Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)
En grand fan de Pink Floyd, je me devais d'aller voir ce remake de The wall. l'adaptation avait l'air très libre mais c'est aussi ce qui pouvait en faire son intérêt. Musique maestro.
Date de sortie 7 juin 2017
Durée : 1h 30min
Réalisation : Doug Liman
Casting : Aaron Taylor-Johnson, John Cena, Laith Nakli
Genres : Thriller, Guerre
Nationalité : Américain
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Synopsis:
Tombé dans le piège d'un sniper Irakien, un soldat américain va devoir essayer de survivre et sauver son ami en attendant l'arrivée des secours. Entre lui et la mort : un mur sur le point de s'effondrer.
Critique:
The wall est le huitième film de Doug Liman (Mr & Mrs Smith, La mémoire dans la peau, etc) un réalisateur plutôt connu pour les films d'actions et les blockbusters. Il s'est notamment particulièrement illustré avec Edge of Tomorrow. Il nous revient ici avec un film beaucoup plus modeste, presque intimiste. Unité de lieu, d'action et presque de personnage, Liman fait dans l'épure pour nous raconter le duel psychologique entre deux snipers. Une oeuvre simple mais forte pour dénoncer la guerre et ses hypocrisies.
Pierre de voûte du film, Aaron Taylor-Johnson (Savages, Kick-ass2, etc) incarne un soldat américain
tout ce qu'il y a de plus ordinaire, confronté à une mort inévitable. Une foi de plus l'acteur est méconnaissable, il à ce dont pour se réinventer dans chacun de ses films et c'est vraiment plaisant. S'il est le personnage principal, il n'est assurément pas un héros, il n'y a pas de héros ici, juste des humains qui essayent de survivre. Il ne faudra donc pas s'attendre à des scènes d'actions de hautes volées ou à des rebondissements incroyables, le film est de portée humaine avec des enjeux simples mais c'est aussi ce qui en fait son intérêt. C'est l'histoire d'un homme seul face à la mort. En ce sens, l'idée de réalisation simple mais géniale réside dans le fait de ne jamais montrer le sniper ennemi. Ce n'est qu'une voix, anonyme, qui pourrait tout aussi bien être dans la tête du personnage principal.
Niveau musique et réalisation, rien de particulier à noter, c'est efficace sans être exceptionnel.
Dans l'ensemble, je suis plutôt séduit par ce petit film. Les ambitions ne sont pas démesuré mais avec peu de moyen, le réalisateur réussit à camper une histoire prenante et plus originale que la production habituelle. Bref, ça a beau se passer en plein désert, ça apporte un peu de fraîcheur. Je recommande si l'idée d'un duel psychologique à la "phone game" vous séduit.
Conclusion:
Belle surprise que ce The Wall minimaliste. Le film n'est pas exempt de défauts mais il est prenant et on ne voit pas passer l'heure et demie
Diversité oblige, il est temps de parler film français sur ce blog. En plus, ça va faire bizarre mais ce n'est ni un reboot, ni une suite, ni un prequel ni une comédie, ni un drame. OH MON DIEU !!! Serait-ce quelque chose d'original ? Suis-je encore capable de voir un film qui ne soit pas formaté ? C'est ce que nous allons découvrir dans ce nouvel épisode.
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement (mais honnêtement ça mérite presque un -16)
Synopsis:
Ne trouvant aucune solution médicale aux maux de ventre dont elle souffre, Chloé se résout à consulter un psychologue. Elle tombe progressivement amoureuse de lui, au point qu'ils s'installent ensemble quelques mois plus tard. Tout semble dès lors parfait dans la vie de la jeune femme mais la découverte que son amant pourrait avoir des secrets pour elle va bientôt tout chambouler.
Critique:
Dans l'ensemble, je suis plutôt amateur de l'oeuvre de Ozon (Dans la maison, Jeune et Jolie, etc). Un réalisateur qui porte bien son nom et offre régulièrement des thématiques ambitieuses et des ambiances rares. C'est une fois de plus le cas ici avec un thriller Hitchockien ou Depalmesque à la réalisation particulièrement soignée. Ozons provoque, ce n'est pas nouveau et ici, dès le troisième plan du film il plonge le spectateur dans le malaise (oui j'appelle ça comme ça ;D). Et pourtant, rien n'est gratuit à l'écran, tout fais sens et le réalisateur nous offre ce que je vois de plus en plus rarement : une mise en scène réfléchi. Il glisse ainsi les clefs de son histoire dans ses images, permettant au spectateur d'y réfléchir sans que les personnages n'aient à le faire pour lui. Bien sûr, cette méthode pourra déstabiliser. On ne peut se contenter de regarder passivement le film sous peine de ne rien comprendre, mais pour peu qu'on suive un minimum l'on voit se dérouler une histoire simple mais qui prend au tripe et qui donne a réfléchir. Je n'en dirais pas beaucoup plus sur l'histoire pour ne pas risquer de spoil mais le réalisateur sait s'y prendre pour brouiller les pistes et surprendre. La bande annonce est loin de tout dévoiler du scénario.
Pour porter son histoire, Ozon peut compter sur deux excellents interprètes. Marine Vacth tout d'abord qu'il avait déjà fait jouer dans Jeune et Jolie et Jérémie Renier ( Cloclo, Saint Laurent, etc). Tout deux ont une palette de jeu assez varié pour des rôles troubles. Dans le rôle de l'héroïne Marine Vacht oscille entre fragilité et charme vénéneux, proie et prédateur. On en vient vite à douter de la sincérité de la jeune femme et de ses raisons de consulter. Face à elle, Renier est royal, plus sexy que jamais avec beaucoup de profondeur de jeux. C'est leur duo qui donne vie au film de façon quasi organique, un couple fragile et attachant quand il ne se révèle pas inquiétant.
Pour faire évoluer se spersonnages, le réalisateur a fait un superbe travail sur les décors, notamment une splendide utilisation du palais de Tokyo et de ses installations, un choix qui donne d'autant plus de force et de sens aux images.
Et comme le cinéma n'est pas grand chose sans musique, on peut ajouter la partition de Philippe Rombi (Bienvenue chez les ch'tis, jeux d'enfants, etc) qui renforce brillamment l'aspect inquiétant de l'ensemble.
Vous l'aurez compris, je suis particulièrement emballé par ce nouveau film d'Ozon. Bien sûr, il n'est pas parfait, on pourra lui reprocher certaines facilité, beaucoup de classicisme, ou une banalisation de la violence faite aux femmes mais dans l'ensemble c'est un film réfléchi et ça devient tellement rare que ça en est presque exceptionnel.
Concernant le sujet de la violence et du sexe. Oui il y a du sexe dans le film, mais pour moi il n'est pas là pour exciter mais pour servir un propos. Le film réveillera les mêmes problématiques que pour elle, à savoir : est-ce que montrer une femme qui a l'air d'aimer être violenté durant l'acte sexuelle ce n'est pas encourager la culture du viol ? Personnellement, je trouve que le problème ne se pose pas dans le cas présent car la situation est justifié par l'histoire et pas du tout encouragé (je peux difficilement détailler plus sans spoiler). Au contraire, on pourrait reprocher au film de stigmatiser une certaine forme de sexualité mais si on réfléchit vraiment à l'histoire, je trouve que le réalisateur s'en sort intelligemment sans encourager rien d'autre que le besoin de consentement.
Difficile de cacher mon enthousiasme, j'ai passé un super moment devant ce film qui a réussit à me surprendre, à me choquer bref à vraiment me faire ressentir des choses et ça commençait à devenir tristement rare.
Conclusion:
Un thriller troublant doublé d'un superbe numéro d'acteur. A voir absolument pour les amateurs de thriller psychologique.
Quand j'ai appris que Guy Ritchie sortait un roi Arthur, je ne l'ai pas cru. Il y avait un côté ridicule, comme si après Sherlock Holmes il allait relooker toutes les légendes britanniques. Et puis, en y réfléchissant, il y avait quand même du potentiel. Du moins, c'est ce que je pensais avant de voir la bande annonce mais voyons cela ensemble...
Date de sortie 17 mai 2017
Durée : 2h 06min
Réalisation : Guy Ritchie
Casting : Charlie Hunnam, Astrid Bergès-Frisbey, Jude Law
Genres : Action, Aventure, Fantastique
Nationalités : Américain, Australien, Britannique
Synopsis:
Sauvé in-extrémis d'un coup d'état par ses parents, Arthur grandit dans les bas fond de Londonium. Il devient un homme respecté et insouciant mais son destin le rattrape le jour où l'épée de son père resurgit des eaux. Arthur n'aura bientôt plus d'autre choix que d'affronter son oncle, le terrible Vortigern, et d'assumer son héritage royal.
Critique :
Pourquoi ?
Non, sérieusement, je serais presque tenté de limiter ma critique à ce simple mot. Les adaptations du mythe Arthurien, ce n'est vraiment pas ce qui manque. Il y a le pire avec le roi Arthur d'Antoine Fuqua ou la dernière légion de Doug Lefler et le meilleur avec Kaamelott de Alexandre Astier et surtout Excalibur de John Boorman. Et puis il y a plein d'autres choses, des séries, des téléfilms, des films, des bds, des romans. L'offre est tout bonnement pléthorique car c'est un mythe fondateur de notre culture. Du coup, on est en droit de se dire que "c'est bon, on a peut-être plus besoin de faire un énième film sur le sujet" et que, si vraiment un réalisateur désire en sortir un nouveau, ce soit pour proposer quelque chose de vraiment différent.
Et effectivement, Guy Ritchie nous propose ici une vision unique du mythe Arthurien. Pour tout dire,
ça n'a plus rien à voir. Enfin si, ça se passe au Royaume-Uni, il y a un mec qui s'appelle Arthur et qui va devenir roi et une épée magique dans un rocher. A un chameau près ça pouvait être un remake de Conan le Barbare. Et ce qui est terrible, c'est que sous prétexte de réactualiser, le réalisateur nous sort au contraire une oeuvre rétrograde, terriblement convenue et emprunte d'un sexisme ordinaire navrant. On sent clairement que les rôles féminins sont là parce qu'il en faut mais qu'a aucun moment le scénariste ne s'est dit qu'il pourrait leur donner de l'épaisseur. Le summum résidant surement dans les scènes finales où les femmes ont tout juste le droit d’apparaître dans un plan de quelques secondes pour faire les potiches. Tragique. On pourrait prétexter que c'est parce qu'il s'agit d'un film historique et qu'a l'époque la place de la femme n'était pas aussi importante. Mais l'argument ne tiens pas car Arthur est aussi historique que pouvait l'être Xéna la guerrière.
Non, Arthur est juste un projet mal conçu, un accident industriel dont on peine à comprendre la mise en oeuvre. A priori, il s'agissait de la volonté du studio de lancer une nouvelle saga d'Héroic Fantasy et Guy Ritchie leur a semblé un bon choix. Le film est-il celui qu'ils voulaient faire ou l'enfant absurde d'une lutte de pouvoir ? Je ne sais pas mais je n'ai pas besoin de le savoir pour trouver l'ensemble inepte. Injecter la patte Guy Ritchie dans un film med fan, pourquoi pas ! On sait que son univers peut être décliné à l'envie depuis Sherlock Holmes, mais encore faut-il que ça serve le film. Ici, entre le montage clipesque jusqu’à l'absurde et l'insoutenable discussions flashback sans intérêt, on a presque l'impression que le réalisateur se parodie lui même. Loin de s'intégrer au film ces ajouts semblent des passages obligés, des clins d’œil grossiers du réalisateur à ses fans pour justifier qu'il ne fait rien comme personne. Et sortie de ça, aucune originalité. On se retrouve devant de l'héroic fantasy digne de ce qu'on faisait déjà dans les années 80. Le scénario n'a guerre plus d’intérêt qu'un Donjon et Dragon, que ce soit dans l'intrigue ou dans l'exploitation des personnages. Et je ne parle pas du saccage du mythe Arthurien : Pendragon devenu un brave type, Arthur élevé par des prostitués, Gueniévre sorcière, Excalibur qui transforme en superman, des éléphants de guerre.... j'en viendrais presque a espérer une suite pour voir arriver des aliens ou Lancelot joueur de foot qui tire des lasers avec les yeux.
Alors bien sûr, tout n'est pas à jeter, on ne réalise pas Snatch ou Sherlock Holmes sans savoir un
minimum ce qu'on fait. On trouvera donc quelques très bonnes choses comme l'esthétisme des sirènes ou la puissance dégagée par les deux derniers combats mais c'est bien peu face à la vacuité et la longueur de l'ensemble. Et les acteurs ont beau faire ce qu'ils peuvent, un bon jeu d'acteur ne sauve pas un personnage creux. Je soulèverais tout de même un bon point : la musique. Daniel Pemberton (Steve Jobs, Cartel, etc) nous livre une partition en décalage avec le genre et au moins aussi réussie que la bande son de Sherlock Holmes (à laquelle elle fait beaucoup penser) mais c'est bien peu pour rattraper le reste des défauts.
Est-ce qu'il faut condamner ce film ?
Non, ce n'est pas pire que Donjon et dragon, il y a surement plein de fans d'Heroic Fantasy avides de nouveaux contenus qui seront ravis de voir ce truc. Mais clairement, ce n'est pas un bon film et Guy Ritchie s'est perdue comme jamais dans ce projet. Espérons qu'il reviendra vite à des œuvres plus personnelles et moins chaotiques.
Conclusion :
l'introduction d'une saga qui ne verra surement jamais le jour vu le naufrage que représente ce premier opus. Ça se regarde, il y a une bonne musique, des éléphants de guerre et ce mec, là, mais si, vous savez, de Game of Thrones. Mais faudra vraiment pas en attendre plus...