Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 12 février 2018

Revenge

Si je n’en avais jamais entendu parler, j’admets que la bande annonce de Revenge m’a interloquée. Le film n’avait pas du tout l’air d’être français et malgré la banalité du thème, il se dégageait quelque chose d’original. Coup de bluff ou coup de chef, c’est ce que nous allons voir.




Date de sortie : 7 février 2018
Durée : 1h 48min
Réalisation : Coralie Fargeat
Casting : Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe
Genre : Thriller , revenge movie
Nationalité : Français

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Synopsis :

Jen pensait passer un week-end romantique avec son séduisant amant Richard mais c’était compter sans l’arrivé de ses deux collègues : Stan et Dimitri. Habitué à ce que rien ne leur résiste, Stan n’hésitera pas à violer la jeune fille qui avait osé le repousser. Plutôt que de faire face aux éventuelles conséquences de leurs actes, les trois hommes décident de se débarrasser de leur victime mais c’était compter sans la force de caractère de Jen bien décidée à rendre coups pour coups.

Critique :

Revenge est le premier film de Coralie Fargeat. Il repose sur un scénario ultra convenu et déjà vu cent milliard de fois mais toute la force de ce film réside dans l’inventivité de sa réalisation.  On sent que Coralie est une passionnée de cinéma, les images sont magnifiques, que ce soit la force des couleurs, la sensualité des plans sur Jen, la violence des très gros plans. La réalisation est aussi redoutable que Jen et c’est un régal d’en découvrir tous les petits détails. La mise en scène n’est pas en reste, elle est réfléchie et on appréciera par exemple de voir comment la nudité est utilisée pour identifier les personnages comme des proies ou comment une simple pomme permet de faire monter la tension dans une situation anodine.
Revenge est une excellente surprise. Avec ce premier film, Coralie Fargeat n’a rien à envier à un Tarantino et son sens du détail. C’est frais, c’est fin, c’est violent et c’est même trash mais c’est tout sauf idiot et mal foutu. C’est un vrai film de cinéma de ceux qui prouvent que l’on peut faire du divertissement intelligent.
Niveau casting, le film repose essentiellement sur le talent de Matilda Lutz (Le cercle - the rings, etc), la jeune femme est aussi séduisante en diable au début du film qu’elle est bad-ass à la fin. Elle trouve ici un rôle bien plus à même de bâtir sa carrière que celui qu'elle avait pu incarner dans The ring. L’esthétique aide beaucoup dans l'évolution du personnage mais le talent de l’actrice joue énormément. Face à elle, on notera surtout Kevin Janssens (les ardennes, etc) en grosse pourriture, tantôt séduisant tantôt flippant. Il se révèle d’autant plus convaincant que les seconds rôles ne le sont pas vraiment. Entre Vincent Colombe (Rosalie Blum, etc) qui fait tellement penser à Cyril Hanouna qu’on s’attend à ce qu’il mette des pates dans le slip de l’héroïne à tout moment et Guillaume Bouchède assez inexistant en dehors de SA scène on ne saurait dire qui apporte le moins au film.
L’autre petit défaut qu’on pourra reprocher, outre le peu d’originalité de l’histoire, ce sont les grosses
facilités. Ainsi, il faudra vraiment prendre sur soi pour accepter que l’héroïne ne soit pas morte (ou alors se faire une interprétation mystique à la blueberry : c’est une renaissance spirituelle d’où le feu et le phoenix) et que les gens réussissent à se retrouvent si facilement dans un désert aussi immense.
Mais si l'on accepte de mettre ces petits soucis de côté, Revenge est une énorme claque. Il y a vraiment beaucoup de bonnes idées (les gros plans, les trips, etc), des choses très drôle, des choses impressionnantes et ce n’est pas le genre de film qu’on peut voir souvent sur les écrans. Par certains aspect, ça me fait même penser à du Oliver Stone (Natural born killer, Savages, etc )
Bref, j’espère que vous l’aurez compris, je suis très emballé par ce film. Je l’aurais été si ça avait été un film américain, mais là, en plus, c’est un film français et cerise sur le gâteau d’une réalisatrice.  Autant de bonnes raisons de recommander ce film et j'avoue que je suis vraiment curieux de voir quel sera le prochain travail de Coralie Fargeat car elle vient déjà de poser la barre très haut.



Conclusion :

Un thriller surprenant, une réalisation audacieuse, une actrice ultra badass, un film qui n’a rien à envier à un bon Tarantino, je recommande chaudement.

mercredi 7 février 2018

Oh Lucy !

Beaucoup mis en avant dans les réseaux UGC, j'étais curieux de découvrir ce film Japonais qui avait tous les airs d'un film indé américains. Le mélange était séduisant mais l'air suffit-il à faire la chanson ? Envoyez la musique.





Date de sortie 31 janvier 2018
Durée : 1h 35min
Réalisateur : Atsuko Hirayanagi
Casting : Shinobu Terajima, Shioli Kutsuna, Josh Hartnett
Genre : Comédie dramatique
Nationalités : Japonais, Américain

Synopsis:

Solitaire et renfermée, Setsuko mène une vie monotone jusqu'au jour ou sa nièce la pousse à prendre des cours d'anglais un peu spéciaux. Elle y tombera amoureuse de son professeur : John, qui s'avère l'amant de sa nièce. Lorsque le couple disparaît brutalement pour les états-unis, Setsuko décide de partir à leur recherche mais devra composer avec sa soeur avec qui elle ne s'entend plus.


Critique:

Oh Lucy est le premier film de la réalisatrice Singapourienne(pas Japonaise donc) Atsuko Hirayanagi, c'est un road-movie assez classique qui va voir la vie bien ordonnée d'un personnage remis en question par son voyage. C'est aussi le clash des cultures entre le Japon et l'Amérique, bref ce sont des ficelles universelles et efficaces pour raconter la vie d'un personnage. Le film a le bon goût de réussir à être surprenant en prenant souvent des détours inattendus ce qui permet de déstabiliser toujours un peu plus les personnages. Rien de très original pour autant la fin étant même très convenu à quelques anecdotes près.
Niveau réalisation, c'est propre sans être marquant, la réalisation est efficace mais n'apporte pas grand chose. Il ne faudra pas attendre de plans signifiants ou particulièrement réussis mais il n'y a pas d'erreurs pour autant.
C'est surement au niveau du casting que le film tire le mieux son épingle du jeu Shinobu Terajima est très attachante dans son rôle de paumée asociale et son duo décalé avec Josh Hartnett est assez savoureux.
Dans l'ensemble, Oh lucy est un beau film mais qui manque un peu de force. On sourit un peu, on compatit légèrement mais jamais le spectateur n'est vraiment emporté par cette histoire, peut-être à cause du désespoir sous-jacent dans les choix du personnage principal.
A réserver au fans de films indés dans la droite lignée des little mis sunshine





Conclusion :

Un drame touchant et poétique mais qui ne chamboule pas vraiment

vendredi 2 février 2018

3 Billboards, les panneaux de la vengeance

Si vous regardez des vidéos sur Youtube, vous n'avez probablement pas pu échapper à la campagne de pub particulièrement chargé de 3 Bilboards. C'est en tout cas comme ça que j'ai découvert le film et c'était la première fois que je regardais une pub jusqu'au bout. Mais une bande annonce c'est souvent trompeur, celle-ci était elle révélatrice de ce que j'espérais, voyons cela ensemble.




Date de sortie : 17 janvier 2018
Durée : 1h 56min
Réalisation : Martin McDonagh
Casting : Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell
Genre : comédie dramatique
Nationalités : Britannique, Américain

Synopsis:

Furieuse que l'enquête sur le viol et le meurtre de sa fille n'avance pas. Mildred Haye décide de prendre les choses en main et d'attirer l'attention des médias en provoquant le très respecté chef de la police.

Critique :

3 Bilboards est le quatrième film de Martin McDonagh un réalisateur qui c'est fait connaitre avec Bons baisers de Bruges et 7 Psychopathes. Un réalisateur qui a clairement démontré un style à part et compliqué à vendre. En effet, ses films sont souvent vendu comme des films d'actions alors qu'ils n'en sont pas du tout. Ils attirent donc un public qui risque de ne pas les apprécier à leur juste valeur alors que les spectateurs qui auraient pu apprécier hésite parfois à aller les voir. C'est ainsi que j'ai découvert Bons baisers de Bruges longtemps après sa sortie et uniquement parce qu'on me l'avait chaudement recommandé.

3 Bilboards n'échappe pas à ce phénomène, loin d'être le film d'action que laisse présager sa bande annonce, il se révèle un film presque contemplatif, prenant son temps pour détailler les personnages de cette petite ville et poser l'ambiance explosive qui y règne. Et c'est là que réside la force de McDonagh dans ce mélange totalement improbable d'humour, de violence, de tragédie et de calme. Loin d'aller à l'essentiel, le film ne cesse de prendre des détours inattendues s'attardant parfois sur des personnages qu'on aurait cru secondaire ou au contraire se débarrassant d'autres qu'on penser principaux. Le réalisateur s'amuse à jouer avec nos émotions pour nous mettre autant sur la brèche que ses protagonistes.
Et quels protagonistes ! A commencer par Frances McDormand (Ave César, Fargo, etc), l'égérie des frères Coen, elle est ici magistrale dans un premier rôle encore plus riche que celui de Fargo. Elle incarne une femme en souffrance décidé à tout faire pour retrouver la paix. Un personnage drôle et attachant mais surtout complexe et profondément humain.
Le film est également l'occasion de retrouver Woody Harrelson (La planète des singes Suprématie, Insaisissable 2, etc) dans un rôle très touchant auquel il ne nous avait pas vraiment habitué. Les seconds rôles sont également très bien choisis avec une mention spéciale pour Sam Rockwell très drôle dans son rôle de crétin agressif. On regrettera peut-être le rôle très réduit (non, ce n'est pas un blague, n'insiste pas tu es lourd) de Peter Dinkladge un acteur que j'aime beaucoup et qui mérite de sortir un peu de Game Of Thrones ( même s'il y a peu de chance qu'il obtienne un rôle plus cool que Tyrion, on est d'accord)
Niveau musique, on pourra regretter que l'ensemble manque un peu de diversité mais le thème principal est vraiment réussi et émouvant.
La réalisation manque également d'originalité mais elle est suffisamment efficace pour bien servir son propos et c'est le principal.
En conclusion, je dirais que ce nouveau film de Martin McDonagh est une fois de plus une grande réussite. Le rythme déstabilisera surement certains spectateurs, surtout ceux qui s'attendaient à un film d'action tendance "vigilant film" mais les amateurs de bons cinémas ne pourront qu'apprécier l'originalité. L'histoire est universelle et donne à réfléchir. Elle a le bon goût de ne pas être manichéenne et d'être aussi riche et complexe que l'âme humaine. Mildred Haye, par exemple, loin d'être une parfaite héroïne à également ses failles et essayent de les gérer comme elle peut. Sans spoiler la fin, je trouve également qu'il s'agit d'un excellent choix même s'il peut s'avérer frustrant. Bref, j'ai passé un super moment devant ce film qui m'a beaucoup évoqué le cinéma des frères Coen et je ne peux que le recommander chaudement.



Conclusion:

Un film atypique qui pourra évoquer l'oeuvre des frères Coen, une grande réussite.