Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 6 mai 2013

L'écume des jours

J'ai enfin réussi à me libérer pour rattraper mon retard ciné, je vais donc vous sortir deux critiques cette semaine et je commence par le très attendu(en tout cas par moi) l'écume des jours



Date de sortie: 24 avril 2013
Durée: 2h 5min
Réalisation: Michel Gondry
Casting: Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy
Genre: Comédie dramatique , Fantastique
Nationalité: Français


Synopsis:
Résolu à ne plus rester seul, Colin, riche oisif excentrique, rencontre Chloé dont il tombe instantanément amoureux. Une romance flamboyante qui tournera au drame lorsque la jeune femme se verra diagnostiquer un nénuphar dans le poumon.


Critique:
"Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir, parce que la lumière me gêne." L'écume des jours est l'adaptation du roman éponyme de Boris Vian, une oeuvre prétendue inadaptable pour la simple raison qu'elle est avant tout poétique. En effet, l'histoire n'a pas grand intérêt (c'est une trame de drame assez convenu) et c'est pas sa force d'évocation que le roman prend son réel intérêt. Tout n'est que figures littéraires, métaphores et critiques sociales, des éléments pas forcément évident à rendre à l'écran.
A mon sens, Michel Gondry était pour entreprendre un tel pari,  un choix évident tant ses réalisations ont marqué par leurs mises en scènes spectaculaire et leurs délires visuels peu commun. Comment oublier la flamboyance de "Eternal sunshine of the spotless mind" ou la grâce de "la science des rêves". Des oeuvres dans lesquelles le réalisateur avait fait montre d'une imagination débordante et d'une créativité indéniable. Et la premiére bande annonce de "l'écume des jours" démontrait bien que Gondry était le choix logique, les mots prenaient vie. 
Il faut reconnaitre que le réalisateur n'a pas lésiné sur les moyens, c'est une véritable débauche de
créativité mais qui en devient presque écoeurante par son systèmatisme. Et c'est là, qu'arrive probablement le point négatif de cette critique. Même si le réalisateur a construit son film de manière à effacer sa patte lorsque cela devient nécessaire, elle est tellement présente et étouffante dans la majorité du film qu'on en perd le principal: l'émotion. Eblouie par les anguilles qui sortent du robinet, les frigo qui parlent et les sonnettes qui marchent, on ne s'attache pas vraiment aux personages et lorsque le drame commence à poindre, on se fout complètement de ce qu'il va bien advenir de ce couple. L'histoire a beau être horrible, ça ne nous touche pas, le spectateur est aussi piégé par les images que les adorateurs de Jean Saul Partre par son oeuvre. La conclusion qui me vient serait que: "trop de Gondry, tue le Gondry", c'est d'autant plus flagrant que son précédent film, beaucoup plus simple avait une charge émotionnelle bien plus forte.
Le film est-il mauvais pour autant, non, loin de là, il est brillant, c'est une oeuvre à part totalement dépaysante, Romain Duris et Audrey Tautou forment un très beau couple à l'écran, Omar Sy irradie et prouve une fois de plus qu'il mérite de réussir au cinéma, la bande son rétro de Etienne Charry est très réussi, bref nous sommes passé très prés du chef d'oeuvre. Il aurait surement fallut plus de retenue de la part du réalisateur tellement évident pour cette adaptation qu'il a fini par l'étouffer de sa propre créativité.


Conclusion:
Un film rare et poétique qui pèche à vouloir en faire trop, la démonstration en devient presque artificiel et perd de vue le plus important: l'émotion.


vendredi 3 mai 2013

Doctor who le retour


Alors que la saison 7 vient tout juste de reprendre pour sa deuxième partie en Angleterre(le 30 mars), je me permet de revenir sur la série qui a inauguré cette rubrique sur le site : Docteur Who. Depuis que je vous ai parlé des deux premiers tomes, la série s'est poursuivie et nous en sommes déjà au 8éme tome, je me suis dit qu'il était donc temps d'y revenir un peu.



Présentation

Je ne vais pas vous faire l'affront de vous répéter ce que je disais lors de mon premier article, je vous invite donc à le consulter si vous ne connaissez pas du tout Doctor Who. En complément de ma présentation passé, j'aimerais ajouter que la saison 7 a débuté en 2012 et connu un bouleversement majeur (bien qu'attendu) de la série. Ce début de saison a d'ailleurs connu un traitement assez différent du reste de la série, presque Hollywoodien puisque chaque épisode fut envisagé comme un petit film en soi. Tous avaient une ambiance vraiment marqué et très différentes des autres(la Sf, le film noir, le wester, etc), sans parler du fait que la production avait déployé les grands moyen (des dinosaures ;p) pour l'occasion. Il faut dire que la saison 6 concluait un arc narratif particulièrement riche et intense et qu'il n'était pas aisé de poursuivre après ça, surtout que les informations qui avaient filtré sur ce qui se préparait étaient loin de plaire aux fans.
Si les avis sont mitigés sur ce début de saison, il faut reconnaitre que Steven Moffat à une fois de plus réussit à abuser son public avec talent n'hésitant pas à le prendre à contre pied en faisant rapidement mentir une partie des informations dévoilés sur le net. Je ne peux malheureusement pas être plus clair au risque de spoiler cet habile début de saison mais soyez sur que le showrunner à le sens de la surprise. En fait, il aura fallut attendre:"The snowmen", l'épisode de Noel (pourtant généralement en dehors de la continuité sauf si l'on excepte "The Runaway Bride") pour réaliser que l'homme avait bien un plan et que cette saison allait une fois de plus s'annoncer épique. Bref, je ne saurais trop que vous inviter à monter dans le Tardis, si ce n'est encore fait et en attendant je vais vous parler du 8éme tome édité par French eyes.


A la croisée des mondes
Titre original: Doctor Who II Vol 2: When Worlds Collide
Cet album regroupe les épisode 5 à 8 de la série Doctor Who Ongoing
Scénario : Tony Lee

Dessins : Mark Buckingham - Matthew Dow Smith
Couvertures: Tommy Lee Edwards
100 pages - format 17x26 cm
couleurs
14 euros
sortie en février 2013
Editeur original: IDW publishing
Editeur Français: French Eyes




Critique:

Edition:
Dans l'ensemble, c'est plutôt propre, rien à redire. Dans le détails par contre j'émettrais quelques réserves, a commencer par le prix. Je ne sais pas si c'est du fait de la taille de l'éditeur ou du prix de la licence, mais 14e pour 100 pages, sans même avoir l'excuse de l'album cartonné, ce n'est absolument pas compétitif. Le lecteur occasionnel y réfléchira à plus d'une fois avant d'investir dans cet album et le fan aura un peu l'impression d'être pris pour une vache à lait. Au niveau des points noirs toujours, je répéterais ce que j'avais déjà reproché aux premiers albums: l'absence total de contenu rédactionnels. A mon avis, le minimum serait de replacer l'histoire dans son contexte globale, on parle tout de même d'un récit qui a été publié pour la premiére fois en aout 2011 et qui est sortie en trade paperback en janvier 2012. Si à l'époque, il n'était pas la peine de préciser quand se déroulait l'histoire, c'est désormais nécessaire car elle se déroule plutôt au cours de la saison 6 de la série télé, en tout cas après l'épisode 12 de la saison 5 puisqu'il est fait mention de la Pendorica dans l'épisode (juste une anecdote, pas besoin de connaitre pour comprendre). Globalement, je pense que l'épisode est parfaitement compréhensible par un néophyte, mais ça me semble faire partie du travail éditorial de favoriser l'immersion du lecteur en lui permettant cette remise en contexte (sauf s'ils sont vraiment obligé de publier les trade paper back à l'identique de la VO, mais ça me semblerait débile). Dernier point sur l'édition, le choix du titre VF fait directement (volontairement ou pas) référence à la série de roman du même nom (His Dark Materials en VO) alors que le titre VO de l'histoire faisait plutôt référence à un vieux film de science fiction "Le choc des mondes" (When Worlds Collide en VO).


Contenu:
Niveau graphisme, j'avoue être assez mitigé. Pour la première histoire, le dessinateur n'est nul autre que Mark Buckingham, l'excellent dessinateur de Fable. Mais voila, les couleurs sont ternes (elles me paraissent plus vive sur le net, y-a-t-il eu un problème à l'édition?) et l'encrage pas terrible. C'en est à un point où l'on ne reconnait pas vraiment le style du dessinateur et qu'il en parait, sans être mauvais, vraiment pas terrible. Pour ce qui est des autres histoires, elles sont illustrés par Matthew Dow Smith, un dessinateur moins connu mais qui a également travaillé pour les plus grand, notamment sur Hellboy, son style n'est d'ailleurs pas sans ressemblance avec celui de Mignola. Là encore, sans être baclé, l'ensemble n'a rien d'extraordinaire, c'est très inégal et souvent vide. En fait, vu le reste du travail de ces dessinateurs et la qualité de l'album, on dirait que ceux-ci ont bâclé le travail voir on dû le rusher (travailler dans l'urgence à cause de délais très court). Rien de dramatique pour autant, c'est plus que lisible, mais c'est regrettable de voir ces deux dessinateurs talentueux livrer une prestation aussi fade. Pour finir, sur la partie graphique, il m'est impossible de ne pas citer Tommy Lee Edwards (Turf) aux couvertures qui livre un travail remarquable bien plus motivant que la majorité des couvertures dont la série avait été affublé jusque là.
Niveau scénario, on retrouve Tony Lee qui travaille sur ce comics depuis le début (en tout cas, sur la série appelé Ongoing). Après une petite histoire sans grand intérêt mais très amusante, et surtout complètement dans l'esprit Doctor who, le scénariste nous plonge dans une aventure plus ambitieuse où il se fait allègrement plaisir en secouant tout son bac à jouets et en livrant une histoire grand guignolesque aux mélange de genre jubilatoire, nazi, cowboy et dinosaures, il nous prépare presque à la saison 7 avec deux années d'avance. C'est rythmée, drôle, et on sent que le scénariste connait bien la série vu toutes les petites références glissé à droite à gauche ("il ne faut pas que le capitaine Jack Harkness vous voit comme ça, sinon il va vouloir vous épouser" étant probablement ma préféré). Malgré son aspect délirant, l'histoire retombe sur ses pieds de façon cohérente. ça n'a pas le génie d'un Moffat mais ça reste très agréable à lire.




Conclusion:

Une bonne histoire, drôle et enlevé de Eleven et des ponds, ça se laisse agréablement lire et ça comblera surement la majorité des fans. Par contre, ça na rien de révolutionnaire ou de particulièrement marquant,  et je doute que ça puisse séduire un public qui ne connaîtrait pas déjà la série. Rien d'incroyable donc, mais de quoi prendre agréablement son mal en patience entre deux épisodes.

Je ne peux, bien entendu, pas terminer sans vous mettre cette alléchante bande annonce pour le lancement de la saison 7:

mercredi 24 avril 2013

(série) Hannibal

Comme, j'ai peu le temps d'aller au cinéma en ce moment, je me suis dit que j'allais vous parler série pour changer. Plus précisément, je vais vous parler de "Hannibal", l'adaptation du fameux personage de Thomas Harris qui inspira "le silence des agneaux" et d'autres films. 





Hannibal (NBC) [ VOST | Full HD ] par mainstream-club

Création: Bryan Fuller (2013)
Casting: Hugh Dancy, Mads Mikkelsen, Caroline Dhavernas 
Nationalité: Américaine
Genre: Drame, Thriller
Statut: En production (une saison de 13 épisodes est prévu)
Format 42 minutes


Synopsys:
Will Graham est un enquêteur au talent incomparable pour traquer les monstres mais ses facultés hors-normes ont tendance à le rendre instable. Pour s'assurer de sa fiabilité, ses supérieurs le confient au bon soin du docteur Hannibal Lecter, loin de se douter qu'ils le jettent dans la gueule du loup.


Critique:
Honnêtement, je n'attendais strictement rien de cette série. A l'image de "Bates Motel" que je n'ai pas encore eu l'occasion de regarder, de "The following"(autre bonne surprise) ou de "Cult"(annulé au bout de 6 épisodes), je ne voyais dans cette série qu'une tentative désespérée de surfer sur la vague des tueurs en série, tout en dévorant avidement les derniers lambeaux de dignité d'une franchise. Mais c'était compter sans Bryan Fuller. Si ce nom ne vous dit rien, c'est en partie normal, car si je considére ce réalisateur comme un génie, il faut avouer que le grand public à tendance à injustement le bouder. Il compte à son actif: "Dead like me", "Wonderfall" et "Pushing Daisies" trois séries au concept extrêmement fort, aux univers vraiment particulier et aux grandes qualités d'écritures, qui n'ont pourtant jamais eu la chance de dépasser la deuxième saisons. Voir Fuller débarquer sur le projet "Hannibal" était une vraie surprise car ses univers bien que souvent morbide("dead like me" parle de la vie après la mort et "Pushing daisies" d'un homme capable de faire revivre les morts) n'étaient jamais dénué d'humour. Une légèreté que l'on voyait mal coller au plus célèbre des tueurs en série. Et pourtant, il faut avouer que l'on reconnait bien là, la patte du réalisateur et c'est d'ailleurs ce qui fait le sel de l'ensemble. L'esthétique de Hannibal est époustouflante, l'ensemble est très graphique et l'atmosphère enivrante.
Mais la réussite de cette série n'est pas que le fait d'un seul homme, ce serait oublier ce casting très réussi, à commencer par Mads Mikkelsen("Royal Affair", "Casino Royal", etc) fabuleux en Lecter, ombre cynique planant sur le FBI. A ses côtés on notera la présence de Laurence Fishburne ("Matrix", "Mystic River" etc), peu présent à l'écran mais toujours aussi monolithique.  Dans le rôle principal, Hugh Dancy, que j'avoue ne pas connaitre, est plutôt bon dans son rôle principale. Il est aussi nerveux et perturbé que Lecter est serein et impressionnant  Le casting féminin n'est pas en reste non plus, à l'instar de la perturbante Lara Jean Chorostecki("Antiviral") d'autant qu'on nous promet Gillian Anderson ("X-files", "le dernier roi d'écosse" etc) pour la suite.
Un bémol toutefois, le scénario n'est pas exempt de défaut, ainsi dès l'épisodes 3 apparaissent de grosses légèreté même si la série tient encore bien la route grace au jeu de chat et de la souris entre Will Graham et Hannibal Lecter. Rappelons que Will Graham est l'agent du FBI qui a arrêté Lecter dans le livre/film "Dragon Rouge". On touche d'ailleurs, ici un point important de la série, son principal défaut et sa principal qualité car, à l'instar de Titanic on sait déjà comment tout cela va finir, et c'est la curiosité morbide de découvrir comment Will va découvrir la vérité qui pousse a regarder la série. Mais ce procédé s'essoufflera rapidement et si les scénaristes ne trouvent pas une grande idée pour relancer l'intérêt du spectateur, la série pourra difficilement aller plus loin que les 13 épisodes prévus. 3 épisodes ont déjà été diffusé aux états-unis à l'heure actuelle. Ils valent vraiment le coup d'oeil, espérons que la qualité restera au rendez-vous pour la suite.



Conclusion:
Hannibal est une excellente surprise, la série se révèle à mon sens bien plus intéressante que les suites et prequels au "Silence des agneaux" Mads Mikkelsen n'a en rien à rougir de sa prestation face à Anthony Hopkins. A voir absolument pour les amateurs de tueurs en série ou de la franchise "Hannibal Lecter".