Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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jeudi 14 novembre 2013

Blood ties

Ça faisais longtemps que je n'avais pas critiqué un film français, je triche un peu pour l'occasion mais c'est l'intention qui compte, voyons ce que ce remake franco-américains de "les liens du sang" à dans le ventre.





Date de sortie: 30 octobre 2013
Durée: 2h07min
Réalisation: Guillaume Canet
Casting: Clive Owen, Billy Crudup, Marion Cotillard, Mila Kunis, James Caan, etc
Genre: Policier
Nationalité: Américain, français


Note: Pour plus d'objectivité je me dois de mentionner que ce film a été visionné en Dormorama, c'est à dire que j'étais shooté aux médoc et que j'ai faillit m'endormir à plusieurs reprises. Je pense sincérement que ça n'a pas influé ma critique mais je préfére préciser

Synopsis:
New York, 1974. l'histoire de Chris, meurtrier récemment libéré de prison et de son jeune frère Franck, policier consciencieux qui veut croire qu'il y a encore une chance de rédemption pour son grand frère.

Critique:
J'avoue avoir beaucoup d'affection pour Guillaume Canet en tant que réalisateur. Je l'avais tout naturellement découvert sur "Mon idole" un premier film inventif, déjà très réussi et vraiment prometteur pour l'avenir. Des promesses amplement tenu sur "Ne le dis à personne" un thriller de grande qualité, véritable sans fautes aussi efficace qu'un film Américain mais sans jamais perdre son âme Française. Pourtant, j'avoue avoir été déçu par "les petits mouchoirs", le sujet était un peu trop facile et le film sans avoir de vrais défauts manquait d'un supplément d'âme. C'est donc avec autant de craintes que d'espoirs que j'abordais ce nouveau film. Crainte, car il s'agit d'un film Américain et que plus d'un réalisateur étranger s'est cassé les dents sur cette expérience, Espoir car c'est un retour au polar et donc au fabuleux "Ne le dis à personne".
Pour l'occasion, Canet à su s'entourer puisqu'il à pu compter sur l'aide de James Gray au scénario. Un
James Gray qui connait d'autant bien le sujet qu'il a réalisé un film sur le même thème en 2007 : "La nuit nous appartient"(je ne l'ai pas vu mais il serait surement intéressant de comparer les deux)
Ne faisons pas durer le suspens plus longtemps, "Blood ties" est une déception. Et c'est d'autant plus dommage qu'il ne manque pas grand chose. Le film est un remake de "les liens du sang" de Jacques Maillot, je n'ai pas vu l'original et ne pourrais donc pas comparer mais je trouve déjà dommage que le réalisateur se soit lancé dans un remake pour son premier film américain surtout que le sujet n'a vraiment rien d'original(notamment parce que son co-scénariste à déjà raconté une histoire similaire). Ce manque de risque, on le retrouve dans tout le film, une oeuvre très académique qui n'a jamais la folie, la poésie ou la démesure qu'on pouvait trouver dans les deux premiers films de Canet.
C'est bien tourné, l'époque est bien reconstitué, les acteurs sont bons, la bande son est très bonne (et évoque l'excellent travaille qu'avait fait M sur "Ne le dis à personne") mais rien ne nous emporte jamais. Il y a même un gros problème sur les scènes d'actions qui manquent de forces et de crédibilité. Crédibilité, pour une bastonnade raté où l'on sent bien que l'acteur tape dans le vide et Force pour la poursuite en voiture la plus lente du monde, qu'on croirait tourné au ralenti tellement on ne sent pas l'action.
Bref, là où "Ne le dis à personne" avait tout du film Américain dans ses meilleurs côtés, "Blood ties" à tout du film Français dans ses pires, l'esprit de Navaro n'est pas loin.
Et c'est vraiment dommage car, les talents sont là : Canet bien sur, mais aussi James Gray, Clive Owen, Marion Cottilard, en soi l'histoire pourrait même être intéressante avec son petit côté "Le parrain" si seulement on pouvait nous faire croire un peu mieux aux enjeux et avoir une narration qui nous emporte.
Un film décevant donc, remake fade et piètre démonstration du talent de réalisateur de Guillaume Canet, je vous recommande plutôt de vous revoir "Ne le dis à personne" où d'attendre que le réalisateur se reprenne.



Conclusion:
Un polar un peu décevant, pas vraiment d'erreurs ou de défauts si ce n'est un manque de folie ou d'originalité qui donne un film déjà vu et mou.

lundi 11 novembre 2013

Inside llewyn Davis

Alors qu'Arte est en plein cycle Coen pour célébrer la sortie du petit dernier, il est temps pour moi d'aller voir ce qu'il à dans le ventre, en espérant pouvoir vous vanter ses mérites.





Date de sortie: 6 novembre 2013

Durée: 1h45min
Réalisation: Ethan Coen, Joel Coen
Casting: Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake
Genre: Musical , Drame
Nationalité: Américain

Synopsis:
Quelques jours de la vie de Llewyn Davis, musicien de Folk itinérant essayant tant bien que mal de donner un sens à sa vie.

Critique:
Cela fait longtemps que je suis tombé amoureux des frères Coen, ils n'ont pas leur pareil pour mettre en lumière toute une improbable galerie de bras cassé et ainsi pour mettre en valeur toute l'absurdité du monde. Si l'on retrouve beaucoup de points communs entre leurs films, ils savent tout de même varier les genres et offrirent des ambiances totalement différentes. Avec Inside Llewyn Davis, c'est une fois de plus un spectacle inédit qui nous est offert un film résolument folk et mélancolique. Ce nouveau film est un peu l'improbable croisement entre le crépusculaire "Barton Fink" et le vibrant "O'Brother". Llewyn est un artiste maudit, incapable de prendre de bonnes décisions et gâchant sa vie de peur de la gâcher. On retrouve ainsi la quête de réussite de Barton Fink et l'amour de la musique de O'brother.
Niveau réalisation, c'est un sans faute, l'image est superbe et l'ambiance très prenante, sans parler de la reconstitution très réussie. La bande son est d'une grand qualité et crèe une véritable osmose avec l'image conférant au film une empreinte nostalgique digne d'un hiver au coin du feu (mais éteint le feu). Inside llewyn Davis est un peu l'incarnation de la Folk et de la période qui l'a popularisé (si je ne me trompe pas, on peut d'ailleurs même y voir Bob Dylan)
Niveau casting, comme souvent c'est réussi, Oscar Isaac, que je découvre pour l'occasion, est brillant dans le rôle titre, il dégage vraiment quelque chose et sa voix est superbe. Justin Timberlake fait également des merveilles dans son rôle de gentil benêt, on aimerait même le voir plus à l'écran. Bref, tout concours à faire de ce nouveau Coen l'un des meilleurs, et pourtant quelque chose me gène : le scénario. En effet, s'il raconte avec autant de détail l'échec de Llewyn (a priori inspiré de la vie d'un vrai musicien : Dave von Rank) de la même façon qu'on raconterait la réussite de n'importe qui d'autre, je ne vois pas l'intérêt de cette histoire. Pas plus que je ne comprend sa structure en flashback qui n'apporte à mon sens rien, si ce n'est une inutile confusion. Ne faut-il voir dans tout cela qu'un hommage à la musique Folk?
Ce nouveau Coen est donc un bon film, impeccablement joué et réalisé mais ce n'est surement pas le meilleur de leur filmographie, il fait notamment pale figure à côté de ceux que j'ai cité plus haut d'autant que Barton Fink traitait finalement du même sujet mais avec beaucoup plus de force. On l'appréciera pour la qualité de ses atmosphères mais il ne marquera pas les esprits.





Conclusion:
Assurément pas le meilleur Coen à mes yeux, mais il y a pourtant une forme de grâce qui parcours ce film hautement mélancolique et qui le rend plaisant à regarder

jeudi 7 novembre 2013

Gravity

Et oui. Probablement après tout le monde, voici enfin ma critique du film événement sur lequel l'opinion semble unanime. A juste titre? C'est ce que nous allons voir.



ATTENTION: je recommande de ne pas regarder le teaser, mieux vaut voir le film vierge d'images


Date de sortie: 23 octobre 2013

Drée: 1h30min
Réalisation: Alfonso Cuarón
Casting: Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris
Genre: Science fiction
Nationalité: Américain , britannique

Synopsis:
Dans l'espace infini, personne ne vous entendra crier...

Critique:
Je n'attendais pas spécialement Gravity. Le sujet ne m'attirait pas, mon seul intérêt résidait dans son réalisateur: Alfonso Cuarón. Réalisateur peu connu, il s'est surtout distingué pour avoir réalisé "Harry potter et le prisonnier d'Azkaban" et surtout "Les fils de l'homme" ma grande claque de 2006. Cuarón y faisait déjà montre d'un talent pour plonger le spectateur au coeur de l'action, impossible notamment d'oublier cette scène de guerre et à quel point elle prenait au tripe. Depuis, forcément, j'attendais de retrouver le réalisateur et de voir ce qu'il allait nous proposer d'autre. Il aura fallut sept ans pour ça, mais il faut reconnaitre qu'il n'a pas ménagé sa peine. Dès les premières secondes, Gravity happe son spectateur et ne le lâche plus jusqu'à la fin. C'est d'une véritable virtuosité dont fait preuve Cuarón pour nous entrainer dans son histoire, jamais l'on n'a autant ressentit le fait d'être dans l'espace que dans ce film. Les mouvements de caméra et les images sont d'une beauté à couper le souffle et le rythme du film nous entraine sans jamais nous laisser nous reposer.
Au niveau de l'histoire, c'est assez basique, une mission spatiale qui tourne mal après une pluie de
météorite et on suit les survivants qui tentent de s'en sortir. C'est basique, mais redoutablement mis en scène, la caméra est très souvent subjective nous donnant l'impression de véritablement faire partie de l'expédition. C'est donc un tour de grand huit de 90min qui nous est proposé avec une efficacité rarement égalé.
On notera d'ailleurs, alors que je fais partie des fervents détracteurs de la 3D relief, que je m'incline pour l'occasion. Il faut voir Gravity en 3D. L'image gagne vraiment en profondeur et le film en immersion. En fait, Gravity fait partie de ces rares oeuvres qu'il faut absolument voir dans la meilleure salle possible, ce film mérite des conditions de diffusions exceptionnelles pour pouvoir profiter pleinement du spectacle qu'il propose.
Un petit mot sur le casting,  s'il est très surprenant de retrouver Sandra Bullock ici, il faut reconnaitre qu'elle s'en sort à merveille et que le film pourrait être un second souffle pour sa carrière moribonde. George quant à lui est fidèle à lui même, what else?
Pour conclure, je dirais que Gravity mérite le concert de Louange dont il bénéficie, c'est un film prenant qui ne laisse pas insensible. Non, ce n'est pas "2001 l'odyssée de l'espace", ça n'a pas la même ambition, mais ça n'en reste pas moins extrêmement impressionnant,  techniquement c'est un véritable défi qui a été relevé pour livrer une expérience aussi prenante et tout ça sans jamais oublier d'être un film et de raconter une histoire. Bref, c'est un fil qui fera date mais dont j'imagine mal une vie sur le petit écran.


Conclusion:
Non, les louanges ne sont pas exagéré. Gravity est un spectacle hors-norme qui mérite d'être vu dans la meilleure salle possible. Tout y est très travaillé, c'est un véritable son et lumière d'1h30 qui confirme le talent d'Alfonso Cuarón. Alors certes, l'histoire n'a pas grand intérêt, et ce n'est surement pas le film du siècle, mais ça n'en reste pas moins une claque magistrale et un film à voir absolument (et surtout sur grand écran)