Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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vendredi 7 juillet 2017

Sans pitié

Je l'avoue, j'étais en manque de films Coréen. C'est l'unique raison qui m'a poussé à aller voir Sans pitié alors que la bande annonce ne m'avait pas vraiment séduit. C'était au moins l'occasion de découvrir un nouveau réalisateur Sung-hyun Byun et de voir ce qu'il avait dans le ventre.






Date de sortie : 28 juin 2017
Durée : 2h 00min
Réalisation : Sung-hyun Byun
Casting : Kyung-Gu Sol, Si-wan Yim, Kim Hie-won
Genre : Thriller
Nationalité : Sud-Coréen

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Synopsis:

La prison rapproche les hommes, c'est ainsi que le jeune chien fou Jo Hyun-su va faire la connaissance de Han jae-ho, un influent mafieux qui fait régner la loi derrière les barreaux. Les deux hommes vont se lancer dans une collaboration mutuellement profitable alors que de nombreux dangers guettent.



Critique:

Sans pitié est le troisième film de  Sung-hyun Byun et son premier thriller après une comédie romantique et un film musical. Plus qu'un thriller c'est un mélange de film de gangsters, de film de prisons et d'autres choses (que je ne peux pas détailler sans spoiler). En voyant la bande annonce, j'avoue que je n'avais pas vraiment été convaincu et je n'étais pas sûr de bien comprendre de quoi le film parlait. Assez rapidement, j'ai réalisé que la bande annonce n'abordait qu'un aspect du film dissimulant très volontairement les quelques surprises que l'histoire nous réserve. En effet, sans spoiler, l'histoire est loin d'être aussi simple qu'elle en a l'air et le réalisateur nous manipule sans vergogne pour servir sa narration. Alors certes, ce n'est pas très original, on pensera beaucoup à deux films cultes sur des thématiques similaires (si vraiment vous voulez savoir, je les cite tout en bas de la critique car ça spoile vraiment méchamment) mais Sans pitié arrive tout de même à apporter de la fraîcheur au sujet ainsi qu'une vision différente.
Au niveau réalisation d'ailleurs, c'est très propre, assez "clipesque", avec de jolies images mais surtout des images signifiantes comme le tout dernier plan du film très lourd de sens. Les scènes d'actions sont également très efficaces avec quelques scènes impressionnantes comme la baston sur les quais.
Dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas une minute, c'est drôle, bourré d'action et malin.
Au service de son histoire, on trouve un joli casting. Les personnages sont un peu caricaturaux mais
ça colle avec l'ambiance. Et comment ne pas adorer Jo Hyun-su avec son côté jeune héros de manga ? A noter qu'il est incarné par une star du boys band ZE:A . Si je ne suis pas fan de ce genre de transfuge habituellement, j'admets sans mal qu'il est excellent dans le film d'autant que la palette d'émotions du personnage est vraiment large. Face à lui, Kyung-Gu Sol, un acteur beaucoup plus confirmé au calme monolithique
qui ne sera pas sans évoquer un De Niro ou un Pacino. Seul reproche que je pourrais faire au casting, le peu de personnages féminins ou plutôt le manque d'utilisation du très bon personnage féminin incarné par Jeon Hye-Jin. Elle y joue un flic particulièrement bad-ass qu'on prend plaisir à retrouver le peu de fois où elle apparaît à l'écran.
Sans pitié est vraiment un bon film. On pourra lui reprocher sa construction inutilement complexe mais celle-ci permet de mettre en place les retournements de situation et illustre bien la confusion qui règne dans les esprits. Ce que j'ai particulièrement apprécié c'est le sujet principal du film, la relation entre les deux protagonistes principaux, une relation filiale ambigüe et dangereuse.
Vous l'aurez compris, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant régalé. Les 2h ont passé comme une fleur et j'en aurais presque redemandé. Si vous êtes sensible au film de gangsters, n'hésitez plus, c'est à voir. (En revanche, si l'on exclut la toute première scène du film, la comparaison avec Tarantino est vraiment sans le moindre fondement)

Conclusion:

Très bonne surprise que ce film de gangster coréen. L'histoire est plus complexe qu'elle n'y paraît et vous réservera plus d'un retournement. Un bon moment, fun, décomplexé, mais également émouvant.





SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-
Il y a deux films auquel Sans Pitié fait beaucoup penser. Le premier est assez évident, c'est Donnie Brasco, on y retrouve la même relation entre le jeune flic qui doit démonter un réseau mais se prend d'affection pour le vieux truand. L'autre film auquel on pense immanquablement c'est Infernal affairs puisqu'on se retrouve avec des flics qui manipulent des truands pendant que des truands manipulent des flics et inversement. Malgré une filiation assez nette, je trouve que Sans pitié tire quand même son épingle du jeu en imposant sa propre ambiance à la fois plus fun et plus sombre. Ainsi qu'en tirant ses propres conclusions. (même si en cela on se rapproche du remake de Scorsese d'Infernal Affairs : Les infiltrés.

SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-SPOILER-

mercredi 5 juillet 2017

Le grand méchant Renard

Je vous préviens tout de suite, vous allez bouffer du film coréen dans les prochaines critiques. Du coup je me permet une petite pause champêtre avec un film très différent de ce que je vais voir d'habitude. Prenons l'air ensemble.






Date de sortie : 21 juin 2017
Durée :1h 20min
Réalisation :Benjamin Renner, Patrick Imbert
Casting voix: Céline Ronte, Boris Rehlinger, Guillaume Bouchède
Genres : Animation, Famille
Nationalité : Français

Synopsis:

Une ferme, c'est plein de vie et plein de surprises. Parfois un cochon doit jouer les cigognes, un renard se faire passer pour une poule et un canard remplacer le père noël. Tant d'histoires un peu folle qui animent le petit monde de la ferme et que vous allez découvrir.


Critique:


Aujourd'hui je vais faire dans la critique minute car j'en ai pas mal en stock à sortir et pas beaucoup de temps. Si je suis allé voir ce film c'est que sa bande annonce avait su me saisir. Il y régnait quelque chose de simple et frais qui ne se dément pas dans le film et qui en fait une vraie force.
Le grand méchant Renard à tout d'un joli petit compte pour enfant, à ceci près qu'il est d'actualité et de bon goût. Les personnages sont modernes et débile à souhait, on songera volontiers au studio Aardman et son Shaun le mouton ou même aux aventures de Lapinot tant le personnage du Lapin et du canard sont décalés. C'est d'ailleurs une des forces de ce film que de réussir dans une extrême simplicité d'apparence à s'adresser à la fois aux adultes et aux enfants.
Aussi simple qu'il soit, le graphisme est vraiment plaisant et l'animation de qualité. Les histoires s’enchaînent sans qu'on ait le temps de s'ennuyer et la galerie de personnage est vraiment réussie.
Mon seul bémol concernera la forme, en effet comme annoncé dans le titre il ne s'agit pas d'un film mais de plusieurs petites histoires. C'est un choix de production, je ne peux pas le contester mais j'aurais toujours du mal avec ce genre de format, pour moi un long métrage, c'est un long métrage.
Je ne vois pas quoi dire de plus, j'ai passé un excellent moment devant ce film et je recommande chaudement d'y emmener ses enfants ou même d'y aller entre adulte si vous avez envie d'un peu de fraîcheur et de simplicité.


Conclusion:

Un joli film d'animation a voir en famille, c'est très drôle et rondement mené. Mon seul reproche sera sur la forme, Il s'agit de 3 court métrage et pas d'un long métrage.




lundi 3 juillet 2017

It comes at night

C'est uniquement grâce à sa campagne d'affichage que j'ai entendu parler de It Comes at night, elle était simple et efficace, suffisamment intrigante pour donner envie d'en savoir plus. Un petit tour sur la bande annonce et j'étais conquis, il restait juste a espérer que le film soit à la hauteur de sa communication.







Date de sortie : 21 juin 2017
Durée : 1h 37min
Réalisation : Trey Edward Shults
Casting : Joel Edgerton, Kelvin Harrison Jr., Carmen Ejogo
Genres : Epouvante, Thriller
Nationalité : Américain

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis:

Recluse dans la forêt, isolée de tous, une famille survit à une mystérieuse menace. Leur petite routine est bientôt remise en question par l'arrivée d'une autre famille qui réclame leur aide. Si les nouveaux venus apportent avec eux un peu de la bonne humeur perdue, le danger semble également plus présent que jamais.


Critique :

Je ne suis pas d'accord pour dire que "It comes at night" soit un film d'horreur. Certes, l'ambiance est lourde et angoissante avec une menace latente et omniprésente. Certes, il y a des jumpscares et quelques moments qui vont vous effrayer mais si vous allez voir ce film pour avoir peur, vous serez déçu et pire, vous passerez à côté du film.
It comes at night est le premier film de Trey Edward Shults, une oeuvre minimaliste, un quasi huis-clos sur le thème de la survie et de la vie en communauté (famille). Sur sa forme et ses thématique, il m'évoque beaucoup l'excellent The Witch sortie l'année dernière. Moins spectaculaire, le film de Trey Edward Shults conserve la même force primale en jouant sur nos peurs inconscientes : la forêt, la nuit, la maladie.
It comes at night fait dans l'épure, il ne s'agit pas d'être tape à l’œil et d'en faire des tonnes, au
contraire, le réalisateur en montre le moins possible, en dit le moins possible laissant au spectateur vivre et ressentir ce que le film veut lui dire. De fait, il y aura de la frustration, vous n'aurez pas de réponse à vos questions, vous ne saurez jamais quelle est la nature de la menace que rencontre les personnages, pire, vous devrez réfléchir pour bien comprendre la fin. Mais quel plaisir de se laisser emporter par ce film, de partager l'angoisse de cette famille, de réaliser l'horreur de leur vie. Quelle simplicité mais quel talent. Je ne peux objectivement encenser le film, vous seriez forcément déçut car il n'y a rien de bluffant, il n'y a pas de "money shot", il n'y a pas de spectaculaire retournement de situation mais il y a une froide mécanique qui sert brillamment un propos. It cames at night est un film comme on en voit trop rarement. Qui donne à réfléchir et qui donne à ressentir.
Outre un scénario très bien ficelé et une réalisation très soignée le film se repose sur un casting de têtes peu connues mais talentueuse. On notera notamment Kelvin Harrison Jr dans un rôle effacé mais central. Le jeune garçon est extrêmement touchant dans son rôle d'ado survivant devant s'adapter à un monde peu réjouissant. Face à lui, les deux rôles fort masculin, Joel Edgerton peu habitué des premiers rôles mais qu'on a pu apprécier dans d'excellents films comme Midnight special ou The great Gatsby  et Christopher Abbott à la filmographie moins fournie mais qui s'était illustré dans A most Violent year. Les deux hommes s'opposent dans un duel psychologique où la confiance est un enjeu fragile. Là encore, les dialogues sont minimalistes, ce qui participe beaucoup de l'ambiance.
On regrettera par contre la place un peu minime des actrices, leurs rôles étant beaucoup en retrait comme si la société avait régressée au point que la femme ne soit plus bonne qu'a attendre à la cuisine le retour de son chasseur de mari.
Dans l'ensemble, It comes at Night est vraiment une excellente surprise, un film rare qui risque de pâtir d'une communication inadaptée attirant un public avide de sensations fortes et de scénario brainless. On est ici à l'opposé de ce qu'Hollywood propose habituellement, une oeuvre simple mais exigeante qui ne vous laissera pas insensible.


Conclusion :

Simple mais exigeant, It comes at night est une excellente surprise, un film à l'ambiance oppressante qui n'en fait pas des tonnes mais saisit par l'efficacité de son histoire et de sa mise en scène.