Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 13 mars 2015

Réalité

Tout doucement je rattrape mon retard sur la flopée de film qui me donne terriblement envie. On commence donc avec un ovni que je mourrais d'envie de voir, et que je me dépêche de vous chroniquer pendant qu'il est encore à l'affiche.





Date de sortie: 18 février 2015
Durée: 1h27min
Réalisation: Quentin Dupieux
Casting: Alain Chabat, Jonathan Lambert, Élodie Bouchez
Genre: Comédie dramatique
Nationalité: Français , belge


Synopsis (source allociné) :
Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d'horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du cinéma…


Critique:
Si vous suivez un peu le blog, vous savez que ce n'est pas la première fois que je vous parle de Quentin Dupieux ( Wrong, Wrong cop, etc) et que je suis globalement plutôt amateur de l'univers décalé de ce réalisateur. C'est donc avec beaucoup d'impatience que j'attendais son nouveau bébé surtout que le duo de tête Alain Chabat et Jonathan Lambert était vraiment prometteur. Et il tient largement ses promesses, Chabat véritable clef de voute du film, est touchant dans son personnage indolent et un peu largué pendant qu'en face Lambert est juste parfait dans le rôle du producteur égocentrique et mégalo. Face à eux quelque seconds rôles savoureux comme : Élodie Bouchez qui se fait trop rare sur nos écrans, John Glover, brillant second rôle de série télé qui prend ici une carrure presque mythique et Eric Wareheim découvert dans Wrong cop qui s'avère aussi décalé que dans ce premier film.
De quoi nous parle réalité ? de la réalité justement. En mélangeant, rêves, fictions et réalité, le
réalisateur repousse les limites de notre logique et notre perception pour nous faire douter de ce qui est réel ou pas. Plus que jamais le style de Dupieux se prête à son propos, son humour burlesque qui rend complètement folles des scènes anodines permet de toujours douter de ce qu'on regarde vraiment et ainsi d'être toujours perdu entre rêve et réalité.
Outre le thème et la virtuosité avec lequel il est mis en scène, là où Dupieux fait plus fort que d'habitude c'est qu'il réussit à instiller un véritable suspens dans son histoire. Un fil ténu qui tient le spectateur suffisamment en haleine tout du long pour faire passer plus facilement cette histoire.
Je n'oserais pas utiliser la formule éculé de "film de la maturité" mais clairement ce nouveau Dupieux est un cran au dessus des précédents  et vaut vraiment le coup d'oeil. C'est un voyage humoristique dont on ne revient pas indemne.




Conclusion:
Encore un excellent Quentin Dupieux. le réalisateur a vraiment son style et réalise ses films comme nul autre. Tout le monde ne pourra pas apprécier mais les amateurs se régaleront devant ce monument de suréalisme.

lundi 9 mars 2015

Birdman

Tant de films à voir en ce moment, et si peu de temps. Réalité, Les Nouveaux Héros, American Sniper, Kingsman : Services secrets, Chappie, Inhérent vice et tant d'autres que je vais probablement rater faute de temps. Mais s'il en est un que je voulais absolument voir en salle, c'était bien CE birdman dont la bande annonce était si prometteuse







Date de sortie: 25 février 2015
Durée: 1h59min
Réalisation: Alejandro González Iñárritu
Casting: Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton
Genre: Comédie , Drame
Nationalité: Américain

Synopsis:
Ancienne gloire du cinéma d'action grand public, Riggan Thomson tente le tout pour le tout pour revenir sur le devant de la scène en produisant une pièce qu'il a adaptée et dont il est l'acteur principal. Mais les périls sont nombreux surtout que Riggan devra faire face à ses propres démons...

Critique:
Pour ceux qui ne connaitraient pas Alejandro González Iñárritu, c'est entre autre, "21 grammes" et "Babel" deux films très travaillés et dont la forme peut parfois laisser le spectateur un peu perdu (surtout 21 grammes).  Son nouveau film était très attendu et il faut reconnaitre que la bande annonce était particulièrement alléchante, sans même évoquer le casting. Le choix de l'acteur principal était spécialement intéressant, et un brin provocateur. En effet, comment ne pas reconnaitre Michael Keaton dans Riggan Thomson, lui dont la carrière explosa avec le Batman de Tim Burton et qui disparu lentement mais surement des écrans par la suite. Comment ne pas voir Batman en Birdman et ainsi comprendre la force réaliste de ce film. Car Birdman nous parle des acteurs, de leur besoin d'exister, de laisser une trace indélébile dans le monde pour se sentir exister. Birdman est un film existentialiste sur le désir de vivre mais qui réussit pourtant à rester léger par ses situations décalés et son casting hilarant.
Car niveau acteurs, nous sommes gâtés. Outre Keaton qui se révèle magistral dans ce premier rôle
monolithique, l'on a droit à un Zach Galifianakis et un Edward Norton aussi drôle l'un que l'autre mais aussi à une Naomi Watz émouvante de fragilité et surtout une Emma Stone lumineuse.
Si l'on excepte ce casting de choc, la premiére chose qui frappe lorsqu'on regarde Birdman, c'est la virtuosité de la mise en scéne. Iñárritu a conçu son film comme un fabuleux et faux plan séquence, un choix qui se révèle habile à plusieurs titres. C'est d'une part pertinent pour traiter du théâtre, un art où il n'y a justement pas de coupe et où il faut se donner entier tout du long, et cela permet d'autre part de faire ressentir la frénésie propre à ces quelques jours qui séparent le héros de la décisive première de sa pièce.
Enfin, on se retrouve ainsi toujours immergé au coeur de l'action, ce qui confère une intensité rare au film d'autant que la bande son est extrêmement travaillée. Si elle est probablement inaudible en dehors du film, elle l'habille ici de la plus belle des façons. Sons et images ont un effet hypnotique qui nous aide à accepter la démence de Riggan sans sourciller.
Indubitablement, Birdman est une riche expérience de cinéma, on y est plus emporté que dans nombreux films d'actions, et on y rit plus que dans certaines comédies. Pour autant, le film est loin d'être dénué de défauts, avec en premier lieu sa longueur. Si le procédé du plan séquence est fascinant, il a également tendance à faire passer le temps plus lentement ce qui est assez fatal pour un film de 2h. Une impression renforcée par la difficulté qu'éprouve le réalisateur a terminer son film. Si je ne critiquerais pas la fin du film en soi, je critiquerais le fait que le film donne l'impression de se terminer à plusieurs reprises laissant ainsi un goût mitigé au spectateur.
Si je ne suis finalement pas aussi emballé que je l'aurais voulu, je recommande pourtant chaudement Birdman, une oeuvre d'une virtuosité stylistique rare surtout pour un film aussi accessible au grand public.



Conclusion:
Le tapage autour de ce nouvel Iñárritu est loin d'être surestimé, s'il n'est pas parfait et peut sembler un peu long, il s'avère tout de même une excellente surprise formelle. Si le fond n'a rien d'exceptionnel, la forme est prenante, envoutante, touchante et vraiment drôle. Les 4 oscars sont amplement mérités.

lundi 2 mars 2015

le prix a payer

Je continu de rattraper mon retard, voici donc une courte critique d'un documentaire au sujet passionnant.




Date de sortie: 4 février 2015
Durée: 1h33min
Réalisation: Harold Crooks
Genre: Documentaire
Nationalité: Canadien

Synopsis:
Un bilan assez complet de l''évasion fiscale à l'heure où les disparités entre les riches et les pauvres n'ont jamais été aussi grandes.


Critique:
Je n'ai jamais critiqué de documentaire et pour tout dire, je ne sais pas trop comment m'y prendre. Dur de parler de l'histoire ou des acteurs et peut-on vraiment attendre la même chose d'une fiction et d'un documentaire.  Ce que je reconnais c'est que la trame est bien construite : présentation du problème, explication et début de solution.  Les intervenants sont également bien choisies et variés. On profite ainsi non seulement du témoignage d'économistes célèbres mais aussi d'anciens maillons de la chaine de l'évasion fiscale.
Si la trame est globalement lourde et déprimante, le réalisateur a su instiller un peu d'humour dans l'ensemble grâce aux extraits d'une audition assez surréaliste des représentants des GAFA, les fameux géants de l'internet.
Au niveau du contenu, le documentaire est très riche et donne à réfléchir sur l'avenir de notre société tout en nous renseignant sur le fonctionnement réel de l'évasion fiscale ainsi que ses conséquences.
Un film d'utilité publique donc que je ne saurais que trop vous recommander pour avoir une meilleure vision du monde qui nous entoure et de ce qi fait q'il tourne un peu moins rond.



Conclusion:
Un documentaire instructif bien qu'un peu déprimant sur l'un des fléaux de notre société. Pas forcément distrayant, mais vraiment utile.