Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 10 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Cela fait plusieurs années maintenant que Tim Burton est plus une source de déception pour moi que de plaisir, la bande annonce de ce nouveau film laisse présager d'un retour du réalisateur à un univers qu'il maitrise, est-ce vraiment le cas ? Voyons cela ensemble. 




Date de sortie : 5 octobre 2016
Durée: 2h 07min
Réalisation: Tim Burton
Casting : Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson
Genres : Aventure, Famille, Fantastique
Nationalités : Américain, Belge, Britannique

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis:
Lorsque son grand-père meurt brutalement assassiné, Jake est convaincu qu'il a été victime de l'un des monstres dont il lui parlait enfant. Cette certitude le mènera sur la piste d'êtres d'exceptions dont il deviendra proche mais également de créatures monstrueuses prêtes à tout pour s'en prendre à eux. Jake devra réussir à s'affirmer s'il veut réussir à aider ses nouveaux amis.


Critique:
Si l'on excepte "Big Eyes" je n'ai pas vu un bon film de Tim Burton depuis "Big Fish" en 2003 (bon,
il y avait du beau boulot dans "Sweeney Todd" mais le côté musical était vraiment trop insupportable pour moi). Je n'aurais donc pas dû avoir d'attentes particulières pour ce Miss Peregrine et pourtant, la bande annonce, même si elle était clairement ciblé pour un public jeune, faisait montre d'un fort potentiel.  L'univers semblait original et propice à l'excentricité, de quoi permettre, en théorie, au réalisateur d'exprimer sa sensibilité artistique tout en offrant du grand spectacle.
Pourtant, même si j'ai voulu y croire, il est rapidement évident que la flamme n'est plus là. En dehors de quelques fulgurances comme ce combat de marionnettes ou le design de certains enfants, le film est fade, ennuyeux et son scénario bancale. Je ne m'attarderais même pas sur l'histoire des boucles temporelles dont je doute encore du bon fonctionnement mais les agissements des méchants et même ceux des héros ne semblent pas toujours très pertinents. On est clairement ici dans une histoire pour les plus jeunes, où il ne faut pas trop réfléchir à ce qu'il se passe à l'écran et qui n'offre aucun deuxième niveau de lecture.
Avec tout son bagage, on pourrait attendre de Tim Burton une réalisation maitrisée et des propositions fortes, au lieu de ça on se retrouve avec un résultat convenu et parfois brouillon à l'image de cette baston dans une fête foraine. Toutes les images les plus impressionnantes se trouvent dans la bande annonce.
Niveau casting, on trouve d'assez jolies choses : Eva Green/Miss Peregrinn ( The salvation, Sin city 2, Perfect Sense, etc) bien sûr, toujours à l'aise dans le rôle de femmes mystérieuses et excentriques mais aussi Asa Butterfield (la stratégie Ender, Hugo Cabret, etc) qui remplit parfaitement son rôle de jeune héros en devenir, même s'il m'a moins impressionné que lors de ses précédents films ou encore Samuel L Jackson (Kingsman, Django, etc ) qui cabotine une fois de plus mais sans que ça détonne vraiment vu le genre du film. A noter, la présence de Ruppert Everett dans un second rôle décalé où il est méconnaissable.
Un petit mot sur la musique, étonnamment Burton ne retrouve pas son camarade de toujours (Danny Elfman) mais collabore avec un compositeur moins prestigieux : Michael Higham. Le résultat est totalement passe partout, je serais bien en peine de me souvenir du moindre air du film.
Pour conclure, je dirais que je me suis vraiment ennuyé ferme devant ce film. Il y a bien quelques bons moments mais tellement peu face à la vacuité de l'ensemble que ça en devient négligeable. Miss Peregrinn est un de ces énièmes film prémaché d'Hollywood qui n'apporte rien de neuf à une recette éculée. Je ne désespère pas de voir un jour Burton revenir avec une oeuvre forte, personnelle et prenante mais pour l'instant il continue de s'enfoncer dans une vision commerciale du cinéma. Dommage.



Conclusion:
Décidément, il semble qu'il va falloir se faire à l'idée que nous avons définitivement perdu Tim Burton. Ce nouveau film s'il offre un univers intéressant s'avère long, peu passionnant et sans grande imagination, ça se laisse regarder mais guère plus que tout les films du même genre qu'on voit passer chaque année. Ou est passé la folie et le génie ?

vendredi 7 octobre 2016

Don't Breathe - La maison des ténèbres

Don't breathe, c'est le film d'horreur événement du moment, en grand amateur de frisson je me devais d'aller voir ce que ça vaut et de vous en dire un peu plus.




Date de sortie : 5 octobre 2016
Durée: 1h 28min
Réalisation : Fede Alvarez
casting:  Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette
Genres : Thriller, huis-clos
Nationalité : Américain

Interdit aux moins de 16 ans

Synopsis:
Trois jeunes cambrioleurs décident de tenter un dernier coup en attaquant la maison d'un ancien militaire devenu aveugle. Un plan facile qui va rapidement tourner au cauchemar.


Critique:
Pour commencer, je vais une fois de plus m'en prendre à la com' entourant le film et aux phrases chocs du style "le meilleur film d'horreur américain des 20 dernières années" qu'on peut trouver sur l'affiche. Déjà, ce n'est le meilleur rien du tout et surtout ce n'est pas un film d'horreur. Don't Breathe est un huis-clos angoissant, c'est autant un film d'horreur que "Panic room" alors qu'on le considère comme le meilleur film d'horreur ça me chagrine un peu. Déjà que le genre est sous représenté et souvent limité à de gros navets alors si en plus on dépossède le genre de ses caractéristiques autant lui mettre tout de suite un coup de pelle derrière la nuque pour qu'on en finisse.
On s'amusera aussi du sous-titre du film "La maison des ténèbres", un sous-titre racoleur au possible et mensonger puisqu'il fait uniquement référence à l'obscurité dans la maison, une obscurité loin d'être majoritaire durant le film.
Ceci étant dit, Don't Breathe est un bon film. Avec une trame simpliste, Fede Alvarez réussit à nous tenir en haleine et nous surprendre avec beaucoup d'efficacité. Pourtant, nous sommes loin d'être devant une oeuvre majeure de l'horreur.
Si l'on notera quelques jumpscare faciles et une façon un peu appuyée de poser les éléments (ohhh regarde le gros plan sur cet objet anodin mais qui forcément aura de l'importance à un moment puisque je fais un gros plan dessus), on constate surtout une réalisation sobre qui met subtilement en avant l'importance du son lorsqu'on ne peut plus se baser sur la vue. On regrettera toutefois que le sujet ne soit traité qu'assez superficiellement et que le réalisateur balaye la problématique de l'obscurité en tournant en pseudo nightshot plutôt que d'essayer de trouver des alternatives et d'apporter vraiment de la nouveauté.
Niveau acteur, le trio de tête est vraiment saisissant avec une mention spéciale pour Stephen Lang qui réussit à être aussi pitoyable que terrifiant.
Enfin, en terme d'ambiance, on notera également le choix intéressant de placer l'action à Détroit, cette cité fantôme devenu l'objet de bien des fantasmes (Only lover left alive, Lost river) tout comme on ne pourra pas ignorer cette opposition entre la vieille Amerique qui dort sur ses millions et la jeune qui crève de faim et essaye de s'en sortir.
Bref, pour son deuxième film Fede Alvarez livre une honnête série B qui vous prendra aux tripes et vous surprendra à plus d'une occasion. 



Conclusion:
Un honnête thriller prenant et malin

mardi 4 octobre 2016

War dogs

Very bad trip, vous connaissez forcément, la trilogie a cartonné et fait exploser la carrière de Bradley Cooper. Aujourd'hui, le réalisateur de la saga nous revient avec un film plus engagé, l'occasion de passer enfin à autre chose? C'est ce que nous allons voir.





Date de sortie : 14 septembre 2016
Durée: 1h 55min
Réalisateur: Todd Phillips
casting : Miles Teller, Jonah Hill, Ana de Armas
Genres : Comédie, Drame, Guerre
Nationalité : Américain

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs


Synopsis:
Après avoir enchainé des petits boulots de plus en plus nuls, David à l'impression d'être arrivé au bout de sa carrière. Heureusement, son ami Efraim, qu'il avait perdu de vue depuis des années, va lui proposer une solution à tout ses problèmes. Profitant des failles du système administratif américain, les deux amis vont réussir à obtenir des contrats de vente d'armes avec l'armée. Des contrats de plus en plus gros et de plus en plus dangereux qui mettront à mal les valeurs et l'amitié des deux amis.

Critique:
Je n'ai pas honte de le dire, j'ai vu les trois Very Bad Trip.
J'appréciais beaucoup Bradley Cooper
(découvert dans Alias) et le scénario du premier opus m'avait vraiment convaincu (sans parler de l'hilarant Zach Galifianakis). La suite fut plus anecdotique mais restait distrayante.  Avec un tel succès, on comprend sans mal que le réalisateur se soit laissé tenter au petit jeu des suites mais de fait il devenait de moins en moins évident de voir comment il allait s'en sortir. Il y réussi pourtant ici très habilement en restant sur le genre du "film de potes" auquel il apporte une tout autre dimension.
Si le sujet n'est pas très original, impossible de ne pas penser à Lord of war notamment, c'est au niveau du traitement que l'on trouvera plus de fraicheur puisque le film bénéficie de la même énergie que l'on pouvait trouver dans les Very Bad trip. Malgré le sujet, malgré la tension et les moments difficiles, le film réussi à rester léger et fun tout du long, notamment grâce à ses acteurs.
Quand je dis "ses" acteurs, je veux surtout dire "son" acteur : Jonah Hill. L'acteur, qui s'était illustré dans de fabuleux seconds rôles Django Unchained, Le loup de Wall street, etc, dévore littéralement l'écran dans le rôle du sympathique et charismatique Efraim. A ses côtés, Miles Teller ( les 4 fantastiques, Whiplash, etc) pourtant rôle principal, puisqu'il fait office de narrateur et que c'est son histoire que l'on raconte, est beaucoup plus anecdotique. On lui reconnaitra tout de même une faculté assez incroyable pour faire varier son charisme car si son personnage est effacé durant la majorité du film, il prend une toute autre dimension sur la fin, jusqu'a devenir presque menaçant, un grand écart que tout les acteurs ne pourraient pas se permettre. On notera encore Ana de Amas, une actrice que je ne connaissais pas et que j'ai hâte de retrouver dans un rôle plus consistant (peut-être dans Blade Runner 2). Enfin, je
félicite le réalisateur(et surtout la prod) de ne pas avoir communiqué sur la guest du film, c'est une excellente surprise que je vais éviter de vous gâcher (et pour les curieux, il suffit d'aller voir la fiche du film).
Niveau réalisation, rien de particulier à remarquer, c'est très efficace, à l'américaine donc, suffisant pour faire un bon film mais rien d'inoubliable. Niveau musique, l'on pourra compter sur quelques bons standard bien placé, de quoi passer un bon moment.
Dans l'ensemble, War dogs séduit vraiment par la qualité de sa thématique et la légèreté avec laquelle elle est traité. Loin d'être idiot, le film critique le système avec suffisamment de légèreté pour que la démonstration ne soit pas trop appuyé et fasse mouche.
Une belle histoire remarquablement joué, ce n'est pas beaucoup mais c'est déjà bien plus que ce qu'on peut voir souvent, je ne peux donc que vous recommander chaudement ce nouveau film.
Petite anecdote: David Packouz le personnage principal incarne le rôle du chanteur au début du film.



Conclusion:
War Dogs est une excellente surprise. Non content d'être un divertissement efficace, il se permet le luxe d'aborder un sujet sensible: le commerce de la guerre. Mais aussi d'avoir un véritable fond sur notre société. A voir pour rire et réfléchir.

chouette affiche alternative en hommage à Scarface qui a beaucoup d'influence sur le film