Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

mercredi 30 octobre 2013

Machete kills

Lorsqu'un film sur le Mexique sort, je me sens un peu obligé d'y aller pour soutenir mes compatriotes. Et puis avouons le, je gardais une certaine frustration d'avoir raté le premier opus de Machete alors j'espérais bien me rattraper avec ce deuxième.




Machete Kills de Robert Rodriguez - Trailer VOST par LesBAdeVivalaCinema

Date de sortie: 2 octobre 2013
Durée: 1h 47min
Réalisation: Robert Rodriguez
Casting: Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson
Genre: Action
Nationalité: Américain


Synopsis:
A peine remis de la mort de la femme qu'il aime, Machete se voit confié une mission par le président des Etats-Unis, empêcher un chef de cartel mexicain complètement fou de faire exploser Washington.

Critique:
Alors, qu'est-ce que Machete, c'est avant tout une fausse bande annonce réalisé pour le film "Grindhouse" de Rodriguez ("Desperado", "Sin city", etc) et Tarantino ("Reservoir dog", "Inglorious Bastard", etc). Plusieurs fausses bandes-annonces avaient été réalisé pour accompagner leurs deux films "Boulevard de la mort" et "Planet Terror" mais celle de Machete avait particulièrement marqué le public au point de provoquer le tournage du premier film dédié à Machete. Un essai qui avait connu son petit succès et tout naturellement provoqué le tournage de sa suite plus ou moins déjà prévues (puisqu'annoncé dans le film).
Alors, concrètement, c'est quoi Machete?
C'est un pastiche de genre. C'est à dire que Rodriguez réalise son film à la manière d'un film Grindhouse (des films de genre à petit budget visant une rentabilité maximum). Pour mieux vous situer, il existe d'excellents pastiches sur des thèmes similaire comme "Austin Powers" ou "OSS 117", leurs points forts étant de reposer sur un acteur ultra charismatique et un humour ravageur.
Et c'est d'ailleurs ce qui condamne Machete. Dany Trejo, s'il fait un excellent acteur de second rôle, n'a
absolument pas la carrure d'un acteur principale et le film n'est pas drôle. On esquisse quelques sourires à l'occasion mais c'est tellement long, ennuyeux et mal foutu qu'on ne s'amuse pas. On se contente d'attendre les caméos de bons acteurs comme Antonio Banderas ("La piel que habito") ou Walt Goggins ("Justified"), et de regarder se succéder les babes bien foutu et court vétu, mais cela ne suffit vraiment pas à donner le moindre intérêt à ce film. Volontairement (ou pas) mal joué, pas drôle, doté d'un scénario de film Z, souvent cheap mais pas assez pour qu'on ait l'impression que ce soit volontaire, Machete a le cul entre deux chaises, n'allant pas suffisamment dans la parodie pour être drôle et allant trop dans l'hommage sincère à un sous-genre pour être intéressant.
Je peux difficilement passer plus de temps à parler de ce film qui m'a profondément ennuyé, si vous voulez le voir, attendez un passage télé, ça ne mérite vraiment pas mieux et l'idéal serait d'éviter tout simplement ce film, il y a suffisamment de très bonnes choses à l'écran en ce moment.



Conclusion:
Si on sourit à de rares occasions, le film n'en reste pas moins long, ennuyeux et plutôt mal joué, je ne sais pas ce que donnait le premier mais celui-ci prouve bien que Machete n'aurait pas du être autre chose qu'une fausse bande annonce.


lundi 28 octobre 2013

9 mois ferme

Non, je ne vous parlerais pas de Gravity, j'en meurs d'envie mais je ne peux pas y aller seul et du coup je dois attendre avant de voir LE film événement. Qu'a cela ne tienne, cela me permet d'aller voir le dernier film d'un de mes chouchous, le génial et complètement fou Albert Dupontel.




Date de sortie: 16 octobre 2013
Durée: 1h 22min
Réalisation: Albert Dupontel
Casting: Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié
Genre: Comédie
Nationalité: Français

Synopsis:
Alors que sa carrière est sur le point d'exploser, la jeune juge Ariane Felder, célibataire endurcie et carriériste, se retrouve enceinte sans savoir comment. Un drame déjà suffisamment terrible pour elle, qui le deviendra encore plus lorsqu'elle découvrira que le père du bébé n'est rien d'autre que l'ennemi public numéro 1.

Critique:
Comique réputé, Dupontel s'était fait un nom dans le cinéma en sortant son premier film "Bernie" une comédie dérangeante qui avait choqué et choque encore par son jusqu'au-boutisme. Depuis, il a sorti d'autres films qui ont nettement moins fait parler et qui pourtant faisait toujours preuve d'un grand talent et d'un vrai amour du cinéma. S'il se cantonne à un certain type de comédie (souvent loufoque et reposant sur le comique de situations) Dupontel expérimente et se renouvelle, à l'image de "le vilain" son précédent film qui se révélait un véritable cartoon.
Avec "9 mois ferme", il réalise une comédie un peu plus classique, même si on reconnait sans peine sa
patte derrière le loufoque de certaines situations ou simplement des personnages. Nouvelle venue dans l'univers du réalisateur Sandrine Kiberlain ("Un héros très discret", "Polisse" etc) s'y glisse admirablement avec son petit air coincé. Elle offre un décalage savoureux avec le grotesque de certaines situations et peut s'avérer hilarante lorsqu'elle se lâche un peu. Pilier du film, Dupontel est comme toujours monumental, sa présence crève l'écran et si son personnage est plutôt proche de ceux qu'il a l'habitude d'incarner, on lui pardonne tant il le fait avec talent.
Niveau réalisation, c'est un sans faute, Dupontel n'a plus rien à prouver sur ce point, il sait raconter des histoires, c'est très visuel et bien pensé, certes il n'y a rien d'extravagant mais c'est meilleur que la majorité de la production de comédie française. A tout cela, on ajoute un scénario original, même s'il ne surprendra pas beaucoup, propice à de vrais moments de pures délires.
Enfin, il faut noter le sens du détail du réalisateur qui se manifeste dans les petites touches d'humour dissimulés à droite à gauche (songez à lire les textes qui apparaissent à l'écran) ainsi que dans la présence de guests de choix particulièrement bien utilisé.
Vous l'aurez compris, je suis particulièrement enthousiaste, une fois de plus Dupontel ne m'a pas déçut, j'en ai pleuré de rire tant le film m'a emporté dans sa folie, je ne saurais donc que trop vous recommander ce fabuleux divertissement, frais et original, la preuve que la créativité existe toujours en France.



Conclusion:
Un petit bijou d'humour, un film délicieusement jubilatoire. C'est bien écrit, fin, drôle et touchant, bref c'est un excellent divertissement.


En bonus, une affiche alternative du film que je trouve superbe(un hommage à "Brazil")


mercredi 23 octobre 2013

Au bonheur des ogres

Après plusieurs films un peu sombre, il était temps d'apporter un peu de gaieté dans cette rubrique, Au bonheur des orges me paraissait idéal pour ça.




Date de sortie: 16 octobre 2013
Durée: 1h 32min
Réalisation:Nicolas Bary
Casting: Raphaël Personnaz, Bérénice Bejo, Guillaume De Tonquédec
Genre: Comédie
Nationalité: Français

Synopsis:
Benjamin Malaussène travaille comme bouc émissaire au Bonheur de Paris, un métier qu'il exerce par obligation pour subvenir aux besoins de son étrange famille recomposée. Sa vie, déjà compliquée, va le devenir encore plus lorsque le magasin sera victime d'un attentat. Heureusement pour lui, il pourra compter sur une fougueuse journaliste pour l'aider dans cette sombre histoire.


Critique:
Au bonheur des orges est adapté du cycle Malaussène du romancier Daniel Peynac, une oeuvre réputée qui n'a connue que très peu d'adaptation tant le texte est propre au média écrit. C'est donc un gros paris que relève Nicolas Bary, un challenge qui n'a rien a envier à l'adaptation de "l'écume des jours" par Gondry sauf que Bary est loin d'avoir l'expérience de son confrère. En effet, ce jeune réalisateur n'en est qu'a son deuxième film, le premier étant "les enfants de Timpelbach" un film pour enfant passé relativement inaperçu. Alors, Nicolas Bary a-t-il péché par orgueil et surestimé ses compétences ? Pas forcément. Certes, l'adaptation était difficile, mais le résultat est loin d'être inintéressant. Le réalisateur à su donner une vraie ambiance à son film, un univers rose bonbon tranchant ironiquement avec un monde plutôt sombre.
Si le film est vendu comme une comédie, il s'agit en fait d'un polar humoristique à l'image des aventures des époux Beresford ("Mon petit doigts m'a dit" etc). Et c'est un peu le problème de ce film, l'équilibre entre comédie et polar est plutôt mal pensé si bien qu'on ne sait jamais vraiment trop ce qu'on regarde. Et ce n'est pas là la seule maladresse, car on pourra noter certains dialogues vraiment trop écrit et certaines scènes parfaitement inutiles (la crise du chien notamment qui ne sert qu'a meubler). Le constat peut paraitre terrible dit comme ça, mais le film bénéficie également de gros atouts, à commencer par son casting. Si le rôle ne donne pas particulièrement sa chance à Raphaël Personnaz ("La Princesse de Montpensier", "Anna Karenine"etc) de briller (il n'en reste pas moins touchant dans ses attitudes de Droopy au grand coeur), c'est tout le contraire pour Bérénice Bejo ("OSS117", "The Artist" etc) plus lumineuse que jamais au point qu'elle en volerait la vedette au héros. C'est une véritable tornade qui nous emporte dans le film et son couple avec Personnaz est des plus attendrissant, c'est probablement même l'histoire la plus intéressante dans le film (alors qu'elle est accessoire). Les seconds rôle ne sont pas en reste puisque c'est toute une galerie de gueule qu'on ne voit pas forcément souvent sur nos écrans et qui apporte un vraie plus à l'univers du film. Je citerais notamment Guillaume De Tonquédec ("Fais pas ci, fais pas ça" etc) en patron dépassé, Emir Kusturica ("L'affaire Farewell' etc) en vigile mystérieux et le très prometteur Thierry Neuvic en policier dur à cuir.
C'est l'alchimie entre ces acteurs et les situations cocasses qui font que l'on passe tout de même un bon moment à regarder ce film, même si objectivement, il manque d'argent (les premières scènes sont assez fatale à ce niveau) et il est mal équilibré. A noter, la bande son plutôt réussi du film est le fruit du travail de Rolfe Kent, le compositeur de la série Dexter. Bref, un film sympathique, un honnête divertissement qui permet de redécouvrir la folie de Peynac mais un film plutôt moyen.





Conclusion:
Un film qui n'est pas dénué de qualité, à commencer par son casting, mais qui souffre d'un manque de cohérence, la balance entre comédie et thriller est mal équilibrée et les dialogues sont parfois trop écrit. Le manque d'argent se fait également sentir dès que le film veut se faire un peu spectaculaire.