Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 13 décembre 2013

Don Jon

Pour la première fois sur ce blog, ce qui est un peu honteux je l'avoue, voici une critique en avant-première, une belle façon de fêter le premier film de Joseph Gordon Levitt.





Date de sortie: 25 décembre 2013
Durée: 1h30min
Réalisation: Joseph Gordon-Levitt
Casting: Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore
Genre: Comédie , Drame , Romance
Nationalité: Américain

Synopsis:
Beau jeune homme dans la fleur de l'âge, Jon Martello est un véritable séducteur, ce qui lui vaut auprès de ses amis le surnom de Don Jon. Aucune fille ne lui résiste et pourtant, il leur a toujours préféré le plaisir solitaire et la consommation de porno, mais sa petite vie bien réglée bascule le jour ou il fait la connaissance de la superbe Barbara.

Critique:
Cela faisait un moment que j'attendais la sortie de "Don Jon", il faut dire que je suis un grand fan de Joseph Gordon-Levitt depuis que je l'ai découvert en 2004 dans "Mysterious skin", l'un de mes films préférés. L'acteur ne m'avait pas déçut depuis, tournant dans des productions originales comme "Brick", "500 jours ensemble" ou "50/50", je me suis réjouis de voir que l'acteur commençait enfin à percer grâce à "Inception" et c'est donc avec joie et curiosité que j'attendais son premier film en tant que réalisateur. Don Jon avait deux autres qualités à mes yeux "Scarlett Johanson" une de mes actrices préférées et Tony Danza, idole de mes jeunes jours, père télévisuel de substitution qui berça mes soirées dans "madame est servie". C'est donc avec beaucoup d'intérêt que je me rendais à cette projection, bourré d'a priori positif.
Et j'avoue ne pas avoir été déçut, tout le film repose sur Joseph Gordon-Levitt ce qui n'est pas pour me déplaire, Scarlett est somptueuse et Tony Danza très drôle dans son rôle de vieil italien un peu beauf. L'histoire porte un regard piquant sur notre société, et le parallèle entre les deux personnages et leurs
addictions respectives est aussi brillant qu'évident. Bref, c'est bien écrit et plutôt malin. La réalisation ne démérite pas non plus (surtout pour un premier film), si elle n'a rien d'exceptionnelle, on peut déjà y trouver quelques bonnes idées qui augure du meilleur pour la futur carrière du réalisateur. On regrettera toutefois d'avoir autant matérialisé la monotonie de la vie de Don, comme on peut déjà le voir dans la bande annonce, car si ça participe totalement de l'histoire et du propos, cela allonge artificiellement le sentiment de longueur du film (car la routine, c'est ennuyeux) et nuit donc à l'ensemble.
Bref, pour un premier film c'est vraiment réussi, vraiment différent des comédies romantiques traditionnelles et formatées, ça manque peut-être un peu de force et la construction mériterait surement d'être repensé mais dans l'ensemble le film a beaucoup de qualité, et mérite vraiment le coup d'oeil. Vivement son prochain.

Conclusion:
Une comédie romantique originale et remarquablement interprétée, mais qui pâti d'un choix de construction qui plombe un peu le rythme et fait paraitre l'ensemble un peu long.


Note: Pour cette avant première, Mars nous a fait la surprise de faire venir Tony Danza, une chouette surprise et une belle rencontre avec un acteur très drôle et plein de vie.

lundi 9 décembre 2013

Hero corp saison 3

Bon, je vous ai pas mal cassé les pieds avec la saison 3 d'Hero corp, maintenant que celle-ci est terminée, je me suis dit qu'il était probablement temps de revenir dessus et de faire le bilan.




Hero Corp saison 3 - Bande Annonce 1 par Studio-4-0

Création: Simon Astier, Alban Lenoir (2008)
Casting: Simon Astier, Alban Lenoir, Sébastien Lalanne
Nationalité: Française
Genre: Comédie
Statut: Saison 3 terminé, saison 4?
Format; 7 minutes (contre 26 les précédentes saison)

Synopsis:
Après avoir échappé à un naufrage, les héros vont devoir se reconstruire et faire face à de nouvelles menaces.



Critique:
C'est une bataille titanesque qu'a dû mener Simon Astier pour permettre à cette saison 3 de voir le jour. Hero corp est un véritable ovni dans le PAF, un phénomène jugé pas assez rentable pour prendre le risque de le poursuive mais bénéficiant d'une base de fan très active. Si la saison 1 sentait vraiment le bricolage entre ami, la saison 2 avait su régler de nombreux problèmes pour offrir un programme de meilleur qualité, une oeuvre rare dans notre PAF sclérosé. Pourtant, les audiences n'étant pas suffisante pour Comedie (qui produisait la série), la saison 3 a bien faillit ne jamais voir le jour. C'est finalement France 4 qui permettra à la série d'avoir une suite mais avec une différence majeure: le format. En effet, la série passe d'un 13x23' à 35x7'. Un format qui avait tout de suite inquiété mais pour lequel Simon Astier s'était montré rassurant.
Las, il faut bien l'avouer, ce format est le gros échec de la saison. Pour conserver un rythme prenant tout
au long des épisodes, l'histoire multiplie des cliffanghers plus inutiles et forcés les uns que les autres et les éléments de l'histoire s'enchainent sans cohérence réelle. Ce ne sont plus des ellipses auquel on assiste mais de véritables trous béants, sans même parler de la cohérence des personnages.
Niveau casting, on trouvera quelques nouvelles têtes bien plaisante à l'image de Justine le potier (Le visiteur du futur), Jonathan Coen (Les invincibles) ou Grégoire Ludig et David Marsais (Palmashow), mais toute ces nouvelles têtes ont un prix, une multiplication insupportable des personnages au point qu'aucun ne soit réellement développé, juste esquissé.
Un dernier petit mot sur l'application, annoncé comme un jeu, il faut reconnaitre qu'elle a été survendu, c'était juste un petit gadget peu convaincant qui n'aura eu que le mérite de permettre de voir des vidéos en avant première.
Alors oui, le constat peu paraitre dur mais il est à la hauteur de la déception. Tout est là pour que la série soit réussie, de bonnes idées, un super casting, de chouettes décors, mais la narration est vraiment raté et donne l'impression que cette saison 3 n'est qu'une bande annonce pour la saison 4. Tout ce que j'espère donc c'est que cette nouvelle saison aura permis à la série de devenir plus populaire et d'obtenir une saison 4 plus maitrisé qui permettra à Simon Astier et ses amis de montrer la pleine mesure de leur talent.
A noter que le dvd de la saison 3 sortira demain et que la saison sera surement plus agréable à regarder d'un bloc que jour après jour. Le deuxième comics est déjà sortie (j'en ferais surement la critique un jour) et il faut savoir que le premier comics contient de nombreux éléments permettant de mieux comprendre la saison 3.



Conclusion:
Avec son nouveau format, vraiment inadapté aux histoires que veulent raconter les scénaristes, la saison 3 est une véritable déception. Si l'on s'amuse encore beaucoup de la stupidité des personnages, l'histoire est faible, souvent bâclé et les épisodes sont globalement creux. L'envie de voir une saison 4 reste présente, mais avec l'espoir d'un retour à l'ancien format où d'un meilleur travail du découpage.

jeudi 5 décembre 2013

Cartel

On ne peux pas vraiment dire que je sois fan de Ridley Scott, au contraire ces derniers films me pousseraient plutôt à le détester. Pourtant, la bande annonce de Cartel m'a vraiment donné envie, elle avait l'air différente de ce qu'il fait d'habitude, il fallait que je vois ça de mes yeux.




Date de sortie: 13 novembre 2013
Durée: 1h51min
Réalisation: Ridley Scott
casting: Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz
Genre: Thriller, Drame
Nationalité:  Américain , britannique , espagnol
Titre original: The Counselor

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs 

Attention:  cette critique a été réalisé en Dormorama. J'avoue avoir manqué de m'endormir au milieu du film par manque de sommeil. Ceci a pu influer mon jugement, mais j'en doute.

Synopsis:
Par goût du risque, un avocat s'acoquine avec des personnes peu fréquentable et s'implique dans un trafic de drogue incluant les cartels mexicain. Mais rien ne se passera comme prévu et il découvrira que chaque choix à des conséquences.

Critique:
Après le piteux "Robin des Bois", et le consternant "Prometheus", Ridley Scott nous reviens avec le premier scénario de film de Cormac McCarthy, le génial auteur des romans "No country for old men" et "la route". Et clairement ça se sent. Le film est bien plus proche de l'oeuvre de McCarthy que de Scott, ce qui n'est pas pour me déplaire. Cartel est très loin des productions habituels d'Hollywood, il ne cède pas à la facilité, c'est froid, bavard et pas du tout racoleur. L'une des grandes qualité du film (et ça me fait mal de l'admettre) c'est de ne pas montrer la moindre nudité (même pas un bout de téton, rien de rien) alors qu'il n'arrête pas de parler de sexe. Et il ne s'agit pas de pudibonderie à l'américaine, c'est un véritable choix qui fait du bien. D'autant que cela n'empêche pas de faire passer l'idée de la sexualité à l'image de la première scène du film particulièrement excitante alors qu'elle ne montre pas un millimètre de peau. Niveau réalisation, c'est plutôt réussi, il faut dire que Scott a de l'expérience, on ne peux pas lui retirer ça. La structure narrative du film est assez intéressante puisqu'elle alterne l'histoire du convoi de drogue avec celle du héros et de ses "amis" le convoi devient un mystérieux fil rouge qui prend de plus en plus de place jusqu'à complètement bouleverser le petit monde bien propre et sécurisant du héros.
Soyons clair, en plus du thème, c'est avant tout le casting qui m'a fait déplacer, je le trouve fabuleux
d'autant qu'il se montre à la hauteur et que Scott nous garde quelques surprises. Ainsi en plus de Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem et Brad Pitt on aura la surprise de croiser rapidement quelques têtes connus comme John Leguizamo (non crédité), Dean Norris ou Natalie Dormer. Bref, du beau monde et qui joue bien.
Si elle n'a rien de follement originale, l'histoire est assez prenante d'autant qu'elle est très mystérieuse. Les Cartels, presque totalement désincarné, font figure de démiurge vengeur et planent sur le film comme une menace invisible mais toute puissante. Il faut noter d'ailleurs qu'il y a très peu d'action dans le film, presque tout se trouve dans la bande annonce. Le film est essentiellement bavard et c'est un peu son défaut, il l'est un peu trop. L'on a parfois l'impression qu'il s'écoute parler et se croit trop intelligent. Un sentiment qui fatigue. Cartel dépasse un peu la limite du supportable sur ce point, mais de peu, ce qui ne gâche pas  l'ensemble mais le rend tout de même moins digeste. On regrettera aussi l'utilisation trop évidente du "milking"(technique scénaristique permettant de mettre en avant un élément qui servira plus tard dans la compréhension ou le déroulement de l'histoire), ça permet une fin forte sans être putassiére, mais ça n'en reste pas moins désagréable tant la méthode saute aux yeux et sort le spectateur averti du film.
C'est probablement le plus gros reproche qu'on pourra faire au film, d'en avoir fait trop. Peut-être est-ce justement parce qu'il s'agissait du premier scénario de film de Cormac McCarthy et qu'il n'a pas su s'arrêter à temps, mais clairement Cartel aurait gagné à un peu plus de finesse, il aurait alors eu la force et l'élégance de "No country for old men", là où il ne parvient qu'a enchainer quelques très belle scènes.
Bref, un film qui possède d'énormes qualités et qui aurait pu être un grands Ridley Scott s'il ne s'était un peu perdu dans sa suffisance. Ça vaut tout de même le coup d'oeil par curiosité, surtout si vous êtes amateur de bon dialogue.



Conclusion:
J'aurais aimé adorer ce film, il y avait le potentiel, mais je dois reconnaitre qu'il est un peu trop bavard, s'écoute parfois parler et utilise trop le milking (insertion d'un élément qui semble innocent mais qui resservira plus tard pour dans l'histoire)