Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 25 juillet 2016

The witch

Je poursuis mon rattrapage de critique avec un film d'horreur dont j'aurais aimé vous parler bien plus tôt. Il est encore dans certaines salles alors voici un avis rapide.




Date de sortie : 15 juin 2016
Durée : 1h 33min
Réalisation : Robert Eggers
Casting : Anya Taylor Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie
Genre : Epouvante-horreur
Nationalités : Américain, Canadien

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis:
1630, Nouvelle-Angleterre, chassé de leur communauté William, Katherine et leurs cinq enfants s'installent dans un territoire encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né va réveiller des terreurs ancestrales qui retourneront les membres de la famille les uns contre les autres.


Critique:
Deuxième film de Robert Eggers, the Witch nous replonge à l'heure des pionniers de l'Amérique à l'époque des sorcières de Salem. Avec un sens du détails très prononcé, le réalisateur nous livre une reconstitution saisissante et filmé avec soin. Sans recourir au sensationnel, le réalisateur met en scène son histoire avec classicisme et efficacité posant une ambiance lourde et poisseuse dès les premières minutes qui ne lachera pas le spectateur jusqu'à la fin. La monté dramatique est particulièrement réussie, si le film est un peu lent pour renforcer l'angoisse, le spectateur n'a pour autant pas le temps de s'ennuyer saisi qu'il est par le mystère et la tension entre les personnages.
Autre point fort du film: son casting. Un vrai casting de gueule qui rend l'ensemble encore plus concret. La majorité des acteurs étant des enfants, on ne peut que constater le talent de direction d'acteur car ils sont tous justes malgré la difficulté des scènes. Mention spéciale pour Anya Taylor Joy, personnage central du film, victime de la folie ambiante et faisant preuve d'une large palette de jeu. La jeune actrice, beaucoup moins qu'on pourrait le croire puisqu'elle a déjà 20 ans, se révèle très prometteuse.
Remarquable sur la forme, The Witch est également appréciable sur le fond puisque son sujet est
l'occasion d'aborder les sujets de la place de la femme dans la société et le rapport à la religion. Sans aller jusqu'à dire que c'est un film féministe, on remarquera tout de même qu'il est anti patriarcal et dénonce l'hypocrisie de la religion.
Le seul bémol notable concernera les amateurs de films d'horreurs, The witch est plus un film angoissant qu'un film d'horreur. Le but n'est pas de terrifier ou de faire du spectaculaire, mais de plonger le spectateur dans le malaise et l'angoisse. Et c'est réussi, on ressent le désespoir de ces personnages isolés et en perte de repères jusqu'au plus profond de nos os. Paranoïa, désespoir, haine, tant de sentiments négatifs et violent qui afflige nos héros. Aussi terrible soit-elle, la fin arrive comme une libération. Un excellent film fantastique.


Conclusion:
Un excellent film d'angoisse, la reconstitution historique est très soigné et confère beaucoup de réalisme à une histoire simple mais très forte. Rien de spectaculaire mais une histoire prenante et profonde


jeudi 21 juillet 2016

Neon Demon

Il est temps que j'essaye de résorber mon retard de critiques. Je commence avec un film dont j'aurais vraiment aimé parler plus tôt, le dernier Nicolas Winding Refn.





Date de sortie 8 juin 2016
Durée: 1h 57min
Réalisateur:  Nicolas Winding Refn
Casting: Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote
Genres: Thriller, Angoisse, fantastique
Nationalités : Américain, Danois, Français

Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis:
Une jeune fille débarque à Los Angeles avec l'espoir de devenir top modèle. Mais à trop vouloir s'approcher de la lumière le joli papillon ne risque-t-il pas de se bruler les ailes ?

Critique:
Nicolas Winding Refn c'est le réalisateur du désormais culte "Drive" mais également du très bon "Only God Forgive" et de l'insoutenable "Vahlala Rising". Son point fort, c'est la mise en scène, il fait passer un maximum de choses dans les images sacrifiant souvent les dialogues et laissant le spectateur comprendre l'histoire par l'image. Une démarche louable, et presque fondamentale au cinéma sauf qu'elle perd de son intérêt lorsque le réalisateur n'a finalement pas grand chose à dire (hello vahlala rising...). Ici, le film se résume par: "la mode, c'est mal, ça broie les gens" et excusez moi mais il ne faut pas 2h pour dire ça. Du coup, si le film est magnifique et offre des moments d'une intensité rare, on se fait quand même globalement un peu chier, en se demandant ce qu'on fait là et qu'est-ce qu'on est en train de nous raconter. La deuxième partie apporte un peu de fraicheur à l'ensemble mais elle arrive si tardivement qu'elle ne compense pas la longueur de la première.
Autre souci : le besoin d'abstraction. Pendant tout le film, Elle Faning nous est décrite comme étant supérieurement belle aux autres femmes. Je l'ai traduit pour ma part par : "elle est plus jeune donc plus belle" et pris comme une critique sociétale (notre société ne reconnait la beauté que dans la jeunesse). Mais en dehors de cette réflexion, Elle Fanning n'est objectivement pas plus belle que les autres actrices, voir moins belle et il est compliqué de devoir accepter ce postulat sans sortir du film (on franchit la barrière d'incrédulité).
Sur la forme, il n'y a par contre rien à redire, les images sont splendide (Refn n'a rien à envier à Dario Argento), la bande son de Cliff Martinez (Spring Breaker, Drive, etc) est oppressante à souhait et la mise en scène est léché au millimètre.
Au niveau casting, là encore peu de choses à redire. Elle Fanning est plutôt efficace (même si, elle ne m'a pas enthousiasmé plus que ça) et le reste du casting est au top avec un Keanu Reeves en total contre emploi qui nous fait un joli caméo.
Mon seul regret tiens donc dans la vacuité de l'ensemble. Maintenant que Refn a prouvé sans l'ombre d'un doute qu'il maitrisait la mise en scène à la perfection, il serait temps qu'il trouve quelque chose à raconter. Vahlala rising ressemblait à une version chiante de "Aguire le dieu de la colère", "Neon Damon" à une version chiante de tout les films sur la mode, il serait temps de frapper aussi fort dans l'histoire que dans la mise en scène. A voir pour les fondus de cinéma et de mise en scène, à fuir pour le grand public.



Conclusion:
S'il y a d'excellentes choses, surtout visuelles, dans ce nouveau film je trouve que son histoire laisse vraiment à désirer (ou qu'elle est mal traité à mon goût) et que sa thématique usé jusqu'à la corde est traité d'une façon qui n'apporte absolument rien de neuf. A mon sens, ce Neon demon est la preuve que Refn devrait essayer de se renouveler et utiliser son talent différemment plutôt que de refaire toujours la même chose. Pas un mauvais film, mais pas un bon non plus.

mercredi 20 juillet 2016

The strangers

Je suis particulièrement à la bourre sur mes critiques et je n'ai toujours pas de temps, mais je ne voulais absolument pas rater l'occasion de vous parler du film que j'ai vu hier. Dont acte. (comme d'habitude je vous met la bande annonce ci-dessous mais je vous conseille de ne pas regarder et de vous garder la surprise pour le cinéma)

 (affiche originale, la française est plus dure à trouver et moins jolie)



Date de sortie 6 juillet 2016
Durée: 2h 36min
réalisation : Na Hong-jin
casting: Kwak Do-Won, Hwang Jeong-min, Chun Woo-hee
Genres Thriller, Policier, Drame, (fantastique)
Nationalité Sud-coréen

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Synopsis:
Policier débonnaire d'un village de montagne en Corée, Jong-Gu va devoir faire face à une vague de meurtres d'une violence rare et inhumaine. Alors qu'il perd progressivement tout ses repères ne lui reste pour garder pied que des rumeurs sur un démon japonais qui vivrait dans la Forêt.

Critique:
"The strangers" est le troisième film de Na Hong-Jin, après l'inoubliable "the chaser" et "the murderer" (que j'ai un peu oublié mais dont me reste une assez bonne impression). Il nous revient cette fois avec une oeuvre encore plus ambitieuse et beaucoup mois urbaine qui ne sera pas sans rappeler le cultissime "memories of murder".
Comme je suis pressé, je vais faire court : c'est brillant.
Si le film commence comme un thriller coréen classique, avec son mélange de burlesque et de noirceur trash, il vire rapidement au cauchemar éveillé en insérant une dose de fantastique (je n'en dirais pas plus pour vous laisser découvrir s'il s'agit vraiment de fantastique ou pas.)
Avec ses nombreux rebondissements et son histoire passionnante, "The strangers" ne laisse pas une
minute pour s'ennuyer, sauf à être hermétique au cinéma coréen, le spectateur est importé par une histoire au rythme ultra maitrisé.  Car le réalisateur joue avec son spectateur comme rarement. Mêlant rêve et réalité, vrai et faux, il nous déboussole autant que son héros, nous forçant à nous raccrocher à la moindre bribe d'information pour saisir ce que l'histoire nous cache. C'est d'ailleurs le seul point noir du film, les spectateurs trop passif se sentiront rejeté par ce film qui ne leur offrira pas une conclusion satisfaisante. Il faut ici être acteur de l'histoire, réfléchir à ce qui nous est dit ou montré même furtivement pour saisir l'histoire dans son ensemble. Ou s'arrête la rumeur, ou commence la vérité ? Des heures après la séance j'emboitais encore les pièces du puzzle pour tout mettre en place.
Vous l'aurez compris, pour moi c'est le film à ne pas rater du moment. Réalisation, bande son, acteurs tout est réussi. Les images sont superbes et certaines scènes vraiment spectaculaire. Par la thématique et l'ambiance, on pourrait rapprocher ce film d'un "Twin peaks" ou d'un "Jordskott" Coréen. Une fois de plus le cinéma Coréen aura soufflé un vent de fraicheur dans nos salles (en l'occurrence le genre de vent qui glace jusqu'à l'os.)



Conclusion:
Un excellent thriller coréen, burlesque et sombre comme eux seuls savent le faire. Les 2h30 passent sans qu'on s'en aperçoivent nous emportant dans un véritable cauchemar éveillé. La seule chose qui pourra bloquer le spectateur (outre la violence) sera l'absence d'explications claires. Ici, le spectateur est invité à s'accrocher aux moindres détails pour avoir une chance de tout comprendre et de ne pas être frustré par la fin.