de gueule", mais c'était trop grossier et là ça me permet un peu de mettre turlute et pinade dans le même mot, ce qui est assez cool). Traitez moi de masochiste mais j'ai vu tout les Ring. Le premier de Hideo Nakata était un véritable chef-d'oeuvre du film d'horreur. L'idée était géniale et la réalisation prenait aux tripes. Sans surenchère le film offrait un spectacle angoissant qui vous hantait des jours durant. Le remake de Gore Verbinski ( A cure for life, Lone ranger, etc ) était aussi fade et sans intérêt que prévu et sa suite, pourtant réalisé par Nakata en personne se révélait également une sombre bouse. Avec une telle parenté, ce troisième film qui ne s'assume pas (on sent d'ailleurs bien dans ce titre la volonté de faire un faux reboot pour garder les fans de la première heure et récupérer un nouveau public) partait mal et les choses ne s'arrangent pas. Dès le début, le désastre est total. Probablement pour dynamiser une histoire affreuuuuuusseeeemmmmeeennnnttttt lente et sans intérêt, le film débute par un accident d'avion. ça n'apporte strictement rien à l'histoire, et comme c'est mal réalisé ce n'est même pas spectaculaire. C'est juste nul et hors-sujet, comme la preuve que le scénariste n'a pas la moindre idée de ce qu'il fait ou juste qu'il s'en fout. Et j'opte plutôt pour la version "il s'en fout" vu le patchwork qui va suivre. Mettez une pincée de Destination Finale, un soupçon de Don't Breathe, deux, trois gouttes de Friend request et un peu de Ring parce que bon, il faut quand même que le public s'y retrouve un peu.
Pour l'histoire, c'est la même soupe que d'habitude, l'héroine regarde la cassette et cherche les origines de Samara pour essayer de sauver sa vie. Ce qui donne un long jeu de chasse au puit à base d'interprétation d'une vidéo maudite de mauvaise qualité. Et pourtant, il y avait des bonnes idées. Bon, une bonne idée en fait. Au début du film, c'est un professeur qui met la main sur la cassette et il décide de mettre au point une expérience scientifique avec un protocole de test. Tout un groupe est donc au courant de la cassette et l'exploite. Tout le film aurait pu tourner autour de cette découverte et montrer, par exemple, comment des scientifiques tentent de dompter la mort mais ne font que provoquer un désastre planétaire. Bref une façon originale d'utiliser l'histoire de Ring et de lui donner une autre ampleur. Mais non, c'était trop demandé, on se débarrasse de ce plot en 10 min maximum pour se retrouver avec la même histoire que l'on a déjà vu trois fois (ring, ring, ring 2).
Un petit mot sur les acteurs : Matilda Lutz, l’héroïne, se débrouille plutôt bien mais ne bâtira pas une
carrière avec ce rôle, Johnny Galecki, malgré son look de beau brun ténébreux, ne fait rien d'autres que jouer Leonard Hofstadter (et c'est d'autant plus désagréable que son personnage aurait été fabuleux en professeur manipulateur qui utilise ses étudiants pour percer les mystères de la cassette) et enfin Vincent D'Onofrio (Jurrasic World, Sinister, et plein de vrais films bien, promis, je vous jure) fait du Vincent D'Onofrio. Soyons clair, c'est un compliment, j'aime cet acteur d'amour et il est parfait dans son rôle d'aveugle flippant mais par contre pourquoi s'est-il embarqué dans cette galère, il vaut tellement mieux que ça.
Vous l'aurez compris, ce nouveau Ring est un très, très mauvais film, il ne réussi même pas à faire peur tant l'ambiance ne prend pas et que les effets tombent à plat. Même les jumpscares n'ont pas réussi à effrayer la salle. Je vous aurais bien conseillé d'aller le voir pour rire un peu mais on s’ennuie tellement que même ça ce n'est pas possible. Ring est un film à éviter, à oublier, à jeter au fond du puits avant de refermer le couvercle.

L'anecdote qui tue

Je n'avais pas vu la bande annonce avant d'aller voir le film c'est dommage car elle illustre à merveille à quel point les producteurs de ce film n'en ont rien à foutre. Elle spoile complètement l'histoire et révèle même le twist (complètement foireux) que le réalisateur fait traîner artificiellement pendant des plombes.

* en toute franchise, la seule chose qui m’empêche de mettre zéro, c'est Vincent D'Onofrio

Conclusion :

L'image du puits résume assez bien la franchise Ring qui n'a de cesse de creuser de plus en plus profond, peut-être trouvera-t-elle de l'eau un jour mais pour l'instant il n'y a pas de quoi étancher sa soif de cinéma décent.

lundi 20 février 2017

A cure for Life

ça fais quelques mois maintenant que j'ai découvert la bande annonce de Cure for life au cinéma et j'étais vraiment curieux de voir le résultat. L'ambiance était prometteuse mais pouvait vite tourner au grand n'importe quoi, surtout dans les mains de Gore Verbinski. Voyons ensemble ce qu'il en est vraiment.





Date de sortie 15 février 2017
Durée: 2h 27min
Réalisation : Gore Verbinski
Casting : Dane DeHaan, Jason Isaacs, Mia Goth
Genres : Thriller, Fantastique
Nationalités : Américain, Allemand
Titre original  : A Cure For Wellness

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis:

Lockhart, est un jeune loup de la finance à qui tout réussi. Pour poursuivre son ascension et éviter de finir en prison, il doit ramener à New-York l’actionnaire majoritaire de son entreprise parti faire une cure thermale. Une mission simple d'apparence qui se révélera quasiment insurmontable lorsque le trader se retrouvera piégé dans l'institut après un accident, obligé de suivre une bien étrange thérapie.


Apparté:

Encore un titre anglais traduit en anglais, dieu que cette pratique marketing m'insupporte. Le publique
ira voir le film même si le titre est en français, et ça évitera de donner l'impression que notre langue est pestiféré. Sans parler du fait de sous entendre que le publique est suffisamment débile pour ne pas comprendre le mot "wellness". A force de prendre les spectateurs pour des ânes ne nous étonnons pas qu'ils se comportent comme tel, bref.


Critique:

A cure for Life est le nouveau film de Gore Verbinski (Le cercle, Lone Ranger, etc) , devenu célèbre grâce à la saga "Pirates des caraïbes", si j'ai beaucoup apprécié son film "Rango" j'avoue ne pas être un fan de ce réalisateur que je considère comme un réalisateur de divertissement. Je ne dis pas que c'est un mauvais réalisateur, juste qu'il est un peu trop grand public et que ses films manquent un peu d'âme alors qu'on sent que c'est quelqu'un qui a au contraire beaucoup à partager. Typiquement, A cure for life est un film à l'univers visuel très riche qui évoquera parfois du Caro et Jeunet ou du Terry Gilliam. Les images sont superbes et on sent que le réalisateur a apporté un grand soin à son image, notamment avec un étalonnage verdâtre très particulier qui donne un aspect maladif à l'ensemble du film. Plus que de faire de jolies images ont sent chez le réalisateur une vraie volonté d'utiliser le film de genre pour critiquer les travers de notre société. A ce titre, le film apparaît comme un mix improbable entre "le loup de wall street" et "Shutter island", ça en devient même un peu gênant car Dane DeHaan (The amazing spiderman, Chronicles, etc) qui joue le rôle principale ressemble beaucoup à Léonardo Di Caprio donnant l'impression que le réalisateur a du se rabattre sur un second choix. Mais je vous rassure tout de suite, s'il n'est pas très connu, cet acteur se révèle excellent dans ce rôle et porte tout le film sur ses épaules.
A ses côtés, Mia Goth fait également montre de beaucoup de talent dans son rôle de poupée brisée,
mais le personnage subit beaucoup plus le film qu'il n'y agit (bien que) rendant sa présence plus anecdotique. On sort de justesse du rôle stéréotypé de "princesse à sauver". Jason Isaacs, surement l'acteur le plus connu du casting, ne s'illustre pas vraiment dans un rôle tout sourire un peu niais. La facilité aurait surement était de lui donner un air plus menaçant mais un entre deux aurait été plus savoureux et aurait donné plus de latitude à l'acteur pour s'illustrer.
Parlons de l'histoire, elle est plutôt réussie avec une implication sociale inattendue puisque le film est en partie une critique de la finance et de notre société capitaliste, on regrettera tout de même qu'elle se prenne pour ce qu'elle n'est pas. En effet, le film multiplie les fausses pistes visant à donner l'impression que le scénario est plus complexe qu'il ne l'est vraiment, alors que le spectateur attentif aura compris l'histoire dès l'arrivé du personnage principal à la cure. En ce sens la comparaison avec Shutter Island est totalement injustifiée. Le film donne l'impression d'être un thriller psychologique avec retournement de situation rocambolesque, alors que l'histoire est beaucoup plus classique( bon je vous spoil un peu mais honnétement, je trouve que ça évite la déception de découvrir que l'histoire est convenue et à mille lieux de ce qu'elle promet dans certains de ses délries visuels)
Ces effets de style pourraient se justifier de manière artistique pour renforcer l'ambiance mais ils ont le tort de rallonger très artificiellement le film ce qui le rend trop long et donc moins agréable à regarder. Avec un film plus court et plus franc, Verbinski aurait surement mieux touché son public.
Au final, A cure for life est un beau film fantastique aux accents lovecraftiens, une oeuvre personnelle qui aurait mérité d'aller plus loin dans le délire ou dans le travail d'écriture. Un entre deux regrettable car on passe à côté de ce qui aurait pu être un film majeur de sa filmographie.


Conclusion :

Un thriller fantastique à l'ambiance intrigante mais qui se perd à essayer de se rendre plus subtil qu'il ne l'est vraiment.


Très belle affiche minimaliste