Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

mardi 28 janvier 2014

Les brasiers de la Colère

Découvert par hasard au cinéma, dans les bandes annonces d'avant séance, "Les brasiers de la colère" a su me séduire par la qualité de son casting, voyons maintenant si le film a d'autres qualités.





Date de sortie: 15 janvier 2014
Titre original: Out of the furnace
Durée: 1h56min
Réalisation: Scott Cooper
Casting: Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck
Genre: Drame, Thriller
Nationalité: Américain

Synopsis:

Petite ville de la "rust bell", Braddock est sans pitié avec ses habitants. Russel Baze s'en sort pourtant en travaillant à l'usine comme son père avant lui. Son jeune frère, de son côté, préfère s'engager dans l'armée. Après plusieurs séjours en Irak, il reviendra brisé, incapable de se réadapter et survivant uniquement par le jeu et le combat et s'endettant lourdement. Envoyé en prison à cause d'un accident, Russel ne pourra plus veiller sur son petit frère et devra faire face au terrible caïd Harlan DeGroat pour espérer le sauver.


Critique:
C'est avant tout son casting qui m'a décidé à aller voir les brasiers de la colère, un vrai casting de gueules : Christian Bale ("Le prestige", "The dark knight rises" etc), Woody Harrelson ("Zombieland", "Hunger game", etc), Forest Whitaker ("Ghost dog", "Le Dernier rempart" etc), Willem Dafoe ("Antichrist", "Nymphomaniac - Volume 1" etc), il n'y a guère que Casey Afflek ("L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", "Gone Baby Gone", etc) qui ne semble pas à sa place, trop lisse pour le rôle. Avec le recul, et sans vouloir cracher sur sa prestation qui reste honorable, je doute encore qu'il fut le meilleur choix pour ce rôle d'homme brisé peu évident. Pour le reste, j'en ai eu pour mon argent, tous sont parfait. Si Woody Harrelson n'est pas aussi présent qu'on pourrait le croire (dieu que cet acteur se fait trop rare au cinéma, pourquoi empile-t-il les seconds rôles alors qu'on voudrait le voir crever l'écran ?) il n'en reste pas moins très marquant dans ce rôle de caïd redneck, mais c'est comme toujours Christian Bale qui tire son épingle du jeu dans le rôle de l'homme modeste acculé par une société qui le dépasse et l'a oublié. Un jeu est subtil et profond qui colle à merveille à ce rôle d'homme ordinaire.
Car avant d'être un thriller ou un vigilant moovie, Les brasiers de la colère est un film de société qui fait
l'état de cette Amérique oubliée, négligée qui survit comme elle peut en défendant les valeurs qui lui reste. Traumatisme post-conflit, chômage, alcoolisme, délocalisation ça pourrait faire cliché empilé comme ça et pourtant c'est raconté avec suffisamment de pudeur pour que ça ne semble jamais trop mélodramatique ou ridicule. C'est cette même distance qui, loin de rendre la violence complaisante, permettra de l'accepter pour ce qu'elle est, une violence inutile conséquence des failles du système.
Si elle n'est pas originale, l'histoire n'en reste pas moins passionnante même si on lui regrettera quelques longueurs.
Pour son deuxième film, Scott Cooper réussit donc un joli coup, confirmant le succès qu'il avait eu avec "Crazy heart" son premier long-métrage.
À noter enfin, une bande son de grande qualité avec plusieurs morceaux de Pearl Jam.
Pour conclure je dirais que ce n'est pas le film de l'année, ni même un film inoubliable, mais c'est un film bien réalisé, très bien joué et qui mérite le coup d'oeil.



Conclusion:
Un drame aux allures de Vigilante moovie plutôt réussi, il a le bon goût de ne pas être complaisant mais pèche un peu par sa longueur.

Note:
Même si sur la forme c'est difficilement comparable, ce film m'a beaucoup rappelé la saison 3 de la série "Justified". Je me suis donc dit que j'allais vous en toucher un mot car elle est peu connu et vaut pourtant le coup d'oeil. Il s'agit d'une série policière assez classique mais qui se déroule plutôt dans la "campagne" américaine, l'ambiance est donc très différente des séries policières urbaines dont on a l'habitude. La saison 3 se concentre sur les communautés des montagnes qui fonctionnent un peu en autarcie loin de la justice. Outre l'ambiance, l'un des intérêts de Justified réside dans ses personnages tant Raylan Givens, le héros imperturbable incarné par Timothy Olyphant (Deadwood), véritable cowboy du vingt-et-unième siècle que certains "méchants" récurrents comme le fabuleux Boyd Crowder que vous adorerez haïr incarné par le très prometteur Walton Goggins. Bref, je ne saurais que trop vous recommander cette série injustement boudé en France et dont voici un petit aperçu

FX "Justified" Main Titles from Elastic on Vimeo.

mercredi 22 janvier 2014

Albator, corsaire de l'espace

"Le voilà, Albator, le ca pi taine corsaire, il revient, Albator pour les enfants de la terrrrrrre" aaaah, Albator, héros de mon enfance, un personnage ultra charismatique qui a marqué l'imaginaire de tout les trentenaires. Le voir ressurgir aujourd'hui suscite mélancolie et curiosité même si l'idée d'un reboot fait toujours craindre le pire...





Date de sortie: 25 décembre 2013 
Durée: 1h50min 
Réalisation: Shinji Aramaki
Casting vocal: Shun Oguri, Haruma Miura, Yû Aoi 
Genre: Animation , Aventure , Science fiction
Nationalité: Japonais

Synopsis:
2997, la terre est un sanctuaire devenu inaccessible depuis "la guerre du retour". Voulant rendre leur planète aux hommes, Albator, un mythique corsaire de l’espace combat la Coalition Gaia qui se l'est accaparé. Le jeune Yama rejoint l'équipage du capitaine dans sa lutte pour la liberté, mais il semble habité par de plus sombres projets.


Critique:
Il faut reconnaitre que vendu comme ça, le pitch est assez sexy. Mais ne vous enflammez pas car au-delà du pitch, il y a le vide intersidérale de l'espace. Celui-là même ou personne ne vous entend crier devant tant de médiocrité. Car oui, disons le tout net, Albator est une énorme déception. L'histoire commence plutôt bien avec ce personnage ambigu et le mythe autour d'Albator, mais tout s'effondre dès qu'on réalise que le personnage principal n'a aucune consistance, c'est la plus grosse girouette jamais vu, en fait il change tellement vite et souvent d'opinion qu'il doit générer un vent de force 2, ce qui n'est pas exceptionnel mais fait quand même s'agiter les feuilles et ça, c'est tout à son mérite.
Blague à part, une fois avoir bien prouvé que les personnages étaient creux, le scénariste Harutoshi Fukui,
qui n'est pourtant pas un débutant, s'attache à faire perdre tout intérêt à l'histoire en accumulant les retournements de situations invraisemblables. Le film s'apparente alors au jeu de deux enfants en plein délire créatif "et là je te lance des lasers, mais on dit que moi j'aurais des bouliers anti lasers, mais on dirait que mes lasers à moi ils perceraient les boucliers, oui mais mes boucliers à moi ils sont en miroir et il te renvoie tes lasers, moi mais moi je suis invincible et bah moi je suis encore plus invincible que toi...."
Voila l'essentiel du scénario d'Albator, la raison pour laquelle il est trop long et surtout mauvais. Encore plus que dans une historie classique, une histoire de science fiction se doit d'avoir des règles et de les respecter. Si le scénariste brise ces règles toute les cinq minutes par paresse, cela fatigue le spectateur qui se désintéresse de l'histoire. Et c'est exactement ce qu'il se passe dans Albator. Pire, le scénariste prend carrément le spectateur pour un crétin en ajoutant au moins une scène qui ne se justifie que pour tromper le spectateur (une fois qu'on sait ce qui suit, il n'y a aucune raison pour que les personnages aient dit ce qu'ils ont dit dans cette scène)
Le film aura beau être magnifique, il se perd dans une histoire mal raconté et pompeuse (on se veut compliqué et philosophique, alors qu'on est juste bête et prétentieux). Et pourtant, il y avait de bonnes idées, tout les éléments sont là pour faire un bon film, il fallait juste mieux les emboiter. Donner du sens, plutôt que favoriser les effets spéciaux et les explosions. Le pire, c'est qu'il s'agit du début d'une saga, il va y avoir du boulot pour la rendre intéressante.
Mon plus gros regret dans tout ça, que la version live d'Olivier Dahan avec Daft Punk à la bande son n'ait pas pu se monter, elle aurait eu ses défauts, mais elle aurait surement été plus créative et intéressante à voir.



Conclusion:
Si les images sont d'une incroyable beauté, l'histoire est d'une paresse navrante, on s'ennuie fermement devant ce film sans enjeux qui n'a de cesse de sortir des lapins de son chapeau.

lundi 20 janvier 2014

R

C'est un peu le hasard qui me poussa à aller visionner R, celui de reconnaitre l'un des acteurs de Borgen dans une bande annonce, allié à la curiosité de découvrir ce qu'il pouvait donner dans un autre rôle. Bonne ou mauvaise idée, c'est ce que nous allons voir.






Date de sortie: 15 janvier 2014

Durée: 1h39min
Réalisation: Tobias Lindholm, Michael Noer
Casting:  Pilou Asbæk, Dulfi Al-Jabouri, Roland Møller plus
Genre: Drame
Nationalité: Danois

Synopsis:
Transféré dans une nouvelle prison pour avoir tué un autre détenu, Rune est un jeune criminel qui aimerait purger sa peine en paix. Face à la violence de ses codétenus, il ne trouvera d'autres solutions que de prendre en charge le trafic de drogue avec Rachid, un musulman emprisonné pour une courte période, mais leur association suscitera de grandes convoitises qui ne manquera pas de les mettre en danger.

Critique:
R est le premier film de Tobias Lindholm, scénariste de l'excellente série danoise "Borgen", il est d'ailleurs étonnant de voir que ce premier film sort en France après la diffusion de son deuxième long-métrage"Hijacking" également avec Pilou Asbæk.
Le film nous raconte l'histoire assez classique d'un jeune broyé par le système carcéral, impossible par conséquent de ne pas penser au fabuleux "un prophète" de Jacques Audiard et il faut reconnaitre que R ne soutient pas la comparaison. Pour autant, celui-ci ne manque pas de qualités et ceux qui n'ont pas vu le film Français savoureront ce premier film à sa juste valeur.
R est un film très froid, quasi documentaire, le réalisateur l'a voulu le plus réaliste possible et c'est pour
cela que Pilou Asbæk est le seul véritable acteur, les autres sont d'ancien détenu de la prison où se tourne le film. Peu de choses à dire sur Pilou, il est parfait dans le rôle, mais son jeu, tout aussi efficace soit-il, ne varie pas énormément de celui de Borgen.
Dans son optique réaliste, le film a aussi le bon goût d'éviter tout manichéisme ou de taper gratuitement sur les matons. Ni blanc, ni noir derrière ces murs, juste beaucoup de gris.
Mais la grande force du film réside dans sa surprenante originalité. Je ne m'appesantirais pas dessus pour éviter de créer des attentes que le film ne comblerait pas, mais je dois reconnaitre qu'il est bien pensé, bien écrit et que la surprise apporte un véritable plus à l'histoire et à sa morale. Ce n'est pas exceptionnel mais c'est ce genre d'idée qui peut faire la différence entre un bon film et les autres.
Pas grand chose à dire de plus dans l'ensemble, la mise en scène est plutôt réussi avec quelques bonnes idées comme le plan titre, tellement signifiant.
Si vous n'avez pas vu "Un prophète", R est vraiment à voir e risque de profondément vous marquer, sinon un bon film carcéral qui montre les prémices d'un réalisateur avec qui il faudra compter.



Conclusion:
Un bon film carcéral, froid, dur et original mais qui supporte difficilement la comparaison avec "un prophète"